La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2
Note moyenne
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stillpop
stillpop

95 abonnés 1 444 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 octobre 2013
Un chef d'oeuvre, c'est rare.
Et c'est bien pour cela que je reprend le clavier que j'avais abandonné depuis 1 an sur "Allo mais allociné quoi !".

Vous allez partager la vie d'une goulue, d'une femme qui mange, qui avale, qui lèche, qui boit, qui vit. Pas une intellectuelle sclérosée, pas une cérébrale qui pense ses choix, pas une calculatrice qui va choisir le partenaire idéal. Non, l'homme ou la femme qu'elle va choisir, il faut d'abord qu'elle ait une envie irrépressible de la(e) b....r !
C'est tout simple, c'est le seul message de ce magnifique film. Pas d'amour, pas de romantisme, pas de lesbiannisme, juste une soif de sexe avec un corps qui la fait vibrer... et éventuellement la solitude de ceux qui ne souffrent pas les faux semblants, grâce à un instinct incroyablement juste (sinon pourquoi cette aventure hétéro ? Face au premier "adultère" bleu ?).
Ce qui est superbe dans ce film, c'est qu'il n'y a pas de faute intellectuelle, pas de faute de vraisemblance, pas d'idéologie. Le réalisateur a fait preuve d'une rare pertinence et d'un rare détachement. Ses personnages vivent réellement. La pétasse qui se la pète en alignant les déclarations artistiques provinciales vides de sens que joue (tout naturellement) l'une de nos pires actrices, Léa, (ayons la bonté de ne pas nommer ses parents !) et l'universelle, la princesse de l'écran, Adèle. Miraculeuse de naturel, ses yeux font les sous-titres, sa bouche débordant de pâtes ou de morve expriment la vie, la vraie, qu'on a peut-être vue dans "Voyage au bout de l'enfer", et encore.

Je ne suis pas pro-Kechiche, il est même à l'antipode de mes valeurs personnelles, mais devant le génie et le travail effectué, je ne peux que m'agenouiller, il a enlevé toute prétention à la fiction, tout est vraisemblable, tout est analysé, (3 heures ne sont pas de trop) tout est proposé sans que jamais on se dise : "non, là ça paraît bizarre, je n'aurais jamais fait ça si j'avais été à sa place". Bon c'est sûr, il faut avoir vécu des passions charnelles malheureuses pour parler comme ça, la vie en couple bardée de chiards ne permet pas de sentir à quel point la solitude d'Adèle est primaire, sexuelle et réelle... et partagée par des millions de personnes.

Certes, comme il l'explique dans certaines de ses interviews, certaines lenteurs (les scènes d'école) sont superflues, mais pourtant indispensables, elles accompagnent le réalisme de la vie en société de ses membres les plus extrêmes qui savent professionnellement si bien faire semblant.

Adèle n'aime pas, elle mange, elle vit, elle phagocyte, tout en restant à sa petite place de Bac+2 provinciale. Tout respire la vie dans ce film, à tel point que la fiction se dérobe, sans jamais passer en mode documentaire.

Le génie, et il fallait le maîtriser, c'est la photographie plein cadre sur les visages, pour la première fois au cinéma (j'ai 2000 films en salles à mon actif) un simple visage exprime le charnel, l'appétit, le sexe, l'affection. C'est un plaisir hédoniste qui est cent fois plus fort que les scènes de sexes lesbiens pour un hétéro mâle comme votre serviteur.

Comme tout est superbe dans cette réalisation, on passe rapidement sur le côté porno-chic des scènes de cul, aucun homme ne pourrait sincèrement s'en plaindre, les hétéros y trouveront une réflexion sur le "beau sexe" quand il s'occupe de lui-même. Et si l'intention du réalisateur était de nous en faire part, on ne peut rien y dire. Leur absence n'aurait rien changé au choc des scènes "nobles", c'est en fait la cerise sur le gâteau, on peut les censurer, on sera toujours aussi bouleversé par le reflet du soleil d'hiver sur l'oeil magnifiquement anodin d'Adèle sur un banc d'un parc de Lille.

J'ai rarement senti la vie dans un film comme je l'ai vécu dans "La vie d'Adèle". Et je compatis avec le réalisateur de la tournure désastreuse qu'a pris la promotion du film (de la part de Léa S, je n'en attendais pas moins) car j'imagine qu'il avait cru possible de nous dévoiler la suite, la vie un peu moins solitaire de l'héroîne, tellement attachante, tellement vraie, tellement belle. On l'aime un peu en fait !

