On sait d'entrée qu'avec Margaretha Von Trotta, c'est la lenteur et le temps de la réflexion.... Ce film ne déroge pas à la règle et ce n'est pas encore une fois dans un esthétisme minimaliste qu'il faut lui chercher des qualités..... Par contre pour les ignorants dont je fais partie la découverte de cette philosophe à consonance juive est une petite révélation et un plaisir non dissimulé..... Qu'on se rende compte en deux heures de la puissance de la pensée d'une personne est assez rare au cinéma.... Il y a chez cette femme de quoi nourrir la pensée du spectateur pour quelques décennies.... Et que de parti pris chez elle.... Elle place la raison comme un flambeau qui lui permet de révéler le véritable enjeu du génocide juif, et ses fautes dures à accepter.....L'innocence est en jeu, la culpabilité de Eichmann, elle en fait une anecdote, un manque de réflexion, le fait d'un homme qui ne pensait pas.... Deux temps fort dans ce film : Le procès avec des documents d'époques en noir et blanc, faisant dialogue avec une Hanna Arendt elle en couleur , parfaite synchronisation des personnages passés avec l'actrice de 2012... Et puis après une partie new yorkaise peu enivrante, on assiste à un "discours" de Arendt à ses étudiants....Point de cristallisation du film où elle explique son livre sur Eichmann et justifie ses positions et partis pris.....Un moment sublime où le cinéma, (c'est rare), se fait pensée philosophique et entraine le spectateur dans une réflexion personnelle très riche.... Ne serait ce que pour ces deux temps forts, voila un film qui peut nourrir beaucoup d'intérêt, vivement sa diffusion sur petit écran.....Un personnage à découvrir....
Remarquablement interprété par B SUKOWA , le film relate la couverture du procès d' A Eichmann par la philosophe allemande Hannah Arendt . Remarquablement interprétée par B SUKOWA qui nous montre à la fois le cheminement de la pensée et le combat qu'elle a du mener pour avancer ses idées sans tomber dans un manichéisme facile . Son analyse d'ordre philosophique courageuse aurait du être plus détaillée . Pour autant un de ces films magistral qui donne à réfléchir !
Attention Film à voir Absolument , presque un chef d'oeuvre , Barbara Sukowa. éblouissante et saisissante de justesse ( une Méryl Streep allemande ! ) j'ai enfin compris qui est Hannah Arendt , je ressort convaincu et ému
C'est une très bonne chose que l'histoire d'Hannah Arendt soit portée sur grand écran, l'insertion d'images authentiques du procès Eichmann donne d'autant plus de poids à ce film. Formidable actrice. Toutefois le sentiment dominant au générique de fin et d'avoir été face à un téléfilm plutôt qu'un long métrage. Certaines longueurs auraient pu être évitées.
A priori ici on tenait un sujet intéressant. C'était sans compter sur un académisme froid qui prive le film de toute passion et de toute émotion. Le récit en beaucoup plus axé sur une tranche de vie de la philosophe et sur les réactions provoquées par ses écrits que sur les procès des dirigeants nazis. Du coup, le côté "philosophie" est assez peu développé dans le film (en allant lire 10m des résumés de son oeuvre sur internet, vous en apprendrez autant qu'en regardant le film). Ce postulat de départ n'aurait pas été une catastrophe en soi si les seconds rôles n'avaient pas été totalement insipides, les dialogues ennuyeux et inutiles et l'humour creux. L'humour du film!! parlons en!! Typiquement le genre d'humour à la Arabesque (d'ailleurs la petite mamie qui joue Hannah Arendt ressemble un peu dans son jeu et ses mimiques à Arabesque), réservé aux plus de 60 ans qui vont au cinéma le dimanche après midi. Vous savez, le genre d'humour légèrement spirituel où on a un petit rictus géné et on se dit "à tiens, c'est bien pensé comme remarque...mais ça ne me fait pas oublier pour autant qu'il ne se passe rien là!". Un film qu'on subit plus qu'on ne regarde, même si quelques scènes sont à sauver.
