Un professeur de philosophie et ecrivain peut il vivre avec une coiffeuse fan de karaoke. La reponse est evidente. Le film n'est pas une romance a l'americaine niaise et comporte parfois de tres belles scènes mais aussi pas mal de moment un peu pompeux typique du cinema intello parisien. Parfois chiant , parfois beau. Reste une belle composition d'Emilie Dequenne.
C'est drôle la plupart des critiques du film parle de l'impossible amour dû aux différences de classe sociale. Or si j'ai bien écouté les dialogues, Clément évoque très clairement son non désir d'enfant , de couple. Et il me semble son impossibilité à s'engager.. J'ai cru qu'il allait tomber amoureux réellement de Jennifer.. Donc l'amour serait possible au delà des différences de classe. Lors de la scène du carnaval lorsqu'il rencontre sa collège, il semblerait que plus qu'un problème de classe sociale, ce soit un problème d'engagement qui le retient de Présenter Jennifer comme son amie, fiancée ou compagne. Les deux autres brunes (celle de la rupture du début, et Amira Casar paraissent être de la même classe sociale et pour autant Clément ne s'est pas plus engagé avec elles. C'est pourquoi cet aspect du film est intéressant, le thème est pour moi " cet homme va t-il s'engager? Cet homme va t-il apprendre enfin à aimer? Quitter un peu la plateforme du "philosophe" (enfin du prof philosophe qui donne des leçons de vie) mais qui ne vit pas entièrement . Il est tellement coincé.
Je n'ai pas plus accroché que ça à l'histoire (ou la manière dont elle est mise en scène) mais par contre l'interprétation est excellente. Émilie Desquesne notamment est magistrale.
Vu à sa sortie il y a 11 ans maintenant, je gardais un joyeux souvenir depuis. Parce qu'il ne s'agit pas d'une comédie romantique traditionnelle. Ou plutôt si, elle est traditionnelle mais dans le bon sens du terme. D'abord parce qu'on est hors de Paris, ici à Arras. Ensuite parce qu'il y a ce rapport de force entre deux classes par qui tout oppose, sans surjouer les différences. Souvent, ce genre de film tiens à deux choses : une belle écriture et des interprétations justes. Ici on a les deux. Et parce que çà dit qu'on doit s'aimer pour les bonnes raisons, toujours. Le personnage d'Emilie Dequenne donne sa chance avec méfiance, et l'instinct féminin est souvent le bon. Le personnage de Loïc Corbéry relate la peur de l'engagement total. Duel de genre, mais duel de jugement aussi. Ou comment faire de la place à l'autre sans s'oublier soit ?
48 heures après, le film trotte encore et toujours dans ma tête. Au départ, quoi de plus banal, un homme, une femme, des classes différentes. Repérage, approche, rencontre, conclusion, bonheur, nuages ... bref, déjà vu. SAUF que ce n'est justement pas "déjà vu". Il y a une FEMME extraordinaire de simplicité et d'intelligence, de charme (elle ne se dit pas belle), de féminité et de maternité, de lucidité et de décision. Pas trop impressionnée par le prof de philo, puisqu'elle est coiffeuse kantienne. Emilie DEQUENNE transcende et illumine ce film, en particulier à travers les chansons ... eh oui, elle chante (plutôt remarquablement) avec ses copines. Je crois qu'une clé très importante du film passe par ces chansons, en particulier la dernière, magistralement interprétée en solo par Emilie, à la fois annonciatrice du dénouement et résumé du film (je ne cite pas le titre, ALLEZ VOIR LE FILM). Bref, j'ai beaucoup aimé et été touché profondément par ce jeu d'actrice, qui atteint profondément notre nature humaine. Merci Mademoiselle Emilie, merci Lucas Belvaux.
Un petit moment de cinéma comme je les aime. Instantané d'une belle histoire d'amour qui ne sombre jamais dans la mièvrerie, Pas son genre procède au choc Paris / Province autant qu'a celui de l’érudit et de la belle idiote. Réfutant les clichés que ces sujets embarquent en les intégrant judicieusement au métrage (les dialogues sont très souvent justes et pertinents) le film s’intéresse finalement presque uniquement a l'histoire de ce couple improbable, rendant les seconds rôles décoratifs et l’œuvre d'autant plus forte. L'histoire de ce prof de philo Parisien qui passe de l'amour comme concept au crash de l'amour réel ne serait pas forcement passionnante sans une alter ego fringante mais Clément va rencontrer la vie avec un grand V dans les yeux de la coiffeuse ch'ti Jennifer (Emilie Dequenne est ravissante et impeccable, elle irradie l’écran de ses émotions) Le reste se découvre et se savoure sur l'écran. Loin des facilités d'une love story stéréotypée, Pas son genre chemine sans y toucher dans les profondeur de sentiments amoureux et des attentes qui en découlent. Ce film est une vraie belle surprise, une simple histoire d'amour raconté avec beaucoup de talent.
Un film qui aurait mieux fait de ne pas voir le jour. Les personnages sont totalement invraisemblables et jouent assez mal. Qu'est-ce qui a pris au gars de la Comédie française de se fourrer là-dedans? Il ne sait pas quelle contenance prendre et se traîne lamentablement de scène en scène. On nous fait partager pendant tout le film la vie de ce faux couple, vie qui ne présente guère d'intérêt. Le tout est parsemé de lectures de philosophes ou de poètes, de façon assez prétentieuse. Emilie Dequenne fait une coiffeuse peu crédible, même en admettant qu'elle ne soit pas une coiffeuse "ordinaire". Tout cela est très ennuyeux. Le seul suspense est de se demander sous quelle forme cela va mal finir, car évidemment cela ne peut que mal finir, le spectateur l'aura vite compris. Le titre n'est pas une plaisanterie au 2e degré. D'ailleurs, rien dans ce film n'est une plaisanterie, malgré les quelques tentatives que font de temps à autre les deux protagonistes.
Quelle déception! Le début laissait augurer une belle histoire. Mais on tourne vite en rond dans l'histoire d'amour des personnages, ça devient lassant. Puis la fin. Et quelle fin! Ah oui pour être surprenante elle l'est!
On y est bien dans ce film. Tout est posé sereinement nous laissant le temps de nous imprégner de l'ambiance, de trouver notre place. Il parle de notre vie tout simplement, de notre authenticité qui ne peut être qu'unique. L'amour ne semble pas être le plus fort, nous souffrons de tant de clichés et de tant de préjugés. Le film est drôle, émouvant, les dialogues riches en é y a du karaoké, de la province, du sexe, de l'espoir, de la désillusion, de la fraîcheur, de l'insouciance! Bravo aux acteurs et à Lucas Belvaux.
Lucas Belvaux a un véritable talent pour brosser la réalité d'une vie banale, et la banalité d'une histoire d'amour qui... Allez, précipitez-vous pour aller voir ce petit diamant... et connaître la fin! Emilie Dequenne est splendide de naturel. Y a pas à dire, les Dardenne sont super-doués pour dénicher des "perles rares". Il faut que le bouche à oreille fonctionne et que ce film reste longtemps sur les écrans.
On a du mal à s habitué aux personnages, mais les nombreuses situations nous ravissent , une bonne leçon pour les couples. Le 2 comédiens principaux se complete bien.