Derniers Avis : Quand passent les cigognes - Page 5
Quand passent les cigognes
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Un visiteur
4,5
Publiée le 20 janvier 2012
Grand film russe du début de la déstalinisation. Techniquement inventif pour l'époque, il marque avant tout par son histoire d'amour et ses personnages plongés en pleine guerre. Il y a quelques failles dans la réalisation et pourtant la puissance de nombreuses scènes l'emporte. D'autre part, Tatiana Samoilova est tout simplement incroyable de beauté et de prestance.
Un très grand film au scénario soigné et aux prouesses techniques inimaginables à l'époque. Travelings magnifiques et plan-séquences énormes! Le premier film moderne.
"Quand passent les cigognes" est un chef d'oeuvre, une tragique histoire d'amour détruite par la guerre. Et un grand moment de cinéma. La scène de l'escalier, la scène du bombardement, le plan-séquence suivant Veronika dans la rue (caméra portée, travelling, puis grue, le tout dans le même plan)... autant de scènes qui comptent parmi les plus marquantes du cinéma. Kalatozov a signé un grand film, qui a largement mérité sa Palme d'Or.
Un joli travail d'image loin de l'idée lourde qu'on peut se faire du cinéma soviétique. Un scénario intéressant qui aurait pu être certe un peu mieux exploité. Question propagande ce n'est pas pire qu'un film de guerre américains.
Le cinéma soviétique, du moins après la mort de Staline, compte de nombreux grands films sur la seconde guerre mondiale, très différents dans le ton de ceux tournés par les américains et qui permettent d'avoir un autre coup d'oeil sur la guerre. Quand passent les cigognes est certainement le film du genre le plus connu en occident, et sa réputation n'est pas usurpée. C'est un regard vraiment sans concession sur l'URSS en guerre - autant que faire ce pouvait, la censure existait toujours sous Khrouchtchev, même si elle était moins virulente que sous Staline. L'abondance d'effets techniques peut parfois nuire, mais nos réticences volent en éclat grâce à l'interprète féminine, très "russe", c'est à dire extraordinaire de force et de douceur. A noter aussi la dernière scène du film, sur le quai de gare, bouleversante et l'une des plus belle de l'histoire du cinéma. Un grand film, presqu'un chef d'oeuvre.
Symbole cinématographique du dégel sous Khrouchtchev, "Quand passent les cigognes" est un film remarquable tout d'abord parce qu'il évite toute espèce de propagande socialiste, qui sous l'impulsion de la folie d'un seul homme a détruit en partie nombre de potentiels chefs d'oeuvre, et puis ensuite parce qu'il nous livre une histoire d'amour simple et bouleversante. Au début on peut trouver certaines choses excessives, mais le talent du réalisateur Mikhaïl Kalatozov et de son brillant directeur de la photographie Sergueï Ouroussevski emportent le tout dans une virtuosité technique sans fin où on voit se cotoyer des mouvements de caméra d'une souplesse incroyable, montage saccadé, angles de caméra inhabituels, des très gros plans, des jeux de lumières, des caméras portés, etc... pour composer des scènes mémorables. On ne peut oublier aussi le visage lumineux d'une Tatiana Samoïlova époustouflante qui concourt grandement à faire de "Quand passent les cigognes" le grand film humanisme qu'il est.
Brillant ! Tout est absolument superbe dans ce film, l'interprétation de tous les personnages, principaux et secondaires, l'histoire d'amour magnifique, et la réalisation ultra moderne avec plans séquences admirables et des caméras à l'épaule incroyables, des idées de réal inédites... on pourrait en balancer des adjectifs pour qualifier ce pur chef d'œuvre.
La mise en scène est très belle, des mouvements de caméra impeccable et nombreux. Une histoire assez triste sur l'amour en temps de guerre (du déjà vu) mais cela n'en reste pas moins émouvant et beau. Petites longueurs et parfois les acteurs en font beaucoup cela reste correct.
pour moi le premier film "moderne" (avec Monika): symbol d'un certain dégel à l'est. Techniquement avancé et avec une histoire bouleversante. La scène de la gare est l'une des meilleures du cinéma
Du très grand cinéma Russe de qualité où la mise en scène exceptionnelle offre des frissons d'émotions rarement vues au Cinéma... En plus des acteurs grandioses, une musique admirable, "Quand passent les cigognes" est non seulement un des meilleurs films Russe, mais aussi un des plus beaux films de tous les temps. A découvrir si ce n'est déjà fait.
Amour et guerre, le grand romantisme russe, car il est périlleux, même sous Khroutchev, de trop se risquer. L'actrice Tatiana Somoilova crève l'écran. On se dit que son Boris qui la plante là pour aller au Front en tant que "volontaire" est moins beau que le cousin Marc, ce tire-au-flanc pianiste : d'ailleurs, elle se laisse faire pour éviter d'être violée (scandale !), suite à une suite de malentendus avec son prétendant véritable. C'est beau et ça fait pleurer plus ça approche de la fin parce qu'on a tout le loisir d'imaginer ce qu'une guerre chamboule dans les vies quotidiennes. Mikhaïl Kalatozov sait rappeler que, quel que soit le régime, aussi dur soit-il, on peut perdre pied et devenir l'ombre de soi-même d'une seconde à l'autre... Magnifiquement rendu, caméra virtuose pour l'époque, musique pleine d'alarme... Mais c'est surtout ce couple trop occupé à se chercher qui intrigue... Fin à rebours, liesse et pleurs dans les fleurs, comme les Russes sont de façade stoïque !
Quand passent les cigognes, palme d'or 1958, est un film exceptionnel qui allie prouesse technique et scénario en béton. Certainement l'une des plus belles histoire d'amour du cinéma. Un film essentiel.
Palme d’or à Cannes en 1958, «Quand passent les cigognes», de Kalatozov, est le film étalon du grand renouveau du cinéma russe (porté par des cinéastes comme Chukhrai, Klimov et plus tard, Tarkovski), après les longues années d’apathie forcée sous le règne stalinien. Mélodrame romantique, et surtout psychologique, sur le sentiment de culpabilité d’une femme ayant trompé son amour et celui de son amant parti au front, le film tend alors à se démarquer du cinéma de propagande ambiant, sans pour autant abandonner une vision collective de la société (la séquence finale de retour des héros) mais qui à mon sens, est ici plus culturelle que politique. Le film se caractérise par une mise en scène envolée et audacieuse, pleine d’une vitalité et d’une fraîcheur illustrant parfaitement cette renaissance, telle une éclosion, du cinéma russe. Kalatozov propose des cadrages obliques étourdissants (rappelant l’influence photographique de Rotchenko sur le cinéaste), les grands angles et les profondeurs de champs, à la manière d’un Orson Welles, et évite tout temps mort, ce qui a pour effet de maintenir le spectateur dans un état continu d’attention. Ce lyrisme de la mise en scène, cette jeunesse et cette volonté de faire «du nouveau» est à la fois la qualité du film, étant son moteur, mais aussi son défaut, manquant parfois un peu de retenue. On a ainsi plusieurs effets en trop, à mon avis, telles les surimpressions qui n’ont pas très bien résisté au passage des années. Mais ce n’est là que détail. Accompagné de l’excellent Urusevski à la photo, Kalatozov nous offre également quelques plans remarquables, annonciateurs des époustouflants plans séquences de «Soy Cuba». Je pense notamment à ce plan, à mon sens le plus beau du film, de la foule amassée sur le quai de la gare pour le départ des combattants. A redécouvrir.