Vivement le week-end !
Le pitch est fantastique. C'est de la science-fiction dans l'air du temps même si les chinois ont un peu mis les pieds dedans depuis un moment.
Une société de l'enfant unique ou chaque frère et sœur et cryogénisé le temps nécessaire à la restauration de notre écosystème, pour une raison évidente : préserver la terre.
Mais dans ce système un poil tortionnaire, bingo, une femme accouche de septuplés. Un joyeux bordel en temps normal mais là, tu parles d'une guigne. La maman étant morte des suites de l'accouchement, qu'on imagine un peu long, c'est le grand-père, pour une fois sympathique William Dafoe, qui va se coltiner la supercherie et l'éducation pour tromper la vigilance du Bureau d’Allocation des Naissances (BAD pour les intimes).
D'entrée de jeu, l'introduction nous met face à une situation un poil plus alarmante que celle que nous connaissons. Pas de surprises, on consomme à outrance, on est beaucoup parce que les vieux peuvent mourir de plus en plus vieux, et cette surpopulation nécessite une surproduction alimentaire modifiée qui entraîne elle même une augmentation du nombre d'enfants par femme et ainsi de suite jusqu'au seuil critique où il faut réagir.
Le mesure sont drastiques, violentes et dans ce climat de reproduction anxiogène, nos 7 sœurs, toutes interprétées par Noomi Rapace, continuent de vivre cloîtrées selon les enseignements de leur aïeul. Il ne pouvait pas en être autrement scénaristiquement et les voilà donc affublées de prénoms ridicules correspondant au sept jour de la semaine. Pour régler leur mode de vie sur la règle "Tu sors quand le jour de la semaine correspond à ton prénom", il fallait en passer par là. Bref, c'est calibré pour développer la narration et mettre en place l'intrigue.
Très rapidement, on oscille entre leur jeunesse et l'instant présent pour dresser une situation et montrer une éducation stricte mais nécessaire qui verra se dessiner des personnalités multiples. Même si les septuplées ont des caractères très caricaturaux, chapeau à Noomi Rapace pour cette schizophrénie qui rappelle aux grandes heures d'un excellent "Professeur Foldingue".
Mais qu'est-il arrivé à Lundi ?
Ainsi, jouant toutes une seule et unique personne à tour de rôle pour garder secrète leur existence, nos héroïnes prennent de manière hebdomadaire, le rôle de Karen Settman, personnage inventé de toute pièce pour se fondre dans le décor. Mais quand Lundi disparaît mystérieusement, c'est toute leur petite mécanique non exempte d'accrocs qui s'effondre (et accessoirement, la semaine s'annonce galère).
L'intrigue démarre alors en prenant pour ma part le contre-pied regrettable de ce à quoi je m'attendais. Là où j'espérais une enquête toute en subtilité pour tenter de garder intact un secret qui pouvait se révéler au grand jour à tout moment, l'histoire prend une tournure surprenante qui va malheureusement faire bifurquer le film vers l'action à outrance. La convenance va ainsi avoir raison de tous mes espoirs en délaissant la claustrophobie de l'appartement pour l'immense terrain de chasse que constitue cette ville grisâtre.
Sans temps morts, les Settman, grâce à leur particularité, vont devoir se frotter à de très méchants méchants et si le déroulement du récit se complaît dans la facilité, il permet malgré tout de nous tenir en halène jusqu'à la conclusion.
D'ailleurs parlons-en de cette fin qu'on était pas censé deviner !
Parce que oui, le marketing nous la jouait façon Sixième sens mais avec un poil de jugeote, même si certaines choses restent à découvrir, on comprend très rapidement ce qu'il est arrivé à Lundi. Trop rapidement même et il faudra finalement attendre les raisons de tout ça pour conclure que "What happened to Monday" est une espèce de montagne russe où les déceptions et les contentements se succèdent pour donner un divertissement finalement très conventionnels dans ses choix et dont j'attendais beaucoup plus.
Tommy Wirkola est une espèce de fainéant (ou il a été bridé par ses producteurs) qui aurait pu nous pondre un véritable petit chef d'oeuvre avec un peu plus de personnalité et d'originalité.
Pas mal mais frustrant et décevant.