Forgiven
Note moyenne
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Gadreau Jean-Luc
Gadreau Jean-Luc

70 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 janvier 2019
Avec un titre pareil, c’est donc bien évidemment la thématique du pardon qui domine dans ce film. Un pardon constamment au cœur du scénario, qui apparait régulièrement dans les dialogues, notamment dans ceux entre l’archevêque Tutu et le prisonnier Piet Blomfield, et qui atteint son paroxysme lors de la scène de l’ultime session de la Commission Vérité & Réconciliation. « Je retiens de ce film qu’il n’est pas faible de pardonner. » dira Forest Whitaker à l’issue du tournage. Une valeur éminemment fondamentale pour Roland Joffé qui, lors d’un entretien que j’ai pu avoir avec lui, me définissait le mot comme étant à ses yeux ce qu’il appellerait la vulnérabilité de l’autre qui se trouve être aussi notre propre vulnérabilité. « Ce moment où l’égo s’évanouit et où l’on se sent faire partie de quelque chose de plus grand. C’est l’égo de la souffrance qui souvent nous bloque ou l’égo de l’oppresseur qui emprisonne. » Pour lui, le pardon permet aux deux égos de s’effacer pour permettre la rencontre humaine.
Forgiven nous raconte tout cela, et allant même au-delà, en nous présente la possibilité de la rédemption. On observe ainsi dans le personnage de Piet Blomfield une forme de transfiguration progressive. Du mal incarné il entre dans une paternité bienveillante par positionnement, adoption, transmettant même un héritage… et ce à la fois au contact de Desmond Tutu mais aussi par un travail mémoriel. En repensant au titre de la pièce de Michael Ashton « l’Archevêque et l’Antéchrist », on peut voir chez Blomfield cette personnification de l’Antéchrist, le mal, avec un inversement de rôle qui advient, en devenant finalement une sorte de figure Christique, se sacrifiant pour que la vérité soit annoncée et opérant, dans le même temps, un acte de rachat. Pour Roland Joffé, le pardon prouve, en effet, la justesse du concept de rédemption, que les êtres humains sont capables de changements profonds, qu’ils se saisissent de cette possibilité� ou non.

Mais le pardon n’est pas la seule thématique forte du film. Joffé aborde logiquement dans ce contexte sud-africain, post apartheid, la question du racisme sans tomber dans un manichéisme facile. Un racisme qui a marqué les vies, les esprits, les cœurs et que l’on retrouve aussi d’une façon amplifiée dans l’environnement de la prison dans laquelle est enfermée Blomfield. Et on découvre alors notamment la violence et l’impact psychologique des mots. Si les actes peuvent évidemment provoquer les plus grandes souffrances, les paroles sont aussi génératrices de blessures extrêmement profondes.

On observera d’ailleurs dans le scénario l’attention toute particulière portée aux dialogues d’une précision redoutable. Forgiven n’est pas un film bavard. Les mots sont considérés ici comme des perles rares, choisis scrupuleusement pour développer des dialogues cinglants, extrêmement efficace. Quelques-unes de ces perles en vrac : - L’aberration c’est la brutalité. Pas l’amour - Vous ne pouvez revenir en arrière ou changer votre passé mais vous pouvez choisir là où vous allez - Vous n’êtes pas un ange déchu et je ne suis pas Dieu... nous ne sommes que des hommes - Une journée gâchée ? Non... j’ai pu vous voir ! - Les larmes n’ont pas de couleurs...

Et puis il y a la question du deuil et du besoin humain d’avoir certaines réponses dans la mort d’un proche, celle des marqueurs de l’enfance qui construisent ou déconstruisent un individu. Joffé utilise aussi admirablement la métaphore de la maladie, et du cancer plus précisément, nous introduisant là dans la prise de conscience de la difficulté de la réconciliation qui s’obtient éventuellement dans une forme de long combat contre un mal, telle une tumeur, qui cherche à nous ronger de l’intérieur. Enfin, il y a la lumière de l’amour qui éclaire, qui éblouit parfois au cœur même des ténèbres d’une histoire de haine, de violence, et de mort.

