"Los Angeles, novembre 2019"
Librement inspiré d'une oeuvre de Philip K. Dick, Blade Runner a bercé l'âme fantasy futuriste de toute une génération avant de tomber peu à peu dans l'oubli, à l'image de Dune (saga romanesque de Frank Herbert parue à partir de 1965, déclinée en film par David Lynch, 1984, et en série par John Harrison, 2000), remise au goût du jour par Denis Villeneuve (2021, 2024) qui réalisera la suite de... Blade Runner (2017).
Il est toujours amusant de retrouver ainsi des archives qui dépeignent ce que seront nos années contemporaines. Ici, les écrans d'ordinateurs sont toujours cathodiques et on fume encore au boulot en lisant des journaux en papier au format large.
Blade Runner n'est ainsi que le troisième film de Ridley Scott, qui a déjà marqué et la critique avec Les Duellistes (1977) et le public avec Alien (1979). Visuellement parfait dans son style rétro-futuriste décalé, l'impressionnante décoration des scènes d'intérieur, et ses plans où les couleurs au néon jouent avec l'eau, l'ombre et la lumière dans une atmosphère de nuit éternelle, le film a pourtant fortement vieilli dans sa narration, elle aussi très ancrée dans les années '80, tout comme la musique de Vangelis ou l'interprétation froide, mécanique et syncopée des acteurices.
Blade Runner garde malgré tout un intérêt pour son couple Harrison Ford/Sean Young et la thématique, oh combien actuelle, de l'intelligence artificielle à travers, notamment, le test inspiré de celui de Turing, qui sera de nouveau repris dans Ex Machina (Alex Garland, 2014).