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Un visiteur
0,5
Publiée le 16 janvier 2017
C'est un gars qui a perdu son clebs, alors il appelle un détective privé, spécialiste du genre "profiler" qui se met à "profiler" les déjections du clébard (sic !), une sorte de coloscopie à distance pour retrouver le fugitif. Le cabot accusé à tort est bien entendu innocent et ne sera, à notre grand soulagement, pas inquiété. Il n'a pour l'heure pas donné suite aux demandes d'interview.
Bon là j'ai brodé et extrapolé un brin, car l'humour absurde n'est pas donné à tout le monde et certainement pas à Quentin Dupieux. Pour cela, il faudrait un petit peu de talent et demander conseil à David Lynch à côté duquel ce Quentin n'arrive pas à la cheville. Et pour ce qui est du "non-sens", il aurait dû se renseigner chez Kafka, un creuset inexpugnable.
Quentin Dupieux se débat donc tout seul dans son délire à deux balles et n'a pas hésité à recruter l'un de nos grand débiles nationaux en renfort, Eric Judor (Ramzy n'a pu se libérer, car les vécés en feu étaient fermés de l'intérieur). L'ennuyeux Quentin Dupieux délivre en fin de compte une misère filmique des plus vaseuses, vulgaires et de surcroît très prétentieuses : si absurdement crétine qu'on se hâte de ranger ça sous la paillasse.
Un OFNI attachant, drôle, déconcertant, et surtout absurde. L'univers crée par Quentin Dupieux s'avère pourtant cohérent, offre pourtant quelques réflexions (légères les réflexions) sur le rapport au monde, la normalité, l'incommunicabilité. Bien sur, le fil scénaristique est ténu (le fil directeur est le chagrin et la quète d'un homme pour retrouver son chien) et certains passages sont redondants mais le sentiment d'étrangeté s'infuse dans l'esprit du spectateur et le suspend à un récit ubuesque mais globalement maitrisé... Belle cohérence artistique entre la lumière ensoleillé écrasante, et le son, pour créer cette ambiance mais certaines idées scénaristiques sont également géniales (une de mes préférés : le jardinier qui retrouve son palmier transformé en sapin..)
S'il revendique dès le générique de début sa bizarrerie, Wrong ne filme pourtant pas tant l'irruption brutale de l'absurde dans le quotidien que l'extrème banalité de celui ci. En effet, le réveil sonne tous les matins, les voisins discutent entre eux, Dolph se rend à son travail chaque jour... La routine. Mais quelle routine ? Il est assez étonnant de constater que ce réveil indique 7h60 et que des trombes d'eau s'abattent dans le bureau, et ceci tous les jours, et cela semble parfaitement normal aux personnages de Dupieux. Cela porte à réfléchir sur la légitimité de ce qu'on appelle "quotidien", "normalité", etc... Ainsi, lorsque le palmier de Dolph se change en pin, c'est moins l'étrangeté de cette mutation qui l'inquiète (une mutation qui semble d'ailleurs minime, particulièrement grâce aux ressemblance entre les termes palm tree et pine tree), que le fait qu'il doive être impérativement remis en place. C'est sur ce modèle, d'ailleurs, que Wrong se construit. Ne pas dévier du quotidien. Tous les personnages du film de Dupieux semblent tout faire pour s'agripper à cette ligne droite, rassurante. Dolph, licencié, se rend encore et toujours à son travail, dans la continuité de ses habitudes, ses collègues le méprisent parcequ'il rompt la logique sociale (quand quelqu'un est viré, il est parfaitement normal qu'il ne remette plus les pieds aux bureaux...), un jardinier (interprété avec brio par Eric, qui a trouvé le réalisateur qui lui convenait) qui meurt et ressucite sans arrêt pour trouver un compromis entre l'état moral de Dolph (troublé déjà par l'enlèvement de Paul, son très cher chien) et une certaine rationalité (c'est pas permi de ressuciter comme ça !). Tous les personnages sauf un, en vérité : le voisin de Dolph, qui refuse d'admettre qu'il fait du jogging, et qui s'en va, du jour au lendemain, pour fuir cette banalité qui le répugne. Magnifique vision que de le voir parcourir cet immense désert blanc, dans une sorte d'apaisement existenciel, au bout du monde. Esthétiquement, d'ailleurs, Wrong est magnifique, tout en pastel, sans couleurs agressives qui viendrait (encore une fois) perturber le spectateur comme le personnage. Wrong, c'est une reflexion sur le quotidien, sa légitimité, et c'est la mise en opposition de deux images magnifiques : celle de Dolph retrouvant son chien et sa routine, et celle de son voisin parcourant sans but réel une immensité à la périphérie de tout. Sans nul doute le plus beau film de Quentin Dupieux.
