Deuxième Grand prix du jury cannois consécutif (on se demande !) pour Matteo Garrone après Gomorra (que je n'avais pas du tout aimé). Cette fois-ci le tout se tient un peu plus mais je n'ai pas plus adhéré. On attend une satyre sociale dézinguant la télé-réalité et ses ravages, et on attend surtout une comédie (comme annoncée sur l'affiche), même grinçante. Pour moi c'est juste un drame pathétique. Je n'ai pas trouvé cela drôle du tout... La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-reality-110874412.html
Matteo Garrone est bien parti pour intégrer le club des réalisateurs favoris de la Croisette, puisqu'en trois sélections, il a déjà ramené deux fois le Grand Prix, premier lot de consolation pour ceux qui sont passés à côté de la Palme d'Or. Pourtant, autant cette distinction s'imposait pour " Gomorra" en 2008, autant l'attribution de ce prix prestigieux à "Reality" me laisse dubitatif, tant les qualités de complexité narrative et de sobriété technique au service d'une intention limpide qui faisait la qualité du film précédent ne sont pas au rendez-vous de ce long pensum sur cette histoire d'un Narcisse dérisoire qui sombre progressivement dans la paranoia suscitée par le mirage de la téléréalité. Garrone adore visiblement les plans-séquences, et il a tendance à en user, voire à en abuser. Victime du syndrome de "La Soif du mal" (ou d'autres films célèbres pour leur plan-séquence introductif, je pense à "Short Cuts" d'Altman, ou "Snake Eyes" de De Palma) il ouvre donc son film par un traveling aérien qui balaie Naples au pied du Vésuve sur la musique d'Alexandre Desplats (qui est allé pomper du côté de Danny Elfman) pour finir par attraper un carrosse blanc, rouge et or qui remonte la circulation avant de rentrer dans une propriété somptueuse qui s'avère être une usine à cérémonies de mariage. Ce plan, et le suivant qui suit à terre l'entrée du carrosse dans la propriété, puis le cheminement des jeunes mariés jusqu'à la salle où attendent leurs invités, n'apportent pas grand chose de plus au récit qu'un bon vieux montage cut ; au contraire, il étire l'action à l'infini et on se dit que l'indispensable énergie qu'il a fallu pour régler la synchronisation du ballet des centaines de figurants aurait pu être investie dans un secteur plus productif, scénario ou direction d'acteurs par exemple. Le titre annonce la couleur : la "Reality" en question est celle de la téléréalité, et tout l'enjeu dramatique du film réside justement dans la lente déconnexion de Luciano avec la réalité véritable. Dans cette scène des mariages, il doit faire son numéro de drag queen pour amuser la galerie, et il se fait voler la vedette par Enzo, resté 116 jours dans la "Maison" lors de la saison précédente de Grande Fratello, et qui vient cachetonner en répétant son petit discours de mariage en mariage. La bonne idée de réalisation, c'est la ressemblance physique d'Enzo et de Luciano, qui justifie de façon subliminale l'idée que le poissonnier napolitain peut après tout avoir sa chance. En son temps, Ettore Scola avait filmé le lumpen romain du quartier de Monte Ciocci dans "Affreux, sales et méchants". Ici, Matteo Garrone choisit aussi d'inscrire son histoire au coeur des quartiers populaires de Naples, et on pourrait baptiser son film "Pauvres, laids et obèses", tant il a réuni un casting de tronches autour du beau gosse sur le retour qu'est Luciano. A forcer ainsi le trait, il n'évite pas la caricature, voire parfois une commisération légèrement méprisante sur tout ce petit monde, et on se sent ainsi protégés de l'opprobre jeté contre les gogos qui suivent la télé berlusconienne puisque nous ne sommes décidément pas du même monde. On comprend vite l'idée du film : Luciano s'est bercé d'illusions lors du casting romain (judicieusement, celui