Ce film est une veritable suite du film de 1988. Investissez 2€ pour voir ce dernier en VOD. Vous serez étonné. Des acteurs rejouent aujourd'hui leurs rôles de jadis, notamment le rôle titre (Michael Keaton), ou la gamine gothique d'il y a trente-cinq ans, qui a trente-cinq de plus et qui voit bien sûr toujours les fantômes (Winona Ryder). -Vous verrez au passage comme certains acteurs jouaient mal à l'époque, notamment Alec Baldwin (sans parler de sa partenaire).
Cette suite est même plus qu'une suite, c'est un reboot sous plusieurs angles : musical en premier lieu (le légendaire et génial Danny Elfman), casting (déjà dit), effets et décors (la maison, l'au-delà, le serpent des sables, etc). Même les génériques sont de même facture. A tel point que Tim Burton le créateur mérite moins ce titre pour le deuxième film. On peine à trouver dans Beetlejuice Beetlejuice une trouvaille qui ne vienne pas de 1988.
La petite idée de faire peur aux morts pourrait être l'idée originale du film, mais elle est fugace, pas assez développée, voire le fruit du hasard. Il y a aussi ce message que "les traumas rapprochent", mais pas développé du tout (forcément, c'est un film comique avant tout, pas une recette pour ou contre le deuil).
Tout cela révèle finalement une sorte de paresse. On n'a même pas besoin de voir le premier Beetlejuice pour le constater. D'ailleurs, un certain ennui (qui est inattendu) s'installe pendant le film d'aujourd'hui... Ou alors, c'est qu'on n'adhère pas à au genre.
En revanche, la bande-son est super. Exemples : Soul Train Gang -quand le train part pour "l'au-delà de là" ; MacArthur Park, que ce soit chanté par Richard Harris ou par Donna Summer. Ça aurait valu le coup de faire un véritable film musical.
Avec la musique, les dialogues sont ce qu'il y a de mieux. Ça sauve un scénario qui manque de muscle. Ils obligent à relativiser notre propre langage (forcément, les morts ou les médiums ont leur parler). Et c'est le comique du film, genre "j'ai décidé de mourir davantage", "quand on est mort de mort c'est pour la vie", ou "jamais vu cette gonzesse de toute ma mort"...
A.G.