Pour ne pas changer les mauvaises habitudes, l'année 2015 s'ouvre avec un film au éloges dithyrambiques, déjà usurpateur de sa réputation. Car si "Foxcatcher" n'est pas dénué d'intérêt, de là à en faire le grand long-métrage américain du moment, imprimé sur toutes les pages de couverture, il y a un monde. Inspiré d'une histoire vrai, Bennett Miller parvient il est vrai à dépasser cette étiquette pour tisser un propos relativement soigné et bien interprété. La perversité que dégage un tel sujet est bien rendue par Channing Tattum et Steve Carell, méconnaissable en milliardaire excentrique. Mais au-delà de cette trame, il convient de souligner combien l'ensemble s'avère convenu, tant au niveau du récit que des interactions entre personnages. La relation entre Dave et Du Pont est beaucoup moins développée, tout comme la seconde partie du film, expédiée en deux actes. Tant d'imperfections accolées à ce film complexe que la plupart des critiques français ont choisi d'occulter pour simplement crier au chef-d'œuvre. Faut se calmer les gens.
L’histoire vraie qui est déroulée dans ce film est incroyable. Le long métrage est doté d’une très bon scénario et de l’excellente interprétation des trois comédiens principaux. L’atmosphère du film est opressante, les silences sont nombreux. Bennett Miller filme avec minutie, avec détails cette histoire en y mettant de la tension. Bennett Miller a un souci de perfection. Les silences, les ralentissements, les lenteurs ajoutent de la force à ce film.
Le personnage de John Du Pont est dérangeant. John Du Pont est le fils odieux d’une famille de riches. Il est complètement déconnecté de la réalité. Il achète tout, pour se faire aimer, respecter. Il achète une équipe de lutteurs, et se paye des sportifs de haut niveau. Il est inquiétant, manipulateur, capricieux. Il est interprété par Steve Carrell, connu pour ses rôles comiques. L’acteur est maquillé, alourdi par des prothèses, et même un peu trop. Le résultat de son maquillage le rende méconnaissable. Par contre il joue à la perfection ce rôle de personnage dictateur et « borderline ». Channing Tatum et Mark Ruffalo sont les deux frères. Ils sont incroyables. Channing Tatum est un champion, fragilisé par son passé, manipulable. Mark Ruffalo est le grand frère, équilibré, et protecteur.
Foxcatcher est un film puissant. Inquiétant, fascinant, tout comme le personnage de John Du Pont.
Pas forcément facile d'accès (il faut reconnaitre que le film est un peu austère), "Foxcatcher" est néanmoins très intéressant pour sa réalisation sobre mais redoutable, son ambiance angoissante, et ses personnages torturés.
Avouons un jeu d'acteur brillantissime, une mise en scène des plus soignée, et vous obtiendrez un film qui ne qu'obtenir l'approbation du plus grand nombre d'entre nous tous. Conjuguons également les faits tirés d'une histoire vraie... Bref, que de bons ingrédients. Ce n'est cependant pas pour moi un chef d’œuvre du 7ème art, de part les trop nombreuses longueurs scénaristiques ; une petite trentaine de minutes en moins n'auraient pas pénalisés la justesse de l'ensemble. A trop vouloir montrer les facettes de l'ensemble des personnages, on en finit par perdre la substantifique moelle.
Le trio Tatum, Carell, Ruffalo est bluffant ! Une vraie investigation de leur part et un résultat des plus sonnant. C'est une histoire peut être un peu adaptée mais qui est marquante et que l'on suit du début à la fin avec grand intérêt. Les transformations de Carell et Tatum sont impressionnantes et collent parfaitement aux personnages. A voir absolument.
C'est ce que le cinéma américain a presque de mieux à nous offrir. Je retiens la direction d'acteurs époustouflante, une mise en scène superbe, toute en sobriété et la mise en place des personnages. C'est un biopic, mais avec une vision d'auteur et un point de vue. Certaines valeurs américaines sont magnifiées et le propos a beaucoup d'ampleur. Le story telling est puissant, la tension monte comme un thriller et on sent bien que quelque chose va se passer. J'avais beaucoup aimé "le Stratège", ici c'est encore mieux.
Le film aurait pu être exceptionnel... Un trio d'acteurs très bons, une histoire intéressante mais une réalisation défaillante au possible... C'est extrêmement mou ! Du coup, il faut s'accrocher pour ne pas décrocher du film. La fin du film est intense malgré tout.
L’interprétation est tellement brillante et les acteurs possédés qu'il est impossible de ne pas être électrisé. Ici pas besoin de longs dialogues, les gestes et les regards suffisent à rendre le film intriguant et inquiétant du début à la fin.
Un film qui prend son temps, austère, sombre, exigent. Tout est dans le sous-entendu et demande une réflexion du spectateur. Certains trouveront ça pénible, d'ailleurs plusieurs personnes ont quitté la salle au cours de la projection, mais pour ma part j'ai été captivé par ce thriller psychologique. Et quel performance du trio d'acteur principal. En particulier Channing Tatum et Steve Carell à contre emploi de leurs rôles souvent légers et comiques et qui font preuve ici d'une dramaturgie surprenante.
Un excellent drame inspiré d'une histoire vraie . La performance de Steve Carell dans la peau du millionaire excentrique et arrongant ; est exceptionnelle. Channing Tatum nous livre aussi une grande performance d'acteur . Mark Ruffalo nous livre l'un de ses meilleurs rôles au cinéma.
