Plus de 10 ans avant sa Palme d'or, Sean Baker s'intéressait déjà aux travailleuses du sexe, côté coulisse. Dans Starlet (le nom d'un chien, et non de l'héroïne), on suit le parcours amical chahuté entre une jeune actrice de films pornos et une vieille dame acariâtre de 85 ans. Rien n'est cousu de fil blanc et le spectateur se demande toujours où Sean Baker va l'amener. L'envers du décor de Los Angeles est mis en valeur avec bienveillance. Un film indé réussi, jusquà son émouvant final.
Starlet est un chihuahua et le fidèle compagnon de Jane, une jeune femme gracile et délicieuse (Dree Hemingway) actrice-porno avec beaucoup d'élégance. Sadie (Besedka Johnson) est une veuve de 85 ans, bien seule.
Suite à un quiproquo, Jane se sent redevable de la vieille dame et afin de se rendre utile, s'incruste dans sa vie. La grand-mère résiste un temps, puis la fraicheur de sa nouvelle amie l'emporte. D'abord revêche et méfiante, elle devient touchante et belle, c'est une vieille femme lumineuse. Par ailleurs une série de portraits marrants: le producteur pornographique, la copine écervelée et gonflante et son mec totalement à l'ouest.
Ce film est une tendre poésie contemporaine sans début ni fin, parfois triste et parfois cocasse.
"Starlet", ou un buddy movie au féminin pas comme les autres. Ce sont deux personnages forts, qui captent notre attention durant tout le film. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est la relation au temps. Le cinéaste nous emmène constamment là où on ne l'attend pas, à chaque scène qui commence, il semble nous emmener sur une piste avant de bifurquer et de nous surprendre. Et finalement, les personnages font ça aussi, Tess/Jane et Sadie construisent une amitié particulière sans savoir réellement où cela va les mener. On ne sait rien du futur, très peu du passé, mais l'essentiel se passe au présent, un présent avec ses joies et ses difficultés, un présent joliment capté par le film. Les personnages sont sans cesse plus complexes que ce qu'ils paraissent, et avec une part importante laissée sous forme de question, laissant le spectateur devenir actif, co-créateur du film. Seul regret c'est que les scènes où Tess et Sadie sont séparées sont beaucoup moins intenses (surtout avec le personnage de Mélissa un peu superficiel selon moi). Et puis enfin, ce film est aussi la révélation d'une superbe actrice, Dress Hemingway. Non seulement pour son physique terriblement cinégénique, mais surtout pour son naturel déroutant dans toutes les circonstances.
Un très bon film qui démarre timidement mais surprend, se laisse apprivoiser pour au final faire son effet. Le traitement de l'image est magnifique et l'actrice principale parfaite. A découvrir!!
Le style et le ton de Sean Baker. Des personnages précaires et attachants, vivant entre combines, drogues, solidarité et sexbusiness, solitude et indépendance. Le plus ici, c'est cette vieille dame avec qui notre heroine va copiner. Ca ouvre le film vers quelque chose de généreux et gratuit, solaire et énergique Et ca offre un film plaisant, un peu touchant, et un peu anodin aussi
Un pur moment de bonheur tellement les personnages sont attachants et sincères. L interprétation est très bien, et on sent la touche Baker dans la mise en scène.
Ce film ne présente aucun intérêt d'un point de vue cinématographique, pour bien des raisons. Déjà la manière dont c'est filmé : pâle, amorphe. On dirait un reportage MTV sur la vie d'une jeune fille de 21 ans, à la vie pas franchement passionnante, elle fait de la pornographie, mais mis à part ça c'est le vide existentiel dans sa vie... tout comme ce film qui est d'un vide et d'un mou. Elle va faire la rencontre d'une dame âgée et se lier d'amitié avec elle ; amitié qui n'a pas réussi à m'émouvoir, c'est pâle, pas assez vrai, et l'actrice principale... sans commentaire : manque d'énergie, de conviction.
L'histoire est montée bizarrement et l'amitié entre la vieille et la jeune ne semble pas être le point principal. La grosse scène de sexe au milieu est assez trash pour un film comme ça. Bref, moyen
Ce film raconte l’amitié improbable entre une femme dans la vingtaine – actrice dans l’industrie pornographique et une personne âgée acariâtre vivant en solitaire et se double en filigrane d’une réflexion sur le besoin de communiquer et de rompre la solitude quelle qu’elle soit. Le réalisateur Sean Baker signe une chronique douce-amère parfois crue mais toujours touchante qui est portée par une distribution faisant preuve de justesse.
Soyons francs : Parlerait-on de ce film si son actrice principale n'était pas une Hemingway, en plus d'être une jolie fille ? Non. Starlet est loin d'être un film désastreux, la mise en scène est correcte, bizarrement on ne s'ennuie pas trop, mais on ne peut pas dire que l'histoire de ce film soit passionnante, ou que les acteurs y soient exceptionnels... La critique s'est clairement emballée en qualifiant l'actrice principale de ce film d'espoir du cinéma.