ne nous est pas montré, mais juste raconté par Luciano à sa sortie), et il va se jeter dans une fuite en avant dans cette conviction malgré le démenti des faits, voyant dans des clientes romaines des espionnes de la production, et se sentant obligé d'étaler sa grandeur d'âme en donnant ses meubles aux pauvres du quartier pour racheter l'expulsion brutal d'un SDF de sa poissonnerie dont il s'est persuadé qu'elle a été vue par les envoyés de l'émission. Son isolement du monde réel est symbolisé par un jeu sur la profondeur de champ qui rend flou son entourage, et par la multiplication de plans-séquences erratiques en caméra portée qui suivent Luciano et laissent son environnement dans une sorte de brouillard. Mais le systématisme de ce procédé finit très vite par lasser, et faute de véritables rebondissements, l'ennui s'installe. Intention volontaire ou acte manqué ? "Reality" présente finalement le même désintérêt que l'émission qui fascine tant Luciano, puisqu'il épouse le même principe : enfermer des personnages dans un bocal et les filmer en continu à ne rien faire. http://www.critiquesclunysiennes.com/
Un thème intéressant : la télé réalité énorme supercherie miroir aux alouettes pour starlettes d'un jour. Hélas le sujet est mal traité.Une partie du film tient plus du reportage sur la vie d'une famille déshéritée de Naples avec des personnages grotesques voir caricaturaux. Pourtant on s'attache à Luciano (l'acteur est formidable) qui reconnait l'échec de sa vie mais rêve de temps meilleurs. ce qui le conduit aux portes de la folie. La scène finale, particulièrement émouvante, sauve un peu le film.
Entre les deux plans géniaux d'ouverture et de clôture du film qui prennent (au sens propre) pas mal de hauteur par rapport à leur sujet, "Reality" rase méchamment les pâquerettes et les spectateurs. Il faut dire qu'en 2012, faire un film sur la connerie de la télé-réalité, de ceux qui la font et de ceux qui la regardent, c'est quand même un bon vieux combat d'arrière-garde et, au vu du succès jamais démenti depuis une décennie de ce parasite cathodique sous toutes ses formes (télé-confessionnal, télé-tribunal, télé-prison...), un bon vieux combat d'arrière-garde perdu d'avance. Bon, on aurait pu pardonner (et même carrément féliciter) Matteo Garrone pour ses velléités donquichottiennes s'il nous avait proposé un film digne d'un quelconque intérêt ou s'il avait réellement, comme le clamait haut et fort le marketing promotionnel, ressuscité la comédie italienne. Là, en guise de résurrection, on a droit à quelques citations (les matrones enrobées à la Fellini) ou quelques clins d'œil nostalgiques un brin ringards (les mythiques studios de Cinecitta transformés en terrains de jeux pour producteurs de bouses télévisuelles, bouh-ouh !). Bref, Comencini, Risi ou Monicelli peuvent reposer en paix. Et en guise de comédie, si l'exposition du film n'est pas vraiment désagréable, on aurait préféré que "Reality" embrasse complètement la folie de son personnage principal plutôt que de sombrer comme lui dans la dépression la plus profonde et la plus ennuyeuse. Ennuyeuse aussi, la réalisation de Garrone qui agace très vite avec sa manie de planter sa steadycam à 2 centimètres des visages des acteurs. Allez, quelques trucs à sauver, quand même : une peinture assez touchante de la vie de quartier napolitain, un acteur principal atypique et bluffant (Aniello Arena) et l'excellent score d'Alexandre Desplat qui trouve parfois des accents morriconiens et qui souligne parfaitement le côté fabuleux du film (dans le sens "qui relève de la fable", hein, pas dans le sens "exceptionnel"...). Et puis on saluera aussi une certaine cohérence dans le projet : d'un sujet qui ne mérite aucune attention, Matteo Garrone a fait un film qui ne mérite aucune attention.
