Michael Kohlhaas
Note moyenne
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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 20 août 2013
Michael Kohlhaas…L’histoire est bien, surtout pour ceux que l’injustice peut rendre hystérique comme moi. C’est le sujet du film : Au 16ème siècle, Michael Kohlhaas vend des chevaux et subit une injustice de la part du seigneur du coin : ce dernier épuise deux chevaux laissés en gage contre l’autorisation d’un passage jusqu’en ville. Kohlhaas veut réparation mais n’obtient rien, spoiler: si ce n’est la mort de son épouse.
Sur ce, il décide de se faire justice lui-même, jusqu’au point de non retour. C’est un roman d’Heinrich Von Kleist, c’est donc allemand, très rigoureux, et surtout très romantique.
Malheureusement le film est raté à cause d’une mise en scène bancale, réalisée en dépit du bon sens. Premièrement il faudrait écourter le film d’une bonne demi-heure, voire quarante minutes. Certaines scènes sont interminables sans justification aucune, et certains propos sont appuyés à un point qui en devient risible, par exemple la gamine courant dans la forêt spoiler: quand le chariot avec le corps de sa mère rentre à la ferme
. Deuxièmement, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un film où la musique était aussi mal utilisée, prenant le dessus parfois sur des scènes capitales, et retirant ainsi toute émotion, car trop forte, et pas terrible non plus. Troisièmement un montage réalisé avec des moufles qui rend incompréhensibles certaines scènes, notamment celle de « l’assaut » du château du méchant seigneur, où nous ne savons plus qui sont, ni où sont les assaillants et les assaillis. Je ne vous parle même pas de la scène finale car je risque de devenir hargneux.
Ce qui est dommage, c’est que ça démarrait bien. Ca fonctionnait jusqu’au moment ou le héros décide de prendre les armes. Ensuite on dirait que Arnaud des Pallières a été remplacé par un autre metteur en scène beaucoup moins qualifié. Pourtant il y avait matière à réaliser un très bon film. Je le répète, en valeur absolue l’histoire est bonne : un mec (têtu comme une mule et c’est rien de le dire) qui se sacrifie par principe, on ne peut se permettre de rater un sujet pareil.
Sinon il y a un casting d’enfer, Mads Mikkelsen est une fois de plus géant dans son interprétation, mais signalons aussi Denis Lavant, Jacques Nolot, Bruno Ganz que j’ai toujours plaisir à retrouver même dans des très petits rôles, et Sergi Lopez.
Pour finir sur une seconde touche positive, l’image est magnifique et les paysages splendides. Pour les curieux, je conseillerais davantage de lire ou relire le roman de Von Kleist.
gimliamideselfes

3 443 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 août 2013
J'ai hésité longuement avant de voir ce film dont je ne savais rien. Mais cette promesse d'austérité et ce rappel évident de Valhalla Rising a eu raison de moi. Bon évidement ça n'a rien à voir avec le film de Refn, il fallait s'en douter.

Cependant moi qui ne connaissait pas le réalisateur j'ai beaucoup apprécier sa mise en scène, cette recherche de l'épure, cette façon de filmer Mads Mikkelsen stoïque, impassible, toujours fiers, toujours fort. L'univers peint par Arnaud des Pallières est vraiment excellent, on sent toute la rigueur du monde qu'habite Kohlhaas. D'ailleurs je dois dire que bien souvent je m'en foutais de l'histoire du film, même si pas inintéressante, ce que je voulais voir c'était ces plaines vides avec cette brume et cette musique sourde et lancinante (j'aime la musique sourde et lancinante, vous avez remarqué ?).

Tout ceci pour dire que j'aime cette ambiance, ça a quelque chose de très nordique, de froid et de pur. Du coup les moments de tendresse en sont d'autant plus émouvant car ils sont eux aussi très austères, mais d'une austérité touchante. C'est de cette épuration que naît un certaine forme d'empathie pour Kohlhaas et son aventure.

