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gemini-hell
31 abonnés
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4,0
Publiée le 24 août 2012
Tout dans ce beau film poignant respire l’intelligence et le talent : un scénario magnifiquement construit (quelle fluidité dans les ellipses), une direction d’acteurs impeccable, une mise en scène aérienne, un habillage musical opportun. Bien évidemment, ce sont les acteurs qui fascinent avant tout. Plus charismatique que Tahar Rahim, tu meurs. Niels Arestrup est impressionnant de retenue et de force. Emilie Dequenne et ses yeux étincelants n’hésite pas à prendre tous les risques quitte à se montrer sous un jour pas forcément à son avantage ; sa composition est magistrale. Toutes les scènes avec les enfants et la famille marocaine témoignent d’une grande sensibilité. Ce n’est pas un mélodrame, ce n’est pas l’illustration basique d’un fait divers sordide : c’est la description fine et pertinente du développement d’une forme d’aliénation.
Malgré une caméra voyeuse qui ne plaira pas à tout le monde, et une musique ronflante (quoi qu'indispensable), A Perdre La Raison est une belle réussite. Le trio d'acteurs est excellent, avec mentions spéciales pour Emilie Duquenne, et un Niels Arelstrup glaçant. Tahar Rahim est bon, même si sa partenaire fait la majorité du travail.
Film invraisemblablement appuyé. La direction d'acteur est bonne mais la réalisation est omniprésente et ultra signifiante : on film bien Emilie Decquenne en plan serré pour montrer la pression et c'est seulement une fois qu'elle aura tuée ses enfants qu'on aura droit à un plan large. Super comme démarche artistique ! On aurait aussi aimé plus d’ambiguïté et non un plaidoyer en faveur de la pauvre mère paumée acculée à tuer ses enfants par ce qu'on est méchant avec elle ! bref, une demi étoile pour chacun des acteurs !
C'est un enferment , une lente descente aux enfers que nous propose le réalisateur au travers de ce portrait de femme amoureuse prise en étau par deux hommes . la caméra est toujours presque trop proche d es visages , pratiquement jamais de plan d'ensemble comme pour souligner le huit clos , le malaise s'installe peu à peu jusqu'à l'angoisse ! ça me rappelle un peu "sept morts sur ordonnance " dans le crescendo et al construction . les comédiens sont bien sûrs excellents surtout Arestrup .aussi c'est à voir un jour de grande pêche quand même
Film inconfortable par nature (vu le sujet très lourd de l’infanticide), A perdre la raison parvient à un équilibre difficile à obtenir, de façon à ne jamais juger les actes des personnages, mais seulement à les montrer. Il introduit surtout au sein de la cellule familiale une notion mercantile liée à une dette incessante qui pèse sur les épaules de cette famille envers leur bienfaiteur. Finalement, le film annonce déjà Les Chevaliers blancs en ce sens qu’il montre les dégâts occasionnés par une personne riche qui pense aider des gens plus défavorisés, mais qui finit par les aliéner totalement en les achetant. Dès lors, le rapport n’est plus celui d’amitié ou d’entraide, mais bien un rapport marchand où une personne en domine d’autres. Cela conduit le personnage féminin à l’aliénation et à l’infanticide. S’il faut un certain temps pour s’adapter à la réalisation de Lafosse (les plans instables obstrués par des objets ou des portes, cela va un peu, mais c’est irritant à la longue), on peut la trouver admirable de pudeur lorsqu’il s’agit d’évoquer le massacre des enfants (en gros tout est hors champ, ce qui ne retire rien à l’horreur de ce qui se passe, loin de là). Les acteurs sont tous excellents et évidemment Emilie Dequenne est impressionnante. Un grand film.
XX À perdre la raison - Cinéma | 30/08/2012 à 18h46 Une fois de plus, le synopsis déflore un peu trop le film ! Avec la première scène, Joachim Lafosse nous annonce la couleur. C'est donc que l'intérêt du film réside surtout dans l'évolution personnelle d'Emilie Dequenne (formidable!) qui bascule lentement de radieuse à désespérée.Les responsables sont autour d'elle. Le personnage de Nils Arestrup est écrasant; sous sa bienveillance et sa "générosité" (?), il achète TOUT et met une pression malsaine..... Il est victime de ragots mais ses motivations secrètes restent enfouies; bref, il suinte une atmosphère perverse... Arestrup a quelque chose du "colon" qui distribue ses bons points au jeune immigré marocain, trop heureux d'échapper à sa condition. Et puis, le personnage de T.Rahim évolue dangereusement; d'amoureux transi, il exerce lui aussi sa "domination" et amène sa femme à abandonner progressivement tout ce qu'elle était en lui "donnant" enfant sur enfant. Elle est broyée, elle n'existe plus.... C'est toujours pesant, parfois un peu lent ?
