Avis : Syngué Sabour - Pierre de patience - Page 5
Syngué Sabour - Pierre de patience
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4,0
Publiée le 23 février 2013
magnifique, sublime, un hymne à l'amour et tout ça à travers les conditions de ces femmes réduites à rien, tyrannisées par leurs mari, frères ou tout autre homme. le poids de la religion réduit ces femmes à des objets, de la viande. l'actrice est sublime dans presque un monologue d'une heure 3/4. on ne s'ennuye absolumenent pas tellement c'est merveilleux.
Jolie fable morale sur la condition féminine dans les pays orientaux. Golshifteh Farahani est une actrice exceptionnelle, toujours un peu dans le même registre que ses précédents films remarqués. Le travail du réalisateur sur les couleurs et les décors dépouillés est magnifique. Dans le registre des films d'auteur, de la grande classe.
De son roman, Syngué sabour - Pierre de patience, un monologue d'une femme musulmane dont la parole va peu à se libérer des tabous et des carcans machistes, Atiq Rahimi réalise une adaptation qui ne s'éloigne qu'en de rares moments d'une raideur et d'une austérité qui emprisonnent le film dans son dispositif théâtral. Seuls les mots donnent un peu de souffle à cette oeuvre d'une beauté statique qui répète les mêmes scènes et dont on attendait davantage de poésie et/ou de puissance. Syngué sabour est avant tout l'occasion pour l'actrice iranienne Golshifteh Farahani de montrer l'étendue de son talent. A elle seule, et sa plastique n'en est pas l'unique raison, elle réussit à donner une intensité et une vibration à un film qui déçoit sur le pur plan cinématographique.
Un très beau film et surtout une très belle surprise. ( prix Goncourt ) veuille mettre en scène le film adapté de son livre représentait un risque majeur.
Dans une petite ville des montagnes afghanes en proie à la guerre, aux bombardements, une jeune femme veille sur son mari blessé et inconscient. Elle en profite pour lui confier tout ce qu'elle a sur le coeur. Dans le même temps, un soldat de passage la force à l'amour et, d'une certaine façon, la révèle à elle-même. Elle fait preuve de plus en plus d'audace, en paroles et en actes. Beau récit, hymne à la femme, ce récit souffre peut-être un peu d'être l'adaptation d'un roman. Même si c'est l'auteur lui-même qui passe à la réalisation, il reste un côté un peu livresque qui, parfois, fatigue. Trop de soliloques, sans doute passionnants à lire dans un roman, mais qui conviennent moins bien au cinéma. Reste cependant la force de ce récit et un superbe portrait de femme.
A côté de Kaboul, un héro de guerre allongé, à moitié mort, sous perf et une balle dans la nuque est veillé par sa femme. Cette femme, très pieuse, essaie de le ramener à la vie par ses prières. La guerre gronde à l’extérieur. Pour rester proche de son mari totalement par devoir, de l’amour il n’y en a jamais eu, elle place ses 2 filles chez sa tante qui tient une maison close en zone calme. Durant toute cette veille, elle va livrer ses souvenirs, ses désirs les plus intimes et ses frustrations à cet homme sans vie. L’atout majeur du film est dans la dénonciation des tabous. La liberté de la femme musulmane transcende le voile et les servitudes même sur les questions de désirs sexuels. Ce film est un plaidoyer contre l’hypocrisie autour du sexe chez les musulmans radicaux. De fait le ton est cru quelquefois, mais ce film a le mérite de ne pas s’arrêter au milieu du gué et d’afficher ses convictions quitte à être militant. Atiq Rahimi met ici en scène son propre roman auréolé du Goncourt 2008. Le roman reposait sur une idée narrative singulière : le personnage principal effectue sa psychothérapie et son cheminement intellectuel en oralisant toutes ses pensées. Ce qui est un principe littéraire de narration intéressant est par contre difficilement transposable au cinéma. Ce dernier, grâce à la mise en scène, laisse tellement d’autres modes narratifs suggestifs intéressants. L’écrivain se retrouve donc pris au piège de son procédé littéraire. A l’écran, l’actrice se retrouve donc à jouer de brusques changements émotifs improbables. Mais voilà dans la vraie vie, personne n’oralise toutes ses pensées, on paraîtrait tous pour des bipolaires. Second bémol : la fin est improbable. Plongé dans la fin de vie d’un homme liquide, pourquoi nous afflige-t-il une fin que l’on perçoit tellement ? Vu l’engagement du film, j’espérais tout le long du film qu’il éviterait cet écueil. Cependant un film essentiel pour le message fort qu’il véhicule même si le principe narratif nuit au film.