Un chef d'oeuvre, c'est rare, et comme le lesbianisme n'est pas le sujet principal, mais bien la liberté de courir après ce qui vous fait vibrer, ce film est un joyau du pays des Lumières. C'est d'autant plus incroyable qu'il nous vienne d'un Tunisien qui doit mieux reconnaître le prix de notre modèle laïque que nos dirigeants rosâtres traîtres à la nation, et c'est un signe d'autant plus révélateur que les meilleurs films sur les couples ces derniers temps, "séparation" et "passé" sont l'oeuvre d'un iranien francophone !

Ensuite, de manière plus académique, je pourrais parler du jeu miraculeux de l'actrice principale, de la beauté (sans esthétisme obséquieux) de la photographie, de l'hommage à la jeunesse sans aucun voyeurisme ni perversité, de la perfection "naturelle" de ce film. Mais ce serait du temps perdu.

Tout a déjà été dit. C'est simplement parfait, à la fois dans sa perfection étudiée, dans ses miracles vécus "en live" et dans ses longueurs ou ses scories.

On peut aussi critiquer des ellipses trop évidentes, après le dîner hypocrite chez les parents d'Adèle, on aurait savouré une scène d'engueulade de Léa, mais non, rien, peut-être est-ce même le déclic qui fait prendre de nouveaux choix à la fille aux cheveux "chauds" et pourtant si froide. Mais il faut bien un peu d'amertume pour donner plus de goût à un banquet.

En tout cas, une fois n'est pas (et loin de là) coutume, je salue le choix de la palme cannoise (mais avaient-ils seulement le choix !).
bou77
bou77

146 abonnés 597 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2014
Il serait dommage de ne pas regarder "La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2" à cause de la polémique. En effet, même si tout n'est pas parfait, Abdellatif Kechiche a fait du bon travail en adaptant la bande dessinée "Le bleu est une couleur chaude". Le film raconte l'éveil à l'homosexualité féminine avec Adèle et sa copine, plus âgée, Emma. Si la mise en scène est de qualité, l'usage abusive de gros plans, justifiée pour être au plus prêt des personnages, entraîne parfois une impression d'étouffement. Les actrices principales, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux jouent très bien et sont naturelles, contrairement à ce que l'on peut lire...La durée du film est par contre excessive, et de nombreuses coupes auraient du être faites (par exemple : spoiler: la scène de sexe de 7 minutes ?
). Il n'en reste qu'étrangement, le film se laisse regarder, surtout si on aime voir une actrice manger des pâtes... Le film mérite sa palme d'or.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 25 octobre 2013
Le festival de Cannes nous livre ici (une fois encore) un film snobinard, juste bon à nous mettre mal à l'aise, les personnages n'ont aucune profondeur, aucun interêt... Un éparpillage de philosophie d'école secondaire, pour que le plus idiot des spectateur soit valorisé par ces mondanités prétentieuses sans réel réflexion. C'est bien de vouloir mettre en scène des personnages qui se prennent pour des Lumières, mais le réalisateur aurait mieux fait de se concentrer sur le terme amour et tenter de le faire ressentir à un moment donné, ici rien, pas d'émotion, pas de frisson, des scène de "baise" ça il y en a, pas de doute, mais si j'avais voulu sacrifier trois heures de ma vie à mater deux nanas à poil, j'aurais été au rayon lesbien de youporn, certainement pas dans une salle de cinéma.
Une énorme déception qui me laisse un goût amer et une colère non dissimulable de voir que ce film vient ajouter une longue liste de clichés sur les couples homosexuels féhe devrait arrêter le cinéma ou le réservé à une population qui souhaite se bercer d'illusions devant des images trashs, et des blablas qui leur donne l'impression d'être intelligents.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 16 octobre 2013
Navrant de platitude, ça faisait une éternité que je n'avais pas trouvé un fauteuil de cinéma inconfortable !
Je me suis faite embarquée par ma sœur pour ce film et je me suis dit naïvement qu'un film primé méritait d'être vu.
Je me suis retenue plusieurs fois de quitter la salle, au bord de la nausée à force de voir le nez morveux de l'actrice principale qui n'a d'extraordinaire que sa capacité lacrymale.
Les scènes osées ne me dérangent pas le moins du monde en temps normal, mais si les premières minutes on peut s'extasier sur le grain de peau parfait des actrices, les plans rapprochés, les longueurs indigestes finissent par mettre mal à l'aise.
Rien n'est épargné aux spectateurs... Des banalités à pleurer sur les différences de classes sociales, des clichés sur l'homosexualité et le "milieu" homo, mièvreries et philo de comptoir !
Un regard complaisant et une narration sans prise de risque... c'est triste pendant 3H00 !!!

