Si l'idée d'un biopic sur Mishima est évidemment une bonne idée, la réalisation ici est loin d'être à la hauteur. L'intégration d'images d'archives part également d'une bonne intention, mais dans l'ensemble, on ressent surtout un manque cruel de moyen, des acdrages serrés pour cacher le manque de figurants ou même de décor sur certaines scènes est flagrant. Tenant plus du docu-fiction bas de gamme, ce film mérite surtout d'être vu pour découvrir ce personnage important du Japon qui voua sa vie et son oeuvre littéraire à redonner au Japon ses lettres de noblesse impérial et permettre à l'empereur de récupérer son statut de divinité. Bref, l'histoire d'un ultra nationaliste et impérialiste affirmé face aux mouvements marxistes, trotskistes, léninistes ainsi que d'autres voies communistes des années 60.
Même avec toute la bonne volonté du monde et une prédisposition très favorable à Mishima, difficile d'aimer ce film. Il est vrai qu'il semble faire avec peu de moyens, mais quel manque de souffle!
Premièrement, les acteurs semblent congelés (peut-être une caractéristique du cinéma japonais, je n'en sais trop rien) dans les rites, à moins que les personnages ne soient figés dans leur pensée au point de n'exprimer aucune émotion. Mishima (l'écrivain qui a quand même laissé le très sensible 'Confessions d'un Masque', rappelons-le) a l'air d'un robot et à part distiller une philosophie aveugle et exprimer, parfois, une colère éruptive, il ne manifeste pas grand chose de complexe, aux antipodes de la nuance des haïkus qui sont notamment cités à la fin du film.
Ensuite, la pensée politique qui sous-tend l'action du groupe qui l'entoure est livrée à sa plus simpliste expression, râbâchée plusieurs fois. Les reconstitutions (notamment le discours à la tribune ou même le seppuku) sont maladroitement restituées et révèlent le manque de moyens (ou de créativité?). Même la photo semble trempée dans un formol vintage raté et à un moment donné, on arrive quand même à voir des bâtiments contemporains dans une action censée se passer entre 1964 et 1970.
L'approche du coup de force et le seppuku marquent un point de tension perceptible (et évident) du film mais il s'agit bien du seul moment où l'on puisse dire qu'on se laisse emporter par l'émotion. Malheureusement, la mise en scène n'y est pour pas grand chose.
Il y a près de trente années, Paul Schrader mettait en scène les dernières heures de Yukio Mishima. Enivré par la mystique samouraï, scandalisé par les révoltes estudiantines de 1968, cet écrivain reconnu s'était acoquiné avec des groupuscules d'extrême droite pour fomenter un coup d’État. Son suicide par "seppuku" (seuls les ignares parlent de "hara-kiri") le 25 novembre 1970 avait causé un traumatisme national.
On comprend mal l'ambition de Koji Wakamatsu, vieux routier du cinéma japonais - décédé juste après la sortie de ce film au Japon en 2012 - qui se présente comme la pâle recopie du chef d’œuvre, autrement plus lyrique et brillant, de Paul Schrader. Tout y est à l'identique ... en moins bien : les ambiguïtés homosexuelles du grand écrivain, ses idéaux de pureté, l'échec dérisoire de son projet, la monstruosité de son suicide. A la différence des critiques du Monde (qui lui donne ses trois étoiles) et des Inrocks, je n'ai pas saisi l'utilité de ce film.
Quel drôle de film... Ce 25 novembre 1970 ressemble beaucoup aux autres Wakamatsu tardifs, visuellement c'est assez laid, les couleurs sont fades, on sent que c'est tourné avec des bouts de ficelle... Rien à voir, en tous cas formellement, avec la beauté plastique de ses films des années 60. Mais une fois qu'on le sait et qu'on s'y fait, ce biopic sur Mishima s'avère malgré tout assez déconcertant. Je connais l'auteur uniquement de nom, je n'ai pas vu le film de Paul Schrader (que j'ai bien envie de voir) et même sans trop en savoir sur sa vie, je ne peux que constater les choix de Wakamatsu sont assez osés. Il raconte uniquement les dernières années de sa vie tout en ne s'intéressant qu'à l'aspect politique.
En fait j'ai l'impression de voir l'autre face de United Red Army. On est sur deux histoires vraies, qui se passent la même époque, avec deux groupuscules qui virent totalement sectaires, l'un nationaliste et l'autre communiste. Je vois vraiment 25 novembre 1970 comme une auto-réponse : alors oui ce que faisaient les cocos dans la montagne à coup d'autocritiques c'était peut-être pas jojo, mais de l'autre côté les nationalistes étaient totalement fous également, voire plus.
En n'abordant pas du tout la création artistique de Mishima, Wakamatsu prive totalement son suicide de toute portée esthétique. On voit juste un mec qui a clairement un grain, embrigader des jeunes gens on ne sait pas trop comment car c'est un loser, se faire ridiculiser et rater la mise en scène de son suicide parce que celui qu'il avait choisi pour l'assister n'a pas réussi à l'achever.
Là où les jeunes étudiants de gauche voulaient vivre, ici les étudiants nationalistes veulent juste mourir (bon le résultat est le même : ils mourront), le contraste est intéressant.
Je suis néanmoins assez surpris de voir le personnage aussi ridiculisé par Wakamatsu, je pensais qu'il l'aimait bien parce que dans La femme qui voulait mourir (qui date de 70, donc du moment de la mort Mishima) le film s'ouvre justement sur le suicide de l'auteur et tous les personnages semblent fascinés, Wakamatsu en tête par cet acte. Peut-être qu'il a changé d'avis, comme pour la guerilla qu'il dénonce dans United Red Army alors qu'en était proche en étant plus jeune, mais là il semble ôter toute portée mystique à cet acte. On voit même le militaire pris en otage devant qui ils font leur numéro qui craque devant la débilité du spectacle auquel il est en train d'assister.
Je dois avouer que cette scène m'a fait rire, c'est tellement absurde et l'enchaînement en lui-même est aussi tragique que comique. Les militaires qui en ont rien à faire du discours de Mishima, les différents ratés... Deux heures de préparations, de Mishima qui tente de faire un truc et qui ne fait rien... Et lorsqu'il se décide enfin à arrêter d'être dans une sorte de posture : ça donne ça, à savoir rien... Le ridicule.
Reste juste la scène finale qui permet malgré tout d'humaniser un peu le personnage, d'apporter une réponse à tout ce bordel... On peut devenir un militant nationaliste (avec tout le pack qui va avec, suicidaire, pro militaire, pro Empereur, etc) lorsqu'on a perdu son âme. Wakamatsu avec son final, fait un film anti militariste sur un personnage voulait se servir de l'armée pour faire un coup d'état. Pas mal... pas mal du tout...
Un film un peu cheap, qui manque de complexité et d'ouvertures. A déconseiller aux gens peu familiers de la vie et de l'oeuvre de Mishima qui en auront du coup une vision tronquée. Les acteurs sont plutôt convaincants même si le rôle de l'écrivain a été confié à un acteur au physique lamda alors que chacun sait que Mishima était culturiste. Je mets quand même une note correct pour la prestation des acteurs ainsi que pour la vive émotion que le récit suscite malgré son unilatéralité.
Un chef d'oeuvre,un hommage posthume as un héros japonais, a la fois écrivaint de talent, artiste et militant du bien, du beau , du vrai . Son sacrifice à des conséquences à long terme dans le renouveau du Japon. Que les fleurs de Sakura fleurissent as nouveau et quel Soleil de la victoire brille.