Troisième film que je découvre de Sean Baker, et une fois encore, je ne suis pas déçu. Avec "Starlet", Baker démontre une fois de plus son talent pour capturer des instants de vie d'une manière authentique et profondément humaine.
Le film, porté par une Dree Hemingway magnétique, propose une plongée dans un quotidien à la fois banal et inattendu. La relation entre Jane et Sadie, improbable et touchante, donne lieu à des moments d'une grande sensibilité. Baker excelle dans l'art de sublimer des personnages en marge et de révéler leur complexité, sans jamais sombrer dans le jugement ou la caricature.
Visuellement, "Starlet" est lumineux, avec une esthétique épurée qui reflète parfaitement l'atmosphère ensoleillée de la Californie et la solitude qui s'y cache. Le rythme, parfois contemplatif peut déconcerter, mais il participe à l'immersion dans cet univers.
Avec ce troisième visionnage d'une œuvre de Sean Baker, je suis conquis par sa capacité à explorer des thématiques sociales fortes avec une subtilité rare. Une belle découverte qui me donne envie de poursuivre l'exploration de sa filmographie.
Vu lors d’une projection - rétrospective sur Sean Baker à l’institut de l’image d’Aix en Provence.
Un drame original (on retrouve, il me semble, des similitudes avec le style de Michael Hanneke et Michel Franco) sur les oubliés de l’Amérique, les gens ni particulièrement riches ni complètement pauvres matériellement mais très isolés socialement. Le film explore l’amitié naissante et incongrue entre une actrice porno et une vieille dame, veuve et démunie face à ses assureurs, le tout servi par quelques ressorts comiques doux-amers, mais le milieu social, l’environnement péri-urbain et l’isolement réel ou ressenti des personnages en déprimera plus d’un. À voir cependant pour le portrait de cette « Amérique profonde ».
Ce film et ses personnages sont vraiment attachants et intéressants. Tout fonctionne à merveille. La scène explicite du tournage porno tombe comme un cheveu sur la soupe. Mais surtout, il est dommage que la fin soit aussi vide.
"Starlet", réalisé par Sean Baker, est un film surprenant qui m'a captivé bien plus que je ne l'aurais imaginé au départ. À première vue, le film peut sembler être une simple histoire centrée sur l’industrie du p*rno, mais il va bien au-delà de cet aspect. Il s'agit avant tout d’une rencontre entre deux femmes de générations et de mondes différents, une amitié improbable qui naît d’un geste de bonté inattendu. L’histoire, lente et délicate, prend son temps pour dévoiler les complexités de ses personnages et les relations humaines qui se tissent au fil du récit. Je n'ai pas pu m'empêcher de me laisser emporter par la simplicité touchante de la narration.
Le film suit Star, une jeune actrice de films pour adultes, et sa rencontre avec une vieille dame nommée Sadie. Le contraste entre ces deux personnages, une jeune femme souvent dénuée de repères dans un milieu brutal et une vieille dame fragile mais pleine de vie, crée une dynamique fascinante. L'interprétation de Dree Hemingway dans le rôle de Star est brillante, elle parvient à incarner une jeune femme en quête de sens sans tomber dans les stéréotypes, et c'est un vrai plaisir de la suivre tout au long de cette aventure. À ses côtés, la performance de Besedka Johnson, qui incarne Sadie, est tout aussi émouvante. Leur relation, d'abord marquée par des non-dits, évolue subtilement, et c'est ce qui donne toute la profondeur au film.
L'un des points forts de "Starlet" réside dans sa capacité à aborder des sujets lourds sans être moralisateur. La manière dont Sean Baker filme ses personnages dans leur quotidien, avec des scènes simples mais d'une grande vérité émotionnelle, me touche particulièrement. L’approche réaliste et sans jugement du réalisateur permet de se concentrer sur les sentiments des personnages plutôt que sur le contexte dans lequel ils évoluent. En ce sens, le film est une belle réflexion sur la solitude, la rédemption et la complexité des relations humaines.
Ce que j'apprécie également dans "Starlet", c'est sa lenteur. Ce n’est pas un film qui cherche à impressionner par des événements spectaculaires ou des retournements de situation. Au contraire, le film prend le temps d'explorer les nuances des personnages et de leur évolution. Cette lenteur pourrait en rebuter certains, mais pour moi, c’est ce qui fait tout le charme du film. L'atmosphère presque contemplative, magnifiée par une photographie soignée, apporte à l'ensemble une douceur qui contrebalance la dureté du monde dépeint. En fin de compte, "Starlet" est une œuvre sensible qui mérite d’être vue, ne serait-ce que pour la beauté de son message et la profondeur de ses personnages. C’est un film qui, bien qu’il traite de sujets controversés, parvient à nous toucher dans ce qu’il y a de plus humain.