La grieta
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Yannickcinéphile

2 880 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juillet 2013
La grieta ou The Rift est un film de Juan Piquer Simon, réalisateur espagnol habitué aux séries B fauchées mais qui généralement parvient à tirer ses œuvres vers le haut et à les sortir de la masse commune. Ici ca ne loupe pas.
The Rift bénéficie c’est vrai d’un casting plus étoffé que la plupart des films de Simon. Scalia, Lee Ermey, Wise, il y a une belle galerie de têtes connues, avec des acteurs plus prolifiques que géniaux, mais capables d’assurer une prestation honnête. Ici ils assurent, et compensent c’est vrai un casting pour le reste un peu passe-partout et sans grand relief. Je tire tout de même du lot Deborah Adair, car cette dernière se débrouille bien avec son personnage, et assure avec une réelle conviction. D’ailleurs, même les acteurs moins enthousiasmants s’investissent visiblement dans le projet, et cherchent à donner de la crédibilité à un film qui a très clairement des lacunes financières.
Le scénario est un peu bizarre. En fait on sent que Simon a essayé de se démarquer d’Abyss ou d’Alien, tout en faisant référence à ces deux métrages, et en intégrant son style personnel, composé généralement d’une prolixité « monstrueuse » à toutes épreuves. Il y a des incohérences, des lieux communs (dans le final notamment), et le film tourne un peu en rond par moment, passé la première demi-heure. Maintenant il faut être honnête : ce survival du fond des mers est efficace. Il est dynamique, généreux, doté de quelques scènes fortes, et il a des idées qui font mouches (comme celle de la contamination qui démultiplie le caractère dangereux des bestioles).
Sur la forme, Simon n’avait même pas 2 millions d’euros à sa disposition, et le résultat est pourtant excellent, surtout pour un film de 1990. Avec trois fois rien le réalisateur arrive à offrir un spectacle solide, même si quelques éléments ne font pas illusion. Sa mise en scène est globalement nerveuse, précise, adaptée aux situations. La première attaque des créatures dans la grotte n’a franchement rien à envier à celle de Alien II de ce point de vue, elle est même beaucoup plus lisible, et pas du tout ridicule malgré le design discutable des créatures. La photographie joue la carte des éclairages marqués pour donner un type au film. Il y a du bleu, du vert, c’est un peu flashy parfois, mais élégant et surtout globalement en adéquation avec l’ambiance du métrage et ses décors. Je note que les plans sous-marins ne sont pas crédibles étant donné la profondeur de la mer, mais qu’ils sont de belle qualité malgré ce défaut. Les décors sont assez répétitifs bien sur, et pas très bien faits, mais la grotte, le sous-marin sont loin d’être déplorables, et je pense que depuis 1990 il c’est vu sur nos écran des choses bien pires en la matière. Là où le film a le plus vieilli c’est au niveau de certains de ses effets spéciaux. Ce n’est pas le cas de tous, avec par exemple des effets horrifiques qui tiennent encore la baraque, et quelques monstres impressionnants (l’espèce d’étoile de mer, ou l’attaque des anguilles). D’autres en revanche, comme les vers ne sont pas au point. Il est dommage par contre que The Rift n’est pas une bonne bande son, de ce point de vue c’est une faiblesse.
Pour conclure il serait mal venu de ma part de bouder le plaisir que j’ai pu avoir à regarder cette réalisation Piquer Simon. Plutôt bien interprétée, dynamique, enthousiasmant sur la forme si l’on tient compte du budget ultra-serré du métrage, il souffre d’une histoire clairement perfectible, de personnages assez quelconques, d’une absence de bande son à la hauteur, et de quelques aspérités de ci de là. Il vaut bien un 3.5 néanmoins, car il est généreux et plein de respect pour le spectateur, essayant de lui offrir le maximum avec le minimum.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mai 2025
Dans un contexte de course à la production fantastique sous-marine inaugurée par le projet de James Cameron (The Abyss, 1989), The Rift fait le choix du petit budget sans pourtant négliger ses effets visuels, remarquables et ayant occasionné des délais importants lors de la réalisation et de la post-production. En résulte une production inégale, organisée en deux temps : le premier est consacré à la recherche d’une épave comme autrefois le Nostromo recevait le signal de détresse d’un vaisseau spatial, le second s’adonne à une représentation de la monstruosité proliférante sous la forme non pas d’une chasse (comme le proposait Ridley Scott sur Alien en 1979) mais d’un sauvetage où s’énumèrent les créatures et les effets gore. Là où la partie inaugurale, efficacement mise en scène, manque terriblement de personnalité et d’enjeux, la seconde libère ses monstres ainsi qu’une créativité inattendue qui frappe l’esprit du spectateur : le réalisateur espagnol Juan Piquer Simón témoigne de son savoir-faire en matière d’épouvante, mobilise le talent de techniciens tel Ron Cobb qui travailla sur nombre de blockbusters de science-fiction ou d’heroic fantasy. Le bestiaire s’inspire des organismes marins, compose des entités tour à tour visqueuses ou de corailles capables de projeter une langue gigantesque munie de dents, à l’instar du xénomorphe conçu par Hans Ruedi Giger. Bref, un régal pour les amateurs du genre, dynamisé par une réalisation précise et par un récit concis.
Dark0Whale
Dark0Whale

