À la fin des années 1990, Jim Jarmusch revisite à son tour "Le Samouraï" de Jean-Pierre Melville, oeuvre qui aura décidément bien marqué les cinéastes américains et asiatiques. D'emblée, on y retrouve les qualités qui font d'ordinaire la force du cinéaste avec en tout premier lieu la BO ; à la musique langoureuse du film de Melville succède en effet une puissante vague hip-hop composée par RZA. Film ambivalent et inégal, celui-ci permet surtout de cerner les points faibles du réalisateur. Car si Jarmusch se débrouille comme un chef pour montrer philosophiques, on ne peut en revanche que regretter le manque de creusement des protagonistes. À cette paresse scénaristique s'ajoute en outre une flagrante inégalité des scènes, ou si certaines d'entre elles respirent le souffle et l'inventivité, d'autres sentent le bâclage. Enfin comme si une seule référence ne lui suffisait pas, à l'hommage appuyé à Melville répond celui à Martin Scorsese grâce aux personnages de mafieux, tous interprétés par des acteurs de type scorsesiens face au pur jarmuschien Forest Whitaker. Trouvant sans doute son rôle phare, il est un peu à l'image de "Ghost Dog" ; bon sans être toutefois transcendant, brillant sans être totalement convaincant.
Jarmusch qui s'essaie dans le film de gangster ? Mais ce n'est qu'un nom pour attirer les cinéphiles, le reste ne sera que batailles et fusillades imposées par la production. Ou pas. Ce que livre le cinéaste est une petite rareté dans le genre. Le héros n'est pas caricatural car ses règles de combat suivent une certaine logique ( en plus de son inspiration des samouraïs ), les méchants sont une moquerie de la mafia italienne telle qu'on la voit dans beaucoup de films, les affrontements sont réalisés dans le plus pure minimalisme. Jarmusch a apporté également une touche d'humour ( les mafieux, le français marchand de glaces ), travaillé son montage qui comporte beaucoup d'effets, et les symboles dispersés dans le film ( même si les inserts de dessins animés s'essoufflent un peu à la longue ) et son scénario, qui s'avère excellent en étant assez loin du film imaginé au départ avant de voir le film.
L'absurdité mise sur piédestal. Un vrai grand moment de déconnade avec un grand D. Ironie ? Non, tout est dans le grand écart entre rêve et réalité... Very good trip
On peut aimer ou ne pas aimer ce film, force est de constater que ce film est du vrai cinéma. Derrière la caméra, nous avons non seulement le réalisateur mais aussi le scénariste: c'est une histoire originale. De plus il y a une vrai ambiance dans ce film. C'est lent, mais pas ennuyeux, au contraire et F. Whitaker incarne le personnage principal avec une grande prestance mais aussi le film à lui tout seul ou presque, car les seconds rôles, le choeur, sont essentiels. A noter la présence de Bankolé, acteur dans des films français des années 80, mais qui a complètement disparu de nos radars.
Rhoo laaa laaa, je m'attendais à mieux. Scénario ennuyant, des scènes d'actions vraiment pas terribles. Le jeu d'acteur n'est pas bon. Et puis, même si on ne veut pas tomber dans les clichés, on aurait au moins pu avoir des scènes de combat avec un katana (et je ne parle pas de son entraînement qui dure 5 secondes à l'écran). Bref, film vraiment pas terrible. Et puis la bande son, même si c'est RZA, n'est pas incroyable.
J'en ai vu des daubes mais celle-ci est tout du moins originale. Tout est daté et mal fait. Seule la bande son est à garder. Forest Whitaker manque cruellement de charisme et le mirage ne tient pas longtemps.Les scènes d'action sont risibles, les effets spéciaux et les cascades aussi. Lorsqu'on pense que Matrix est de la même année on ne comprend pas vraiment. Très mauvais film.
J'auria presque mis un étoilés si il s'était arrêté à 1h30. La dernière demi--heure se fait un peu longue et n'apporte pas grand chose de plus au film. À part ça un film original avec un humour que je trouve assez fin et de belles images.... Ne vous attendez pas à du suspense ou à un polar quelconque. C'est un film basé sur l'esthétique, l'humour et le jeu de bons acteurs.
Entre celui qui trouve la voie dans un code inspiré de valeurs anciennes, ceux qui l'ont trouvé dans des cartoons, Jim Jarmush fait une critique en poésie et violence, avec amertume et sucres divers, de son époque. Les formats populaires de ces années de films de mafieux et de films de tueurs solitaires sont détournés pour mieux les sublimer. Ça fait bizarre de voir aujourd'hui un redneck avec une casquette rouge se faire descendre...
Jim Jarmusch nous gratifie d'une véritable ode au zen avec le personnage taiseux de Ghost Dog, incarné à la perfection par Forest Whitaker, qui a décidé de suivre à la lettre les préceptes des samouraïs. Rythmé par l'envoûtante BO de RZA et avec des personnages secondaires truculents (le gangster John Tormey et le glacier Isaach de Bankolé en tête), Ghost Dog est rempli d'humour, de poésie et de finesse dans son propos et ses situations. Je suis ressorti apaisé du visionnage de ce film et avec l'envie d'écouter un peu du Wu Tang Clan et de me lancer dans la lecture de Rashōmon.
