Je n'avais pas du tout aimé "Les Femmes du 6° étage", symptomatique de ce cinéma franchouillard populiste et niaisement correct qui sévit depuis des années, avec Becker et Barratier en chefs de file. L'histoire de ce grand bourgeois qui découvrait la vrai vie auprès des bonnes espagnoles dégoulinait de bons sentiments fabriqués et nous plongeait cinquante ans en arrière, dans les films de "qualité française". Le début d'"Alceste à bicyclette" n'a rien fait pour me rassurer, avec un personnage de chauffeur de taxi dont on comprend tout de suite qu'il va représenter la France d'en-bas par opposition aux acteurs bobos. C'est d'ailleurs une constante du film que de nous inventer des seconds rôles caricaturaux et de surcroît mal joués, comme l'agent immobilier ou l'hôtelière.
Fort heureusement, ils ne sont là que pour servir de contrepoint et de faire-valoir aux protagonistes principaux du film, les deux acteurs joués par Luchini et Wilson. Là encore, le pitch n'évite pas le simplisme, avec à ma droite, brushing improbable et manteau blanc, Gauthier Valence, alias Lambert Wilson, représentant la catégorie des acteurs qui tentent de se faire pardonner de cachetonner sur TF1 en montant Molière à l'Atelier, et à ma gauche, barbe de trois jours et robe de chambre avachie, Serge Tanneur, alias Fabrice Luchini, représentant la catégorie des acteurs qui peuvent en faire des tonnes en racontant comment dire Molière, comme, euh, ben Fabrice Luchini ? Mais il serait malhonnête de ne réduire le scénario qu'à cette opposition d'archétypes. Il y a aussi, et c'est ce qui fait l'intérêt du film, l'histoire d'une amitié qui a sans doute été sincère et qui implose sous les coups des ambitions de l'un et de l'autre, et du petit jeu de "à manipulateur, manipulateur et demi".
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