La Maladie de Sachs mêle les voix tantôt plaintives tantôt aigries d’âmes tourmentées que le secret médical protège comme un refuge ; cette polyphonie semble surnager au-dessus des scènes du quotidien, déliées de tout ancrage strict, compilées dans l’esprit de l’auteur-confesseur. Et c’est dans la valse des paroles que le film brille de mille feux : paroles dites à demi-mot ou au contraire affirmées avec aplomb, silences qui en disent long. Bien plus qu’une captation réaliste de la médecine rurale, le long-métrage met en scène le surnaturel à l’œuvre dans la guérison : une voix au téléphone ne demande qu’à être reconduite vers son ultime demeure, le chant des cigales accompagne les derniers instants d’une Méridionale, l’amour d’un médecin berce et sauve un nouveau-né jusque-là destiné à mourir. La Maladie de Sachs laisse planer le mystère du contact humain, l’énergie salvatrice que génèrent une simple attention, une écoute, un conseil. On en ressort profondément bouleversé. Un immense film. Avec d’immenses comédiens.
Dépouillé, sobre, mais touchant. Pas de moment creux, l'intérêt est constant car il n'y pas une mais une multitude de petites histoires qui sont décrites. Dupontel est parfait, on sent qu'il porte tout le malheur du monde sur ses épaules.
Bon, clairement le meilleur Deville que je vois depuis que je me suis lancé dans sa filmographie. Un métrage intéressant pour son approche réaliste et pour son rythme efficace, mais vraiment, il est triste de voir en fin de parcours un réalisateur qui peine toujours à s’entourer de vrais pros ! J’ai été en effet très choqué de découvrir une des bande son les plus affreuses du cinéma français par exemple ! La « musique » c’est une espèce de cymbale qui s’agite de temps en temps, comme pour donner un côté dramatique, ou sonner le gong, je ne sais pas, mais c’est d’une nullité affligeante ! C’est réellement triste d’entendre quelque chose d’aussi nulle. De la même façon, faudrait aussi vraiment que Deville se force en termes de photographie et de décors ! Ce film fait vraiment dix ans de plus que son âge réel, avec une image vieillotte, que n’arrange sans doute pas le parti-pris cru et authentique, bien grisâtre, qui rappellera d’ailleurs typiquement les films réalistes des années 80. Autant le dire, le film est donc assez vilain sur la forme, mais, il ne serait dommage de ne s’arrêter qu’à cela, surtout (et presque uniquement en fait !) si l’on aime les films « vrais », ancrés dans le quotidien. C’est vraiment ce qu’est La Maladie de Sachs, donc les amateurs de films plus oniriques voire franchement imaginaires, passé votre chemin ! Si d’habitude Deville fait du contreplaqué de la vérité, ici il signe un métrage qui sonne juste, à la fois dans les situations, les dialogues, les attitudes. Chacun pourra se reconnaitre dans ce film, un film qui a la bonne idée de naviguer régulièrement entre le drame et l’humour, pour donner un résultat digeste, surtout que le rythme est vraiment bon. Ça avance bien, la narration est fluide, comme quoi, lorsque Deville sort du huis clos ça peut donner de bonnes choses ! En tout cas je ne me suis jamais ennuyé, et c’est un très bon point car généralement le cinéma réaliste se veut systématiquement mou du genou. Les acteurs composent l’autre gros bon point du film. Dupontel est très juste dans son rôle, simple, sobre, efficace, c’est carré et sans aspérité. Il est aussi très bien entouré par des seconds rôles à la hauteur, une grande galerie de personnages hauts en couleurs solidement campés par des interprètes pourtant peu connus, mais qui jouent juste et bien. C’est tout à fait ce que l’on pouvait espérer dans ce film, sachant que les rôles sonnent réellement authentiques, et c’est très bon. Finalement, vous l’aurez compris, La Maladie de Sachs vaut surtout pour son fond, et je pense que ce métrage révèle assez ce que Deville cherche à atteindre dans son cinéma en général. Il n’y arrive pas toujours mais ici si, dommage tout de même que la musique soit aussi détestable, et l’image aussi vieillotte, c’est assez rebutant, alors même que c’est le plus intelligent des Deville que je vois jusqu’à maintenant. 3.5
C'est un bon film de Michel Deville avec un grand Albert Dupontel..comme toujours Le film est "vrai", étant son principal attrait. Certaines saines me laissent perplexes comme celle de l'appel téléphonique d'une vieille dame à la secrétaire, cherchant son edmond...pour finalement comprendre que la vieille dame est morte, il y a 20 ans...bref, j'ai pas compris Autres situations et scènes étranges, le suicide du docteur et ce qu'il vient après. Bref, 2 étoiles
Un ton incisif et un rythme sans relâche donnent à cette chronique médicale une force vive et passionnante. Il a besoin d'écrire pour exister, sinon il n'existe que par rapport à ses patients. Une vie par procuration qu'il veut naturellement fuir. Une narration originale faite de petites choses et de grandes histoires qui forment la vie.