Jarmusch nous emmène dans son monde, mi-poétique mi-violent, mi-burlesque mi-dramatique. Un film étonnant, joueur, dans lequel il faut se laisser transporter. On y croise des gangsters de pacotilles hilarants, un tueur-à-gage samouraï attachant, un vendeur de glaces français au debit étrange (joué par un Isaac de Bankolé formidable de charisme), une gamine curieuse et un chien magnifique.
Je ne suis pas un grand fan de Jim Jarmusch sans avoir jamais détesté une de ses œuvres mais sans jamais véritablement en aimer une seule non plus. Disons que son style décalé est intéressant mais que sa lenteur me rebute un peu. Même s'il est un peu moins lent que la plupart des films du réalisateur, "Ghost Dog" m'a confirmé globalement cette impression.L'idée de départ est hyper-emballante et très originale. Les références à la littérature et au cinéma japonais, en particulier à "Rashomon", sont jouissives. Forest Whitaker a un charisme et un talent de gros malade et il le prouve encore une fois de manière magistrale en tueur à gages zen. Par contre, les scènes avec Isaac de Bankolé, avec incompréhension linguistique à la clé entre les personnages, sont malheureusement un peu surjouées. On peut regretter aussi que certains personnages secondaires, à l'instar de la fille du parrain, ne soient pas plus développés. Et puis aussi bien évidemment des lenteurs qui font décrocher quelques fois.M'enfin, Forest Whitaker et les références littéraires et cinéphiles ainsi que quelque scènes, grâce au ton décalé, assurent le spectacle.
Une réussite ! Ghost Dog est un film complet, profond et poétique, malgré le semblant de violence qu'on peut y rencontrer. Je comprends qu'il ait reçu autant de louanges et de critiques favorables, et que Forest Whitaker - qui y est très bon - ait vu sa carrière bondir grâce à ce film !
Assez séduit par ce Jarmusch, qui trouve avec cet histoire de samouraï anachronique un parfait sujet pour la mise en place de sa nostalgie mais aussi de son obsession pour les figures marquées et les récurrences symboliques. Le bushido, code d'honneur du samouraï, impose en effet une ritualisation constante du quotidien, que le cinéma de l'américain suit sans peine, tant il est par essence fasciné par l'iconique, par la vie saisie dans l'instant comme une sorte d'éternité figée. Ghost Dog est donc une figure hors du temps, résumée en quelques fétiches, habitudes et rencontres qui toutes tracent les traits les plus saillants de son existence. Les oiseaux sont son amour des choses fragiles, son ami haïtien dont il ne comprend pas la langue la primauté qu'il donne au sensible sur l'existence vulgaire, la petite fille sa confiance en l'avenir et en la justesse d'une voie qu'il sait amenée à se prolonger après lui. Son style gangsta, et l'ambiance musicale qui vit à travers lui son son ancrage dans le monde, garants d'une présence à l'existence suffisante pour y incarner un idéal qu'il ramène du passé et auquel il doit ré-insuffler la vie. Son amour des romans de tous genres et quelques flash-backs sur l'enfant malmené qu'il fut dressent un portrait rapide de l'homme à partir duquel peut se construire un héros. Mais Ghost Dog, malgré ses particularités criardes, ne s'enferme pas hors du monde ; au contraire, s'il sait si bien s'y imposer, c'est parce qu'il a adopté le rythme propre d'un univers où tout ne parle que par à-coups, comme toujours chez Jarmusch ; les mafiosi se nourrissent de cartoons, et des motifs étranges (le bateau construit sur de l'air, la chasse à l'ours elle-aussi ritualisée à l'extrême, le regard pénétrant d'un chien) jalonnent un univers qui respire perceptiblement, par des motifs qu'il convient de savoir lire pour vivre avec à-propos. Toujours aussi obsessionnel, Jarmusch construit donc sans doute mieux que jamais une diégèse où il remet tout en place avec un léger décalage ironique qui donne à son pastiche un goût de renouveau mêlé à l'éternel incroyablement stimulant. Ghost Dog traîne juste un peu en longueur, et même, je trouve, au-delà de la lenteur nécessaire à la prise hypnotique d'une oeuvre qui se doit de vivre selon sa propre temporalité pour s'affirmer pleinement. C'est dommage, car l'intensité en pâtit, sans toutefois enlever ses qualités à ce drôle de film atmosphérique dont la créativité dément la teneur crépusculaire du propos. La vie est sans cesse à réinventer, et Ghost Dog, déjà fantomatique et quelque part immortel, s'y emploie au moment même de la mort de ce qui le nourrissait.
Jim Jarmusch adore raconter l’itinérance d’individus désespérés dans un univers glauque et inhospitalier. Avec ce film sorti en 1999, il retrace avec un brin de fantaisie les aventures d’un tueur à gages solitaire (Forest Whitaker) confronté à la mafia locale. Comme dans son précédent long-métrage (« Dead man »), poésie et violence sanguinaire se mélangent habilement. Cela permet de créer une atmosphère planante comportant un humour décalé (les scènes cocasses où le héros et le réfugié haïtien se parlent sans se comprendre) et un discours philosophique (le code de conduite du Samouraï) inattendus. Bref, un délicieux divertissement dont la portée mystique s’accompagne d’une excellente bande-musicale orientée hip-hop.