Je n'avais pas lu le bouquin et j'ai justement hésité à le parcourir avant d'aller voir le film. Finalement, j'ai opté pour le choix de la découverte totale de l'histoire. Un peu de mal pour entrer dans le film car la mise en scène est assez lente. Au bout de 20 minutes, on rentre totalement dans l'univers du réalisateur. L'actrice est bluffante, son face à face de plus d'une heure avec la caméra est vraiment boulversant. Aborder ces thèmes de désir et de sexualité par la bouche et le visage d'une jeune afghane que l'on pense insensible et étrangère à ces choses est vraiment très touchant. En sortant, je me suis tout de suite dirigé par ma librairie et j'ai attaqué le roman !
Voilà quelque chose d'étonnant: un écrivain Prix Goncourt adapte à l'écran le roman qui lui a valu naguère la récompense tant enviée. Nous n'avons pas oublié la lecture de ce beau livre à la fois grave et dense qui raconte l'histoire d'une jeune femme, opprimée par le pouvoir des intégristes afghans, qui, veillant son mari plongé dans un coma profond, en vient à libérer sa parole en s'adressant à la dépouille comme à une "pierre de patience". Texte qui vaut autant par sa parfaite maîtrise de la langue française que par l'univers clos qu'il évoque. Atiq Rahimi compose en effet ses phrases en ciselant les mots un peu à la manière de Marguerite Duras. Des phrases sobres, souvent brèves et elliptiques. Il se plaît en outre à suggérer les actions plus qu'à les détailler. Or le film - si réussi soit-il - s'éloigne de cet art de la suggestion et ne recule pas devant des scènes explicites, parfois outrancières. Certes la photographie de Thierry Arbogast - le chef opérateur de Luc Besson et de Kusturica - permet de sublimer le sordide. Mais on se prend à regretter qu'Atiq Rahimi n'ait pas retrouvé à l'écran cette magie qui faisait la force de son roman. Il n'en demeure pas moins que l'actrice qui incarne le personnage principal est tout bonnement admirable. Golshifteh Farahani est sans doute l'actrice qui s'imposait pour donner un corps à cet être de papier qui nous avait tant séduit. Son jeu permet de saisir la métamorphose progressive de cette femme qui au début est soumise au pouvoir ancestral, puis parvient à s'affranchir de la rigueur ambiante, allant jusqu'à transgresser les interdits de la société afghane. Il paraît qu'Atiq Rahimi doutait de la pertinence de son choix. "Trop belle", pensait-il. Il avait peut-être raison sur ce dernier point, mais la prestation de Golshifteh Farahani balaie aujourd'hui tous les doutes.
Au moins il nous aura pas menti sur le titre ! Non, je ne vais pas commencer par ça, car ce film est réellement très intéressant, beau et poétique. En effet, son fond repose finalement sur un long récit que nous offre une femme, en révélant sa vraie nature, ses desirs. Et cela, elle ne le fait pas devant un parloir mais devant son mari qui est dans le coma dont elle tâche de prendre soin dans l'espoir qu'un jour, il puisse se réveiller. Nous sommes à Kaboul, en pleine guerre où la peur semble aussi réelle que normale. La légèreté de cette femme face à la situation de "veuve" dans laquelle elle se trouve avec 2 enfants à charge est tout aussi dérangeante que ses révélations. Ainsi, sans repères, elle va "profiter" que son mari soit inoffensif pour lui confier des secrets sur elle comme finalement à une pierre de patience. Ici, elle est le symbole d'une contradiction parfaitement retranscrit scènaristiquement par sa personnification avec son mari immobile. Cet oxymore de situation, si je puis dire, rassemble la force d'une dramaturgie exemplaire, d'une femme qui va a l'encontre des codes de vie musulman qui se confronte à la dureté du mari qui paradoxalement exerce une attraction répressive passive qui peut donc éclater à tout moment. La modernité du sujet de la femme qui doit substituer le rôle du maître de maison se lie à l'autre modernité plus surprenante de la femme qui se laisse découvrir des sensations qu'elle se procure grâce à son corps. Deux évolutions de la société du monde "arabe" qui viennent se dévoiler à une pierre qui dort. On est entraîné vers ce qui est décrit comme une folie, dont la femme, elle-même cherche à se faire pardonner. Donc des contradictions qui naissent peu à peu et créent, dans un climat rude mais figé, une douce tension que l'on soupçonne de "calme avant la tempête". Cette vie "commune", laisse paraître plus de mal que la guerre peut en laisser autour de la maison. Ici, les mots sont plus forts que les images. Les confidences sont plus dures que la marre de la guerre dans laquelle deux âmes sont emprisonnés. Toutes ces jolies métaphores sont à l'image de la photographie du film qui au même titre que le scénario et que le jeu d'acteur, représente un point important dans l'émotion que cette histoire peut nous donner. Une photographie douce pour des phrases lourdes de sens.
