Avis : Syngué Sabour - Pierre de patience - Page 6
Syngué Sabour - Pierre de patience
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Un visiteur
4,0
Publiée le 17 avril 2015
"Syngué Sabour" qui veut dire pierre de patience est un film afghanistanais sur une femme qui aide son maris paralysé et dans un semi-coma. Elle se confiera à lui, croyant qu'il ne l'entend pas. Cette confession très rare venant des femmes afghanes apperemment, est une aubaine et critique la situation des femmes dans le pays. Bien qu'on vive avec quelqu'un pendant une dizaine d'année, on ne la connait pas. La plastique et l'esthétique du film sont très travaillées avec des couleurs bien choisies. Non c'est vraiment magnifique. Le décors est réaliste, les situations tragiques et on a à faire à une oeuvre hors du commun adapté du roman à succès. Et c'est sûrement le point faible de l'oeuvre. Le concept tenait magnifiquement bien dans le roman, mais à l'écran il s'éssoufle, et tourne un peu en rond. Malgré ce point négatif, le film reste très bon.
film magnifique, lent monologue sur l'intelligence des femmes dans ces pays où on les méprise, déconsidère voire hait. Leur faculté inouie de surmonter tout ça, pour survivre. Et cette interprète splendide. Quel beau moment, la musique est belle aussi.
L histoire est extrêmement forte, cette femme afghane dont la vie a été dictée par sa famille puis son mari qui se retrouve livrée à elle même alors que ce dernier grièvement blessé se retrouve à l état de légume elle va se lancer dans un long monologue et lui raconter sa vie. L actrice est exceptionnelle (la fatalité se lit littéralement sur son visage) seulement ce long monologue est un mode de narration avec lequel j ai eu beaucoup de mal. Ce fut très intéressant à voir mais ce ne fut pas du grand cinéma.
Prix Goncourt 2008, « Syngué Sabour – Pierre de patience » est un roman signé Atiq Rahimi. En toute logique, ce dernier réalise aujourd'hui la transposition cinématographique de sa propre œuvre littéraire.
Golshifteh Farahni. Retenez bien le nom de cette actrice française d'origine iranienne. Celle qui partage la vie de l'acteur Louis Garrel et que l'on a pu apercevoir aux côtés de Leonardo Di Caprio dans le thriller américain « Mensonges d'État » de Ridley Scott est absolument renversante dans « Syngué Sabour – Pierre de patience ». Prestation exceptionnelle en effet, cette comédienne devrait logiquement marquer au fer rouge l'industrie du cinéma mondial en rejoignant le cercle très fermé des talentueuses qui portent un film. Silhouette fragile au départ, le personnage chétif qu'elle incarne gagne en force & en poigne dans ses confessions pour atteindre le firmament in fine.
Le long métrage de Atiq Rahimi, subtilement filmé – le ton cru, l'image épurée, l'abondance de plans-séquences – dresse le portrait d'une femme meurtrie par la guerre, la guerre sous toutes ces formes, la guerre des sexes, aussi bien que la guerre du pouvoir via les dogmes. Entre rage et compassion, combat et dévotion, « Syngué Sabour – Pierre de patience » prend aux tripes à chaque instant, questionne et bouleverse sur le silence de ces femmes Afghannes riches de sentiments et d'humanisme.
« Syngué Sabour – Pierre de patience » recèle, en effet, d'un chemin de croix vers la compréhension des désirs & fantasmes des femmes que l'on muselle dans un pays hypocrite, destructeur et autoritaire.
Bilan : Monologue magnifique, libre, captivant et révolutionnaire, sous forme de profession de foi, d'une actrice au sommet de son art, à la fois dans la nuance et la dénonciation, dans un huis clos bouleversant.
Ce film est l’adaptation d’un livre ayant obtenu le prix Goncourt en 2008 et cette adaptation est en quelque sorte une gageure. En effet, la majeure partie de l’histoire se passe dans une pièce quasiment dépourvue de meuble avec deux personnages, une femme et son mari plongé dans le coma, d’où des dialogues à sens unique. Pas évident dans ces conditions, d’avoir un film rythmé et tonique. C’est donc, assez logiquement un film assez lent qui pêche côté réalisation. Mais c’est aussi et surtout une histoire très parlante sur la condition de la femme et l’absence de dialogue dans le couple dans certains pays. Les coutumes évoquées et les exactions des talibans ne sont pas la meilleure des publicités faites à la religion musulmane, omniprésente et de pensée unique dans cette région. Ce film à message pourrait être un formidable point de départ à des débats entre amis ou dans les écoles même si le sujet, hautement sensible de la religion, est casse-gueule. Pour finir, deux mentions spéciales. La première pour l’actrice principale, Golshifteh Farahani, présente dans quasiment toutes les scènes, et vraiment formidable : quelle présence ! La seconde pour les bruitages et effets spéciaux qui surprennent dans un film davantage axé sur les dialogues que sur l’action : les explosions dans la ville font sursauter, on se croirait vraiment au milieu du conflit !
