Terrence Malick, voyant peut être le peu de temps qui lui reste, a accéléré ces dernières années son activité créatrice, lui qui avait mis trente ans pour réaliser ses trois premiers films. Cela n’a pas affecté négativement la qualité de son œuvre, bien que l’on constate que ses derniers films sont plus déstructurés, plus expérimentaux que ses premiers films, ce que certains ont pu voir comme une baisse de qualité et de talent. Mais il y a une chose que Terrence Malick n’a pas modifié, c’est la profondeur, la dimension spirituelle et philosophique de ses films. Dans Knight of Cups, un scénariste hollywoodien, joué par Christian Bale, est en pleine crise existentielle, il s’interroge sur lui-même, tout étant hanté par la voix de son père qui lui racontait durant son enfance une histoire biblique : un prince, voué à un avenir assez confortable et glorieux, s’est en gros reposé sur ses lauriers, préférant se vautrer dans l’opulence, la boisson et la frivolité, entrant alors dans une grande torpeur. C’est à peu près la situation de ce scénariste, souffrant d’un grand sentiment de vide et de perte de sens, il s’interroge sur la futilité et la vacuité de la prétendue machine à rêves hollywoodienne, il nous en montre l’envers. L’errance permanente de cet individu fait écho à cette difficile recherche de sens. Cette errance est soulignée par une musique fort bien choisie, qui donne un certain rythme au film dont les scènes se déroulent le plus souvent dans des appartements très épurés, peut être synonymes de ce vide, où alors au contraire, dans des décors kitsch et exubérants dans les moments de démesures. Bref, il y a un grand travail de recherche formelle dans ce film où Terrence Malick assume pleinement son parti pris expérimental.
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