Les Bêtes du sud sauvage
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Outburst
Outburst

146 abonnés 517 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 décembre 2012
A force d’en entendre parler, et de le voir rafler des récompenses dans tous les festivals dans lesquels il passe, j’ai décidé (et en très bonne compagnie) d’aller le voir. Et j’y suis allé sans rien savoir dessus, et je crois que j’ai bien fait. Alors non, Les Bêtes du Sud Sauvage c’est pas le chef d’oeuvre du siècle, mais peut-être bien l’un des plus beaux films de l’année, et un grand moment de cinéma. Car contre toute attente, le film se laisse regarder avec une facilité presque déconcertante. La beauté des images, et des décors naturels de la Louisiane, est juste saisissante. Ce film est donc en premier lieu un fascinant spectacle visuel. Mais heureusement pour nous, le film ne se cache pas derrière sa forme, et offre une histoire touchante, admirablement menée par un casting surprenant, dont la jeune héroïne qui s’attaque à ce rôle très difficile qui marquera sans doutes certaines mémoires vu la réussite avec laquelle il est présenté. Le film se veut très mature, et on le sent aux nombreux thèmes qu’il aborde mais que je ne dévoilerai pas pour vous laisser un petit peu de surprise. Néanmoins, je reste un peu sceptique face à certains éléments du film, et par rapport à certaines métaphores, qui m’ont complètement échappé durant ce premier visionnage. Mais il est évident que c’est le genre de film qui se regarde à nouveau, puisqu’il a tellement à offrir que c’est presque impossible de tout saisir au premier abord. Autre gros point fort qui m’a marqué, c’est la musique. Composée par le réalisateur lui-même, elle n’aurait jamais pu mieux correspondre à l’ambiance et au ton du film. Les images et le son forment un mélange parfait, qui nous transportent vraiment au coeur de l’histoire. Cela peut paraître un peu dithyrambique, mais il y a une force émotionnel assez impressionnante qui se dégage du film. En conclusion : Le premier film de ce jeune réalisateur est une vraie surprise, d’une beauté remarquable soutenue par une réalisation qui ne prend peut-être pas toujours les meilleures décisions, mais qui s’avère efficace car ne cherchant pas à atteindre la perfection afin de rendre le plus réaliste possible ce qu’elle essaie de montrer, et d’un casting qui crée la surprise par son professionnalisme et son investissement. Cette fin d’année est riche au niveau cinématographique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 décembre 2012
J'ai écouté une ITW de B. Zeitlin (France Inter). C'était amusant de voir comment il essayait de relativiser l'enthousiasme des questions qui lui étaient posées en recadrant le propos . À l'entendre, Les Bêtes du sud sauvage, c'est d'abord une idée composite : la petite Hushpuppy qui incarne la force de l'innocence, tous ces gens qui subsistent aux confins de la société comme des résistants d'un autre temps, le contraste entre les bayous et le complexe pétrochimique séparés par une digue. Et puis les choses se sont assemblées comme une cuisine simple. Probable que sa pudeur venait de son étonnement devant les interprétations sociétales clé en main qui lui étaient renvoyées, comme si, finalement, elles lui avaient échappé. Rien que cette façon de refuser de faire de la rétro-ingéniérie intellectuelle rend ce type sympathique. Et c'est vrai que son bestiaire du sud donne à voir ce qu'on a envie de voir : une possibilité de vivre heureux (et bien alcolo) hors du fatras des règles de la société industrielle. Ce "hors", c'est un endroit où l'Histoire aurait pris une autre tournure, sans qu'il y ait jamais eu un premier crétin dans sa caverne pour inventer le business , et des millénaires après les petites Hushpuppy continueraient de ne rêver que d'aujourd'hui et leur rêve ferait fondre la glace et libérerait les aurochs mangeurs de personnes-faibles-qui-ne-savent-plus-qui-elles-sont, sauf dans le bayou bien sûr où chacun sait pourquoi il est là. Je trouve ce film d'autant plus remarquable qu'il est américain. Qui aurait pu penser qu'au pays du fric roi, des agences de notation et des frigos de deux mètres de haut, la plongée dans une contre réalité misérable, promise à l'échec mais décapante, s'attirerait jusqu'aux louanges du président ? Au passage, une mention spéciale pour la critique de Télérama et sa "parade démagogique sur l'élan de solidarité entre pauvres", qui prouve, si besoin était, qu'il vaut mieux aller voir les films avant d'en parler.
John Henry
John Henry