Emilie Dequenne est la révélation du film, dans un rôle de femme au foyer meurtrie, salie, oubliée, dénigrée, et surtout épuisée ! C'est réaliste, on y croit à fond. On a envie de lui dire "Eh secoue-toi, pars, et arrête de tomber enceinte" mais on se rend bien compte que le personnage est faible et fébrile. Le film est plutôt lent et simple, mais justement, il ne dérape pas dans la démonstration et donne à réfléchir sur le principe d'accumulation qui provoque le burnout. Une fois que la brèche s'est ouverte et que la vermine s'est foutue dedans, difficile de faire machine arrière.
Qu'ils sont beaux au début du film ce couple ! Malheureusement, ça finira très mal... Entre les deux, c'est une manière de montrer comment a t-elle pu en arriver là ! C'est parfois un peu long car comme nous connaissons la fin mais le jeu d'acteur nous permet de rester attacher à l'histoire. Emilie Desquenne est parfaite ! spoiler: La scène dans la voiture en est l'exemple.
Un film assez impressionnant dans la façon qu’il a de montrer tous les rouages qui ont pu pousser une femme à commettre un acte ignoble et cela sans porter de jugement. Dans le rôle de la mère, Emilie Dequenne est excellente.
J'ai trouvé ce film excellent;les acteurs sont impeccables,le scénario est très bien ficelé,l'étau se ressert un peu plus tout au long du film pour finir par une scène des plus angoissante de l'histoire du cinéma surtout lorsqu'on sait que c'est tiré d'une histoire vraie! Pour moi c'est d'abord une histoire d'amour et d'immense reconnaissance qu'à mounir pour son "maître" le medecin andré! Mounir tombe amoureux de muriel mais elle terminera humiliée par andré qui peu à peu va la faire tomber dans une dépression des plus sournoise. André s'avère être un manipulateur pervers et Mounir n'aura jamais le courage de s'opposé à lui. Une triangle amoureux qui finit très très très mal!! A voir,il est excellent mais pas très gai!!!
C'est le genre de film où l'on sent tout du long que ça va mal finir. Lentement mais surement, un climat insidieux va s'installer, et qui va monter crescendo jusqu'à un final glaçant où le réalisateur choisit intelligemment de suggérer l'horreur plutôt que de la montrer frontalement. Évitant toute forme de jugement et de manichéisme, le film décrit de façon implacable l'emprisonnement mental de cette mère qui va la conduire à la folie. L’interprétation des trois acteurs est remarquable, et contribue beaucoup au sentiment de malaise qui imprègne le film. Cependant le film souffre d'une mise en scène très linéaire qui le rend lent et austère.Ce qui d'un coté peut décontenancer, mais d'un autre est totalement adapté au traitement que propose le cinéaste.
La descente aux enfers d'une femme très fragile... l'amour, la bienveillance puis l'étouffement d'un entourage nocif. Rien n'excuse un quadruple infanticide et ce n'est pas le propos du film, ce film essai de démontrer comment et jusque où peut mener une lourde psychose... On sait peut de chose du passé de Muriel incarnée à merveille par Emilie Dequenne, mais ce mariage et cette vie de famille vont l'enfermer dans son mal être et elle ne trouvera aucune main tendue autour d'elle, ce qui lui aurait peut-être permis de sortir de ses idées noires qu'elle finira par exécuter...
Ma scène préférée : la scène de la voiture avec la chanson de Julien Clerc est particulièrement forte et résume parfaitement l'état et la vie de Muriel, au début presque enjoué de chanter et elle prends alors conscience des paroles de cette chanson et elle sombre dans la tristesse pour finir en sanglots...
Avec en permanence une partie de l'écran caché par un élément du décor, comme si les images étaient celles volées d'une caméra cachée, ce film nous dévoile la lente descente aux enfers d'une mère de famille, enfermée dans une relation envahissante. Arriver à créer une ambiance délétère derrière une suite d'événements qui peuvent sembler anodins est un tour de force. Les trois acteurs sont extraordinaires, et en particulier Emilie Dequenne, qui retrouve longtemps, trop longtemps, après Rosetta un rôle magnifique et poignant.
Le film fonctionne incontestablement car l angoisse monte progressivement, à tel point qu'une naissance finit par porter le germe d'un dénouement dramatique. Les enfants, que l on voit grandir (les personnages bien sur), sont remarquablement filmés et distiller leur présence sans qu' ils soient les personnages principaux est en soi un exploit. le plan final de la maison est également une réussite (les statistiques montrent effectivement que les burn out criminels sont majoritairement en habitations individuelles, et en Europe et plus encore aux Etats Unis) Un film à juger dans quelques années, lorsqu'il sera à l abri du fait divers qui l inspire.
PS: J ai toujours pensé qu écouter julien clerc était le fait de femmes dépressives, ce n est pas ce film qui va m en dissuader!
"A perdre la raison " transcende , bouleverse et émeut . Le cinéma francais , par ce film , devient encore plus riche . Le talent de Niels Arestrup et Tahar Rahim est indiscutable mais c'est surtout Emilie Dequenne qui éblouit l'écran , qui dégage un semblant d'humanité pendant tout le film avec un basculement de situation à l'arrivée . "A perdre la raison " est un de ces rare films dont on se souviendra toujours : dérangeant et intelligent , un film inévitable et inoubliable .