Le problème vient du fait que le film dure 2h00 et qu'il se perde un peu durant la seconde heure. J'avoue avoir regardé l'heure après 1h10 de film pensant qu'il ne restait que quelques minutes.

Je me suis lassé des aventures de Kohlhass voyant que ça n'éclatait jamais, tout le film restait dans cette retenue, même dans les scènes où justement ça aurait pu éclater.
Cependant j'ai apprécié ce film et pour plusieurs raisons, l'ambiance je l'ai déjà mentionné, ainsi que la mise en scène. Mais pour quelques scènes en particulier, notamment celle avec Denis Lavant.

En effet au début du film Mikkelsen dit qu'il lit la Bible, mais pas en latin. Hors l'histoire semble se passer en plein Moyen-âge (bon ils ont des fusils) et la Bible n'a été traduite que par Erasme. Et là on voit Kohlhaas dire à Lavant qu'il a lu sa Bible. Lavant jouant Erasme (d'ailleurs on le reconnaît lorsqu'il met son chapeau).
J'ai trouvé la scène très forte car Kohlhaas vient de faire un truc un peu étrange (je ne dis pas quoi) et Lavant va l'interroger, le faire douter. Il fallait un acteur qui puisse rivaliser avant Mikkelsen plus charismatique que jamais. Et Lavant fait mieux que ça, il le domine complètement. C'est d'ailleurs dans ce passage que des Pallières va instaurer toute la notion plus intellectuelle du film.

Il y a une autre scène que j'aime, c'est celle où l'on voit enfin cette princesse (jouée par Roxane Duran (qui choisit bien ses films)), cette adolescente pas très belle et complètement intrigante et qui semble pénétrée d'un certain aura. Je m'en fous de ce qu'il se raconte. Je regarde juste la scène pour voir cette jeune ado se mordre les lèvres en regardant le corps nu de Mikkelsen. On sent qu'elle est fascinée par ce type beau et puissant.

J'avoue avoir honte de ne pas avoir reconnu Sergi Lopez…

En somme je dirai que ce n'est pas un film abouti, mais qui a une réelle personnalité qui fait plaisir à voir au cinéma. En plus il est doté d'un casting 4 étoiles. Il faut noter aussi la participation de l'excellent Bruno Ganz.
colombe P.
colombe P.

146 abonnés 695 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2013
Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un film d'une telle qualité.
Un vrai chef d'oeuvre, on est subjugués par les décors, l'histoire dramatique.
Quelle puissance émotionnelle procure ce film...
Aboleth
Aboleth

17 abonnés 218 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 février 2014
Un film magnifique, quelques longueurs chiantes, mais l'intrigue, l'atmosphère, les acteurs rendent cette histoire superbe. J'ai beaucoup beaucoup aimé ! L'Histoire de France est tellement belle et riche !
madmax1
madmax1

13 abonnés 442 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 août 2013
J'ai été voir ce film pour deux raisons, voir Mads Mikkelsen l'acteur le plus charismatique du moment y tenir le premier rôle. La seconde raison est de le voir jouer en Français . J'ai pas été déçu, d'autant que l'histoire est intéressante. Bonus donné à un autre excellent acteur, Denis Lavant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 août 2013
Sélectionné au Festival de Cannes d’une part, et avec Mads Mikkelsen en tête d’affiche d’autre part, Michael Kohlhaas avait déjà de quoi attirer l’attention au cours de ces derniers mois. Après le chef d’œuvre danois A Royal Affair, l’acteur revient pour incarner ici un marchand de chevaux révolté prêt à se faire justice lui-même en vue d’obtenir réparation pour les préjudices qu’il a subis …

Arnaud des Pallières nous emmène dans l’intimité de ce personnage ô combien charismatique, Michael Kohlhaas, pour qui la rectitude est le maître mot, et dont les injustices et la tristesse le feront se rebeller contre un ordre corrompu par l’illégalité. Le film nous plonge directement en plein cœur de l’action et très vite nous sommes en mesure de déterminer l’allure à laquelle il tournera par la suite. Une fois l’ensemble des déboires survenus à notre protagoniste, l’histoire prend le temps de se développer et elle permet ainsi au spectateur de s’immiscer dans les pensées de Kohlhaas pour mieux faire ressortir les interrogations morales auxquelles il se retrouve peu à peu confronté. Il est important de souligner l’interprétation absolument magnifique de Mads Mikkelsen qui, malgré son physique glacial et souvent qualifié, à tort, d’inexpressif, parvient à effectuer la transition parfaite entre le quotidien d’un homme ordinaire qui devient soudainement mué par un sentiment d’injustice profond.