127 abonnés 731 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 décembre 2012
Dans ce film apocalyptique-onirique-poétique, bref, inclassable, on trouve dans ces relans d'humanité et de simplicité un feu sacré qui fait du bien. Emouvant et terriblement beau.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 28 novembre 2015
Un rare bijou de cinéma. Mes mots pour l’évoquer : scénario incroyablement inventif ; subtilité des personnages ; dialogues vrais ; humanité poignante ; parfum de liberté ; leçon de courage ; images impressionnantes,… L’interprétation de Hushpuppy, avec sa vulnérabilité de petite fille, sa détermination courageuse d’être en situation permanente de survie et son imagination d’enfant délaissé, est admirable. Un film d’autant plus marquant que le contexte climatique de l’histoire est très actuel. C’est la deuxième fois, depuis 2012, que je le vois et je sais que je le reverrai encore.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 décembre 2012
Que dire de ce film, tellement éloigné de tout ce qu'on peut voir, avoir vu... de tout ce qu'on verra probablement.... les mots manquent, et les points de repère. Le film du trimestre, peut être bien de l'année, le film que quelqu'un (un certain Benh Zeitlin, who is he?) a fait parce qu'il devait le faire -c'est comme ça, une nécessité- sans acteurs, sans plan promo.

Un monde. Un bayou, le "bassin", protégé du monde civilisé par de solides digues, (au Texas je suppose, ça ne ressemble pas à la Louisiane) -un micro-monde où survit une humanité totalement déshéritée, noirs et petits blancs, déshéritée mais heureuse parce qu'en harmonie avec son environnement. Ils n'iront nulle part ailleurs, parce que là c'est plus beau qu'ailleurs, un point c'est tout, et que la vie y est meilleure: il suffit de tendre la main pour ramasser poissons chats, écrevisses, crabes, qu'on fait descendre à grandes rasades de whisky probablement "maison". Les baraques sont des taudis faits de cartons, de tôle ondulée, de planches.... Il y a une institutrice, qui vient en bateau à fond plat faire la classe à une poignée de gamines, à peu près aussi foldingue que les autres du cru. Elle sait qu'autrefois, le monde était parcouru par des troupeaux de féroces aurochs, qui mangeaient les enfants. Puis est venue la grande glaciation, et les aurochs ont été pris sous les glaces. Et maintenant, il y a le réchauffement climatique. Les glaces vont fondre. Et l'eau va monter, et le bassin sera noyé. Fin du vrai monde. Le mauvais monde survivra, derrière les digues...

Une grande tempête se prépare. On évacue les populations, mais il va rester une poignée d'irréductibles, dont Wink (Dwight Henry) et sa petite fille de 8 ans, Hushpuppy. Ils habitent au fin fond de la mangrove, ils ne peuvent se déplacer qu'en bateau (encore une incroyable chose hétéroclite faite avec des morceaux de voiture), chacun dans sa "maison", invraisemblables cabanes de bric et de broc. La petite fille (Quvenzhané Wallis) est incroyable. Enfin, elle EST tout simplement. Les enfants ne doivent pas jouer, sinon ils deviennent des petits singes dressés genre si-j'avais-su-j'aurais-pas-venu. Elle est très belle, Quvenzhané, et sur son petit visage réfléchi et grave, passent toutes les émotions, parce qu'elle sait déjà tout. Cette minuscule petite chose détient déja la sagesse immémoriale du monde. Il faut que les choses soient mises à leur juste place, pour que le monde soit réparé. Il ne faut pas, par exemple, que les aurochs sortent des glaces. Les aurochs, à part un tatouage sur la cuisse de mademoiselle institutrice, elle n'en a jamais vu. Alors elle les imagine, comme de gros cochons noirs munis, sur la tête, de deux cornes acérées. Et finalement, ces gros cochons accoutrés de cornes, ils forment des bêtes d'apocalypse absolument réjouissantes... et terrifiantes....