Une critique de la société envoûtée par l'idiotie des téléréalités mais racontée de manière lente et ennuyeuse. Fondamentalement, le film continue de dire les mêmes choses de la même manière pendant toute sa durée. Grosse déception je croyais que j'allais voir une bonne comédie italienne, c'est juste un film ultra glauque au rythme (très) lent. J'ai vu que ce réalisateur a ete primé, pour ma part il n'est pas question que je regarde un autre de ses films même gratuitement. Les vrais grands réalisateurs Italiens tel Fellini, Ettore Scola et d'autres doivent se retourner dans leurs tombes !
Quel dommage de prendre une idée de scénario aussi intéressante et d'en faire quelque chose d'aussi inintéressant. Tous les ingrédients étaient là pour faire de ce film, quelque chose d'exceptionnel. Mais malheureusement Matteo Garrone passe complètement à côté.
Matteo Garrone après le marquant Gommora revient doucement avec Reality. Très doucement, car ce film nous ennuie (pour être poli) pendant 2h, pour nous parler d'un sujet un peu dépassé, en le critiquant doucement. On nous avait promis une comédie Italienne on se retrouve avec un film vide de sens et avec une histoire trop évidente pour tenir sur 2h. Prix du jury? Vraiment?
Encore une daube... Décidément j'en viens à me demander si ça vaut encore le coup d'avoir la carte UGC illimité... J'ai failli m'endormir pendant le film... C'est long et franchement inintéressant ... Le seul point positif c'est les dialogues en italiens...les images italiennes... C'est tout je crois... Quant au scénario l'intention est certainement louable... Mettre en scène cet homme prêt à tout pour passer dans cette émission de telerealité... Il va peu à peu perdre ses repères et perdre la tête...il va vendre son âme au diable sans rien recevoir en retour... Quelle triste réalité ...voilà clap de fin.. C'est fini
J'ai découvert ce film à la Rochelle. La salle était comble. Hélas le film n'est pas à la hauteur de ses ambitions se contentant de nous livrrer une critique facile de la télévision, sans jamais parvenir à nous donner à voir le revers de cette télévision qu'il dénonce, c'est à dire la réalité non triviale des classes populaires. Le film se complait un petit peu dans la parodie, et le choix de personnages au physique inattendus, mais manquant de réalité. le titre semblait déjà un peu prétentieux, et le film se révèle au fond plus une déclaration d'intentions, plutot qu'une réussite sur ce sujet. Louis M.
Dénoncer la télé-réalité et ses mirages est un thème intéressant bien que classique et déjà maintes fois utilisé. Le problème de Réality est que son scénario traîne en longueur et est terriblement répétitif. De plus, le scénariste n'a visiblement pas su comment s'en sortir à la fin. Le résultat est franchement raté malgré des comédiens honorables. On s'ennuie ferme et les bons passages sont rares. On imagine ce que des réalisateurs comme Dino Risi ou Fellini auraient pu faire avec un tel sujet...
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1,0
Publiée le 1 juillet 2021
Reality est un titre approprié pour parler d'un homme qui a totalement perdu la tête et son propre sens de la réalité. En partie satire mal faite et en partie tragédie encore plus mal faite de notre monde et de ses vanités notre héros est un homme ordinaire qui est poissonnier et qui comme beaucoup d'autres a une femme des enfants et tout ce qui va avec. C'est ainsi qu'en profitant d'une brève rencontre il participe à un concours pour rejoindre son grand frère et le fait avec la certitude que ce sera son passeport pour la gloire et la fortune. Le contact avec la célébrité bien que ridiculement bref est suffisant pour lui causer beaucoup de tort. Ce mal s'est manifesté sous la forme d'un comportement obsessionnel de paranoïa et d'hallucinations entraînant une perte de conscience de soi et un mépris de tous ceux qui l'entourent. Mais le spectateur malheureusement s'en fiche complètement des délires de ce pauvre homme...