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Alcatol
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5,0
Publiée le 3 janvier 2013
Exceptionnel film, qui distille une somme d'émotions comme aucun film ne l'avait fait jusque là ! On est au départ un peu gêné par le style brutal "caméra à l'épaule", avant de se laisser totalement séduire et partager totalement, ressentir profondément les tourments et les espoirs de la très jeune fille, de son père et de la communauté de laissés-pour-compte. Ce film fera très certainement date au niveau technique : Ce style de tournage et de montage vous fait ressentir, pas seulement en positif, ce que l'auteur veut vous transmettre. Quand c'est laid, on est vraiment écoeuré ! Quand c'est magnifique, les larmes vous montent aux yeux ! Un choc : On en reste saisi longtemps après la fin du générique. La musique est également magnifique.
Très impressionnante, la petite fille porte le film à elle seule du haut de ses 6 ans. Fabuleuse, la touche fantastique propulse cette oeuvre à un tout autre niveau. Les bêtes du sud sauvages nous raconte la vie d'un groupe de personnes, au bord du gouffre, qui malgré une fin imminente de leur petit monde ainsi décidée par dame nature, continue de vivre avec fierté et joie. Une belle leçon de la vie, sans jamais être moralisateur, Zeitlin nous montre avec ferveur et poésie que notre monde tend à disparaître, que toute forme de résistance est vaine, qu'il nous reste finalement que notre fureur de vivre. Au diable la peur, ce n'est qu'un sentiment obsolète ! Brillant !
Et dire que j'ai failli passer à côté d'un des chef d'oeuvre de la décennie. En à peine 1h32, Benh Zeitlin, nom à retenir, nous offre un petit bijoux, une perle rare. Servi notamment par Quvenzhané Wallis, ce film (peut-on même appeler cela un film ?) se magnifie dans la qualité et l'invention d'un scénario, d'un thème, d'une idée. La nature, omniprésente nous rappelle immédiatement un Terrence Malick, qui, très jeune, nous servait un Badlands de toute beauté. La narratrice, 6-7 ans à peine, mais déjà féroce, n'est-elle pas une des meilleures actrices de l'année ? Quel film ! Quelle gifle ! Quelle leçon ! Leçon de cinéma tout d'abord, des allusions, des images, une nouvelle façon de tourner, toujours en mouvement, pas trop en gros plan, le tout dans les expressions. Leçon de vie ensuite, un réel retour sur soi, sur notre vie, sur nos habitudes, sur notre société en général. Comment ne pas applaudir cet incroyable tour de passe passe accompli ici par le réalisateur ? Transformer des contraintes de tournage en de réels avantages. Félicitation, monsieur. Il est à parier que nous entendrons à nouveau parler de lui dans le futur, avec sa caméra d'or reçue au festival de Cannes. Un gain qui n'est pas à la hauteur de l'évènement, une récompense qui ne suffit pas. Est-ce là un futur Terrence Malick ? Un futur grand du cinéma américain ? Un futur génie tout simplement ? Modérons nous tout de même... Ce long-métrage est un succès, cela va sans dire, mais Benh Zeitlin sera-t-il capable d'égaler à l'avenir celui qu'il désigne presque ouvertement comme son exemple ? Pourra-t-il devenir son miroir ? Cette gifle, si agréable soit-elle, doit encourager le réalisateur à se surpasser pour son deuxième film, à être un premier pas, qu'il s'agira ensuite de concrétiser. Toujours est-il que je n'ai qu'un mot à dire : bravo.
Chef d'oeuvre. Les acteurs, la petite fille et son père mais aussi tous les personnages qui les accompagnent, sont exceptionnels. Pour un 1er film c'est un coup de maître. Dans un monde d'une dureté extrème c'est un hymne à l'amour, à la vie. Laissez vous emporter par le souffle du fim et le charme de Hushpuppy. Emotion garantie.Courez y!
BO sublime. Jeu des acteurs (qui, soulignons-le, proviennent d'un casting amateur) réussi. Quand la fantaisie se mêle à la -triste) réalité, une trame à la fois tragique et magique qui sensibilise le spectateur. J'ai pleuré 4 fois dans ma vie à cause d'un film. Celui-ci est le 5e.