Pas besoin de dialogues pour arriver à un tel degré de virtuosité, et c’est bien ce qui fait la force du film : Réussir à captiver sur un rythme lent et souvent silencieux. A la manière de Nicolas Winding Refn, les répliques se font peu nombreuses et l’univers en lui-même s’avère être particulièrement sombre, comme la résultante d’une symbiose entre l’apparence très froide de Kohlhaas et le décor relativement glacial dans lequel il évolue tout au long de son périple ; décor qui n’est pas sans rappeler celui de Valhalla Rising dans lequel Mads Mikkelsen avait déjà joué … La musique quant à elle colle parfaitement aux images, (mention spéciale pour celle jouée au cours de la scène finale), et le rendu final est d’excellente qualité pour un petit film d’auteur sans prétention aucune comme celui-ci.

Une mise en scène remarquable, des acteurs au sommet de leur art … Michael Kohlhaas se révèle être l’excellente surprise du mois d’Août, une véritable leçon de cinéma de la part du réalisateur, Arnaud des Pallières, qui pourra certes en rebuter plus d’un, mais qui ne nous fera absolument pas douter de sa place au Festival !
Bowen Tyler
Bowen Tyler

3 abonnés 112 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2022
C'est un chef d'œuvre. Le film offre la fin la plus poignante qu'il m'ait été donné de voir. Il est dommage que si peu de spectateurs en mesure l'importance, la puissance et la valeur.
Jectoralias
Jectoralias

2 abonnés 25 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 mars 2016
Film qui m'a beaucoup déçu. Pleins d'évènements, de scènes, ne sont pas claires, sans raison.
Attention, détails généraux et d'ambiance spoilés

Son valet se fait bouffer par des chiens d'attaque mais il s'en sort, mais on ne voit ni ses blessures ni son retour à la propriété donc on croit qu'il a canné jusqu'au moment où il réapparait par enchantement.

L'attaque d'une caravane dans les montagnes : qui ? quoi ? Comment son fidèle second ancien soldat se fait-il tuer par de simple paysans ?!

Pourquoi, dans la scène précédente, le méchant baron échange t-il ses vêtements avec un valet ? Quel est cet édifice où il semble avoir trouvé refuge ?

Pourquoi l'incendier en surface seulement ? Pourquoi nous infliger une séance d'imprégnation des têtes de flèches aussi longue alors qu'ils n'incendient pas tout l'édifice et s'en vont (je crois) sans chopper le baron ?

Pourquoi la mère abbesse (?) est-elle si amorphe tandis que le feu prend sous ses yeux ?

Où dorment ces rebelles ? Que mangent-ils ? Qui les renseigne ? Qui combattent-ils à part des "Seigneurs" (méchants on suppose) devant lesquels même des hommes comme Kohlhass doivent incliner la tête ?

Tout cela, on ne l'apprend jamais. On se croit dans un film onirique. Surjoué, peuplé de scènes solitaires et austères mal éclairées et sans lien direct entre elles. La musique (?) ne soutient rien. Ni les chevaux ni les paysages magnifiques ne sont mis en valeur.

