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Un visiteur
3,5
Publiée le 17 février 2015
Il faut bien 30-45 minutes pour rentrer dans le film, pour s'accoutumer à son ambiance sombre, froide et étouffante, dont visiblement Bennett Miller est très friand depuis Capote. Les scènes de dialogue à plans fixes et champs-contrechamps basiques manquent de rythme alors que les scènes où le silence est présent laissent imaginer, par petites touches mélancoliques et brumeuses, le drame se dessinant. Après, le film monte en puissance, on reste scotché sur son siège, subjugué par la mise en scène, récompensée légitimement à Cannes en 2014 ; épaté par le jeu d'acteurs, surtout C. Tatum, parfait en "bovin" triste, souffrant, manipulé et M. Ruffalo en frère entraîneur, et bienveillant. Les émotions, qui imprègnent leur relation sont sourdes (amour et souffrance mêlés). Quant à Steve Carell, flippant, son jeu est saisissant, à chacune de ses apparitions, on ne sait vers où il va nous emmener, et pourtant tout le maquillage qu'il porte empêche d'adhérer complètement à sa performance à oscars.
Tout d'abord trois acteurs impliqués à ce point, atteignant un tel niveau de maîtrise de leur art ça ne peut advenir que lorsqu'ils croient à leur rôles, à leur personnages. Et de fait, force est de constater que ce projet Foxcatcher est animé par le souffle des grandes histoires qui fait que tout simplement on y croit , on est transporté las- bas dans le ranch Foxcatcher. Car quand bien même sa trame extérieure est d'une grande banalité, dans la subtilité et la force des relations psychologiques entre ces trois protagonistes, Foxcatcher fournit au spectateur une substance riche, dense, marquante presque envoûtante et profondément nutritive de part son humanité .
De mémoire de cinéphile et de but en blanc je ne retrouve pas de trio d'acteurs se partageant exclusivement et à parts égales l'affiche d' un film tout en atteignant un tel niveau d'excellence: pour tout les amoureux des acteurs, de "l'acting", du théâtre, ce sont des performances à apprécier en fin connaisseur (je parie sur eux aux oscars Carrel et Ruffalo sont nominés ) d'autant plus qu'entre les trois personnages tellement différents et hors normes se crée des contrastes incroyables qui dynamisent et dynamitent le récit. J'aurai envie d'en parler encore longtemps car Foxcatcher abordent de très nombreux thèmes (la recherche du père, la quête de reconnaissance, comment exprimer le meilleur de soi, l'intégrité...) qui apparaissent d'autant mieux pendant les silences éloquents du films .... C'est vrai qu'il y a si peu de musique durant ce film que fait rare je me serai presque cru au théâtre . Ces longues plages silencieuses renforcent d'autant mieux la proximité, l'intimité avec les personnages . Carrel est impressionnant, perturbant, inquiétant, Tatum dense et profond , bestial et à fleur de peau enfin Ruffalo est très touchant exprimant une gamme d'émotions si large..!! Au coeur de la relation entre deux personnages asociaux et mutiques sur leur souffrances il incarne un visage humain, expressif et sain avec justesse.
A plus d'un titre un film précieux, un drame sombre et lumineux.
Très bon film, on est mal à l'aise avec cette espèce de frustration que traîne S. Carell et qu'il diffuse magistralement. Intéressant milieu bien dépeint que celui de la lutte, pas un sport majeur, mais exigeant au possible, où des passionnés se battent pour vivre de leur passion. Cet aspect-là est bien souligné, à méditer.
Le film réalisé par Bennett Miller s'avère passionnant autant par l'histoire (celle de l'équipe de lutte aux USA dans les années 1970) que par la relation trouble entre ce milliardaire et ces jeunes lutteurs. Un Channing Tatum excellent jouant ce jeune lutteur en quête de modèle et pourtant de plus en plus tourmenté par cette relation (maître/élève) qu'il ne semble pas contrôler. En effet il arrive à passer de l'admiration, la déférence à l'incompréhension, au maise et au rejet. Un grand rôle pour Tatum! Steve Carell dans le rôle de john du pont et Mark Ruffalo ( Dave Schultz) sont eux aussi imprégné par leur rôle.
