Quinzième long-métrage d'animation des studios Pixar, coréalisé par Pete Docter et Ronnie Del Carmen, Vice-Versa est un très joli film. L'histoire nous fait suivre Riley, une petite fille née dans le Minnesota qui comble de bonheur ses parents. Seulement, dans son quartier cérébral, le centre de contrôle de son esprit, cinq personnifications de ses émotions de base, à savoir, la joie, la tristesse, la peur, le dégoût et la colère, prennent vie en même temps qu'elle. Alors qu'elle grandit, ses expériences deviennent des souvenirs collectés dans des orbes de différentes couleurs selon l'émotion principale du souvenir. Mais, alors que jusque-là tout allait pour le mieux, à l'âge d'onze ans, la famille déménage à San Francisco. Ce bouleversement va alors causer de la tristesse à la jeune adolescente et les cinq émotions vont devoir apprendre à gérer une situation de crise au sein de l'esprit de Riley. Ce scénario, particulièrement original, s'avère très plaisant à visionner tout du long de sa durée d'environ une heure et demie. Le récit nous plonge dès les premières secondes dans cet univers fort intéressant, à la fois enchanteur et très ancré dans le réel. Le sujet des émotions est traité avec intelligence, imagination et pédagogie à travers cette aventure donnant lieu à des scènes toutes plus créatives les unes que les autres. Le concept est très bien amené et évolue avec les minutes en se diversifiant pour évoquer également les pensées, les souvenirs et les rêves. Toutes ces thématiques poussent à la réflexion et au questionnement concernant notre fonctionnement, finissant même par nous faire fantasmer quant à ce qui se trouve dans notre propre tête. De plus, elles se veulent mature mais pourtant parfaitement adaptées à un public familial, permettant aux plus jeunes de comprendre le fonctionnement de ses émotions et aux plus âgés de retourner en enfance. Le ton se veut aussi drôle que touchant, nous faisant passer par toutes les émotions. Ceci est rendu possible à la faveur de personnages attachants, à commencer par la petite Riley guidée tout du long. Ses parents sont tout aussi appréciables mais on retiendra avant tout les cinq émotions de base qui ont toutes leur propre personnalité liée à leur identité sentimentale, ainsi que Bing Bong, l'ami imaginaire. Tous ces personnages sympathiques entretiennent des rapports riche en sentiments entre amusement, tendresse et mignonnerie. Des échanges soutenus par des dialogues d'une belle profondeur et d'une grande authenticité, en plus d'amuser. Sur la forme, la réalisation du binôme est impeccable. Surtout, la direction artistique est très réussie et attirante, aussi bien au niveau des décors à l'intérieur de la boîte crânienne qu'à l'extérieur, et jouissent d'une sacrée liberté créative. Des prises de risques esthétiques qui payent. Seul petit défaut, l'apparence moins charmante des cinq émotions qui tranche un peu avec le reste. Ce visuel coloré est accompagné par une b.o. signée Michael Giacchino, dont les compositions sont assez quelconques. En effet, on ne retient aucune d'elles et il manque clairement d'un thème principal reconnaissable afin de donner une identité au film. Cette immersion au cœur du cerveau s'achève sur une fin satisfaisante, permettant même d'espérer une suite car il y a encore des pistes à explorer et des émotions à dévoiler en plus de pouvoir élargir cela à d'autres protagonistes comme le fait déjà le métrage lors d'une séquence particulièrement réussie et comme le laisse imaginer son générique de fin. En conclusion, Vice-Versa est une œuvre devant absolument être admirée, que l'on soit petit ou grand.