Les personnages sont des ombres :

- La gamine n'apporte rien au scénario, selon moi (à part interrompre le coïtus des parents et faire comprendre que la maman exige que sa fille soit honnête -et chiante comme son père-)
- On est dans un élevage de chevaux mais on ne voit jamais de plan large, on ne sait pas d'où sortent ses employés quand il les enrôle pour partir se venger. D'ailleurs ces employés sont sans émotion.
- La mère se fait tuer mais on ne sait pas quand, comment, où, sauf un peu à la fin. On devine qu'elle revient dans un chariot, conduit par qui ?
- Un de ses valets ne rend pas les armes (on ne saura pas lequel) et il ne le sait même pas alors qu'il tient une liste et qu'il est sensé avoir des réseaux qui le renseignent (ben oui, pour mener une révolte, il faut avoir des yeux et des oreilles partout).
- Il fait tuer un de ses fidèles serviteurs au cours d'une parodie de justice dans un silence sépulcral où personne ne moufte même pas le gars qu'on trucide ni son frère jumeau (dont j'apprends en lisant le casting qu'il était son "frère jumeau", ce qui m'a surpris car ce n'était ni flagrant ni important pour l'histoire).
- Personne n'a de nom dans ce film à part quelques titres comme "le baron", "la princesse" et le héros du film (et sa fille).

Les dialogues : «- Et mes fesses, tu les aimes , mes fesses ? [Musique en arrière-plan, Brigitte Bardot, Et Dieu créa la femme] - Oui, je les aime. - Et mes seins, tu les aimes mes seins ? - Oui, je les aime. - Et mes cheveux, tu les aimes mes cheveux ? - Oui, je les aime. - Et mes .. etc .» Bon, transposez le principe de ce dialogue "nouvelle vague" à deux balles (ciné français, quoi) dans une histoire de vengeance dans les Cévennes au moyen-âge et vous avez une idée de la qualité des dialogues du film. Mais sans musique ni brigitte.

Les dialogues : sont difficiles à comprendre (chuchotés ou avec accent). En plus, ils ne servent à rien, même pas à faire avancer l'histoire. (on nous raconte que "le voisin est prêt à racheter ses terres" et on nous le redit "dix" fois dans le film mais en définitive ce détail n'a strictement aucune importance pour l'histoire).

La réalisation & mise en scène : l'attaque du châtelet du baron est un désastre : on ne sait pas qui tire sur qui, ils se ressemblent tous, on monte des escaliers, on croise des gens on ne sait pas qui c'est, certains sont tués, d'autres pas, sans parler de l'obscurité (forêt, escaliers,..). Tout est suggéré, quoi. Tout le temps. Mais mal suggéré. On ne sait jamais vraiment où ça se passe.

Les acteurs : Mikkelsen n'est pas mauvais mais ne casse pas des briques. Zéro scène de combat. La psychologie de ses valets est plus intéressante que lui (sont-ils heureux de se venger, le font-ils par devoir, ont-ils même remarqué que la maîtresse de maison était morte ?) Le prêtre croisé dans la forêt incarne bien son personnage de guide proposant une autre voie ; il est profond et me fait penser à Torreton avant qu'il se lance en politique... Bruno Ganz fait son travail mais est sous-employé. La princesse est intéressante mais pas assez de profondeur ; on ne sait pas vraiment si la rupture de l'amnistie est une fourberie de sa part ou est justifiée. La fillette fait la tronche tout le temps. Le méchant baron a l'air d'un débile et ne prononce pas un mot important ; sa petite bande a la couleur du sol et on a du mal à les en différencier (d'ailleurs ils se font trucider dans l'anonymat, déchets évacués derrière quelques couinements malgré leur rôle important joué auparavant). Le confident-confiance-ami-valet qui se charge de sa fille et qu'on voit tout le temps, on ne sait pas qui c'est.

En fait, je crois que c'était un film où le spectateur devait comprendre tout seul l'histoire voire l'inventer (même pas sûr qu'il y avait une histoire). En terme d'ineptie des dialogues, ce film ressemble beaucoup au "Guerrier silencieux" fichefilm_gen_cfilm= , c'est dire, avec le même Mads Mikkelsen. On a envie de lui coller des baffes, d'en coller à sa fille, sa femme, ses serviteurs, le baron. "Boite à baffes", voilà le vrai titre du film. Je ne peux que lui souhaiter de bien mûrir et peut-être que j'aurais un flash dans 20 ans.

