Blade Runner
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Mathieu T.
Mathieu T.

9 abonnés 378 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 avril 2014
Un film qui commence avec de l'ennui mais fini avec de l'inouï. Vraiment j'ai adoré la façon dont cela se termine. C'est fantastique.
Florian Malnoe
Florian Malnoe

142 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 avril 2015
Tout simplement le meilleur film de science fiction jamais réalisé à mon sens. Ou du moins il se situe aisément dans le top 3. On est pour ainsi dire tout de suite prit et immergé dans l'ambiance cyberpunk magnifiquement retranscrite de la ville tellement la direction artistique fourmille de détails et de trouvailles. L'architecture, les maquillages, la météo, la musique, les figurants, les marchés, les jouets, la photographie, tout est là dans la réalisation pour nous rendre l'immersion totale et imédiate. Le visuel et les effets spéciaux n'ont pas prit une ride après plus de trois décennies, ça en dit long sur le tour de force visuel de ce "Blade runner". Quant à la mise en scène, comme ça a déjà été dit par mes confrères cinéphiles, elle prend bien le temps d'installer l'atmosphère ainsi que ces protagonistes au profit du rythme et de l'action. Et non, ce n'est pas une tare, car c'est ça qui contribue au charme et au caractère très prenant de ce chef-d'oeuvre. Le rythme et les plans sont lents mais ça ne gêne aucunement en fait. Mais ce film ce n'est pas que la forme qui frôle la perfection, c'est aussi le fond. Les personnages et les dialogues sont bien écrits (on a affaire ici à une bonne petite galerie de personnage intéressante et loufoque comme le généticien adepte d'automates plus vrais que nature, ainsi qu'à une plume conférant de la poésie et de la philosophie à l'oeuvre : cf la dernière tirade du répliquant ( et non un monologue attention, puisque ce dernier a un interlocuteur en face de lui, en l'occurrence Rick) et l'intrigue aborde le questionnement sur l'authenticité mémorielle humaine ainsi que sur ces dérivés d'expériences sur la génétique. L'histoire nous présente en effet la barrière entre l'être-humain et ces créations (répliquants) comme étant particulièrement flou et ambigu. Que ce soit en terme émotionnel pure ou légitimité d'existence. Tout est par exemple bouleversé et remis en cause concernant le personnage de Rick et son enquête quand sa répliquante lui dit : "Vous devriez tester votre test sur vous". Et c'est à ce moment là que l'on se met à avoir des doutes sur son personnage. La fin confirmera ce doute encore plus, car restant assez ambigue,ouverte et jouant vraiment sur les non-dits pour stimuler l'imagination du spectateur. "Blade runner" c'est vraiment la plus grande production cinématographique réalisée par Ridley scott avec "Gladiator" et "American Gangster" en fait. On ne peut pas ne pas tomber sous le charme de ce grand moment de 7ème art, même quand on est fan de près ou de loin au genre SF parce que tout est fait avec tellement de soin dans ce BR. Tous les critères sont, on le sent très rapidement, le fruit d'un gros travail et d'un peaufinage extrême. Un bijou visionnaire, perfectionniste et indémodable en somme.
Biloba63
Biloba63

