Peu différent d’un premier volet ayant connu un certain succès il y a peu, ce second volet des péripéties de deux flics à nouveau infiltrés dans une école américaine séduit un public plus large encore. Ce n’est pourtant pas faute d’être meilleur. Phil Lord et Christopher Miller, ayant maintenant acquis une certaine notoriété auprès de la jeunesse suite à leur amusante et délirante incursion dans l’univers des Lego, déjà auteurs du premier volet, relecture d’une célèbre série TV du début des années 90, enfonce encore d’avantage le clou. Leurs personnages sont profondément archétypaux, de bêtes et naïfs drilles tout droits issus d’une école cinématographique post Appatow, modèle standard du personnage déluré qui fait la pluie et le beau temps de la comédie américaine actuelle. Sans surprise, stéréotypé, le film du tandem Lord-Miller n’en reste pas moins un délire assumé. Voilà sans doute l’essentiel.
Un délire assumé, c’est bien de ça dont il s’agit, dans la forme comme sur le fond. Deux personnages, radicalement différents, dont l’atout est leur complémentarité, se retrouvent pour une nouvelle infiltration estudiantine. Après le lycée dans 21 Jump Street, voilà l’université. Malgré ce subtil changement de théâtre des opérations, fratrie estudiantine et Spring Break obligent, le postulat est le même. Une nouvelle drogue circule. Il s’agit donc de confondre dealers et manitous du trafic. Dans un enchaînement de péripéties parfois douteuses, nos deux gus s’en vont en guerre, passant par une série de passages obligés, notamment le désaccord et une certaine forme de nostalgie. Qu’on se rassure, le final est explosif. Oui, tout le monde s’en contentera. On ne demande d’ailleurs l’avis d’aucune mauvaise langue, à bien plaire, du moment que le succès au Box-Office est assuré déjà en Post Production.
22 Jump Street, qui se termine sur une délicieuse séquence auto-parodique, se devrait logiquement d’être l’ultime volet de cette franchise encore toute jeune. Mais ce que la logique et le bon goût veulent, les producteurs ne le veulent parfois pas. Objet cinématographique rentable, film à la mode, celui-ci comble habilement les attentes en jouant sur la surenchère, s’adressant à la jeunesse avant tout autre public. Phil Lord et Christopher Miller sont donc des metteurs en scène qui ciblent leur public très clairement avant d’agir et s’assument comme artisans d’une frange comique américaine qui n’a que peu de limites. Louons, pour ce fait, ces cinéastes qui ne se prennent ni la tête ni les pieds dans le tapis.
En tout état de cause, et ce malgré le succès certain d’un tel film, en particulier de celui-ci, le spectacle offert en sera pourtant vite oublions. En effet, lorsque l’on parle de ce type de production, chaque nouvelle sortie éclipse la précédente, et ce jusqu’à une prochaine révolution comique à Hollywood. Public adulte, public âgé, passez votre chemin. Ce film s’adresse à vos fils, petits fils ou personnes jeunes d’esprit. Ce qui n’est pas gage de qualité, on s’entend. 11/20