La critique est dure, à la hauteur de ma déception !
tixou0

788 abonnés 2 046 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 août 2013
D'un texte romantique (on l'imagine, puisque signé Kleist, en 1810), le plutôt confidentiel Arnaud des Pallières a tiré (scénario en collaboration) un récit austère pour une réalisation plutôt cérébrale, même si l'esthétique (images) et le montage (qu'il supervise) compensent l'épure stylistique et les ellipses systématiques et déroutantes. L'action se situe vers 1525 (par recoupements), sous le règne de François 1er donc, sans que l'on s'explique pourquoi la soeur du roi (d'ailleurs à l'époque encore duchesse d'Alençon - alors qu'annoncée "reine de Navarre", ce qu'elle ne sera que plus tard, après un veuvage), Marguerite d'Angoulême, curieusement rajeunie ici (alors qu'elle a alors dépassé la trentaine) ait un rôle de premier plan (mena en effet les négociations après la défaite de Pavie et l'emprisonnement de son frère - mais sans avoir la régence provisoire du royaume, confiée à Louise de Savoie, leur mère)...... lors d'une révolte (sans doute de pure fiction) dans les Cévennes.... Les scénaristes malmènent donc l'Histoire, pour mener une histoire, un brin confuse, d'honneur bafoué, transposée d'Allemagne (chez Kleist) en France. L'Allemand Michael Kohlhaas (le Danois Mads Mikkelsen - magnifique comme d'habitude, et ici en français très correct, bien que rôle appris en phonétique) a fait souche dans cette contrée grandiose et sauvage, prenant une épouse française (Judith), qui lui a donné 2 enfants, Jérémie, un grand ado, et Lisbeth, une gamine très en avance pour son âge (l'insupportable Mélusine Mayance, hélas - seule erreur de casting). C'est un marchand de chevaux prospère. Ayant eu maille à partir avec le nouveau seigneur local, un jeune baron arrogant, de fil en aiguille (dont l'homicide de Judith), un différend portant sur 2 chevaux de selle maltraités par le hobereau va le conduire à prendre les armes, fomentant rapidement une révolte paysanne. Film estimable, mais un brin trop long (plus de 2 h), et inégal. Cependant cette épopée (sur fond de rivalités religieuses naissantes - Kohlhaas est protestant, comme ses familiers, ses adversaires catholiques ; d'où une très belle scène avec un "théologien", identifiable comme Martin Luther lui-même qui traduisit en allemand la Bible - un saisissant Denis Lavant - même si un peu artificiellement intégrée au récit, et invraisemblable, car Luther ne quitta jamais l'Allemagne) déconcerte souvent, et s'achève brutalement, après s'être pas mal égarée, mais avec un "bouquet" final d'une grande force, spoiler: l'exécution du rebelle, à qui on vient pourtant de faire juste avant justice !
D'autres personnages parlent à dessein français avec un accent, allemand : tous "réformés", comme le parent pasteur (l'Allemand David Kross, du "Reader"), le fidèle valet César (l'helvéto-allemand David Bennent, l'acteur principal du "Tambour" de Schlöndorff, en 1979 - Volker Schlöndorff avait quant à lui réalisé en 1969 un autre "Michael Kohlhaas" !), voire le gouverneur (un autre Suisse, Bruno Ganz). Un des soldats de fortune vient même de la Catalogne, pas si lointaine (Sergi Lopez), étoffant un casting international de haut vol.
velocio