Un film vraiment génial, les trois protagonistes sont portés par des acteurs incroyable. L'histoire est passionnante, les relations entre le heros et l'entraineur sont ambigues et sont au centre de ce film.
Je suis partagée et ne sais pas encore si ce film est un navet ou un chef d'oeuvre. Trop long, trop lent et un étonnant manque d'émotion. Channing Tattum ne s'en sort pas trop mal mais on aurait aimé en savoir plus. Un film inabouti malgré sa longueur, ce qui, CQFD n'est pas un gage de qualité.
Foxcatcher s'empare d'une histoire vraie, pour mieux aborder certains thèmes bouillants, dont l'argent-roi dans le milieu du sport. Une mise en scène précise, et un Steve Carrell impérial. Un film à voir d'urgence.
Très grand film. Réalisation exceptionnelle, acteurs magnifiques, photo superbe : que peut-on reprocher à ce film ? Une histoire vraie portée à l'écran avec une dimension psychologique très remarquable, une tension progressive qui explose à la fin. On est proche du chef d'oeuvre mais il manque un petit quelque chose pour y arriver. A voir absolument.
Un film intéressant porté par un trio superbe ! Les trois acteurs fournissent des interprétations parfaites. On peut simplement regretter quelques longueurs...
Alterner les moments froids et dur avec d'un coup un choc brutal. J'appelle ça se prendre une baffe. Et quant à la fin du film on ressort de ses 30 baffes reçues en 2h30, on ne voit plus les choses de la même manière. C'est un film qui vous change, d'où les 5 étoiles.
Un biopic bien sympathique que voici. L'ambiance et l'atmosphère sont bien soutenues mais j'ai surtout été impressionné par la performance d'acteur de Steve Carell et celle de Channing Tatum avec de véritables transformations physiques incroyablement remarquables ! Cependant, le film m'a un peu ennuyé sur les bords. Malgré un concept génial, Foxcatcher n'est pas parvenu à garder un rythme dynamique malgré l'interprétation du sport de lutte. Heureusement que la fin est bien là pour rattraper tout ceci. Foxcatcher est un film réussi, à la hauteur de sa réputation.
Bennett Miller a décidé de rester dans l'univers sportif : après l'évocation du base-ball en 2011 dans Le Stratège, c'est le milieu peu connu de la lutte qui est sous le feu des projecteurs du réalisateur américain. Inspiré de la vraie collaboration entre les frères Schultz et le philanthrope John Eleutère Du Pont dans les années 1980, le film retrace les relations tumultueuses entretenues par les protagonistes lors de la préparation intensive pour les jeux olympiques de Séoul sous l'égide de l'équipe Foxcatcher. Dans un exercice de style froid et austère, Miller tente pourtant de communiquer les angoisses et obsessions de ses protagonistes, non sans quelques difficultés.
On pourrait définir d'emblée Foxcatcher comme un film atypique : loin de l'uniformité des films sportifs américains - souvent propices à une exaltation sans commune mesure des vecteurs exemplaires de l'entreprise hollywoodienne - le film s'impose comme une étrangeté, cachée derrière une montagne de pudeur, voire une inertie narrative parfois périlleuse. En effet, sous couvert de livrer un drame plutôt qu'une odyssée sportive, Miller se repose sur une mécanique excluante qui entend suggérer son propos non pas par des exploits factuels ni un héroïsme exacerbé, mais bien plus par une ambiance, des symboles, voire des sous-entendus. Une méthode toujours difficile à appliquer parce qu'elle repose sur l'attention du spectateur et sa capacité à en déchiffrer la teneur. Ce qui ressort de Foxcatcher joue plutôt en sa défaveur, car la méthodologie à laquelle se livre Miller est non seulement difficile à déchiffrer, mais plombe aussi une histoire qui ne saurait se résumer à une simple parenthèse dramatique comme on essaye de nous faire croire, à l'instar de longues scènes d'introspection scrutant les moindres faits et gestes de John Dupont, heureusement campé par un Steve Carell aussi méconnaissable que resplendissant.