Ça commence comme un thriller. Un homme marche dans la nuit. Soudain, des hommes sortent d’une camionnette et l’enlèvent. L’homme crie. L’image est sombre, éclairée seulement par les phares de la camionnette qui fonce sur nous. Cut. On comprend plus tard que les hommes étaient des agents du Mossad, et que l’homme arrêté était Adolf Eichmann. Nous sommes en 1960. Hanna Arendt (Barbara Sukowa), exilée aux Etats-Unis, vit depuis vingt ans à New York avec son mari Heinrich (Axel Milberg). Elle enseigne, elle est reconnue, elle et son mari forment un couple heureux, elle est entourée d’amis. À l’annonce de l’arrestation d’Eichmann, elle convainc le New Yorker de l’envoyer à Jérusalem pour témoigner du procès. L’article qu’elle finit par écrire et que le New Yorker décide de publier n’est évidemment pas un simple témoignage, mais une réflexion philosphique sur les origines du mal. La thèse bien connue d’Arendt est qu’Eichmann n’était ni un monstre ni un antisémite, mais un simple rouage dans la machine infernale du nazisme, incapable d’empathie et de pensée, obéissant aux ordres. C’est ce qu’elle a appelé la banalité du mal. Mais Arendt ne se contente pas seulement de comprendre les actions d’Eichmann, elle dénonce aussi la collaboration de certains juifs des Judenrats avec les nazis, tout en soulignant qu’il était presque impossible de résister. Bien sûr, ces idées font scandale parmi l’intelligentsia américaine et la communauté juive dans le monde. On l’attaque sans essayer de comprendre, et comme c’est souvent le cas, sans même la lire. Comment une juive, elle-même internée dans un camp de concentration, peut-elle se mettre à la place d’un criminel nazi pour tenter d’expliquer ses crimes? Comment une juive peut-elle critiquer d’autres juifs? Beaucoup de ses amis l’abandonnent. À un moment donné, l’un deux, malade sur son lit de mort, lui demande: “Mais n’aimes-tu pas ton peuple?” et elle répond qu’elle n’aime pas un peuple, qu’elle n’est capable d’aimer que ses amis. Deux visions s’opposent. Le communautarisme contre la liberté de penser. Le film est intéressant parce qu’il montre cette pensée libre en train de se faire. Hanna Arendt, portée magnifiquement par Barbara Sukowa, est montrée en train de fumer dans son appartement, assise à son bureau ou dans un fauteuil, couchée dans son divan, debout à la fenêtre. Elle pense, et elle écrit, et ce n’est jamais ennuyant. On peut reprocher au film beaucoup de choses, mais pas d’être ennuyant. On peut reprocher à Margaret von Trotta l’académisme de sa réalisation, notamment dans le choix des flashbacks pour évoquer la relation de Arendt avec Heidegger. On peut reprocher à la réalisatrice son parti pris. Jamais elle ne questionne son personnage, elle fait d’Arendt une héroïne, une sorte de combattante pour la vérité. Sans être lisse, son personnage n’a ni contradictions ni zones d’ombre. À part dans le discours final à ses étudiants, on reste à la surface de l’œuvre, mais ce n’est pas un film sur une œuvre philosophique, c’est un film grand public sur une femme que von Trotta veut faire aimer au spectateur. Et ça marche. Le film est un hommage. La dimension historique du film est traitée de façon intelligente par l’insertion des images d’archive du procès. On voit Eichmann dans sa cage de verre, répondant aux questions des juges. On voit aussi des rescapés témoigner, et certains juifs tentant de se justifier. À l’exception d’une scène superflue, le procès n’est donc pas reconstitué, et le film laisse la place aux images existantes. On peut reprocher au film son côté didactique, ou louer sa dimension pédagogique. On ne peut pas reprocher à von Trotta son manque de fidélité. Le film est un portrait, et comme toute biographie, il est subjectif. Ici, la biographie touche presque à l’hagiographie, mais une hagiographie assumée, et honnête dans ses intentions.
Ce film parvient avec subtilité à atteindre son objectif: ébranler les certitudes, les a priori. Et ce sur un sujet des plus délicats. Hannah Arendt est un biopic réussi, et ce n'était pas gagné au vu de l'opacité du personnage, ou du moins l'opacité qu'elle laissait apparaître. Car si le sujet central est la thèse de Arendt sur la responsabilité du criminel nazi Eichmann, la personnalité de la principale protagoniste est également largement explorée, et les deux ne sont pas forcément sans lien. Tous la reprochent une sensibilité inexistante, mais la réalisation ( des scènes où on voit Arendt seule avec, en phase avec la nature, à tel point que celle-ci lui rappelle ses premiers amours) , le scénario ( les longueurs prennent leur sens vers la fin, où on s'aperçoit qu'elles nous ont permis de cerner la face cachée de Hannah Arendt) nous prouvent le contraire: c'est la sensibilité-même. Elle ne veut pas le montrer. Ou du moins pas au grand public. Après avoir rendu son personnage si empathique, avec l'aide d'une Barbara Sukowa monumentale, le réalisateur réussit facilement à ranger le spectateur de son côté, surtout avec l'aide de dialogues aussi puissants et intéressants. Ces derniers font l'essence du film - on peut en cela difficilement déceler ce qui relève de l'oeuvre de Arendt, et ce qui relève du film même; sans doute le problème de tout biopic - et parviennent à donner tout son sens au titre de son ouvrage,qui pourrait tout aussi bien faire office de titre à ce film, " La banalité du mal".
Excellent film sur la vie de cette intellectuelle qui a marqué l'histoire de la pensée sur le mal. Acteurs remarquables et mise en scène brillante. Nous vivons avec Hanna h ce procès.
Ceci n'est pas un film d'art mais — hormis un passage ridiculement excessif où une jeune assistante lit, éplorée et choquée, une lettre insignifiante — il a le mérite d'être informatif et de traiter de sujets qui nous intéressent tous : l'aveuglement des masses face aux faits mêmes et leur inaptitude à penser autrement que de façon manichéenne. Au demeurant, on peut apprécier ce film sans être entièrement d'accord avec Arendt (ce qui est mon cas).
A voir ce superbe film sur une parcelle de vie d'une femme philosophe , intelligente trés bien joué, captivant ... première fois que je vois une salle qui ne se vide pas en 30 secondes à la fin..