Tant de sujets portés brillamment par une interprétation remarquable. Face à face intense entre Forest Whitaker que l’on ne présente plus et Eric Bana que l’on avait vu précédemment dans le rôle de Hulk mais aussi dans Troie, Munich, Le Roi Arthur ou Star Trek. Mais c’est aussi l’ensemble du casting qui est à féliciter, plein de justesse, et tous porteurs d’une émotion diverse qui impacte le spectateur sans excès, comme il le faut. Car finalement, ce que l’on retient dans Forgiven, ce sont les personnages et leurs histoires. Une démarche volontaire de Roland Joffé qui m’expliquait avoir voulu se concentrer sur eux. « On commence naturellement avec des grandes idées : commission, élections, l’Afrique, l’histoire... mais après il fallait surtout que je dirige vers les personnes et c’est pourquoi j’ai choisi de concentrer sur les visages, que le spectateur puisse sentir les individus. Alors bien sûr il y a des respirations mais on retourne toujours à ça. C’est ça la vérité ! Il faut que l’on regarde l’autre dans les yeux. Je voulais jouer vraiment avec ça, avec les face à face sans chercher à s’en échapper. » me disait-il.

Forgiven sort ce 09 janvier sur les écrans français et mérite immensément de prendre le temps de se poser un peu moins de deux heures dans un fauteuil confortable d’une salle de cinéma. Un vrai divertissement de qualité et profondément utile à l’existence humaine !
coperhead
coperhead

36 abonnés 477 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2019
Joyce réussit son meilleur film depuis bien longtemps malgré les notes négatives des critiques cinéma en abordant la question du racisme et du pardon dans la période post apartheid sans tomber dans le manichéisme facile . L'univers de La prison ou se trouve Blomfield interprété par eric Bana tres convaincant est révélateur de la tension extrême entre blancs et noirs . De plus les dialogues entre l'archevêque ( Whitaker parfait ) et Blomfield tombent justes et sont tres pertinents.
Nouchka
Nouchka

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2019
Un film magnifique et vraiment très émouvant sur la puissance du pardon.
Un hymne à l'amour et à la paix, porté par un casting exceptionnel, Forest Whitaker et Eric Bana.
A voir d'urgence !
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2019
Dans les années 90 en Afrique du Sud, juste après l'apartheid et l'élection de Nelson Mandela, un homme est nommé à la tête d'une commission chargée de réconcilier le pays après des années de haine noirs/blancs : l'archevêque Desmond Tutu (Forest Whitaker).
Sa tâche est immense et noble mais quasi impossible, Il va être notamment confronté à l'un des pires anciens meurtriers du pays : Piet Blomfeld (Eric Bana).
Un duel idéologique entre l'amour et l'intolérance cruelle débute alors...
J'ai aimé cette introspection puissante et poignante dans un pan de l'histoire de ce pays, les deux acteurs principaux crèvent l'écran de vérité.
Même si certaines scènes sont un peu redondantes et aux ficelles un peu grosses, "Forgiven" touche l'âme de façon saisissante.
Les joutes verbales entre les deux protagonistes valent à elles seules le déplacement.
--> Site CINEMADOURG <--
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 janvier 2019
Roland Joffé décrit dans « Forgiven » l’histoire de l’archevêque Desmond Tutu, nommé à la Présidence de la commission de la vérité et de la réconciliation par Nelson Mandela, à la fin de l’apartheid en 1994. Son objectif : des aveux contre la rédemption. Un jour, il est mis à l’épreuve par Piet Blomfield, un assassin condamné à perpétuité. Quoi que mis en scène de façon trop commune, les comédiens trouvent le ton juste pour nous passionner dans cette histoire de racisme et de pardon. En effet, pour traiter de ce lourd sujet, le réalisateur s’est appuyé sur l’histoire de ses personnages et en fait une œuvre plus personnelle qu’elle n’y paraît.
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Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 janvier 2019
Au sortir de l'apartheid, le président Mandela a chargé l'archevêque Desmond Tutu (Forest Whitaker) de présider la Commission Vérité et Réconciliation. Son principe : obtenir des criminels leur confession sincère en échange de leur amnistie.
Le courageux homme d’Église rencontre sur sa route Piet Blomfeld (Eric Bana), un criminel avéré, condamné à perpétuité, qui nourrit une haine atavique pour les Noirs et ne montre aucun signe de remords pour les crimes qu'il a commis.

