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Pascal
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4,0
Publiée le 9 octobre 2025
Produit par la " Continental " compagnie de production dirigée par l'occupant pendant la seconde guerre mondiale, " la vie de plaisirs" (1944) fut interdit de projection à la Libération.
Son metteur en scène, le belge Albert Valentin rencontra aussi des ennuis qui mirent un coup d'arrêt à sa carrière artistique.
Aujourd'hui, " la vie de plaisirs " a été largement réhabilité par la critique et l'histoire du cinéma et à juste titre.
Critique sévère de la bourgeoisie ( le clergé est aussi écorné ) Valentin montre ici qu'il n'était pas dépourvu de talent.
Curieusement la vedette incarnée par Albert Prejean constitue le point faible de la distribution. Son interprétation d'un propriétaire de club de nuit n' est pas très convaincante, mais finalement peu importe.
" La vie de plaisirs " fait partie des films sélectionnés par Bertrand Tavernier dans son " Voyage au coeur du cinéma français" et il le mérite largement. C'est de la belle ouvrage !
Tourné sous Vichy et, donc, témoignage de la Révolution nationale et du renouveau moral appelé par l'Etat, le film d'Albert Valentin dépasse le strict intérêt artistique -mineur au demeurant- par sa signification historique et sociale. "La Vie de plaisir" est le nom d'une boîte de nuit parisienne crée par le dénommé Maulette (Albert Préjean). Ce nom qui résonne comme un reproche par les temps qui courent, comme une dénonciation de certaines moeurs trop insouciantes, constitue au contraire, comme on le verra, un hommage à la libre entreprise et au travail. La cible choisie est l'aristocratie, dont les représentants oisifs et spéculateurs, jouisseurs cyniques et sectaires, apparaissent complaisamment les coupables désignés de la Défaite. Hormis quelques séquences un peu caricaturales, le film n'est heureusement pas constamment dans une intention propagandiste. Une intrigue familiale, sans drame ni éclat, illustre le propos par l'opposition de classes et le dédain que doit subir le très roturier directeur de La Vie de plaisir au moment où il entre dans la famille De Lormel. Sa richesse est son seul passeport, comme il sera indiqué lors du spoiler: jugement de divorce . Aimé Clariond personnalise avec une dignité pincée la vieille noblesse opprimant la jeunesse et l'amour. Le film est très correctement interprété mais manque nécessairement, période oblige, de sincérité.