68 abonnés 847 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2014
Un des très grand film de science fiction, sans aucun doute. Blade Runner c'est surtout des effets spéciaux et des décors absolument énormes compte tenu de l'année de création (1982). Un film totalement avant-gardiste au niveau du scénario et de l'environnement. Une cité malsaine, sombre, étouffante, des personnages extravertis, caractériels qui se fondent parfaitement dans cet univers noir et répugnant. Harrison Ford signe une prestation profonde et aboutie, peut-être sa meilleure.
Un ensemble visionnaire (?) et superbement réalisé par un Ridley Scott qui montrait déjà tout son talent et sa méticulosité.
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2014
Cette fois c'est clair, le jeune Ridley Scott était un artiste accompli, esthète et auteur. Le début de sa carrière, après le mélancolique et sublime The duellists et le cultissime Alien qu'il me tarde vraiment de découvrir, est sans doute l'un des départs les plus retentissants pour un cinéaste contemporain. Blade Runner est en lui-même l'un des films de S-F les mieux construits que j'ai pu voir, développé en profondeur et en largeur, brassant des thèmes existentiels et les éclairant avec génie par un visuel inoubliable. Son humanité bâtarde, sa temporalité floue, ses décors tantôt futuristes, tantôt rétro, en font un fascinant voyage à travers la conscience collective et touchent au cœur avec ces questionnements humains sur la nature de l'âme, la finitude de l'existence, l'irréversibilité de l'engrenage dans lequel nous sommes tous pris. Les contre-jours et la subtilité de l'éclairage sont saisissants et déstabilisants, contrastant avec les émotions quand ils ne leur font pas écho. Le travail visuel est si fouillé qu'il participe activement à la construction des personnages, épais et dramatiquement très justes. Blade Runner est aussi un film sur la différence et l'incapacité de l'homme à la gérer, la mise en scène captant d'entrée l'importance de la perspective. Mise en scène parfaite, tout simplement, qui réserve quelques plans cultes et des scènes de qualité constante et exemplaire malgré des exigences narratives différentes. Blade Runner représente en fait le meilleur de la science-fiction, celle qui utilise le potentiel créatif illimité du genre avant tout de manière artistique et pour en dire sur l'humain, son avenir et ses défis. Une réussite d'écriture qui ne rend rien au travail visuel pharaonique, splendide de créativité, de poésie et de pouvoir évocateur. Je me demande à présent comment Ridley Scott, qui prouve ici qu'il est un artiste digne de ce nom, a pu si souvent s'égarer par la suite. Parce que Blade Runner, lui, est sans doute un chef-d'oeuvre.
Movie_Fan
Movie_Fan

25 abonnés 431 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2014
J'ai trouvé ça pas mal et soigné. L'histoire aurait pu donner un peu plus de précision, principalement sur les "androides" en question, même si je pense que c'était voulu. La mise en scène est bien soignée et Ford est bon.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 mars 2014
Version longue est bien mieux, de plus j ai vu une version ou Ford est narrateur au début et a la fin du film, cela donne encore plus de corps.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 avril 2018
Miroir de l'âme

Un Los Angeles lugubre et lavé par des pluies acides en guise de décors, un avenir sombre où tout devient artificiel, même les humains, et toujours du sang coulant à flot dans de sordides ruelles, voilà où nous emmène Ridley Scott lorsqu'il adapte Philip K. Dick.

Dès les premières secondes, le metteur en scène britannique propose de sublimes images, mêlées à une atmosphère pessimiste et sombre ainsi qu'une fascination qui ne fera que s'accroître. On se retrouve plongée dans cet univers qui ne nous laisse pas de répits, et surtout qui se révèle régulièrement sous tension et teinté de diverses sensations, jusqu'à nous laisser à terre comme si on encaissait un uppercut dont on aurait du mal à se relever.

Ridley Scott contrôle tout à la perfection, faisant en sorte que tous les éléments soient en adéquation avec l'ambiance. La bande-originale colle parfaitement aux images, les décors et la photographie sont sombres et immersifs à souhait, sa caméra capte magnifiquement les personnages et émotions, notamment lorsqu'il se rapproche des visages et laisse les expressions et regards en dire bien plus que n'importe quel mot. Usant d'un montage efficace, il permet à l'oeuvre de constamment tutoyer la perfection, sachant aussi faire monter la tension lors de plusieurs séquences mémorables à l'image du puissant et touchant monologue de Roy Batty, de la course-poursuite dans les rues de Los Angeles ou encore des rencontres entre Rick Deckard et Rachel.

Si le réalisateur d'Alien démontre une implacable capacité à créer une ambiance forte avec les images, les décors ou encore la musique, il n'en oublie pas le scénario et les personnages, qui sont d'ailleurs tous très bien interprétés. Ces derniers sont passionnants et complexes à souhait, on n'a pas besoin d'en savoir beaucoup sur eux pour être intrigué et fasciné, et jusqu'au bout, on est tenu en halène vis-à-vis du sort qui leur est réservé. Chaque mot ou réplique sonne juste, et il montre une certaine habilité à s'en passer pour mieux faire ressortir l'intensité venant d'eux, ainsi que les angoisses silencieuses se dégageant de l'univers qu'il met en place.

