Hannah Arendt
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ned123
ned123

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3,5
Publiée le 7 décembre 2013
J'ai vu un film... qui reprend un des épisodes les plus marquants de la vie de cette philosophe contestée que fut Hannah Arendt... On la suit à travers le procès Eichman et sa prise de position iconoclaste sur "la banalité du mal" et sur la participation des communautés juives dans l'oeuvre d'extermination du IIIème Reich... Mais avant de revenir sur le sujet et la controverse de cette prise de position, le film de Margarethe Von Trotta est d'un classicisme maîtrisé et sans exubérances, ni relief (et c'est bien là son principale défaut)... Par contre, en terme de qualité, j'ai apprécié les flash-backs qui nous montrent les relations ambiguës, passionnées et fortes qui unissait Hannah Arendt à Martin Heidegger, l'un des inspirateurs de la pensée Nazi, avec Nietzsche... La mise en forme et en perspective du procès est une idée brillante d'images d'archives... Cela permet de voir et de ressentir une époque et une souffrance... Barbara Sukova incarne une Hannah Arendt crédible et touchante car parfois tiraillée entre sa certitude de devoir parler et celle de ne pas incriminer les survivants de la Shoah... Pour en revenir sur la polémique de cette philosophe, on la suit pendant le procès d'Eichman à Jérusalem en 1961... Elle pose les questions de la responsabilité d'un individu dans un système concentrationnaire et exterminateur... Et où l'action d'un seul individu n'est qu'une "micro-action" dans un ensemble complet... La question qui se pose est de savoir si Eichmann peut endosser l'ensemble de la responsabilité de l'extermination des juifs d'Europe... Est-ce son procès -à lui seul- ou celui d'un système ?... A cette question, la philosophe adopte une position qui la met en porte-à-faux vis-à-vis de ses coreligionnaires et de ses amis, car pour elle, ce bureaucrate, ce fonctionnaire, cet être banal ne peut être l'instigateur de ce système... Il n'en est qu'un rouage... Maintenant, dans le fond est-ce réellement le cas ? Comment ne pas penser que cet individu au-delà des ordres a exprimé une pulsion, des intentions et même de la volonté... N'a-t-il pas sciemment désobéi à Himmler lui-même pour poursuivre son oeuvre malgré des ordres contraires ? Sur l'autre volet de la controverse, concernant la participation des juifs dans leur propre extermination... On peut imaginer que pour l'ensemble des juifs européens, il y avait un respect fort à un certain légalisme... Ce fut le cas tout au long de l'histoire et dans tous les pays d'Europe... Alors sans parler de collaboration active, on peut imaginer des contributions volontaires ou moins volontaires de se dire qu'en accédant à la demande des Allemands (cf les autorités françaises et le procès Papon)... Donc en respectant la loi, ils pensaient dénouer la corde qu'on leur mettait au cou... Et le sentiment de révolte n'a pas (ou peu) habité les populations juives qui ont pris les trains qui les ont emmenés dans les camps de concentrations et les camps d'extermination... Au-delà du constat sans doute exact présenté par Hannah Arendt, il eut été aussi intéressant selon moi de comprendre les motivations réelles des organisations juives qui ont, et c'est mon opinion, cru pouvoir atténuer la souffrance en obéissant aux allemands. Ca c'est malgré tout, en obéissant toujours aux autorités des différents pays dans lesquels ils ont vécus que les juifs ont survécus... Et c'est cette qualité qui leur a fait défaut pendant la guerre, car l'objectif n'était pas juste un pogrom, une demande de rançon, une expulsion, mais une extermination... Et le logiciel n'était pas encore programmé pour être ne serait-ce qu'envisageable... Aujourd'hui on sait que cela est possible, que cela a été fait jusque récemment... Donc, ce film sur Hannah Arendt est intéressant, mais aurait gagner à approfondir de nombreux aspects sur les ressentis profonds et les motivations des victimes...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 novembre 2013
Une réussite... à montrer dans les classes de philo et d'histoire.
Un film stimulant intellectuellement mais pas ennuyeux pour autant.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