A vrai dire, les interprétations sont les lueurs d'incarnation de Foxcatcher : le trio Carell - Tatum - Ruffalo est redoutable, chacun excellant dans son registre et apportant au film une vivacité que l'on recherche en vain dans la mise en scène. Dans les recoins ternes du complexe installé par John Dupont, Tatum tétanise particulièrement, de par son mimétisme déluré, l'échine souvent courbée, l'incarnation systématiquement sauvage. Les acteurs sont donc les traits d'union salvateurs, relayant quelques moments pourtant bien pressentis par Miller, que ce soit l'escalade de folie qui s'empare du Dupont sur la fin ou la relation ambiguë entretenue par ce dernier avec Mark. Il manque peut-être finalement à Foxcatcher un véritable élan sportif qui aurait pu mieux faire ressortir le contraste avec l'oraison dramatique et empêcher par la même occasion d'ouvrir un gouffre teigneux duquel le réalisateur peine à s'extirper.
Colosse aux pieds d'argile, voilà un terme honnête pour synthétiser cet effort de Bennett Miller. On peut difficilement lui reprocher sa volonté affichée de montrer un versant plus pudique de l'aventure sportive : il reste que, justement par excès de pudeur, il cristallise de façon irréversible sa mise en scène et ses péripéties, rendant par la même occasion ses personnages prisonniers de son univers désincarné, bien que le casting se démène corps et âme pour échapper à cette servitude dissimulée. Foxcatcher sera finalement un projet trop complexe, trop maniéré, pour réussir à véhiculer ses valeurs particulières, qui avaient pourtant toute leur place dans l'univers sportif. Une déception, qui se complaît dans un certain niveau de raffinement enrayé par des aspérités insurmontables.
Scénario passionnant très proche de la vraie histoire que j'ai cherché tout de suite sur internet, c'est très bien interprété , ça reste un peu américain:très mis en scène . Un peu long , mais la rencontre de ces deux complémentarités , ces deux solitudes emmurées , fascine . J'aurai aimé que l'ambiguité sexuelle soit plus explicite, que la scène avec la mère soit plus forte, mais peut être ce n'en est que plus subtil. Un film qui marque ,désintoxiquant ,argent et ego=cocktail corrosif .
1ère vision - le sujet s'annonçait prometteur mais s'avère un peu trop académique et quelques partis pris (l'absence de musique par ex.) s'avèrent gênant. Niveau casting Ruffalo est celui qui sort son épingle du jeu, Tatum surjoue en homme des caverne et Carrel s'est lancé dans une transformation qui n'a pas trop lieu d'être (son perso a l'air d'avoir 80 ans...). Aurait mérité un meilleur sort...
Superbe réalisation de Bennett Miller et grand numéro d'acteurs des 3 personnages principaux. Le film est assez lent avec très peu d'action, pas de musique et une ambiance "froide" . Avec tout ça, impossible de ne pas rentrer dedans! On y suit la relation entre ce John Du Pont (qu'on devine dérangé très rapidement par son attitude et ses discours et qui cherche la reconnaissance qu'il n'a pas avec sa mère) et cet athlète (aussi en quête de reconnaissance) qu'il va manipuler psychologiquement. La façon de Miller de nous montrer comment Du Pont va dominer Schultz est captivante, je suis resté scotché du début à la fin malgré ce rythme très lent. Un très bon film que je conseille à tous, au moins pour son excellente interprétation.