Comment avoir une idée de base absolument géniale et l'exploiter comme de la merde? Telle est la question. American nightmare est absolument génial sur le papier, l'idée de douze heures purificatrices permet de se faire une vision de l'Amérique et de ce qu'elle pourrait devenir si une telle loi existait. Encore plus loin, ce film livre une caricature du rêve américain, avec les différentes manières dont les gens pourraient exploiter ce phénomène, avec la vente de système de protection détaillée ici par exemple. De nombreux thèmes peuvent découler de ce long-métrage : les idées pour réduire la criminalité, le fait que l'être humain soit malsain de nature et ait besoin de violenter pour assouvir sa soif de haine, le principe de trouver sa part d'humanité quand on a l'occasion d'être sauveur ou bourreau. Cet ensemble est fabuleux et c'est selon moi l'un des meilleurs scénarios de film d'horreur proposé ces dernières années. Et tout ça pour quoi? On aurait pu laisser libre court à l'imagination, quitte à faire un film d'horreur un peu plus long que d'habitude, avec une part de divertissement en plein air, du type survival, avec l'idée des gens masqués, bref. Non. C'est un huit clos basique, toute l'intrigue se passe dans une maison et à partir de là, le postulat de base, si bon, comment à sentir un peu mauvais. Le réel problème si situe cependant dans le fait que ce film n'a aucune surprise, aucun rebondissement, et même les tentatives de jump scare ne font pas peur. Vous savez compter? Bravo, vous allez devenir tout ce qui va se passer dans ce film, qui va sauver qui et quand. Les acteurs ne sont pas très bons et sont tellement dans le surjeu qu'on devine leurs intentions assez vite, que ce soit
pour la voisine ou le petit-ami
. L'idée du gosse qui a eu un cours sur la purge mais qui laisse
quand même rentrer un SDF
est déjà stupide mais disons que sans cela, pas de film. Le seul qui tire son épingle du jeu selon moi, est Rhys Wakefield, le chef du gang masqué (qui enlève son masque en cinq secondes, parce que les éventuelles représailles, on s'en fout) car il fait bien ressentir le déjanté américain qui se sent supérieur aux autres par sa situation sociale. Au delà de ça, le twist final débarque comme un cheveu sur la soupe et, en plus d'être inutile, nous fait une démonstration de mauvais jeu d'acteur. Tout n'est pas à balancer aux oubliettes dans ce film néanmoins, certains plans en vision nocturne sont bien source de tension, et le concept de base, encore une fois, est excellent, mais pour le reste, d'autres films d'horreur, en citant ceux de James Wan par exemple, sont bien plus intéressants à visionner.