La fin est à la hauteur de tout le reste, insipide, parfois glauque, sans saveur et surtout sans surprise. Si vous aimez être dans la bouche des gens quand ils mangent, vous adorerez ce film !

Kechiche fétichiste frustré des fluides corporels en plus d'être un opportuniste cinématographique ! Il faut avoir un sacré ego pour commettre une bouse pareille et la vendre sans rougir !!!
Ni art, ni performance, juste du vol ! (de temps et d'argent)
Fuyez !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 octobre 2013
Je suis allé voir ce film parce qu'il a reçu la palme d'or, mais je n'en attendais rien. C'est bien, voire très bien, beau, émouvant, réaliste, sans pour autant nous prendre aux tripes. Le film souffre d'un coté très "plus belle la vie" que je redoute, sans pour autant tomber dans la débilité de cette série. Pendant trois heures je ne me suis pas ennuyé, et j'ai apprécié cette histoire. Ce ne sont pas les scènes de sexe qui m'ont fait bloquer, mais les gros plans constants sur les visages des personnages et tout ce qu'il y'a de dégueulasse à voir en gros plan ( spoiler: Quand ils mangent, quand ils pleurent...
) et aussi le fait que la transition chapitre 1 / Chapitre 2 n'est pas claire et se fait dans la continuité et la cohérence comme un simple raccord de plan, j'ai mis un quart d'heure a caler qu'on était dans le chapitre 2. Il aurait pu l'indiquer quand même ! Je ne vois pas l'intérêt d’appeler le film chapitre 1 et 2 dans ce cas...
Mais c'est tout, c'est un très bon film à voir.
videoman29

317 abonnés 1 928 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 mars 2014
De temps en temps le cinéma nous réserve une pépite. Un moment d'exception pendant lequel le temps s'arrête pour le spectateur, suspendu au seul écran qui brille devant lui. Ces moments sont a chouchouter car ils sont extrêmement rares. Tellement bons et forts qu'ils laissent une trace indélébile même plusieurs jours après avoir vu le film. « La vie d'Adèle » fait partie de ces instants rares. Dès les premières minutes on sait qu'on va vivre un exceptionnel moment de cinéma. La réalisation d'Abdellatif Kechiche est accrocheuse et criante de vérité. On sent vivre les personnages sans mensonge ni faux semblant, ce n'est plus du cinéma, c'est la vraie vie et le résultat est vraiment bluffant. Tout de suite après, vient la qualité de l'interprétation et là... C'est la claque ! Je n'ai pas de qualificatif assez fort pour rendre hommage à l'incroyable charisme de ces deux actrices. L'histoire d'Amour qu'elles racontent est pure, forte, dangereusement passionnelle et elle emporte tout sur son passage. C'est pour vivre encore longtemps des émotions d'une telle force que j'aime tant le cinéma. La palme d'or à Cannes est largement méritée tout comme les nombreuses autres récompenses remportées par cette œuvre puissante à travers le monde.
Kiwi98
Kiwi98