Troisième long-métrage de Quentin Dupieux après Steak et Rubber, Wrong (2012) raconte l’histoire d’un homme, Dolph Springer (Jack Plotnick), qui se réveille un matin et s’aperçoit que son chien bien-aimé a disparu dans le courant de la nuit. Sur cette base de scénario on ne peut plus simple, les séquences absurdes vont s’enchaîner, souvent avec une grande drôlerie, parfois en jouant sur une angoisse sourde. Tourné aux États-Unis, le film s’inscrit avec malice dans une certaine imagerie de l’Amérique pavillonnaire, que Dupieux s’amuse à détourner dans un esprit gaguesque franchement jouissif. Avec un Éric Judor génial dans le rôle d’un jardinier possédant le même pouvoir que Lazare de Béthanie, et d’autres seconds rôles excellents (Alexis Dziena, Steve Little, William Fichtner). Même s’il ne savait pas trop comment terminer son film, Mr Oizo nous concoctait ici une farce réjouissante à souhait.
Aurait fait un super court métrage afin d'éviter quelques longueurs, toutefois des passages sont très drôles, Plotnick est émouvant et juste. Spéciale dédicace au magnifique accent d'Eric et à Paul qui est vraiment canon ! Esthétique et très bonne bande son !
Une notation un peu à part pour un film à part. Considéré comme le maître du cinéma expérimental, Quentin Dupieux maîtrise ce long métrage sous le regard ébahi des spectateurs qui se demandent bien ce qui peut passer par la tête de cet homme, avec respect. Car si Dupieux sait donner de quoi nous satisfaire, il creuse encore de façon à nous attirer plus encore dans son monde, un monde dénué de logique ou tout semble normal. Mention à la scène d'ouverture, totalement incompréhensible mais absolument magnifique ! La force de ce long métrage tient en fait de cette absence totale de logique faisant place à une absurdité omniprésente, présentée par des acteurs ayant compris leur rôle, jouant absolument comme dans un test, une expérience, ça tombe bien. Éric Judor a écopé d'un second rôle vraiment intéressant, non doublé en anglais, ce qui appuie davantage sur son côté absurde, allant de son accent minable à sa dégaine, allant même jusqu'à un petit clin d'oeil à l'un de ses anciens rôles, "en 20ans de carrière..." merci H. Jack Plotnick sait lui aussi donner le rythme, la cadence même, toujours décalé par rapport à la scène présente, que ce soit la conversation téléphonique avec la fille de la pizzeria ou encore son entretien avec le détective privé. chaque attrait de sa personnalité apporte à un personnage perdu, désemparé, allant même jusqu'à faire de la télékinésie avec son chien. Wrong, film unique, au titre et à l'affiche très indicatifs laisse une trace particulière mais magnifique dans le cinéma, prologue d'un genre encore peu exploité qui saura faire son immersion en tant voulu. Son pauvre score au box office reste assez normal, mais doit faire sourire le réalisateur, sûr de son oeuvre.
Wrong est un ovni mais on en à l'habitude avec Quentin Dupieux. Cette comédie nous propose une histoire très banal d'apparence mais qui va se transformé en grand n'importe quoi. Les scènes se suivent mais n'ont aucune cohérence et que ce soit les personnages ou les dialogues, ils sont absurdes et bourré de non-sens. Alors il faut aimé ce style mais moi ça me plait même si au milieu du film on perd un peut en intensité (difficile à réalisé vu le peut d'intensité), les 20 dernières minutes ré haussent un peut le tout pour finir sur une fin réussi. Mais la grande force de Wrong est sa réalisation superbe de Quentin Dupieux. Chaque plan est travaillé afin de donner une esthétique magnifique aux différentes scènes, on a de jolies couleurs et une très belle photographie. Les acteurs ne sont pas en reste avec des personnages haut en couleur (notamment le détective) très inspirés et interprété par d'excellents acteurs. Le tout est accompagné par une b.o. qui bien que discrète s'avère être de qualité. Alors au final Wrong est à l'image des précédents longs-métrages du réalisateur, on l'aimera si on aime ce style décalé, moi j'y est adhéré et je conseille donc d'aller lavé un lapin dans une patinoire!
Après l'histoire du pneu tueur, Quentin Dupieux revient avec un film qui nous raconte l'histoire d'un type qui a perdu son chien. Sur le papier, rien de très intéressant, et pourtant, le film suinte l'originalité à chaque scène (ou presque). Le résultat est un film complètement surréaliste, à la fois absurde et inquiétant, où on va nous parler du chien bien évidemment, mais pas que : vous aurez aussi droit à l'histoire du palmier, du logo de la pizzeria du coin, et j'en passe. Au final, un film qui ne plaira pas à tout le monde c'est sûr, mais qui change radicalement de ce que l'on a l'habitude de voir. Pour les curieux...
