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Pandora
43 critiques
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4,5
Publiée le 1 février 2023
Un film qui restera dans l'histoire du cinéma tant par son émotion ou sa technique qui après 70 ans n'a pas vieillit.... Un peu de problème de naration pour mettre la note maximal....
Un chef d'œuvre qui méritait largement, en son temps, la palme d'or. La critique du système stalinien fraîchement mort n'est pas son moindre intérêt. Bien sûr le film a un peu vieilli mais la mise en scène, les acteurs (mention spéciale à l'actrice principale rayonnante), l'histoire, les mouvements de caméras, ... donne à ce film une place à part, une poésie, une candeur, une émotion palpable du début à la fin tragique.
La séquence d’ouverture nous rappelle une scène de Roméo et Juliette dont on aurait remplacé le balcon par un escalier. Cette séquence a surtout marqué le 7e art pour sa prise de vue audacieuse. Alors que le jeune amoureux monte à grandes enjambées les marches d’un escalier à paliers de plusieurs étages, la caméra le suit en restant à sa hauteur à l’aide d’un élévateur pivotant. C’est d’ailleurs par ses exploits techniques que le film s’est bâti une postérité. Certaines séquences exigeant que la caméra suive en plan rapproché un personnage circulant dans la foule sont magistralement tournées. Sergeï Ouroussevski s’est d’ailleurs vu remettre la Palme d’or à Cannes pour sa direction photo. Mais soyons juste, pas seulement pour les acrobaties techniques mais bien pour la qualité générale de la photographie. En tirant des close up de la protagoniste pas nécessairement raccord dans l’espace, cela crée une distanciation intéressante qui ajoute à la texture du film. Ces plans nous font aussi découvrir le regard lumineux et unique de l’actrice Tatiana Samoïlova. L’évolution des états d’âme de son personnage demeure la trame principale du scénario et c’est à travers ses yeux que le spectateur a le privilège de la suivre. Dommage que les tourtereaux masculins ne soient pas aussi transcendants. Néanmoins, les amours en temps de guerre demeurent un paradoxe fertile en scénarisation. Elles imposent intrinsèquement une ligne dramatique intense et potentiellement tragique qui garde le spectateur captif.
Grâce à une mise en scène audacieuse et à la complicité avec son chef opérateur, le film invente un langage fait de mouvements, de foules et de ruptures de ton qui lui confèrent une modernité durable. Au cœur de cette fresque, l’interprétation lumineuse de Tatiana Samoïlova irradie une humanité bouleversante, donnant chair à un récit de guerre traversé par l’amour et la perte.