295 abonnés 238 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 avril 2014
La Vie d'Adèle est un film qui a beaucoup attiré l'attention du publique, un peu trop surement entre Palme d'Or, polémiques malvenues et avis mitigés. Injustement traité de film porno à de nombreuse reprises La Vie d'Adèle n'en a pourtant rien a voir. Un porno c'est juste de la baise, pas d'émotion, rien d'artistique, seule trône la vulgarité alors que La Vie d'Adèle c'est exactement l'inverse, le film surprends de part son élégance et sa justesse inouï dans l'amour le plus profonds. Pour certains visiblement dès qu'il y a du nu dans un film c'est un porno, sérieux les puceaux qui ont rien à faire de leur vie allez rattacher vos braguettes, La Vie d'Adèle est un film qui explore les abysses de l'amour et des émotions humaines, une véritable odyssée captivante et sidérante d'humanité. Abdellatif Kechiche se pose véritablement la question de comment filmer la nudité dans le présent ? Comment transmettre un tel message à un publique critique ? en rajoutant une direction d'acteurs sublime Kechiche livre un film d'une beauté époustouflante entre autre dans la mise en scène prenante et sublimée par une précision chirurgicale. Evidement les acteurs y sont pour quelque chose. La révélation Adèle Exarchopoulos est impressionnante de plus qu'elle colle parfaitement avec le rôle et sa partenaire Léa Seydoux est tout simplement magistrale ! Pour conclure La Vie d'Adèle n'est pas un film qui se regarde mais un film qui se vit, le 7ème art au somment ! I Follow You.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 12 octobre 2013
Que dire de cette daube interminable ? A prendre à dose homéopathique, de préférence en suppositoire, en cas d'insomnie.

- C'est looonnnnnnngggggggggggg ... à croire que Kechiche est payé à la durée, pas à la qualité. 1H30 aurait suffit. D'ailleurs, il a doublé le temps de tournage (il doit filmer lentement), et on en voit la conséquence ! Ce mec ne sait pas faire un montage.
- Le casting est inégal: Adèle Exarchopoulos sauve ce qui peut être sauvé par son interprétation, Seydoux ne joue pas,
- C'est mal filmé: un accumoncellement de gros plans !
- Le film n'est pas écrit. Cela se ressent dans beaucoup de dialogues creux,
- Beaucoup de scènes sont caricaturales, clichés de cinéaste d’extrême gauche post soixante hui-tard attardé (lutte des classes, Sartre ...)
- La scène de sexe n'apporte rien au film, est vulgaire par son absence de tendresse ou de sensualité, et illustre le voyeurisme très masculin limite malsain de Kechiche.

Un de mes amis disait: donnez un budget à Spielberg, et il fait rencontres du troisième type. Donnez le même à un metteur en scène Français et il fera "rencontre de trois types"...

Comme le budget de Kechicheé était très réduit, c'est devenu rencontre de deux paumées, mais il a conservé la durée.
Benjamin A

816 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2014
Palme d'or amplement mérité pour Kechiche avec "La vie d'Adèle - Chapitre 1 et 2". Il filme la vie, tout simplement, sans excès. Ce n'est pas une "histoire d'homo" comme on a pu l'entendre, c'est tout simplement l'histoire d'une femme Adèle, entre sa première au lycée et ses premières années professionnelle, c'est ses doutes, ses amours, ses émotions, ses déceptions... d'où le changement de titre en "La vie d'Adèle". C'est un film universel, il ne tombe dans aucune facilité de propagande avec un sujet d'actualité. La mise en scène est parfaite, c'est bien filmé et c'est réaliste jusqu'au bout, d'où le fait que Kechiche filme la passion entre Emma et Adèle sous tous ses angles, passion émotionnelle et sexuelle (avec parfois de longue scène cru ou explicite mais sans non plus tomber dans le porno ou le voyeurisme). La photographie est magnifique, tout comme certains plans et cadrage notamment celui où Adèle et Emma s'embrassent sur le banc au soleil. Kechiche ne juge pas, ne donne pas de point de vue, nous laisse regarder la vie de cette femme et nous laisse juger. La direction d'acteurs est formidable et ses actrices le lui rendent bien et en particulier Adèle Exarchopoulos. C'est aussi une subtile réflexion sur les classes sociales qu'il nous livre tout le long de la liaison entre Emma et Adèle, et notamment un tableau peu flatteur sur le milieux aisé et intello, même si on ressent le parti pris de Kechiche. Au final le film donne une vrai claque au bouquin. Magnifique.
 Kurosawa

675 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 octobre 2013
Dès les premières secondes du film, où Adèle sort de chez elle et rate le bus, une magie opère. Celle d'Abdellatif Kechiche, qui parvient d'une façon inouïe à nous raconter une magnifique histoire d'amour. Le réalisateur de "l'Esquive" et de "La Graine et le mulet" capte la réalité et la fait vivre au spectateur, le tout pendant près de trois heures. Trois heures où l'on vibre pour la rencontre entre Adèle et Emma, pour leur amour, mais aussi pour leur rupture. D'ailleurs, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos (toutes deux incroyables) se dévoilent comme jamais en livrant une prestation sidérante de justesse. Un film donc sans frontières, où la complexité des sentiments est montrée dans toute sa vérité. Un film aux allures de tragédie, mais où l'espoir demeure. Un film qui ne s'explique pas, mais qui se ressent. Plus qu'ému, on en ressort bouleversé. "La vie d'Adèle" est un chef-d'œuvre à la portée universelle. Prodigieux !!!
Edgar L.
Edgar L.

