Un casting tentant. Le nom du réalisateur, Pascal Bonitzer a vaguement réveillé un lointain écho, pas suffisant toutefois pour se souvenir qu'il s'agissait du metteur en scène de "Rien sur Robert" qui nous avait paru assez hermétique et poussivement comique lors de sa sortie. On aurait dû se méfier !
Pêle-mêle : des profs, des gens de théâtre, des hauts fonctionnaires, des coiffeurs, une sans papiers, un ado ; des français, des serbes, des japonais ; des relations père-fils, mère-fils, mari-femme, amants, hétéros, homos ; théâtres, cafés, restos, appartements parisiens, bien sûr, plus le Conseil d'Etat...
L'affiche représente un puzzle, c'est aussi une auberge espagnole. Vous y apporterez ce qui vous plait, vous comprendrez ce que vous pourrez. On comprend bien en revanche que Bacri fait du Bacri : très mal rasé et ronchon. Et pourtant il est encensé par l'ensemble des critiques !
Cela se veut-il une comédie ou une farce ? On sourit à peine. Une tragédie ? N'exagérons rien. On concède quelques traits d'humour, vaches mais trop faciles. "L'ivresse du pouvoir" de Chabrol nous avait épatées dans ce registre et dans la critique des puissants ; ce n'est pas en confiant au même acteur, Philippe Duclos, une scène qui se voudrait d'anthologie que le talent souffle sur le cinéaste !
Ajoutons une précision : grâce à une référence qui se veut émue à la place Tien An Men, nous apprenons que Bacri est censé avoir passé son bac en 1988. C'est peut-être le seul moment du film où nous avons ri !