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Note moyenne
3,5
882 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

94 critiques spectateurs

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Trier par :
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vincenzobino
vincenzobino

132 abonnés 390 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2015
Étrange OVNI que ce film.
Vu en totale inconnue et ne connaissant pas l'œuvre de Trier, la bande-annonce semblait évoquer la préparation d'un hommage a une photographe sur fond de conflits familiaux avec son époux et leur deux fils. En réalité, la situation familiale s'avère des plus complexes, chaque membre du quatuor ayant son jardin secret vis-a-vis des autres.
Pourquoi un OVNI? Car la ou un traitement classique se serait avéré lassant, le réalisateur y apporte quelques originalités: une même séquence perçue de diverses façons, des flash-blacks nombreux et un mélange entre réalité et fiction. Et si l'on peut saluer l'idée, on sera un peu plus sceptique quand au résultat proposé, notamment durant la première partie ou l'on se perd quelque peu voire par moments décrochons carrément.
Par contre, la jonction des quatre points de vues amène une dernière demi-heure humainement plus forte et le titre original du film (modifié mais apparaissant tout de même en ouverture) se comprend au sens métaphorique.
Et il faut reconnaître que le casting y est pour beaucoup: mention spéciale au jeune Devin Druid remarquable et a Gabriel Byrne et Jesse Eisenberg convaincants. La photographie n'est pas mal non plus (notamment certains ralentis).
Au final, vaut la peine d'être vu si l'on est bien préparé a ce genre d'atmosphère.
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

148 abonnés 544 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 décembre 2015
Un film, pur handicapé émotionnel, aucunement aidé par des personnages que trop rarement attachants car caricaturaux au maximum et une ambiance mortifère aussi poignante que de la mort aux rats dans le verre d’un squelette… Tout commence dans une chambre d’hôpital. Une naissance, moment normalement chaleureux dans une vie qui passe pour un drame tellement que la mise en scène du réalisateur est froide et impersonnelle. « Back Home » n’est qu’une multiplication d’entailles personnelles, idolâtrées et mises sous la lumière du jour les unes après les autres, et c’est là que notre bon ressenti coince. Tout semble très soigné et en même temps atrocement éloigné, les acteurs doivent donner l’impression qu’ils sont de la même famille ou qu’ils se connaissent et s’aiment un minimum, mais on a affaire qu’à une vitre teintée, une armoire sans glace et au bois à ce point repeint qu’il serait impossible d’en déterminer de quel arbre il provient. Et ce pur éloignement entre les personnages représente une vraie gêne dans le fil continuel de l’histoire, car on ne parvient à se cramponner à ces êtres et à leur souffrance que lorsque le montage le permet. C’est-à-dire lorsque le montage libère ses spectateurs, les font souffler un bon coup grâce à un changement équivoque dans le rythme. On retiendra comme exemple marquant l’entrée dynamique dans l’esprit de Conrad Reed (bien interprété par Devin Druid, acteur prometteur), adolescent en mal avec un père trop protecteur, suite au décès brutal d’une mère avec qui il se sentait si proche, si aimé… Il y’a donc bien des séquences comme celles-ci qui nous font oublier l’ennui et le manque de passion dans la façon de raconter du film, et qui nous permettent de nous évader, enfin, dans un monde où l’imaginaire est permis, voire obligatoire. Dommage qu’on se retrouve alors face au problème contraire : la réalisation d’un auteur doué qui manque dramatiquement d’ingéniosité, avec, en plus, un scénario qui déçoit plus qu’autre chose tellement il cumule les préjugés et les mauvaises tentatives pour étonner un spectateur qui ne fait que rester inerte face à un contexte fantastique qui ne fonctionne pas, qui sert juste à notre imagination pour se défouler un peu les pieds et de nous enlever cette boue obscène et grasse de nos souliers auparavant dorés, aujourd’hui ruinés. Une certaine délicatesse survient, parfois, et s’impose à notre vision, tel un petit ouragan qui passerait, loin de nous, contraire à la permanence sans borne d’un paysage élimé, éclaircissant l’aube souveraine de ses rayons clairs. Huppert. Une actrice d’une infinie beauté qui sait donner un autre souffle à une histoire qui en manque, qui subjugue de par ses apparitions et qui, lorsqu’elle quitte l’écran, nous laisse autant orphelins que les trois garçons, peut-être trop vite devenus hommes, qui complétaient une famille disloquée, réfugiée de guerre, abasourdie par les drames quotidiens et pourtant Ô combien obsolètes par rapport à ce que vit le reste du monde, comme nous le rappelle les photographies et leur noir et blanc faisant démarquer l’éternel d’un cliché. Le métier de photographe est mis en scène avec subtilité. « Louder Than Bombs » étonne rarement mais parvient à distiller des moments intimes de grâce, feuilletés dans le quotidien d’une vie. Une oeuvre à voir, rien que pour sa manière de voir le monde.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 juin 2016
Très beau film qui a su parfaitement me parler, surement parce que je me suis identifié à l'un des personnages taciturne, fermé et tourné vers l'écriture. Dans cette famille, chacun vit le deuil de la mère à sa manière, chacun possède une vision contraire et étriquée, leur ressenti se transmet par leur vécu, par leur regard et par leur douleur. Il n'y a pas réellement de mots, c'est souvent le cas dans ce film, les émotions se transmettent par l'attitude, par le décor. Je recherche cela dans de nombreux films, celui-ci a su me le proposer. Les acteurs sont d'une justesse et d'une perfection inouïes, pas de longueur, la touche du réalisateur est omniprésente, les mots sont simples et percutants, les paysages sont magnifiques. J'aime, j'en redemande.
Blog Be French
Blog Be French