209 abonnés 271 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 décembre 2014
"La vie d'Adèle" c'est avant tout le film d'une rencontre, et des conséquences que celle-ci peut entraîner sur une vie. Au delà du nu et du sexe qui jalonnent le film, les scènes les plus marquantes sont à mon goût celles qui mettent parfaitement en valeur les jeux de regard, et les frissons des premiers instants jusqu'au dégoût consécutif à une fin de relation.
Adèle est une adolescente à la fois attachante et complexe : parfois introvertie, elle sait aussi se montrer exaltante. On sent d'emblée un mal être chez la jeune femme, comme une gêne quant à la personne qu'elle est. Peu à peu, on se rend compte qu'elle n'est qu'un simulacre de la vraie Adèle, et que chaque jour, elle joue un rôle dont elle désire de plus en plus se sortir.
À la recherche de l'Autre qui saura la faire basculer vers son vrai soi, elle va faire la rencontre d'Emma, une jeune artiste des Beaux Arts au tempérament de feu. À travers son aînée, elle va s'émanciper et apprendre à vivre, à exister, et à enfin se sentir elle. La bleuté de ses cheveux, la beauté de ses traits auront raison des derniers instants de résistance d'Adèle, car oui, après multiples errements, elle doit se rendre à l'évidence, elle aime les femmes. Cette rencontre soi disant hasardeuse changera la destinée d'Adèle qui ne se doute alors pas du tourbillon émotionnel dans lequel elle va se retrouver embarquée.
[...]Loin des polémiques sur les conditions de tournage, je ne m'attache ici qu'à la qualité artistique du film, qui est, on ne pourra pas le nier bien présente. Voilà donc un petit bijou de chef-d'oeuvre dont on peut dire qu'il a amplement mérité sa Palme d'Or du dernier Festival de Cannes. L'adaptation de la bande-dessinée de Julie Maroh "Le bleu est une couleur chaude" est une véritable ré film nous offre sur un plateau ce qu'il y a de plus beau dans la vie, à savoir l'amour, pour ensuite nous le retirer et nous présenter ce qu'il y a de plus dur : la mort de cet amour qu'on croyait éternel. Avant un quelconque engagement, le film est bel et bien avant tout une histoire d'amour comme toutes les autres. Une leçon de vie, j'vous dis ...
Caine78

7 775 abonnés 7 400 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2013
J'y allais presque à reculons tant je n'avais jusqu'ici jamais été totalement convaincu par le cinéma d'Abdellatif Kechiche. Je n'avais pas du tout aimé « L'Esquive » et plutôt apprécié « La Graine et le mulet » ou « Vénus noire », tout en relevant à chaque fois des longueurs très regrettables. « La Vie d'Adèle » faisait ainsi presque figure de test : soit ça passait, soit ça cassait. Ce fût finalement la première solution, et j'en suis ravi. N'idéalisant jamais ses personnages tout en les aimant profondément, le réalisateur ne cherche jamais à en faire trop, simplement à nous raconter une histoire d'amour avec ses mots, ses tripes, le tout sans jamais négliger l'époque dans laquelle nous vivons, ni tomber dans la récupération facile type « Le Mariage pour tous, c'est trop bien ». Au contraire, tout paraît réfléchi, calculé, dosé pour offrir quelque chose de profond et souvent d'infiniment subtil, parfaitement représentatif de ce que peut être la vie : magnifique par moments, douloureuse voire atroce à d'autres. Autre grande idée : plutôt que d'opter pour une narration linéaire, Kechiche privilégie des moments de vie bien précis, essentiels dans le parcours de l'héroïne et ce qu'elle deviendra au fil des années. L'ensemble donne ainsi quelque chose d'incroyablement cohérent voire parfois de profondément émouvant, d'autant que cette émotion n'est jamais surlignée, apparaissant au contraire de façon très naturelle, toujours dans la logique de ce qui a pu nous être proposé auparavant. Au final, que cet amour soit homosexuel n'a en définitive que peu d'importance tant le propos est universel, chacun pouvant se reconnaître dans cette relation parfois déchirante, d'une incroyable justesse. Alors c'est vrai : dommage que les scènes « explicites » (euphémisme) soient beaucoup très longues (surtout une), mais qu'importe : porté par une remarquable Léa Seydoux et surtout une Adèle Exarchopoulos éblouissante, sublime, en état de grâce (César du meilleur espoir féminin d'ores et déjà dans la poche), « La Vie d'Adèle » est une Palme d'or méritée, trois heures de vrai beau cinéma à la fois populaire et exigeant : merci M. Kechiche.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 13 octobre 2013
Bonsoir,
j'ai tenté d'aller voir ce film au cinéma aujourd'hui,
j'étais dans la salle et j'ai regardé la première heure, la première heure et demie de ce film de 3 h et je suis parti parce que c'était d'un ennui mortel.
C'est mal filmé, il n'y a pas d'émotions, il y a des scènes sexuelles explicites tous les quarts d'heure (franchement, je ne paie pas une place de cinéma pour voir du porno quand on peut se satisfaire d'un accès au porno gratuit par le net, désolé de le souligner).
Le réalisateur a lui-même déclaré qu'il regrettait que le film soit sorti au cinéma, alors ça veut tout dire...
On devrait toujours se dire "C'EST UNE DAUBE" quand on voit que le film a été primé à Cannes.
N'allez pas voir ce film, vous perdez votre temps et votre argent.
Loskof