Un film vraiment très lent, qui forcément ne plaît pas à tout le monde, mais j'ai aimé son ambiance fascinante, très froide, à la limite du glauque. Albert Dupontel, est excellent, comme les seconds rôles qui l'entourent. Toutefois ce film est fade, pas très dynamique dans la narration ni dans la mise en scène. Et ce n'est pas un film à voir si vous êtes triste.
C'est l'atmosphère qui se dégage du film de Michel Deville et surtout se son interprète Albert Dupontel en médecin de campagne qui emporte. L'histoire et simple elle est conté toute aussi simplement et donne un beau film sur les relations humaines.
dommage qu'après une première heure parfaite, le film s'essoufle. dupontel prouve qu'il maîtrise décidément tous les registres du comédien, c'est l'un des plus grands acteurs actuels.
Ce n'est pas un hasard si La Maladie de Sachs de Michel Deville (1999) est un bon film. Parmi les atouts de ce film, comme d'habitude une extraordinaire distribution : Dupontel, inquiet sous sa tignasse jamais coiffée et son duffle-coat éternel, est formidable dans ce rôle sérieux et intériorisé mais son amouseuse aussi, interprétée par la grande actrice de théâtre Valérie Dréville. L'excelelnte Natalie Boutefeu a un "petit" rôle important d'une serveuse qui observe le couple avec envie. Parmi les patients qu'on voit sous forme de courtes scènes, comme dans le livre, on trouve par exemple l'extraordinaire Bourbault (Théâtre du soleil), le showman Pierre Diot dans un sketch hilarant, la grande Martine Sarcey dans Mme Destouches (un nom qui ne s'invente pas), Amanda Langlet dans un rôle très émouvant, dont on se souvient de la beauté chez Rohmer etc etc. Comme le dit Martin Winckler, l'auteur du beau livre qui inspire le film, un film des Deville est fait pour les acteurs. Rosalinde et Michel Deville ne laissent le "casting" à aucun Weinstein, ils le construisent avec leurs fiches et leur expérience ancienne de spectateurs de théâtre et de cinéma : c'est le fondement de leurs films et également de leur réussite.
Un film original dans son traitement,vif, libre dans sa narration concu par touches impressionnistes. On y voit le quotidien d'un médecin de campagne incarné par un Dupontel tres crédible. Attaché à sa tache, sa vie est remplis de rencontre aussi diverses que représentatives de la condition humaine.
Albert Dupontel joue un médecin blasé de tout. Jamais vraiment surpris par ce que les patients ont à lui dire. Sa vie sociale est minimaliste & sa vie amoureuse, un désert. Les choses évolueront dans un sens ou dans l'autre pour certaines. Mais tout cela dans un rythme plat. Lent. Il faut s'intéresser au milieu médical ou avoir lu le livre pour apprécier réellement ce film qui peut nous apprendre pas mal de petites choses. Je n'ai pas accroché.
Assurément un bon film très bien interprété mais la lenteur ne permet pas de rendre le coté vivant nécessaire au fait qu'on ne s'est jamais projeté derrière la vie du médecin.
Fidèle au roman, La Maladie de Sachs est une succession d'anecdotes d'un médecin de campagne excessivement emphatique. Un bon film malgré quelques petites longueurs éparses et l'aspect vieillot de l'image et du son.
Pas fameux, c'est assez vide comme film. Pas grand chose se passe, c'est plat, lent et limite ennuyeux. J'ai quand même un peu apprécié, notamment grâce a Dupontel.