1 545 abonnés 3 521 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 août 2013
Présenté en fin de Festival de Cannes 2013, "Michael Kohlhaas" est passé relativement inaperçu, ce qui, dans le cadre d'une sélection officielle 2013 aussi médiocre, est profondément injuste. Certes, ce film n'est pas le chef d'œuvre du siècle, mais il se situait quand même parmi la petite poignée de films vraiment intéressants de cette sélection. Le film d'Arnaud des Pallières est la 4ème adaptation cinématographique de l'œuvre homonyme de l'écrivain allemand Heinrich von Kleist. Parmi les 3 précédentes, la plus connue est celle de Volker Schlöndorff avec David Werner et Anna Karina en têtes d'affiche. Arnaud des Pallières a transposé l'action de ce roman allemand dans notre pays et il a tourné son film dans les Cévennes et dans le Vercors. Quand bien même l'action se passe au 16ème siècle, "Michael Kohlhaas" n'est à proprement parlé ni un film d'époque, ni un film en costumes. La nature est magnifique, les dialogues réduits à ce qui est indispensable. Les thèmes abordés dans le film sont intemporels : il n'est donc pas interdit d'y trouver des échos contemporains. Parmi ces thèmes, on retrouve l'amour, la religion et la vengeance. Toutefois, les questions les plus importantes que pose le film sont les suivantes : jusqu'où peut-on aller pour faire valoir son droit ? Peut-on mettre un pays à feu et à sang, peut-on être à l'origine de nombreux morts, tout cela parce que, au départ, un noble et sa clique n'ont pas traité correctement 2 des montures d'un marchand de chevaux ? Les réponses sont-elles différentes si la corruption et l'injustice règnent dans votre pays ? L'aspect hiératique de Mads Mikkelsen, toujours aussi remarquable, renforce la mise en scène assez abrupte et austère du réalisateur. Dans le rôle de Lisbeth, sa fille, on retrouve Mélusine Mayance, qui jouait Sarah dans "Elle s'appelait Sarah". En fait, on aurait bien vu ce film obtenir le Prix du scénario à Cannes 2013.
Cart2on
Cart2on

5 abonnés 44 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 août 2013
Avec un bon état d'esprit, on arrive à éviter de s'ennuyer...
Comme les autres critiques le disent, le film repose fortement sur l'interprétation de Mads Mikkelsen, ce qui veut dire: 1) il faut aimer les grands ténébreux héroïques et dignes (même rôle que dans La chasse de Vinterberg), 2) se faire à son lourd accent danois (j'exagère pour souligner que c'est quand même désagréable de ne pas comprendre tout ce que dit le personnage principal).
Au-delà de Mikkelsen, le rythme est trop lent si on n'entre pas dans le jeu contemplatif (paysages, chevaux, bruissement, vent, etc.), le scénario est parfois fragile (pourquoi sa femme se fait-elle tuer? est-ce qu'on a besoin de ce cirque à la fin?), et enfin, certaines scènes sont grassement loupées (la scène d'amour par exemple).
Bien que brinquebalant, on arrive à tirer une histoire cohérente, à apprécier certaines scènes et la reconstruction historique.
Dandure
Dandure

185 abonnés 205 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 août 2013
Attention: cet avis contient des spoilers tels que: spoiler: son vrai nom n'est pas Micheal Kohlhaas mais Michel Colasse. Il est protestant...voire révolté.

Ce film est censé être une adaptation du roman éponyme d'Heinrich von Kleist mais le réalisateur a choisit d'autres chemins. Ça aurait dû se passer en Allemagne et ça se passe en France. Ça aurait dû parler comme au XVème siècle et ça parle comme vous et moi. Ça aurait dû être chiant comme la mort mais non, c'est prenant. Si on a le goût de l'épuré. Car cette aventure est sombre et froide à l'image des paysages gris et brumeux des Cévennes, austère et sale comme les visages fermés de ses personnages exaltés. Chacun incarne une thèse, un absolu, une passion. Ils n'en dévieront pas. Leurs rencontres seront fatales. Une certaine idée de la tragédie.