169 abonnés 1 806 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 novembre 2013
Hannah Arendt ; juive, allemande et expatrié aux Etats-Unis ; va couvrir le procès d’Adolf Eichman à Jerusalem pour le New Yorker. Philosophe, cette expérience va lui permettre d’élaborer sa thèorie très contreversée de « Banalité du mal ». Ce concept fut pris pour une tentative d’atténuer la responsabilité allemande et la polémique fut terrible. Von Trotta montre Arendt attaquée de toutes parts, parfois découragée, mais bûcheuse acharnée et incapable d’assouplir son analyse pour se réconcilier avec ses amis. Ce que ce film voudrait démontrer en fait c’est qu’Eichman n’a fait qu’exécuter les ordres, ne se pensait pas hors la loi, et que légitimement il pouvait s’envisager non coupable. Le principe de sa théorie est soit fortement raccourci dans le film soit ce concept est purement révoltant et on ne peut dignement pas adhérer à cette heroïne infecte. Pour illustrer qu’Eichman ne pensait pas et avait donc perdu une part d’humanité ; Hannah Arendt se réfère à sa ligne de défense. Et cette ligne qu’elle est telle : j’ai toujours respecté la loi de mon pays l’Allemagne / Qui êtes vous pour me juger alors que je faisais mon travail / Je n’ai jamais tué personne / J’ai juste permis à des trains de partir rempli… Je résume, mais c’est çà. De là à considérer une posture de défense comme la réalité et un défaut de pouvoir penser par soit même, c’est purement scandaleux. C’est oublier que dans toutes sociétés, le groupe prime sur l’individu ; si ce n’est pas moi qui fait le taf’ quelqu’un d’autres le fera et après tout ma place est bonne ; donc fermons les yeux. Ce concept tel qu’il est présenté dans le film est détestable au possible. De plus, dans un film très polissé et hyper académique, si on n’ouvre pas les yeux, on finit par prendre faits et causes pour une héroïne libre penseuse seule contre tous. Nous faire croire que seuls les crétins sont en capacité de faire de tels actes ; c’est fort. La scène finale est purement putassière. Hannah justifie sa position devant l’amphithéâtre universitaire composé de ces jeunes élèves et de ses amis. Donc d’un côté des esprits libres et non conditionnés et de l’autre le dogme ; c’est ce que l’on nous montre en fait. Pour appuyer sa théorie fumeuse, les jeunes pousses applaudissent sa démonstration alors que ses amis quittent la salle outrée. En l’occurrence, c’est moi qui aie été outré par ce principe cinématographique hyper simpliste visant à faire valider les idées de la philosophe.
En conclusion, derrière le message suivant « les libres penseurs sont souvent seuls contre tous », le film véhicule une idée de l’irresponsabilité individuelle puante. Le seul intérêt du film est le débat de fin de soirée engagé avec ma compagne.
brunocinoche
brunocinoche

140 abonnés 1 252 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 novembre 2013
C'est un sujet délicat et passionnant qu'aborde ici la cinéaste allemande mais sur le plan cinématographique, son film trop sage et trop classique, manque de lyrisme. Reste la composition sobre et remarquable de la merveilleuse Barbara Sukowa que l'on retrouve avec plaisir dans un grand rôle.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 757 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 novembre 2013
Film superbe, austère, parfois difficile dans le cheminement de la pensée d'Hannah Arendt dans sa couverture du procès Eichmann, film d'histoire, porté par un scénario remarquable et magistralement interprété par Barbara Sukowa.
Aspro
Aspro

21 abonnés 426 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 octobre 2013
Il ya quelque chose peut-être d'un peu maniéré dans le film de Margarethe von Trotta sur Hannah Arendt et ses expériences dans les années 1960 sur l'écriture de son rapport iconique sur le procès d'Adolf Eichmann à Jérusalem.
À certains moments, en fait, ça semble comme une pièce radiophonique avec des images. Mais pour tout cela, c'est un film intéressant sur les idées, et comment elles peuvent être explosives.
Arendt, jouée par Barbara Sukowa, est représenté comme étant commandée par le New Yorker d'écrire sur le procès. Le résultat fut son célèbre "la banalité du mal»: son épiphanie en réalisant que Eichmann n'était pas un monstre effrayant, mais un petit et pathétique scribouillard.
Pour Arendt, c'est dans cette médiocrité minable et insidieuse , emblématique d'une nation d'administrateurs effectuant docilement la Shoah ou residait le vrai mal.
Mais pour beaucoup dans les cercles juifs, ses remarques sur la collaboration juive perçue dans le ghetto de Varsovie ont provoqués du ressentiment et son association avec le philosophe et nazi Martin Heidegger n'a pas été oublié. Il s'agit d'une production formelle et pédagogique, mais néanmoins intéressante. 3/5
Raphaël O
Raphaël O