L'Afrique du sud de l'apartheid a été dénoncée au cinéma dans des films souvent marquants : "Cry Freedom" (1987), "Un monde à part" (1988), "Une saison blanche et sèche" (1989)... L'Afrique du sud post-apartheid a continué à intéresser Hollywood : ainsi de "Invictus" de Clint Eastwood qui raconte comment le président Mandela a profité de l'organisation de la Coupe du monde de rugby en 1995 pour réconcilier la nation arc-en-ciel. L'organisation des audiences de la Comité Vérite et Réconciliation (TRC selon son acronyme anglais) a aussi retenu l'attention : "Red Dust" (2004) avec Hilary Swank et Chiwetel Ejiofor et "Country of My Skull" (2005) avec Juliette Binoche et Samuel Jackson bizarrement sortis l'un et l'autre directement dans les bacs malgré la renommée de leurs acteurs.

Il en a fallu de peu que "Forgiven" ne connaisse le même sort, faute de distributeur en France. C'est finalement Saje Distribution, une société bizarrement spécialisée dans les films et les documentaires religieux, qui en a racheté les droits. On comprend vite pourquoi : "Forgiven" est un film sur la sainteté et la rédemption. Sainteté de Desmond Tutu, le prix Nobel de la paix qui, malgré un cancer, a consacré sa vie à cicatriser les plaies toujours ouvertes de l'apartheid dans une démarche audacieuse de justice transitionnelle. Rédemption de Piet Blomfeld, un Afrikaner raciste et criminel, figure du Mal absolu, qui crache sa haine à la face du saint homme venu le sauver.

Le problème de "Forgiven" est son manque de suspens. On sait qu'on aura droit à la reconstitution déchirante des circonstances de l'assassinat de Mpho Morobe, cette jeune femme noire dont la mère se bat pour la mémoire. On sait qu'on aura droit à la rédemption christique de Mark Blomfeld, dont la noirceur de l'âme, qu'explique une enfance traumatisante, s'éclairera au contact de Mgr Tutu.

Tout cela est un peu trop cousu de fil blanc - ou noir. Et on se demande où est passé le réalisateur prometteur de "Mission" et de "La Déchirure" qui se perd depuis trente ans dans des films sans intérêt.
Jakemall
Jakemall

25 abonnés 69 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2019
Voilà un film qui vaut le détour. Je viens de le terminer et j'en suis encore tout remué. Là question que nous poses ce film est "est-il possible de pardonner, même la pire des abominations ?" Ce film est une œuvre poignante qui ne manquera pas de chambouler plus d'une personne.
Emma155
Emma155

13 abonnés 23 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 janvier 2019
Film coup de poing. J'en ai pleuré! Il illustre le pari qui peut sembler fou de la commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud dans les années 90, de proposer l'amnistie aux criminels de l'apartheid en échange de la vérité sur les crimes commis. J'ai trouvé bouleversant de voir la force des victimes qui ont voulu pardonner, pour qu'eux-mêmes et la société tout entière puisse aller de l'avant. Très touchant aussi de voir comment Forest Whitaker/Desmond Tutu tend la main au criminel, sans jugement, certain que même pour lui une rédemption est possible. Au final, quel que soit le camp, la véritable force ne se mesure pas à la taille des muscles et des armes, mais à la capacité à avouer la vérité et à celle de pardonner...
Hubby92
Hubby92