Bien que je ne sois pas un grand fan de la musique de Quentin Dupieux, son passage derrière la caméra a quand même attisé ma curiosité. Et ce qui est intéressant avec ce long métrage est de voir que le réalisateur apporte sa propre vision du cinéma en créant ses propres codes. Rien qu'à travers Wrong, on sent la patte Dupieux. Cela se traduit par une intrigue qui se déroule sans réel fil rouge, et avant tout, un aspect totalement absurde ce qui confère au film un caractère complètement imprévisible et une force comique certaine. Il se crée un véritable univers, avec sa propre logique. Et dans l'ensemble, c'est plutôt plaisant de voir une production qui ose sortir de la sorte des conventions du genre. À part quelques moments un peu lourds, la plupart des situations décalées fonctionnent bien, mais il est clair que ce type d'humour ne parlera pas à tout le monde. Ce n'est pas un film grand public, il faut vraiment que le spectateur soit réceptif ce côté absolument saugrenu. Ceci dit, ce délire cinématographique dispose d'une très belle photographie et fourmille de trouvailles visuelles. Les acteurs délivrent également tous des prestations impeccables. Outre les obsédés de la cohérence dans un film, Wrong devrait plaire à tous les cinéphiles à la recherche d'une nouvelle expérience sortant des sentiers battus, mélangeant subtilement comédie et émotions au sein d'un monde déboussolant mais indéniablement poétique. Dans sa recherche de repoussement des limites du cinéma, Wrong peut sûrement paraître pour un film prétentieux mais je pense qu'il s'agit d'une oeuvre qui ne prétend avoir une portée philosophique et qui s'apprécie sans vraiment chercher à la comprendre.
"Wrong" n'est pas seulement une comédie loufoque qui fait la part belle à des situations absurdes, mais il s'agit aussi d'un film très touchant transporté par des acteurs incroyablement justes dans leurs émotions et qui font réellement croire en ce monde. Plus qu'un simple prétexte pour rire, "Wrong" rappelle les liens qui lient les hommes aux animaux, et devrait ainsi être vu par tous. Encore une fois, Quentin Dupieux évite tous les écueils du genre et la vacuité d'un scénario bidon : on ressort de la salle changé et prêt à faire le bien – un peu comme après "The Tree of Life" ou n'importe quel film de Wes Anderson. Après avoir vu ça, on peut penser que le réalisateur aurait été un choix plus évident que Michel Gondry pour adapter "L'Écume des Jours", tant la douceur poétique et décalée du scénario se rapproche de celle du roman de Boris Vian.
Quelque part entre le cauchemar et le rêve, Wrong est encré définitivement dans l'imaginaire délirant et original de Quentin Dupieux. Psychédélique, absurde, morose, ironique, le cinema de Dupieux est un cosmos à part entière, évoluant singulièrement loin des factures communes et s'exprimant par le non sens, mot d'ordre de Rubber !
Qu'est ce que c'est que ce film?????? Doublage foireux, scénario laborieux, aucun intérêt Les personnages sont incompréhensibles tout comme certaines scènes, on sent pourtant du potentiel dans la réalisation mais je suis franchement déçu .
Deuxième film aux States de Dupieux et deuxième avec Eric Judor, Wrong pousse son désir de brouiller les pistes plus loin que jamais dans sa filmographie. Le but, banal en soi, de récupérer son chien nous entraine dans un délire métaphysico-fantastique comme rarement on en a vu au cinéma. Plus chelou encore que son Steak ou son Rubber, le film n'est cependant pas dénué d'ironie. Des idées géniales comme le bureau en constante saison des pluies, la télékinésie, ou encore la notion de temps complètement absente nous bouscule, nous angoisserait presque. On pouvait avoir peur d'un enchainement d'idées absurdes sans rien d'autre à raconter. Au contraire, cette masse de lois propres à l'univers du film donne une étonnante cohérence à son univers. On est face à un OVNI qui nous semblerait déjà familier après avoir passé deux minutes avec lui. Qu'on soit mécontent du film et son scénario complètement ouf, ou à l'inverse surpris et content de cette expérience unique, on est forcé d'avoir était marqué par cet univers foisonnant sans être brouillon.
La machine tourne à plein régime, bien que très silencieusement. Mais ne nous laissons pas embobiner par la critique de la publi-information et appelons un chat un chat : "Wrong", c'est du solide! Quelques plans surprenants, un sommet d'humour absurde captivant. Le surréalisme est encore au rendez-vous, le réalisateur a au la judicieuse idée de le mettre au service d'un propos et non d'un grand n'importe quoi, au bout du compte franchement radical. Esthète surdoué, Dupieux ne s'enferme pas dans le piège du soliloque et en permanence violente son spectateur.