Se montrant ici maître dans l'anticipation, il n'en oublie pas ce qui fait une grande partie de l'intérêt de la science-fiction, à savoir les réflexions sur l'humain, ce qui nous défini ou encore sa capacité à détruire tout ce qu'il touche. Il propose plusieurs subtils degrés de lecture, et à chaque nouvelle vision on peut découvrir de nouveaux élément. Il ne dévoile pas forcément tout et laisse planer un soupçon énigmatique sur les personnages et enjeux, ainsi que sur quelques symboles, à l'image de la crucifixion de Roy Batty. Il se montre audacieux pour créer une alchimie entre tout cela, déborde d'idées ingénieuses et surtout, laisse le spectateur sans voix face à une telle expérience.

Blade Runner mettra du temps pour acquérir la notoriété qu'il a aujourd'hui et le nombre de vision n'affecte jamais la fascinante impression de perfection qui s'en dégage, tant Ridley Scott parvient à créer un univers intense, sombre et propice à la réflexion, avec des personnages forts et une atmosphère lugubre, philosophique et d'une rare intensité.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 6 mars 2014
Blade Runner est une sublime démonstration de ce que la science fiction a pu offrir de mieux.
Visuellement sidérante, l'oeuvre est un morceau d'anthologie car elle couvre tous les angles.
L'action reste au service du divertissement mais s'avère considérablement accessoire devant la puissance fantasmagorique généré par la mise en scène et le message véhiculé.
Harrison Ford ballade son charisme cavalier dans un monde futuriste onirique où le grandiose côtoie le pessimiste et il doit se confronter aux Réplicants, des anges déchus à la dimension fascinante mais terriblement humaine, devenus les contempteurs de leur propre existence.
Ridley Scott s'inaugure en tant que visionnaire et propose un lancinant spectacle aux dernière notes magistrales et mélancoliques. Comment ne pas se souvenir de l'irréaliste et pourtant bouleversant monologue que prononce Rutger Hauer avant de s'éteindre sous une pluie divine ? Blade Runner, pour sa poésie et son intemporalité, laissera une marque indélébile.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 mars 2014
WOW!! enfin VU ce film tout simplement terrible..les derniers mots prononcé par RUTGER HAUER..valent leur pesant d'or. un moment incroyable..du grand cinéma..
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 27 février 2014
Blade Runner est un film visuellement remarquable. Pour ses effets spéciaux et pour quelques prises de vue, ainsi que pour son côté « anticipation » pas convainquant mais imaginatif. Bon. Mais d’un point de vue scénaristique, j’ai pas dû tout comprendre en fait, parce que cette histoire de robots complètement humains, qui saignent et tout, et qui doivent mourir parce qu’ils sont interdits sur la terre parce qu’ils se sont rebellés –mais pas eux, des autres-, c’est complètement étrange. K. Dick a dû écrire autre chose, parce qu’on ne reconnaît pas vraiment sa pate dans cette histoire un peu facile de traque dans une ville énigmatique et sombre. Et pour cause, à côté de la logique (ou de l’illogisme) de Total Recall, Blade Runner fait pâle figure. J’ai donc été assez déçu par ce classique de la SF, même si le film se laisse regarder avec un plaisir certain, notamment grâce à une musique superbe.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 avril 2018
Un chef d’œuvre incontournable de la SF ! Je l'ai vu à 12 ans seulement et depuis c'est un véritable culte que je voue à ce film. Tout semble avoir été touché par la grâce dans ce long métrage: les décors, la lumière, le jeu d'acteur, les personnages, l'histoire et bien sûr l'inimitable et magistrale musique de Vangelis qui reste gravé à jamais... Un monument dont seuls de rares films du même genre ont réussi à approcher la perfection (Ghost in the Shell de 1995 pour ne citer que lui). Par contre, n'en déplaise à ceux qui la défendent, mais je ne suis pas d'accord pour la Final Cut de 2007, la meilleure reste selon moi la VERSION CINÉMA international de 1982 ! La voix off rajoutait une touche de film noir comme dans les polars N&B se déroulant dans les années 30. Heureusement on la trouve aussi en Blu-ray dans les coffrets regroupant les 5 versions, car il en faut pour tous les goûts.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 février 2014
De l’acharnement et du courage, c'est ce qu'il aura fallu à Scott et son équipe pour donner naissance à son film le plus intime, menacé par certaines productions sur les plateaux du tournage qu'un britannique puisse tout ce permettre sur le sol Américain, baisse de motivation, fatigue, angoisse, coups de gueules et tromperies, Blade Runner a eu un accouchement difficile mais pour un incroyable résultat ! Dès le début, vous voilà plongez dans un univers où tout vous sembles artificielles mais où l’esthétisme et l'atmosphère vous empêche d'y partir. Selon comment vous le vivrez, vous découvrirez peut-être que l’œuvre de Ridley Scott ne suscite pas de suivre une histoire, mais des émotions dont le but est de vous faire vivre à travers la mentalité du film et non de son personnage principale, perdu au milieu d'une image décadente et paradoxalement merveilleuse.

