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Cinephille
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3,0
Publiée le 20 octobre 2012
Grande fan de Shakespeare et du magnifique Looking for Richard de Pacino, j'attendais impatiemment ce Jules César en prison. Malheureusement je fus déçue car les frères Taviani tombent dans "le mieux est l'ennemi du bien". Au lieu de filmer les répétitions, la vie normale des prisonniers et la représentation, ils ont tout théâtralisé. Chaque seconde est écrite, jouée, mise en scène, qu'il s'agisse de la scène avec les trois gardiens, celle finale dans la cellule d'un des prisonniers-acteurs ou des répétitions dans différents "décors" de la prison. Le film est intéressant notamment en ce qu'il montre que tout le monde peut être acteur et que tout le monde peut comprendre et s'approprier une oeuvre classique. Mais on reste sur sa faim aussi bien sur le Jules César que sur la vie des prisonniers et l'impact de cette activité sur leur vie et leur être.
Quand des gueules de Sopranos jouent du Shakespeare, ça donne un film noir solide grâce à la nouvelle scénographie que prend tout à coup la prison. Même si on peut leur reprocher un traitement pas aussi ambigu que leur sujet, les frères Taviani ont frappé très fort.
Voilà qui illustre très bien cette citation de Pina Baush "Dansez dansez sinon nous sommes perdus". Ici, l'art dramatique et le texte de shakespeare bouscule le quotidien et repousse les murs d'une réalité carcérale amère. Un épisode hors du temps pour ses acteurs, qui, à travers le théâtre, respire leur existence dans une autre atmosphère. C'est juste, c'est touchant, c'est vrai, c'est triste, c'est aussi du cinéma.
La théâtralité shakespearienne transposée dans l’univers carcéral peut sembler une expérience dénuée de sens, mais savoir qu’elle est interprétée par des détenus en pleine apprentissage de l’art dramatique rend l’œuvre des frères Taviani intéressante. La façon qu’ils ont de filmer les corps à travers des cadrages de toute beauté et de mêler ainsi théâtre filmé et documentaire rendent le film atypique et plein d’idées de mise en scène particulièrement innovantes. Cet hommage à la rédemption à travers l’art de la scène a malheureusement tendance à trop se regarder le nombril à force de trop vouloir mettre en avant le talent de ses acteurs amateurs patibulaires en ne faisant que survolant leur passif criminel et leurs condition d’incarcération.
Contre tout attente, j'ai pris un énorme plaisir à regarder le nouveau film des frères Taviani, cinéastes cultes rescapés du siècle dernier.
Je m'attendais à un documentaire sur des prisonniers jouant Shakespeare en prison, mais le film est bien plus que ça.
Il nous plonge dans la trame même de la pièce (c'est à dire qu'on est passionné par l'histoire de Brutus, Antoine, Cassius et des autres) tout en y insérant constamment... la suite ici : http://0z.fr/4B6Ja
Il y a des films où l'on se dit que le metteur en scène a brillamment fait oublier qu'il s'agit d'acteurs. Ici il s'agit du contraire on oublie complètement qu'il met en scène de vrais prisonniers. Le film est brillant et parfaitement mené.
« César doit mourir » est un long-métrage vraiment atypique, faisant jouer des vrais détenus italiens, il leur fait interpréter une version de la pièce de Shakespeare « Jules César ». On suit pendant plus d’une heure le montage de la pièce à travers les répétitions des prisonniers à l’intérieur même de la prison. Si l’aspect très théâtral et le parti pris de faire jouer des prisonniers peut un temps déstabiliser, très vite le texte de la pièce nous embarque, bien aidé par l’interprétation des acteurs qui sont tous fantastiques. On peut parfois être dubitatif sur les choix des films récompensés dans les festivals, mais pour celui-ci, le choix de le récompenser de l’Ours d’Or à la dernière Berlinale est sans conteste un choix inspiré. Il est difficile de retranscrire la force de l’interprétation que ces hommes enfermés, certains depuis des années, génèrent dans la déclamation du texte et dans la personnification des personnages. Il est peu probable que le film rencontre un large public malgré ces récompenses, mais ceux qui auront la chance ou l’inspiration de le voir passeront un grand moment de cinéma. À voir avec une célérité enthousiaste.
Dans mon cycle des jeunes réalisateurs, après Manoel De Oliveira et William Friedkin, au tour des frères Taviani dont je ne savais même pas qu'ils étaient encore en activité. Il faut dire que je garde un souvenir ému de ma vision de "Padre padrone" en 1977 dans un cinéma de Rome, non sous-titré bien sûr, sachant que la plupart des dialogues étaient dans un dialecte sarde... De dialecte, il en est encore question dans "César doit mourir", puisque les prisonniers qui jouent ce "Jules César" de Shakespeare ont adapté les dialogues dans leur propre dialecte : napolitain, calabrais, sicilien. Les frères Taviani avaient découvert cette expérience de théâtre carcéral dans la banlieue de Rome, en voyant les détenus réciter certains chants de "L'Enfer" de Dante. Les deux réalisateurs leur ont alors proposé ainsi qu'à leur metteur en scène de monter Shakespeare.
Le film commence par des images en couleurs de la représentation, même si le découpage et les angles de prise de vue laissent à penser qu'il s'agit d'un mélange de scènes tournées lors des répétitions, voire spécialement rejouées pour le film, et de captation du spectacle. On assiste donc à une représentation théâtrale, juste un peu étonnés des biscoteaux et des tatouages des Romains, avec standing ovation à la fin et explosion de joie des acteurs. Puis le cadre s'élargit, et on voit des gardiens en uniforme de l'administration pénitentiaire monter sur scène et canaliser la sortie des acteurs redevenus détenus, jusqu'à la répétition de la scène frontale de la rentrée de chacun d'entre eux dans sa cellule.