49 abonnés 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2019
J'ai adoré ce film bouleversant. Eric Bana est stupéfiant dans le rôle du criminel psychopathe. Forest Whitaker incarne vraiment bien, aux dires des spécialistes, Desmond Tutu. Et la fin du film est impressionnante. Difficile de reste insensible.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 janvier 2019
La déchirure, Mission, Les maîtres de l'ombre, La cité de la joie : ça, c'était avant, quand les films de Roland Joffé impressionnaient par leur force et faisaient oublier certains côtés démonstratifs. Sa bonne période a duré de 1984 à 1992, avant des oeuvres de plus en plus médiocres, jusqu'aux dernières en date, les très oubliables You and I et The Lovers. De par son sujet, Forgiven ressemble à une tentative de comeback et il y a bien quelques petites choses qui vont dans ce sens, notamment dans la description honnête de ce qu'était l'Afrique du Sud en 1994, après l'élection de Mandela et la mise en place de la commission Vérité et Réconciliation, sous la houlette de Desmond Tutu. Le film raconte cette époque complexe où le pays n'était pas loin de la guerre civile et où l'ombre portée de l'apartheid était loin d'être dissipée. Basé sur une pièce de théâtre, Forgiven emprunte hélas des chemins narratifs peu probants où la figure de Tutu, assez peu travaillée, se heurte à son exact opposé, un afrikaner condamné à perpétué pour des exactions innommables commises sans regret ultérieur. On voit venir de loin les visées du long-métrage, avec toutes ses pesanteurs psychologiques que la manière sans nuances de Joffé ne fait qu'amplifier. Hormis deux scènes où les deux hommes s'affrontent verbalement, peu est à sauver dans cette production hybride dominée par des scènes de prison violentes et inintéressantes et striée de flashbacks censés nous éclairer sur le passé du personnage le plus haïssable. Il y a sans doute quelques vertus pédagogiques à rappeler à ceux qui ignoreraient la réalité de l'apartheid mais mieux vaut lire les écrivains sud-africains qui l'ont vécu, Brink et beaucoup d'autres. Forest Whitaker, avec prothèse, fait son travail correctement mais comme souvent, c'est le méchant qui a le "beau" rôle, et Eric Bana le joue avec une belle intensité.
FaRem

10 571 abonnés 11 448 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 mars 2018
"The Forgiven" est bien différent de ce que l'on pourrait attendre en lisant le synopsis français. Il est bien question de Desmond Tutu et de sa commission de la vérité et de la réconciliation, mais cela n'a qu'une importance mineure et Forest Whitaker est de moins en moins présent au fil des minutes. C'est surtout Piet Blomfeld, un personnage fictif, qui est au centre de l'histoire de ce film qui ressemble surtout à un film de prison qu'à un drame sur une confrontation entre deux hommes que tout oppose. Malgré la base réaliste, tout le film semble un peu artificiel et forcé même les échanges entre les deux hommes. C'est un peu dur de dire ça vu ce que l'histoire implique, mais pour moi, tout sonne faux. Entre cette "rédemption", la guerre contre l'autre gang en prison, la recherche de la petite fille et les quelques échanges, il y a trop de choses inutiles dans ce film. J'aurais préféré une véritable histoire vraie profonde, sincère et sans ce côté larmoyant. Finalement, c'est un film décevant même s'il est au niveau des dernières réalisations de Roland Joffé qui a bien du mal à retrouver le succès de ses premiers films.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 mars 2024
Un film pantouflard qui se repose sur son côté histoire vraie mais qui ne propose quasiment rien niveau cinéma. Avec le sujet passionnant de la commission vérité et réconciliation dans l Afrique du Sud post apartheid Roland Joffé réalise un film plat, trop long pour ce qu il raconte, ne développant jamais son sujet.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 août 2023
Un récit très lisse, académique et démonstratif de rédemption post-apartheid pour des anciens bourreaux dans une Afrique du Sud qui panse ses blessures. Qu’est-il arrivé à Roland Joffé ?! 1,75
moket

660 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juin 2022
Un plaidoyer pour la tolérance et le pardon et une formidable opposition entre Forrest Whitaker, excellent dans le rôle du pasteur, et Eric Bana, glaçant dans le rôle d'un meurtrier haineux.
PLR
PLR

556 abonnés 1 768 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 janvier 2019
L’intensité dramatique et démonstrative souffre assez longuement d’un traitement à froid. C’est la conséquence du mode narratif choisi (les enquêtes des commissions vérité et réconciliation) qui laisse le spectateur témoin à une certaine distance. Avec une vague idée en arrière-plan de ramener les communautés dos à dos à leurs responsabilités, ce qui est certainement un élément au moins partiellement historique mais met mal à l’aise, les « forces du mal » étant d’évidence loin d’êtres égales. Ce n’est vers la fin que les lignes se départageront nettement et que la tension et la démonstration de la folie du genre humain seront donc au maximum. Il y a toutefois une certaine gêne à critiquer le scénario et la mise en scène, s’agissant d’éléments inspirés de faits historiques.
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