14 abonnés 290 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 mai 2025
La Grieta / The Rift ou encore l'Abîme (le film a un nombre incroyable de nom différent) est un de ces films qu’on découvre plus par accident que par choix. Intrigué par sa rareté malgré mon amour pour les films de monstres sous-marins, j’ai vite compris pourquoi il était si difficile à dénicher. Le film souffre d’un enchaînement de défauts qui finissent par rendre l’expérience pénible, malgré un pitch de départ qui aurait pu fonctionner.

Dès les premières minutes, on sent que le film va être laborieux. Le début s’éternise sur des présentations de personnages inintéressants, sans relief ni profondeur. On attend désespérément que quelque chose se passe, mais tout est noyé dans un faux suspense sans tension.

Côté crédibilité, on repassera : des personnages qui fument dans un sous-marin (!), une scientifique qui manipule des substances potentiellement dangereuses à mains nues, des règles élémentaires de plongée totalement ignorées (Il est interdit de plonger seul au regard des risques techniques)... Le film multiplie les incohérences qui finissent par agacer plus que faire sourire.

La version française n’aide en rien. Elle est, à vrai dire, involontairement hilarante. Le jeu des doubleurs est si mauvais qu’il en devient comique, même dans les scènes censées être émouvantes. Mention spéciale au très sobre "C’était mon meilleur ami" lors de la mort d'un personnage, lancé sur un ton aussi expressif qu’un répondeur téléphonique.

Les effets spéciaux, eux, sont parfaitement raccord avec le budget : très limités. Le sous-marin semble déplacé à la main dans une bassine, les attaques de créatures n’ont aucune dynamique, et les monstres eux-mêmes notamment la mouche géante sortie tout droit d’un cauchemar en papier mâché, on frôle le nanar d’époque. On peut retenir que les algues sont plutôt bien faites. Visuellement, le film semble avoir 30 ans de retard, et aurait été à peine correct dans les années 60.

Même en étant indulgent – le film a un petit budget et une époque contre lui – difficile de lui trouver des excuses. Le scénario aurait pu fonctionner, avec son intrigue d’expériences scientifiques ayant mal tourné, mais il tombe rapidement dans les clichés les plus usés du genre. La mise en scène est plate, sans souffle, et la musique, tout juste passable, n’aide pas à créer une atmosphère.

En résumé : Ce film est un naufrage. Ni assez bon pour être pris au sérieux, ni assez mauvais pour devenir culte. Si vous cherchez un film du même genre mais réussi, tournez-vous plutôt vers Léviathan ou . – bien plus convaincants à tous les niveaux. À éviter, sauf pour les amateurs de curiosités très très kitsch.
Le foutoir du bis
Le foutoir du bis

51 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 décembre 2023
Un "abyss like" produit par Dino de Laurentis avec Juan Piquer Simon aux manettes
Surfant sur la hype autour de James Cameron et son blockbuster des mers, The Rift tient toutes ses promesses.
Le film se découpe en deux parties, une longue mise en place et un "Mini Starship Troopers" sans aucun temps mort jusqu'au générique de fin.
Je conseille ce long métrage à tous les fans de SF des années 80 et 90, à la fois pour son ambiance et son rythme. Plusieurs intrigues secondaires instaurent des rivalités entre les différents protagonistes et c'est plutôt plaisant.

Critique complète à retrouver sur ma chaine Youtube "Le Foutoir du bis".
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