Moralité: La justice, mieux vaut l'éviter, sauf au cinéma.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 2 septembre 2013
Michael Kohlhaas : j’ai beau savoir que, statistiquement, il y a peu de chances qu’un bon film sorte la semaine du 15 août, je n’ai pas résisté, j’y suis allée. Eh bien… ça dure deux heures et on les sent passer, à tel point qu’à un moment, j’avais envie que tout le monde crève, là, tout de suite, et qu’on en finisse, ENFIN !
Dieu que c’était mauvais… Voilà un film où, à l’époque de François 1er, les personnages sont satinés de crasse façon terracotta de Guerlain, où les robes se vendent en prêt-à-porter (au cas où l’on voudrait faire une surprise à sa femme), où la lumière dans l’obscurité tombe toujours pile poil en un rai dramatique sur le blanc des yeux très profonds des acteurs (et ce, où qu’ils soient, dans une porcherie, une chambre, au beau milieu de la forêt… les acteurs sont toujours idéalement placés), où l’on peut croiser Luther himself dans les bois, comme ça (de surcroît dans une région traditionnellement calviniste, c’est très fort !), où l’on constate à sa grande surprise que la peine de décollation (à l’épée, c’est plusss bô et théâtral) s’applique également aux roturiers, où la reine de Navarre parle comme une Parisienne (qu’on a envie de gifler), et j’en passe… Alors oui, Mikkelsen a toujours un regard aussi intense, ses chemises de paysan tombent décidément pile poil en plis élégants sur son dos magnifique d’ancien danseur, il est entouré de quelques acteurs également excellents (Denis Lavant, Bruno Ganz) mais on ne comprend malgré tout pas bien ce qu’il vient faire là, à vendre des chevaux en Navarre, avec ses difficultés d’élocution et son accent danois à couper au couteau… On ne sait pas bien non plus ce qui le pousse réellement à l’action (une petite armée pour récupérer deux chevaux que le baron local lui a volés ?), ni pourquoi tous ces plans traînent en longueur tandis que les péripéties les plus importantes sont systématiquement escamotées au profit de scènes insignifiantes (ou qui tombent comme un cheveu sur la soupe, comme la scène de sexe inutile et idiote du début), lesquelles n’apportent rien à l’histoire ni n’inspirent rien au-delà, à croire qu’on se trouve placé là face à une série d’exercices de style boursoufflé. On ne comprend pas non plus pourquoi on nous impose de passer autant de temps à contempler les cimes des pins qui défilent quand les personnages voyagent en charrette (une sorte d’évocation mystique à la Terrence Malick dans Le Nouveau Monde ?), pourquoi les gens se mettent soudain à parler comme au théâtre au milieu de nulle part, pourquoi on multiplie les gros plans de regards scrutant l’horizon ou un voisin sans que rien ne finisse jamais par se passer, ni donc pourquoi il y a autant de calme mais jamais de tempête… etc. etc. etc.
Bref, ce film est chiant comme la mort, prétentieux et surfait, et je vais de ce pas chercher le classique allemand dont il s’inspire et dont, malheureusement, Arnaud des Pallières a fait un fatras pénible et sans intérêt.
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 août 2013
Ce n'est pas un "grand film", de ceux qui vous retournent et vous bouleversent durablement. Mais c'est un beau film, et de loin le meilleur de son auteur, après le calamiteux "Parc". Mads Mikkelsen y est impérial, on y croise quelques seconds rôles impressionnants comme David Bennent, Bruno Ganz ou Denis Lavant en Luther, même s'il reste un peu problématique quand il ouvre la bouche... Et surtout, le film baigne constamment dans la lumière des Cévennes magnifiquement captée par Jeanne Lapoirie. C'est long, rugueux, sérieux. Mais le montage ménage d'étranges ellipses qui donne au film une sorte d'étrangeté plaisante. Sur le fond, on ne voit pas très bien où veut en venir Des Pallières avec cette adaptation de Kleist dont les enjeux moraux nous paraissent un peu lointains, mais ça vaut le détour quand même.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 6 janvier 2014
L'histoire est sympa et un réalisateur américain aurait pu en faire un super film... mais voilà, c'est un français qui l'as fait et c'est très mauvais. Les scénes sont tronqué ou trop longues, les combats filmé trop près, on s'ennuie ferme.. Mais quelle dommage!!!
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