Effectivement, tout ce que l'on a dit sur "Les bêtes du sud sauvage" était vrai. C'est bel et bien l'histoire que l'on attendait depuis très longtemps et le meilleur film de l'année. Habité par une envie bouillonnante, quasiment organique du cinéma, ce film offre tout, arrache tout et emporte tout sur son passage. C'est épique, puissant, touchant, ça frappe, ça mord, ça bouscule et longtemps après on y repense, on y songe et l'on se répète qu'il était une fois une Hushpuppy et qu'elle vivait avec son père dans le bassin. Bien au-delà de la performance de l'actrice et de sa réputation formatée, emballée qui a séduit tout un chacun dans les festivals, c'est tout le projet en lui-même, tout le collectif, toute cette aventure qui atteint une justesse rarement égalé. Pour ma part, c'est définitivement tout ce que j'aime. Et quelque part, le cinéma, c'est aussi ça. Une conjugaison de talent, partant en guerre contre la bienséance et les clichés pour offrir le meilleur. Un très grand film.
LE MEILLEUR FILM DE L'ANNÉE 2012. Incontestable. Intelligent beau poétique grand et petit métaphysique et physique, un film tout en finesse et beauté. Bref une oeuvre magistrale!
surement une des plus grosses surprises cinematographique de cette fin d'annee poignant du debut a la fin le film tient surtout compte de la puissance du jeu d'acteur de la petite fille bravo camera d'or largement méritée
Quel film ! Entre fable humaniste et conte fantastique, on est transporté et envouté par cette histoire d’une petite fille qui vit avec son père dans la misère des bayous et qui mène le dur apprentissage de la survie en milieu hostile, au sein d’une communauté délaissée par le monde moderne et sa société sécurisée. Une vie presque animale qui subit les excès dévastateurs d’une nature prédatrice, où instinct de conservation et solidarité se mêlent étroitement. Cette parabole nous fait réfléchir sur nos vraies valeurs et nous émeut au travers de cette enfant incroyablement interprétée par la jeune Quvenzhané Wallis aux dons expressifs irrésistibles. Ajoutons que la réalisation très soignée ne se contente pas d’une esthétique flamboyante mais utilise les nombreuses métaphores avec une intelligence rare. Sensibilité, originalité, profondeur, tout est réuni pour nous offrir un des plus beaux films de l’année.
J'ai écouté une ITW de B. Zeitlin (France Inter). C'était amusant de voir comment il essayait de relativiser l'enthousiasme des questions qui lui étaient posées en recadrant le propos . À l'entendre, Les Bêtes du sud sauvage, c'est d'abord une idée composite : la petite Hushpuppy qui incarne la force de l'innocence, tous ces gens qui subsistent aux confins de la société comme des résistants d'un autre temps, le contraste entre les bayous et le complexe pétrochimique séparés par une digue. Et puis les choses se sont assemblées comme une cuisine simple. Probable que sa pudeur venait de son étonnement devant les interprétations sociétales clé en main qui lui étaient renvoyées, comme si, finalement, elles lui avaient échappé. Rien que cette façon de refuser de faire de la rétro-ingéniérie intellectuelle rend ce type sympathique. Et c'est vrai que son bestiaire du sud donne à voir ce qu'on a envie de voir : une possibilité de vivre heureux (et bien alcolo) hors du fatras des règles de la société industrielle. Ce "hors", c'est un endroit où l'Histoire aurait pris une autre tournure, sans qu'il y ait jamais eu un premier crétin dans sa caverne pour inventer le business , et des millénaires après les petites Hushpuppy continueraient de ne rêver que d'aujourd'hui et leur rêve ferait fondre la glace et libérerait les aurochs mangeurs de personnes-faibles-qui-ne-savent-plus-qui-elles-sont, sauf dans le bayou bien sûr où chacun sait pourquoi il est là. Je trouve ce film d'autant plus remarquable qu'il est américain. Qui aurait pu penser qu'au pays du fric roi, des agences de notation et des frigos de deux mètres de haut, la plongée dans une contre réalité misérable, promise à l'échec mais décapante, s'attirerait jusqu'aux louanges du président ? Au passage, une mention spéciale pour la critique de Télérama et sa "parade démagogique sur l'élan de solidarité entre pauvres", qui prouve, si besoin était, qu'il vaut mieux aller voir les films avant d'en parler.