La suite sur Critiques Clunysiennes http://www.critiquesclunysiennes.com
Lorsque l'on regarde le film en sachant ce qu'il est - c'est à dire une mise en abîme d'une œuvre théâtrale interprété par des détenus d'une prison, mis en scène dans un film lui même interprété par ces mêmes et réels détenus, dans cette même et réelle prison - et en étant attentif, au delà de son apparente austérité, à la beauté épurée de chaque plan et à la musique du film, mélancolique et lancinante, César doit mourir devient une œuvre fragile, a fleur de peau, belle a en pleurer.
Etonnant… un peu deroutant, surtout dans l'utilisation trop scolaire de la technique cinematographique (le noir et blanc, c'est la prison, la couleur le spectacle… pffff) , mais ce n'est pas le propos du film… Experience incroyable, l'idée de base est vraiment gonflée même si les Taviani auraient pu aller beaucoup plus loin dans leur propos.
La puissance des acteurs la liberté de leurs ton et mise en scène sont époustouflante. La photographie couleur ou noir et blanc ajoute à la dramaturgie des scène et du contexte. De la gueule ! Et la pièce de Shakespeare est pas mal: la dictature le crime contre l'ambition, le remord et la vengeance un vrai programme.....sauf que... il faut pas être fatigué....ce qui était mon cas ....et un petit somme entre chaque scène.....oups il faut pas ronfler comme la voisine....
Une prison italienne où cohabitent des détenus purgeant de lourdes peines fait l’objet d’un projet théâtral. L’objectif est de monter la pièce « Jules César » de Shakespeare dans l’enceinte. Le film suit l’élaboration de la pièce du casting, aux essais, en passant par la mise en scène, la découverte du texte jusqu’à la représentation finale. Les frères Taviani, malgré leurs 80 ans passés, font preuve d’une innovation cinématographique et artistique surprenante. Personne ne les pensait aussi imprévisibles. Ils nous offrent un vrai faux documentaire dans le sens où le réel (la vie des détenus) vient heurter de plein fouet les thèmes de la pièce qu’ils préparent : la responsabilité, la faute, la trahison,… Shakespeare colle donc à la perfection au projet des Taviani. Leurs acteurs sont de véritables détenus avec de lourdes peines pour des actes parfois violents : perpétuité pour homicide, 14 ans pour association mafieuse,… Dans la préparation de la pièce, les Taviani nous montrent les détenus faisant exploser les murs de leur cellule et l’enceinte de la prison. Ils s’approprient littéralement les couloirs, les promenades,… du centre de détention. Eux comme nous malgré l’absence de costumes oublions les murs et l’enfermement, ce qui fera dire à un détenu au terme de cette expérience cette belle phrase : « Depuis que j’ai connu l’art cette cellule est devenue une prison. ». Le théâtre leur a permis de s’évader. Ours d’Or à Berlin en 2012, ce film est novateur bien mis en scène. Cependant, je déplore qu’à se concentrer trop sur le théâtre filmé, les Taviani ratent leur rendez-vous avec les hommes. A voir tout de même pour l’expérience cinématographique de voir une pièce se construire sous nos yeux.
Avec ce nouveau film, les frere Taviani nous offre une merveille qui doit beaucoup à la qualité de ses acteurs. En effet, les prisonniers/acteur sont tous absolument incroyable et nous font vivre la pièce de Shakespeare d'une manière magnifique, soutenu par la mise en scène minimaliste du film. Coté visuel, le noir et blanc est tout bonnement superbe et maîtrisé. Le tout est soutenu par une musique magnifique qui vous colle à votre siège jusqu’à la dernière note à la fin du générique. Un film superbe qui mérite vraiment de s'y intéresser.
Shakespeare aide à la grandeur. Mais c'est une belle confrontation, une belle idée, une projection de l'homme et de ses facettes multiples, de l'art qui lui permet d'être, malgré le reste. Particulièrement poignant
Le belle idée ! Des exclus du circuit de la culture (des prisonniers pour longues peines) qui découvrent un texte classique magnifique, qui s'y projettent, s'y investissent jusqu'à la confusion entre le réel et le spectacle. Le début, en couleur, nous montre des acteurs pas totalement convainquant, pas vraiment talentueux ... Et pour cause, puisque très vite l'on revient 6 mois en arrière et en noir et blanc. Depuis le casting, moment savoureux, on assiste à toute les répétitions dans tout les recoins du bâtiment et l'on se laisse emporter par la force et la beauté du texte de Shakespeare revu par les frères Taviani. Un texte pétri par les assassinats, les complots, les trahisons, le pouvoir... dans lequel les acteurs/prisonniers se sentent évidemment très concernés. J'ai adoré ce genre "théâtre filmé" totalement dépoussiéré. Mais j'attendais de savoir comment les autres prisonniers réagissaient, comment les acteurs étaient transformés par l'expérience... Et la réponse, en contrepoint, arrive par la voix d'un des acteurs détenu depuis 20 ans ; spoiler: "Depuis que j'ai connu l'art, cette cellule est devenu une prison"
A la fin , comme une ellipse, nous revenons à la scène du début, en couleur, de la mort de Brutus... "et nous ne voyons plus le même spectacle, parce que durant cette expérience, notre regard a changé." Et c'est bien là le principal.