De l’acharnement et du courage, c'est ce qu'il aura fallu à Scott et son équipe pour donner naissance à son film le plus intime, menacé par certaines productions sur les plateaux du tournage qu'un britannique puisse tout ce permettre sur le sol Américain, baisse de motivation, fatigue, angoisse, coups de gueules et tromperies, Blade Runner a eu un accouchement difficile mais pour un incroyable résultat ! Dès le début, vous voilà plongez dans un univers où tout vous sembles artificielles mais où l’esthétisme et l'atmosphère vous empêche d'y partir. Selon comment vous le vivrez, vous découvrirez peut-être que l’œuvre de Ridley Scott ne suscite pas de suivre une histoire, mais des émotions dont le but est de vous faire vivre à travers la mentalité du film et non de son personnage principale, perdu au milieu d'une image décadente et paradoxalement merveilleuse.
Film à multiples facettes, spirituel, scientifique mais aussi et surtout, Nietzschéen, Blade Runner possède des références à " Humain, trop humain " œuvre du philosophe allemand paru en 1878 sur la prétention des valeurs humaines. Le film et le livre de Philip K. Dick remet en question le spectateur en l'incitant à flirter avec les conséquences du relativisme éthique et où le questionnement de la morale et de la mort sont remis en cause, Deckard l'anti-héros, n'est pas convaincu du bien-fondé de sa mission et ce retrouve face à un problème morale grave, prendre la vie d'une personne qu'il aime parce que la société en a décidé ainsi, la question de la morale et du choix est immédiatement posé mais ne semble pas atteindre le chef des réplicants Roy Batty, le surhomme aryen à l'esprit libre, puissant et intelligent, il ne parle à aucun moment de valeurs bonnes ou mauvaises, c'est un leader grâce à sa force et son mental, son espérance de vie courte sur terre est par intérêt personnel de son créateur et non de la morale, celui-ci apprenant l'impossibilité de son Dieu à prolongé sa vie, ce dernier réclame son indépendance par ses propres moyens et convictions.
Les scènes sont empreintes de symbolismes et les dialogues intelligents, pouvant être analyser à la fois consciemment et inconsciemment à travers des mythes, il est possible que Roy sois le vrai protagoniste du film et dans son monologue final, ce dernier affirme " J'ai vue des choses que les gens ne croiront jamais " phrase qui le fait élever au dessus du rang du troupeau de mouton que Nietzsche méprisait tant, il ressort en héros et dans sa mort, emporte des valeurs essentiels, référence bibilique, la scène ou Roy s'enfonce un clou dans la main peut être interprété comme une représentation de la figure du Christ.
Vangelis quant à lui, soutient cette superbe peinture, avec sa pluie et ses néons par une BO splendide, la rendant encore plus subtil, presque comme un rêve éveillé. (Et oui amis détracteurs, BR est assez lent c'est vraie, mais que voulez-vous, moi c'est en partie cela qui m'a captivité).
Pour finir, je recommande ce chef d’œuvre riche et puissant du 7ème art, qui pour ma part, figure parmi mes films préférés de tous les temps.
Ps : Optez plutôt pour la version final cut, qui possède une qualité de son et d'image magnifique, à voir absolument en VO et de préférence seul.