Elle n'a pas un mauvais père, mais un père malade, qui a des crises de rage incontrolables, alcoolique de surcroît.... Alors, elle parle beaucoup à sa mère, qui a foutu le camp un jour, et qui parait il était si belle que quand elle entrait dans une pièce, les marmites d'eau se mettaient à bouillir toutes seules....

Le déluge arrive, les survivants -ceux qui n'ont pas fuit et n'ont pas été noyés- se regroupent sur une sorte de radeau fait de bicoques. La salinité du bassin est devenue énorme, l'eau ne pouvant s'écouler à cause des digues. Les plantes meurent, les poissons chats crèvent. Les services sociaux capturent les réfractaires, mais ils s'enfuiront. Wink va de plus en plus mal. Que deviendra Hushpuppy?

C'est sublime, et on ne peut même pas expliquer pourquoi.... C'est à voir absolument, en cette période de fête où le cinéma est particulièrement français -et débile....
130580
130580

4 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2013
Jolie film
mêlant l'irréel dans les effets et la réalité face à l'absurdité des hommes....et la résistance humaine
landofshit0

314 abonnés 1 745 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 décembre 2012
Cette petite fable sur un petit groupe de laissés pour comptes,survivent comme ils peuvent et habitants un lieu inhabitable,n'a rien de vraiment charmante ni de poétique.C'est de la poésie au rabais,il y a de la volonté mais tout est mal utilisé et mal fabriqué.Il y a bien quelques petites idées qui fonctionnent par ci par là.Mais l’ensemble ne tiens pas la route,la petite fille Quvenzhané Wallis a certes une présence devant la camera,mais la narration en voix off est totalement inutile.Le père incarné par Dwight Henry a lui aussi une présence,mais pour le reste des comédiens c'est autre chose,ils sont lamentablement mauvais.Impossible d'y croire un instant.Cette histoire d'un père apprenant a sa fille comment survivre dans un mode sans pitié,ne marche que rarement.Les métaphores sont balourdes,grosso modo ce sont encore les plus pauvres qui pâtisses du réchauffement climatique.La sincérité que voudrait dégagé le film n'est jamais présente,tout sent le fabriqué pour un grand manque de naturel donné au récit.La BA ne m'avait pas convaincu,elle sentait le supreflux de l'émotion,c'est le cas du film.C'est l’avalanche de critique positive qui a titillé ma curiosité,ben je suis loin d'avoir trouvé ce film mémorable,il reste d'un niveau moyen sans plus,car il est loin d'avoir les qualités qu'on lui attribues.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 décembre 2012
The tree of life les racines dans la gadoue. Chouette film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 27 décembre 2012
Bon film !
Une BO fantastique, un film émouvant par son aventure touchante et par la force d'interprétation de la petite Quvenzhané Wallis (oui j'ai été obligé d'aller chercher son nom). Cependant, le film reste assez long par moments, et étrange puisqu'il nous laisse un arrière goût d'incompréhension.
Film original regorgeant de courage, à voir.
Frédéric M
Frédéric M