Atiq Rahimi nous entraine dans une histoire fantastique où il a su transcrire en gestuel ce qu'il avait mis en mots et le résultat est un vrai bonheur. Ce monsieur est un poète et le choix de ses acteurs, des lieux de tournage ne sont certes pas un hasard mais un choix savamment travaillé dans lequel Golshifteh Farahani évolue avec sa sensibilité toute naturelle dans de belles robes, avec de belles attitudes, avec de belles émotions et quelques secrets à nous faire partager, tout doucement, sans heurts. Syngué Sabour est une pierre de patience qui m'a touché en plein coeur. Tashakor !
Tout est beau dans ce film, mais malgré l'évidente délicatesse et l'incroyable esthétisme à nous montrer le calvaire quotidien d'une femme de Kaboul, le film ne parvient pas à nous émouvoir, à nous captiver, ça traîne, on s'ennuie...
Voila un huit clos d'une grande sensibilité......L'actrice principale (Golshifteh Farahani) incarne un jeune femme qui parle à son mari dans le comas.....Elle évoque sa vie et ses chagrins d'amoureuse avec une délicatesse à faire frémir une rose....Ce film bien sûr est afghan mais son message est universel.....Il a pour toile de fond la guerre (quelques éclats de bombes, l'intrusion de soldats) mais est esseltiellement un monologue..... L'on voit la sensibilité de cette femme et le secret qu'elle porte en son coeur, un très lourd secret qu'elle finira par dévoiler et qui aura des conséquences inattendues..... La belle voix de l'actrice finit par apprivoiser le spectateur et les images simples de cette femme et de son mari montrent leurs origines somme toute modestes......Les deux petites filles du couple jouent peu mais ont leur importance .......C'est un film d'émotion, et l'émotion est là, permanente dans les mots, les souvenirs, cela faisait longtemps qu'un film ne m'avait touché à ce point.....
Difficile de transposer au cinéma une œuvre littéraire dont le principal texte est un monologue avec un homme dans le coma. Même quand le réalisateur est l'auteur du livre en question... Certes, on retrouve tous les éléments du livre, de sorte à avoir les images en plus du texte. Mais le procédé trouve ses limites, et à moins d'avoir lu le livre qui remporta le prix Goncourt en 2008, ce qui est mon cas, le spectateur pourrait vite tomber dans l'ennui le plus profond. A noter néanmoins une interprétation sans fausse note de la part de la charmante Golshifteh Farahani. Et quelques moments suffisamment forts pour réveiller l'intérêt du spectateur.
Superbe scénario, mise en scène magistrale, acteurs excellents. Après un début assez classique où la part documentaire sur la vie afghane domine, le film atteint l'universel à travers la relation qui s'instaure entre la jeune femme et sa "pierre de patience". Le visiteur régulier ajoute encore à cette description subtile de la complexité de la nature humaine. A voir !
Syngué Sabour est adapté d'un roman d'un auteur afghan. Et quelle histoire vraiment. C'est déjà rarissime de pouvoir voir de la cinématographie afghane, mais ce film est en plus d'une rare intelligence.
Parce qu'il n'y a pas forcément un parti pris complètement anti musulman ou contre l'orient. On raconte simplement l'histoire d'une femme qui se retrouve seule et abandonnée de tous. Qui doit tout faire pour survivre. Même aller contre ses convictions.
Goshilfteh Farahi est merveilleuse et joue avec conviction cette femme qui doit tout surmonter et s'occuper de son mari paralysé. On défile au fur à mesure des choix de vie, sa culture, son opinion dans une photographie impeccable. Un récit mené d'une main de maître. On entre en communication avec l'héroïne de l'histoire. Sa famille aussi.
Parce que l'héroïne représente finalement bien la jeunesse afghane ou iranienne. Des femmes en quête de liberté mais qui sont malgré tout imprégnées par leur culture. Qui font preuve d'intelligence et d'ouverture. Réduire la femme à sa religion ou son habit paraît tellement grotesque. C'est à des années lumières de ce que sont les femmes aujourd'hui au proche orient. Et Syngué Sabour l'illustre parfaitement.