Je poursuis ma semaine Gregory Dark avec Mirror Images, premier du nom. On est dans un Dark des années 90 classique. Du jazz, des filles nues, une ambiance film noir-thriller érotiques, des trahisons, des apparences trompeuses, de la lingerie, des éclairages clipesques… Par certains aspects, le style Dark reste convaincant et appréciable car il garde une belle maîtrise. C’est plutôt esthétique, il y a une ambiance un poil vintage mais plaisante, même si dans l’ensemble j’ai trouvé ce film beaucoup plus téléfilmiques que certains autres du réalisateur. Il y a beaucoup de nudité sensuelle, mais c’est plutôt classieux quoique répétitif. Maintenant, ces divers éléments ne parviennent pas vraiment à soulever l’intérêt. Le film commence comme un Brian de Palma en apparence, mais je l’ai trouvé long, ennuyeux, avec trop de scènes de fesses gratuites qui tombent comme un cheveu sur la soupe. C’est dommage car certains personnages, quoique peu originaux, avaient quelques intérêts, mais le résultat est très moyen, voire médiocre. Comme souvent chez Dark,
il y a un côté tueur en série, et donc des meurtres
, mais ce n’est pas du tout exploité ni montré ! Dark aime le giallo, mais ici, et comme trop souvent dans son cinéma, il ne retient que l’érotisme et les filles en petite tenue mais pas le côté violent, ce qui laisse un peu sur sa fin, surtout lorsque c’est un élément au cœur du métrage. J’ai donc été déçu par l’histoire, qui s’avère molle, elliptique, et un récit terne où les scènes de fesse semblent surgir pour maintenir l’attention.
Les actrices se désapent généreusement, elles ont été castées pour ça manifestement. Pas de grandes prestations dans l’ensemble, mais Delia Sheppard est plutôt investie dans son double rôle. On voit aussi Julie Strain qui aura vachement écumé les séries Z jusqu’à son décès malheureux en 2021. Pour ma part le casting fait à peu près le taf mais est moins marquant que dans d’autres films de Dark.
Pour moi, Mirror Images est sur le papier le plus De Palma des films de Dark, mais un bon point de départ ne suffit pas à faire un vrai bon film. Trop déconcentré de son objectif narratif, Dark livre un thriller érotique qui oublie trop souvent le mot thriller. Frustrant.