190 abonnés 1 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2013
Très bon film sur le procès d'un des S.S sous les ordre du Führer.
Barbara Sukowa joue ici le registre dramatique en interprétant une femme qui a réussi à éviter de justesse les camps de concentration.
Elle tente durant le procès d'y voir plus clair sur les responsabilités de l'accusé, si ce qu'il a fait a été fait par sa propre conviction ou si il a purement et simplement obéi aux ordres. Et si oui, est-il responsable de certains de ses actes ?
C'est un long métrage qui apporte une note de philosophie et de conscience intellectuelle tout en essayant de prouver quelque chose qui a eu lieu dans l'histoire.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 octobre 2013
Hannah Arendt ou comment se réconcilier avec la philosophie vivante...

Un hommage à l'Homme (même femme) pensant; bien mieux que tout surhomme...

Une interprétation magistrale et une reconstitution historique instructive...

On reste suspendu aux paroles tout au long du film... jusqu'au bouleversant discours final...

Merci
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 octobre 2013
Point de vue sans concession d'une femme courageuse qui a oser dénoncer l'inavouable.
C'est comme allez dire au CRAN que des chefs de tribus, Africains se sont rendus coupable de vente de leurs frères auprès d'acheteur d’esclave. Je pense que cette femme ne devais pas être (si je puis dire) en odeur de sainteté sur les terre du peuple élu. est-ce faire injure aux victimes que de dénoncer des faits ?
Toujours être parmi les bien pensants, les politiquement correct, quel ennui ! Une autre façon de voir l'histoire sans pour cela approuver ce qu'avais mis en place les SS. La hiérarchie des responsabilités.
Fredegra
Fredegra

7 abonnés 156 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 octobre 2013
Barbara Sukowa joue à merveille dans ce film prenant le contre-pied de ce qu'on aurait pu attendre dans ce genre de film... pas de formatage idéologique pour cette philosophe juive. A voir.
Loïck G.

397 abonnés 1 845 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2013
C'est plus qu’un portrait magnifique que nous brosse ici Margarethe Von Trotta, à travers le cheminement de la pensée de la philosophe Hana Arendt à l’issue du procès Eichemann à Jérusalem en 1961. Elle met en scène une réflexion, un état d’esprit, et le fait avec une telle maestria que le spectacle du cinéma demeure entier, tout en nous confrontant à quelques arguties philosophiques qui en d’autres lieux pourraient nous conduire au sauve qui peut. L’interprétation sobre de Barbara Sukowa est au diapason d’un film rare.

Les bonus

Rencontre avec la réalisatrice, la philosophe ( " Un certain regard", émission TV ) et des intervenants ,philosophe, psychanalyste, où l'on apprend encore beaucoup , avec un grand plaisir
Pour en savoir plus
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 octobre 2013
1961, après avoir assisté au Procès d’Eichmann, ex responsable nazi,la philosophe juive allemande Hannah Arendt écrit la "banalité du mal", dans la plus grande indépendance et liberté d’esprit dont la publication va faire l’effet d’une bombe.
Que penser de celle qui ose dire que le mal est dans chacun de nous?
Voir L’intelligentsia allemande aux Etats-Unis dans les années 60 (époque où la cigarette était vissée aux lèvres de chacun!)
Un bon film, pour ceux qui apprécient l’esthétique du cinéma allemand et les questions philosophiques, porté par l’actrice Barbara Sukowa.
elriad

530 abonnés 2 082 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 octobre 2013
Un film fort, admirablement porté par Barbara Sukowa, pour nous faire découvrir cette philosophe juive allemande debout contre tous pour défendre ses idées. Des idées qui nous placent, nous spectateurs dans un état de réflexion, sommes-nous d'accord ou non avec l'idée qu'un homme seul ne peut être jugé coupable d'une machinerie de guerre aussi terrible que la solution finale de la seconde guerre mondiale, orchestrée par les nazis? Personnellement, je ne partage pas les idées de cette femme mais l'analyse est brillante et le rôle d'une philosophe est accompli...A chacun de porter sa réflexion....
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 30 septembre 2013
Quelle déception...On s'attendait à un scénario plus pêchu que ça!
didou65
didou65

10 abonnés 87 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 septembre 2013
Excellent film sur la vie de cette intellectuelle qui a marqué l'histoire de la pensée sur le mal.
Acteurs remarquables et mise en scène brillante. Nous vivons avec Hanna
h ce procès.
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