Film à multiples facettes, spirituel, scientifique mais aussi et surtout, Nietzschéen, Blade Runner possède des références à " Humain, trop humain " œuvre du philosophe allemand paru en 1878 sur la prétention des valeurs humaines. Le film et le livre de Philip K. Dick remet en question le spectateur en l'incitant à flirter avec les conséquences du relativisme éthique et où le questionnement de la morale et de la mort sont remis en cause, Deckard l'anti-héros, n'est pas convaincu du bien-fondé de sa mission et ce retrouve face à un problème morale grave, prendre la vie d'une personne qu'il aime parce que la société en a décidé ainsi, la question de la morale et du choix est immédiatement posé mais ne semble pas atteindre le chef des réplicants Roy Batty, le surhomme aryen à l'esprit libre, puissant et intelligent, il ne parle à aucun moment de valeurs bonnes ou mauvaises, c'est un leader grâce à sa force et son mental, son espérance de vie courte sur terre est par intérêt personnel de son créateur et non de la morale, celui-ci apprenant l'impossibilité de son Dieu à prolongé sa vie, ce dernier réclame son indépendance par ses propres moyens et convictions.

Les scènes sont empreintes de symbolismes et les dialogues intelligents, pouvant être analyser à la fois consciemment et inconsciemment à travers des mythes, il est possible que Roy sois le vrai protagoniste du film et dans son monologue final, ce dernier affirme " J'ai vue des choses que les gens ne croiront jamais " phrase qui le fait élever au dessus du rang du troupeau de mouton que Nietzsche méprisait tant, il ressort en héros et dans sa mort, emporte des valeurs essentiels, référence bibilique, la scène ou Roy s'enfonce un clou dans la main peut être interprété comme une représentation de la figure du Christ.

Vangelis quant à lui, soutient cette superbe peinture, avec sa pluie et ses néons par une BO splendide, la rendant encore plus subtil, presque comme un rêve éveillé. (Et oui amis détracteurs, BR est assez lent c'est vraie, mais que voulez-vous, moi c'est en partie cela qui m'a captivité).

Pour finir, je recommande ce chef d’œuvre riche et puissant du 7ème art, qui pour ma part, figure parmi mes films préférés de tous les temps.