422 abonnés 688 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 novembre 2020
La vie d'Adèle c'est un film que j'aurai adoré détester tant l'Esquive du même réalisateur m'avait insupporté. Ce cinéma "réaliste" presque documentaire m'avait toujours laissé indifférent (cf Entre les Murs...). Pourtant il m'intriguait. Au hasard de mes pérégrinations à la Fnac j'ai eu l'occasion de lire la BD, qui est sympathique, sans plus, et beaucoup trop engagée à mon goût( l'amour homosexuel y est présenté comme pur et magnifique, cliché!), et je me suis dis que sans ce côté politique ça passerait peut-être. En y allant, je m'attendais à voir de gros défauts, comme la réalisation en gros plans, mais j’espérai quand même arriver comme certains spectateurs à me laisser transporter. Que dire si ce n'est que c'est parfaitement réussi.
Le film a trop de qualités et trop de défauts pour arriver à mettre une note réelle. Je finirai par les qualités, puisque c'est ça qui reste en tête, mais vais d'abord énoncer les défauts, qui sont parfois trop visibles pour ne pas s'y attarder.
1ère chose, Kechiche a un vrai souci pour occuper ses acteurs, surtout avec leur bouche. En soi ça ne me dérange pas de voir des gens manger, sauf que là c'est une vraie technique pour meubler certains dialogues (la scène d'Adèle avec son premier copain...) ou pour faire passer le temps, notamment lorsque les acteurs fument (ça occupe facilement 5 minutes du film).
2ème chose, la réalisation. Le fait de tourner de cette manière, en plans rapprochés, même si j'en parle dans les qualités du film, est franchement dérangeant. Sur les 3h on s'y fait, mais dans les 20 premières minutes on aurait gagné à nous aérer l'esprit avec des plans moins serrés qui étouffent, littéralement.
3ème point, filmer caméra à l'épaule donne une authenticité au film, c'est indéniable, ça rend la caméra et donc la scène plus vivante, mais un trépied de temps en temps c'est pas mal aussi. Surtout quand on film une scène de dispute à l'école et que la caméra devient épileptique...
4ème point et surement le pire: les références à l'art, comme dans les Woody Allen. On est dans un film d'auteur donc il faut impérativement étaler sa culture, et vas-y que je parle de philosophes, que je balance des phrases de Sartre, que je parle d'écrivains, que je fais lire un livre de Marivaux, que je parle de peintures. ça n'apporte rien si ce n'est que ça montre que le domaine de l'art est une grande famille et que le réalisateur est cultivé...
5ème point et on rejoint le 4ème: Dans un film d'auteur, il faut de l'art, et il faut du nu. En soit les scènes de sexe ne m'ont pas choqué, elles ne sont pas interminables non plus et montre bien la relation passionnelle entre Adèle et Emma. Non ce qui est énervant c'est le nombre de fois où les acteurs sont nus sans que cela serve à quelque chose, si ce n'est à satisfaire le voyeurisme de certains, dont les critiques presse.
6ème point: La longueur du film ne m'a pas dérangé. Ce qui est dur en revanche c'est certaines scènes inutiles, comme la scène de lecture au lycée, certaines scènes avec les enfants, ou encore les plans sur Adèle en train de dormir. Les 3h passent bien, donc il aurait été bon de remplacer ces scènes inutiles par d'autres plus chargés en émotions et faisant vivre l'histoire...