Saisissante psychanalyse de l'Amérique et écrasante tragédie humaine, Foxcatcher ne souffre que peu de défauts. S'il faut en chercher, c'est à mon sens du côté d'une écriture quelque peu hachée, et d'un épilogue un peu balourd, qui vient avec de gros sabots rappeler le label "histoire vraie" que le film avait pourtant très bien réussi à dépasser jusque là. Étonnant, de la part de Bennett Miller, dont le Truman Capote avait parfaitement démontré le doigté unique pour contourner les difficultés du récit de faits réels et même les démasquer. Miller, pourtant, est ici bien plus à féliciter qu'à blâmer. Ses cadres se fondent dans le monde qu'il imagine autant qu'ils le construisent, tout en préservant comme un objet sacré l'intégrité des personnages et leur terrain d'expression. Le style parcimonieux, quasi-austère, du réalisateur américain, crée ici une forme d'écrasement maladif. Et sous cette chape, attirés par un centre au magnétisme obscur qui n'est pas, si on y pense bien, exactement superposé au personnage de John DuPont, gravitent trois destins individuels saisissants, dessinés par petites touches qui font progressivement surgir le cauchemar du rêve. Monstrueux, les personnages le sont autant par leurs maquillages (simiesques pour les deux frères, aquilin pour DuPont) que par les déformations qui paraissent les travailler. Monstrueux est aussi probablement le mot à employer pour qualifier le jeu de ceux qui se glissent dans leur peau. Ruffalo, second rôle de premier choix, allie une douceur bouleversante à une pincée de singularité presque imperceptible mais qui lui permet de réellement s'intégrer au trio. Tatum prouve qu'il est un vrai acteur, qui sait trouver chez son personnage douleur et névroses derrière une apparence maladroite et mal dégrossie, sans les rendre trop criantes. Carell, qui va droit vers l'oscar, livre un contre-emploi incroyablement subtil. Le jeu des trois, tant corporel que purement facial, achève de prouver qu'aujourd'hui à Hollywood, seul Paul-Thomas Anderson peut sans doute regarder Bennett Miller dans les yeux quant à la direction d'acteurs. Un grand film, le meilleur de l'américain jusque là. Le plus beau, c'est qu'une myriade de critiques presses m'ont parues fantastiques, et qu'aucune n'a le même angle d'analyse. La meilleure preuve de la richesse de Foxcatcher, dont la force tient à ce qu'il a su se rendre moins rigide que Truman Capote, sans pour autant perdre de son implacable rigueur. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Quand le film a commencé, le rythme très lent m’a interpelé (je précise que généralement je préfère les films posés plutôt que les films d’action), voire dérangé. J’allais voir un film de lutte avec Tatum, je devais être conditionné, prêt à voir courir la testostérone. :) J’ai eu une petite demi-heure à me demander : pourquoi un tel rythme ? La réponse qui a émergé (et qui me convient) c’est qu’avec ce rythme très lent, le réalisateur permet de cibler la psychologie, au détriment des combats et de la violence possible. Au lieu d’avoir des scènes de lutte (match-entrainement) avec de la musique boum boum, on a le droit à des dialogues très épurés, des regards, des postures. Au final, j’ai aimé ce choix de mise en scène.
Par rapport au scénario, j'ai tiqué au départ sur le côté « pas assez fouillé ». Finalement, qu’est-ce qui se passe dans ce film ? Pas grand chose pourrait-on dire. Mais si on considère toutes les ellipses du film, on arrive à un contenu beaucoup plus dense. Surtout que je trouve que ces ellipses sont bien faites.
Dernière chose, je trouve que le film finit en apothéose. Je ne connaissais pas la vraie histoire, donc je ne m’attendais pas à ça. J’avoue que si ça avait été une fiction, j’aurais trouvé ça un peu exagéré, mais là, j’ai pris une bonne gifle !
Au final, un film qui m’a surpris et que j’ai trouvé particulier dans le bon sens du terme !
Ma foi ... Très déçu par ce film annoncé comme un film à Oscars. La prestation des acteurs est remarquable (Steve Carrell est méconnaissable, le travail de Mark Ruffalo et Channing Tatum pour ressembler à de vrais lutteurs mérite d'être souligné) mais il manque une âme à ce biopic pour en faire un film à la hauteur. Le rythme très lent n'aide pas non plus à se passionner pour cette histoire vraie.
J'ai beaucoup aimé. Ce film n'a pas volé son prix de la mise en scène c'est sur. Alors oui, Foxcatcher est estampillé film à oscar de part la performance et transformation de ses acteurs et son genre biopic. Mais il faut lui reconnaitre ses qualités tout de même. Au delà de la mise en scène quasi impeccable, ce film prend l'air d'un bon thriller psychologique. Le trio Steve Carrel/Channing Tatum/Mark Ruffalo fonctionne à merveille. Évidemment, je n'attendais pas Steve Carrel dans ce genre cinématographique et il est parfait. Il donne une intensité à ce personnage très déplaisant et d'une grande froideur. John du Pont est en fait un mal aimé, qui essaye de (se) prouver qu'il est capable de réaliser des choses. C'est une personne qui veut être à la fois un ami, un frère, un père et un coach. La relation mère/fils est très intéressante. Il aime sa mère autant qu'il la déteste. - Spoiler : Il veut lui montrer qu'il peut réaliser de grandes choses afin qu'elle soit fière de lui; mais à contrario il choisit une discipline qu'elle trouve repoussante. - Au delà de la performance de Farrel, celles de Tatum et Ruffalo sont également parfaites. Ils s'approprient extrêmement bien leur personnage (le jeu de gestuel dans la façon de se tenir du lutteur est bluffante). Ruffalo est très attachant - Spoiler : et forcément la fin très cruelle - . Foxcatcher n'est pas un film de bavard; tout se passe dans les gestes et le regard. Point négatif : des petites longueurs dans la première partie qui m’empêchent de trouver ce film excellent. Mais comme je l'ai dit, c'est très bien.