Ps : Optez plutôt pour la version final cut, qui possède une qualité de son et d'image magnifique, à voir absolument en VO et de préférence seul.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 janvier 2014
Film de SF devenu culte au fil des années: un univers visuel rétro-futuriste inoubliable, une bande-son envoûtante, des emprunts aux films noirs.
De nombreux thèmes explorés: l'influence culturelle (en particulier japonaise), l'omniprésence de la publicité, des questionnements métaphysiques ect...
Petit bémol quelques incohérences de script, mais dans l'ensemble ce long-métrage vaut vraiment le détour.
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 octobre 2017
L’Homme se prend pour Dieu. Il crée à son image. Il crée un reflet, qui ne fait que lui renvoyer sa propre nature, celle d’une espèce vouée à sa perte, dans les entrailles d’une cité tentaculaire, baignée dans l’obscurité, dans la brume d’un autre monde. Los Angeles, 2019, un ciel rougeoyant enveloppe les contours de constructions pharaoniques. Les lumières dansent. Les panaches de feu ondulent. Un œil se fait observateur impuissant de ce vertigineux théâtre. « Visionnaire », il est vrai que « Blade Runner » appartient à cette catégorie de films, ceux qui sont entrés à jamais dans l’inconscient collectif, par le biais d’une séquence, d’une réplique, d’une mélodie. Se hissant au delà de toute concurrence, Ridley Scott ne tarde pas à exploiter une atmosphère vertigineuse, touchant du bout des doigts la quintessence. Le réalisateur ne se contente pas de déployer benoitement sa virtuosité, il redéfinit le genre de l’anticipation au cinéma à travers une œuvre inédite.

Œuvre de science-fiction matricielle et mnémonique, ce film polychrome, digne héritier des longs-métrages des années 20-40, opère un aggiornamento salvateur, avec une finesse inouïe, une imperceptible beauté. Le ton est donné dès le départ, un carton indique que l’homme a créé des androïdes parfaits, intelligents, indissociables d’un être humain organique, exclusivement réservé à la main d’œuvre, dotés d’émotions, de désirs. Ce sont les « Réplicants ». La première scène concrète de « Blade Runner » met face à face un homme et l’une de ces machines lors d’un interrogatoire sous forme de teste. Le locuteur pose alors des questions à son sujet, pour déterminer si il est un être humain ou non. Rapidement, l’allocataire, que l’on sait pertinemment être un Réplicant, devient nerveux, il fait mine de ne pas comprendre les questions en pointant leur absurdité. Face à lui, l’homme ne peut que souligner sa soumission au protocole en avouant qu’il n’a pas écrit les questions qu’il pose. Ainsi, aussitôt, le Réplicant se révèle plus sincère, plus humain, plus libre que son interrogateur.

Débauche des formes et des couleurs, « Blade Runner » est, avant d’être un film de science fiction, un film noir atypique. Du genre, il en reprend le motif. Il le conjugue à sa forme en le plantant dans son contexte. Le héros du film, Rick Deckard, pourrait être un descendant de Marc Dixon, voire de Phillip Marlowe, en plus cynique et mélancolique. Il dispose d’une nonchalance à toute épreuve. C’est un policier fatigué, plongé dans une histoire dont il n’aurait jamais voulu entendre un mot. À ce titre, à voir le charisme et l’élégance d’Harrison Ford, il est difficile de ne pas songer à Humphrey Bogart. Toute la panoplie est là : un spectre imprévisible, inquiétant, dissimulé. Des indices cloisonnés. Un objet de fantasme, une brune mystérieuse. Le tout dans les ruelles en proie aux fumées des bouches d’aération, sur le trottoir mouillé, dans une ville de mille feux, splendide, mythique. Dessinée par Syd Mead, cette cité inspirée de villes européennes et asiatiques autant que par le baroque de la renaissance et le mouvement Art Déco, est l’un des plus beau joyaux que le cinéma nous ait offert, vivant grâce au trait du génie des effets spéciaux Douglas Trumbull et son équipe, qui rendent des matte painting offrant au film des images de synthèse d’une réalité encore aujourd’hui difficilement égalable.