Malgré tous ces défauts, qui généralement son rédhibitoires quand on regarde un film, la vie d'Adèle possède bien trop de qualités pour les oublier. J'attendais de déceler une étincelle en allant le voir, et bien je l'ai vu, et elle trotte encore dans ma tête. Le film arrive, peut-être 5-6 fois, peut-être plus, à nous montrer des moments de pure grâce. ça passe par une phrase, toute simple, mais dite avec le plus de naturel au monde, avec un plan serré sur le visage d'Adèle, un moment finalement tellement banal que son authenticité nous émerveille. Le film est parfois horripilant tant Kechiche en fait des tonnes, mais ces petits instants rattrapent tout le reste: le 1er baiser d'Adèle avec sa copine, la scène de dispute avec Emma (magistrale), Adèle qui danse lors de son anniversaire (mon moment préféré), etc.
Si ces moments nous captent c'est, d'une part, grâce à la réalisation, qui trouve ici tout son sens, d'autre part par la qualité de l'écriture (quand on parle d'art c'est chiant mais ces petites phrases simples, elles, sont belles), mais enfin et surtout grâce à Adèle Exarchopoulos. Léa Seydoux joue faux la plupart du temps (son dialogue sur Sartre, immonde et pas convaincue par ce qu'elle dit, sa scène dispute, surjouée). Mais Adèle, que dire... Elle est juste parfaite ! Elle joue juste, elle joue mieux que tout le monde dans le film, elle joue mieux la prof que les profs au début du film, c'est elle qui fait rire la salle, qui la fait pleurer, elle est chou, j'ai rarement éprouvé autant d'empathie pour un personnage qui plus est féminin (je suis un homme au cas où). C'est là aussi que le film est fin, car son message est universel, Adèle n'est pas lesbienne, elle n'est pas bi ou hétéro, elle aime juste une autre personne, le film est assez subtil pour faire ressentir cela, pour se départir de la BD qui, elle, était politique. Dommage qu'il y ait 95% de lesbiennes dans la salle, ce qui montre que le film n'a pas trouvé son vrai public, et que ces filles ne vont le voir que parce qu'elles penses voir des lesbiennes à l'écran, alors que c'est plus que ça.
Ce n'est pas un chef d'oeuvre pour moi car il a trop de défauts, mais il possède tellement de qualités, fait ressentir tellement d'émotions que le 4,5 est amplement mérité.
Bref je finis sur Adèle, souvent je trouve les palmes d'or surestimées, là je la trouve méritée, elle est méritée avant tout pour l'actrice, car franchement elle touche au sublime dans ce film, je ne peux même pas dire qu'elle le porte, elle est le film tout simplement...
Ashitaka3
Ashitaka3

130 abonnés 1 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2014
Hormis sûrement quelques longueurs et une ambiance souvent impersonnelle, surtout au début, il y a dans cette vie racontée en plusieurs étapes une énergie indéniable dépensée par les deux actrices. L'amour est retranscrit de manière admirable et convaincante, même si l'aspect sexuel aurait pu être amoindri, car il est très cru. Beaucoup de thèmes sont abordés, comme l'amitié, l'orientation sexuelle, la jeunesse, le travail, la nostalgie... On passe de l'un à l'autre avec une fluidité scénique très intéressante. Après c'est vrai qu'on a beaucoup de nudité et que le film ne s'adresse malheureusement pas à un large public,puis le traitement y est pour quelque chose, sans musiques ajoutée, avec beaucoup de caméras à l'épaule, des ellipses temporelles en veux-tu, en voilà, c'est très dur de se confondre totalement avec l'histoire. On a adèle qui vit vraiment son personnage donc c'est remarquable. La séquence de la rupture est un vrai moment de cinéma.
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