48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 juin 2015
Après Respire en 2006 et Oslo, 31 Août en 2011, le jeune réalisateur norvégien débarque en 2015 sur la croisette avec Louder than Bombs et son casting quasi-hollywoodien. Pourquoi «quasi » ? Et bien tout simplement parce que Joaquim Trier cherche plus souvent à taper dans la veine intimiste de Sundance qu'à nous proposer un film marqué par sa propre empreinte… Comme beaucoup de films présentés cette année à Cannes, Louder than Bombs dresse le portrait d'une cellule familiale en crise, où un mari et deux fils cherchent tant bien que mal à se consoler de la disparition d'un mère et d'une femme. En ce sens, Trier s'éloigne des codes habituels, ne tombe pas spécifiquement dans le pathos pour jouer la carte émotionnelle, et choisit de montrer la légèreté de l’existence plutôt que le néant qui s'offre à nous (en témoigne cette jolie affiche). Ici, comme ailleurs, le deuil est impossible et les personnages ne cherchent pas à « faire leur deuil » mais plutôt à le dépasser, à laisser cet événement devenir le pilier, certes branlant, d'une vie que chacun aura à construire. La film est d'ailleurs très bien construit puisque le montage permet de revenir à chaque personnage et de découvrir comment chacun éprouve la disparition d'Isabelle Reed. L'ensemble des acteurs (Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg, Devin Druid, Gabriel Byrne) portent très justement cette histoire et Trier se permet même quelques coquetteries qui alerteront l'oeil avisé du spectateur (notamment des arrêts sur image minutieux aux lumières presque surnaturelles, ou encore un monologue mis en image à la manière d'un clip).
« Mais quels sont les défauts du film alors ? » me diriez-vous… Revenons donc à la « veine intimiste de Sundance » ! Car si le film a de très belles séquences, certaines tombent aussi un peu facilement dans les clichés du cinéma indépendant américain : à l'instar des cinéastes scandinaves (Bergman, Vinterberg, ou d'autres), Trier choisit de dépeindre les drames d'une famille bourgeoise tout en nous proposant une réalisation cumulant les flous et les couleurs grisonnantes des films indés américains. Là où une vraie mise en scène et une photographie enjouée auraient transcendé ce sujet classique, le cinéaste norvégien choisit de filmer ce qu'on nous propose au cinéma au moins une fois par mois ! La simplicité sur le fond aurait pu être un avantage si la forme avait su véritablement se démarquer…

Joaquim Trier manque un peu la marche avec son nouveau film. En effet, les rares éclats de poésie ne suffiront pas à faire de Louder Than Bombs un bon film car celui-ci reste marqué par un scénario trop simple et une réalisation trop marquée « cinéma indépendant ». On aurait aimé que le norvégien puisse laisser éclore son talent un peu plus sur la longueur… Espérons que ce soit le cas lors de son prochain film !

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