26 abonnés 338 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 décembre 2012
Tout simplement un OFNI, un objet filmé non identifié. Un choc, une claque ! Beaucoup de beauté dans ce monde cruel, sauvage et laid. La petite fille est magistrale. Le père idem. La réalisation est stupéfiante, emplie d'idées. Tout cinéphile est à la recherche d'objet comme celui-ci. A voir absolument.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 19 décembre 2012
"Les Bêtes Du Sud Sauvage, c’est l’histoire d’une découverte, celle du digne successeur de Terrence Malick. Rien que ça !" Wesley ★★★★★★★★★☆
Lire la critique du film sur LE BLOG DU CINÉMA.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 décembre 2012
Un film qui m'a beaucoup touché. Une musique fantastique très bien accordée avec les images, un très bon jeu d'acteur (surtout venant de débutants), de l'originalité, de très bonnes idées, de belles images. C'est un succès amplement mérité dans les divers festivals surtout quand on voit que c'est un premier film (et le jeune âge du réalisateur !). On déplorera toutefois un abus de gros plan et de mouvements de caméra inutile. Aussi, on peut trouver ça un peu limite et redondant de nous montrer des pauvres gens vivant dans une décharge pour nous ressortir l'éternel discours "Regardez comme ils vivent dans un paradis ! C'est mieux que nos villes moroses !". Énervant quand on se dit que leur vie est loin d'être belle. Mais en faisant abstraction de ce petit côté gênant, ça reste un bon film qui fait son petit effet.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 décembre 2012
Un film magnifique et poétique enmenait par la petite Quvenzhané Wallis 6ans et déjà un rôle plus qu'impressionant. Elevée à la dure par son père elle rêve de retrouver sa mère. Quand dans un même temps son père se meurt tout comme le bayou dans lequel ils habitent menacé par la montée des eaux. Tout cela avec pour cadre un bayou a la fois magnifique et dégoutant tout comme les gens qui l'habite.
Zeitlin arrive à nous montrer des choses magnifique dans un décor parfois sordide ou le réel et les rêves se mélangent. Avec tout cela on pourrai s'attendre à quelque chose de redondant et un peu lourd: il n'en est rien, on se laisse porté par le film et quand la fin arrive cette musique du Bayou nous suis.
Sundance , Cannes et Dauvile ne se sont pas trompés
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 décembre 2012
Les Bêtes du sud sauvage pointe au registre des films Fin du monde. A mon sens celui-ci est le meilleur (bien devant Take Shelter et assez devant Tabou ou l'Odyssée de Pi). Beaucoup considèrent que ces personnes vivant de façon précaire dans un bayou sont une "belle invention scénaristique". Hélas je pense qu'il existe de par le monde (y compris en France) des millions de gens vivant dans de telles conditions mais qu'on les ignore. D'aucuns trouvent également que les aurochs sont une grosse ficelle, mais ces aurochs sont bien sûr à prendre au sens métaphorique, symbolique, du terme. Un des intérêts du film est qu'il est riche de beaucoup de messages : la douceur des femmes peut nous sauver, la médecine moderne est inhumaine, la joie de vivre ne dépend pas de la richesse, l'enfer est pavé des bonnes intentions des occidentaux repus... Les acteurs, les décors, la musique sont impeccables. La réalisation m'a plus aussi, elle est rythmée, vivante tout en permettant une part de contemplation. Ca m'a frappé de voir des crocodiles (ou alligators) dans tous les films de fin d'un monde, tant cet animal est un symbole archaïque, de nos pulsions mais aussi symbole de dévoration et de fertilité, ô combien représentatif de l'époque que nous traversons.
JoRod
JoRod

77 abonnés 336 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juin 2013
Première réalisation pour le jeune réalisateur Benh Zeitlin (29 ans seulement) qui a raflé une multitude de prix, à Cannes, Deauville et Sundance, un palmarès prometteur et très largement à la hauteur des espérances, et le mot est faible.

Cette œuvre est une merveille, elle appartient à cette catégorie de films qui donnent un sentiment (immense) de vie, de chaleur, de bonheur. Un lyrisme et une poésie quasiment constants qui ne lâchent jamais et qui viennent embellir l’œuvre à chaque instant.

La mise en scène fait preuve d’une ingéniosité impressionnante, on est surpris chaque seconde par le niveau que nous montre ce jeune réalisateur. Dans un cadre relativement noir, il arrive à y installer une atmosphère, une ambiance lumineuse et chaleureuse. Cette mise en scène célèbre avec brio les splendeurs comme les violences des épreuves que traverse la petite Huspuppy.

Il ajoute à cette brillante œuvre naturaliste sous fond d’apocalypse une légère touche de fantastique. Et il nous invite à un voyage cinématographique splendide et rare et nous convie à une émotion d’une intensité folle.

Le spectateur restera plaqué sur son siège du début jusqu’à la fin par cet hymne à la vie et par cette beauté vertigineuse traduite par la richesse visuelle et le spectacle grandiose imposé. Le film est hypnotique mais aussi une expérience sensorielle qui parvient à transmettre cette leçon de vie à la portée universelle.

Le film doit beaucoup également à sa jeune actrice, Quvenzhané Wallis, tout simplement époustouflante. C’est simple il y a bien longtemps que l’on n’a pas vu un enfant jouer aussi bien de la sorte. Elle est tout le temps juste, traduit avec force les émotions qu’elle veut retransmettre. Après la découverte de ce très talentueux réalisateur, c’est assurément la deuxième belle surprise. Le reste du casting est à la hauteur de l’œuvre.

C’est un petit bijou dont il serait dommage de se passer.
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