Vivre au moment et à l’endroit où la vie s’éteint progressivement, se débattre, survivre, comme les licornes dans leur existence illusoire. La vie intime de Deckard se réduit à une rêverie après qu’il se soit vu attribuer une tache qui ne lui offrira ni plaisir, ni satisfaction : celle de supprimer un groupe de Réplicants désespérément cachés dans l’ombre. Les divers montages du film ont également posé les curseurs sur une question ardue : Deckard est-il lui même un Réplicant ? « Blade Runner » sait se tenir ambigu à ce propos, cachant la vérité sur le personnage à travers des détails visibles à l’écran, apparemment anodins. À titre personnel, j'ai toujours pensé que Deckard est un Réplicant, et la preuve, à mes yeux, se trouve dans la séquence suivant le combat entre le Réplicant Léon Kowalski et Deckard, ce dernier sauver in extremis par un autre Réplicant : Racheal. Dans cette séquence, on voit Deckard ensanglanté, les lèvres totalement ouvertes. Il entame un verre d’alcool, un filet de sang s’y égare. Tout se lit sur son visage.
(Voir l'extrait

« Blade Runner » tourne le dos à l’action, pour épouser la poésie cybernétique, la grâce, le crépuscule du monde, tout en dévoilant un terrible miroir de la condition humaine, ainsi qu'un glaçant portrait de la relation entre l’homme et la technologie. Phillip K. Dick écrivait : « Qu’est-ce qui fait d’un être humain un humain ? ». Si il s’agit des sentiments, alors Deckard, ainsi que l’humanité n’en sont plus. D’un coté, les hommes se mécanisent, de l’autre, les androïdes s’humanisent, luttant pour leur survie. Ce simple argument, fondé sur l’empathie que l’on éprouve auprès de chaque personnage, transforme ce qui partait comme une enquête classique en véritable dessin existentiel. C’est à cet instant que l’on devine le génie des scénaristes, Hampton Fancher et David Webb Peoples, qui parviennent, avec une douceur naturelle, à glisser leurs questions métaphysiques dans une traque captivante et palpitante, délicieusement menée par la musique de Vangelis.

Percutant les hallucinations et les pluies acides, le calvaire de l’oubli scintille sur les larmes du corps perdu de l’Aryen, dans ces abysses témoins de la résurrection d’un œil doré, cristallisant l'enfer urbain, les cadavres des voiles vaporeux, la fragilité de l’espoir. Cette histoire opaque entre dans une immense tristesse : celle d’un duel, entre un « homme » et un « surhomme ». « Blade Runner » obtient principalement sa richesse en mélangeant la grandeur visuelle et un intimisme transgressif, tout en causant une rupture à un classique manichéisme. Il est difficile, de ne pas s’extasier devant la finesse de ces plans vertigineux, devant cette mélancolie de tous les âges, cette puissance physiologique, ces images d’une noblesse infinie. « Blade Runner » est un conte opératique, se constituant d’une philosophie muette. Les images de Ridley Scott survolent la Terre, entament ces flammes astrales, subliment ces séquences fantasmées.

Comment identifier l’humanité ? Enveloppé de formes et de sens, « Blade Runner » est aussi étincelant qu’il est lugubre. Au delà des formes, des idées et des mots, des pensées et des actes, tout semble avoir été conçu pour troubler la frontière entre le métal de le physique. Apparaît la vision du monde en proie à la transsubstantiation, stérile, vain, ces mures s’écoulant dans une limpidité inouïe. « Blade Runner » s’élève à la hauteur de notre relation avec cet environnement corrosif, représenté par une totale déliquescence, dans cette ville qui laisse couler ses larmes de sang. Ici, tous les gestes racontent une histoire, chaque lumière est un nid d’interrogations, chaque regard apporte son empreinte. Les visages tombent, dévastés par leurs visions éphémères. Rares sont ces films, parvenant à transcender à ce point le temps, paraissant toujours un peu plus intemporel, au fil des années. « Blade Runner » en est l’archétype, le film absolu, l’illustration d’un obscur paradis. Un chef d’œuvre du cinéma, auquel j’ai trop longtemps refusé une place dans mon top dix. Une rivière de beauté, où éclosent des questions sempiternelles.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2014
Visuellement époustouflant et doté d'un scénario original (pour sa sortie en salle), "Blade Runner" reste frustrant, principalement à cause de son abstraction qui m'a laissé perplexe. Je ne doute pas que le film comporte de nombreuses pistes d'analyse extrêmement passionnantes, mais elles sont peu perceptibles. R. Scott est donc parvenu à créer un imaginaire esthétiquement fort, mais n'a pas réussi à mettre en relief ses axes thématiques.
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