Etonnant premier film que ces "Bêtes du sud sauvage". Caméra d'or au festival de Cannes, et le Grand prix du jury aux festivals de Deauville et de Sundance, le réalisateur Benh Zeitlin a de quoi être comblé. De plus que le long-métrage connaît un buzz de plus en plus retentissant. Mais qu'en est-il vraiment? A l'image de "Drive" l'année dernière, quoi que dans un sujet totalement opposé, "Les Bêtes du sud..." mérite son succès. L'oeuvre est d'une poésie renvoyant, certes, aux films de Terrence Malick, notamment sur le cadre de la nature, mais présente une forme d'apocalypse assez innovante. L'histoire raconte la vie de la petite Hushpuppy, vivant avec son père dans une partie de la Lousianne, Louisianne futuriste, appelée le "Bathub". Petit message écologiste caché, le "Bathub" est un sorte de no man's land entouré par de l'eau après la montée du niveau de l'océan, dans lequel des hommes et des femmes vivent en petite comunauté soudée. Heureusement, le film ne tombe pas dans le piège du message écolo prévisible et pompeux. La caméra ne s'attarde par sur ce point, ou si peu. C'est sur les rapports entre Hushpuppy et son père que les séquences sont focalisées, un rapport père/fille lorgnant sur un amour paternel poignant. C'est aussi grâce à sa simplicité que "Les Bêtes du sud sauvage" gagne en charme. Benh Zeitlin a réussi à filmer le beau. Le film est magnifique de bout en bout, que ce soit dans ses images que dans son histoire. Paisiblement, la vie de Hushpuppy est décrite, comme un long fleuve s'écoulant mais hélàs parsemmé d'embuches. Et si la fin vise du côté tire-larme, on pardonne aisément ce côté plus classique après le glorifiant spectacle que Zeitlin nous a offert. De plus, un point qu'il est essentiel de mentionner est la direction d'acteur, notamment celle de Quvenzhané Wallis qui, malgré son jeune âge, se débrouille comme une grande et avec talent. "Les Bêtes du sud sauvage" fait parti de ces films indépendants, partis de quasiment rien, et qui sont révélateur de potentiels talents. Monsieur Zeitlin, vivement la suite!