Un conte-fable, sur fond de guerre en Afghanistan, ou une jeune épouse soigne son mari, dans le coma, en espérant qu'il revienne à la vie. Comme dans un confessionnal ou chez le psy, elle déballe tous ses secrets les plus intimes, en lui racontant même le rapport sexuel forcé qu'elle a avec un jeune milicien. Un récit,dur et beau à la fois, d'une sensibilité et une délicatesse peu communs, qui fait appel à nos tripes et qui remet en question les convictions les plus profondes des occidentaux par rapport à celles des cultures musulmanes. Absolument à voir, mais en sachant qu'il faudrait donner libre court à la propre liberté de pensée. Par contre, si au bout d'une demie heure de film vous vous ennuyez, sortez de la salle.
Il est évident que l’actrice Golshifteh Farahani porte à elle toute seule cet incroyable film. Elle est belle, elle joue admirablement et sait, de son regard, faire monter la tension. L’histoire est toujours la même en Afghanistan ; la femme doit se taire et se voiler si elle veut seulement vivre. Elle, rejetée puis abandonnée des siens, soumise et attentionnée, soigne son mari blessé d’une balle dans la nuque. La guerre est omniprésente, elle fait peur et rend la vie infernale. C’est dans ce climat que la jeune femme va avec avec de simples mots trouver la force d’exorciser ses angoisses et se révéler à elle-même. De plus il y a de très belles images de Golshifteh et une photographie étonnante, dans un décor surréaliste de fin du monde. La chute est magnifique. 4 étoiles.
Réalisé par l'auteur franco-afghan Atiq Rahimi qui adapte son propre roman, Syngué sabour est une œuvre d'une très grande sensibilité. Une femme afghane, interprétée par la magnifique Golshifteh Farahani, veille sur son mari moribond, qui ne réagit guère plus au monde extérieur après s'être pris une balle dans la nuque. À l'extérieur, les combats font rage. Pour la première fois de sa vie, comme elle le dit elle même, son conjoint n'aura d'autre choix que de l'écouter parler. Ce qu'elle lui raconte au cours d'un très beau monologue, véritable fil rouge du film, en dit long sur leur relation de couple, l'absence totale de considération de l'époux pour sa compagne, mais aussi sur l'état de la société afghane, la condition des femmes dans ce pays et les traditions archaïques destinées à maintenir des injustices impossible à remettre en cause. Une œuvre qui interroge avec tact le pouvoir des mots et du langage. Très touchant.
Je n'avais pas accroché au prix Goncourt 2008 d'Atiq Rahimi Aussi suis-je allé sans enthousiasme voir l'adaptation qu'il en a faite pour le cinéma. La condition féminine des femmes en Afghanistant, leurs mariages forcés, la négation de leur sexualité et de leur liberté, sont des sujets hélas rebattus. Leur traitement par Atiq Rahimi évite l'académisme démonstratif qui aurait fait la joie en son temps des "Dossiers de l'écran".
Dans Kaboul, sous les bombes, une femme veille son mari plongé dans le coma. Encouragée par son silence, elle lui livre ses angoisses, ses doutes, ses espérances. On apprend les conditions traumatisantes de son mariage, sa sourde rebellion et sa découverte du plaisir physique dans l'adultère. Le livre se réduisait à un huis clos étouffant et à un long monologue intérieur. C'était sa force. C'était ausi sa limite. Et le film aurait couru à l'échec s'il avait décalqué son modèle littéraire. Avec son co-scénariste Jean-Claude Carrère, Atiq Rahimi a accepté de trahir son livre et de faire sortir son héroïne de sa maison, de la faire dialoguer avec d'autres personnages : ses voisins rendus fous par les bombardements, sa tante, prostituée dans une maison close.
Le film se clôt par un coup de théâtre proprement saisisissant qui, à lui seul, dans une scène d'anthologie éminemment cinématographique, justifie la vision de ce beau film sage. Et Golshifeth Farahani est si belle ...
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4,0
Publiée le 16 novembre 2020
Dans Syngué Sabour - Pierre de patience Rahimi brise tous les tabous afghans sociaux. Quand j'ai écrit le roman je voulais me mettre à la place d'une femme afghane pour mettre à nu ses désirs ainsi que sa souffrance. A cet égard il devient aussi la Pierre de Patience rassemblant et réinventant les douleurs et les espoirs des martyrs, de toutes les femmes afghanes de l'ombre afin de leur donner une mémoire de leurs luttes toujours synonymes de vérité et de liberté. Dans un pays comme l'Afghanistan pour qu'une femme opprimée puisse enfin parler Rahimi a d'abord dû paralyser l'oppression du système. En tant que tel le Mari symbolise tout ce système patriarcal et répressif qui est maintenant paralysé et blessé. Et grâce à lui la femme peut enfin s'épanouir et elle devient intensément symbolique la voix qui émerge de sa gorge c'est la voix enfouie depuis des milliers d'années...
Golshifteh Farahani, actrice franco-iranienne que nous avions déjà appréciée dans "A propos d'Elly" de 'Asghar Farhadi, interprète une belle jeune femme mariée à un homme beaucoup plus âgé. En veillant ce vieil époux elle entame un monologue ; elle va d'abord reprendre le récit des épisodes de leur vie commune : la guerre pour lui, la soumission pour elle, puis peu à peu dévoiler ses ressentiments jusqu'à ses secrets les plus terribles. Ayant découvert le pouvoir libérateur de la parole, elle le maintient même en vie pour pouvoir poursuivre sa "thérapie".
Au long face à face entre la femme et le mourant dans le huis-clos de leur maison, peu à peu détruite par les attaques des talibans, répondent les images fortes de la guerre, l'urgence, la vie qui ne tient qu'à une rafale de mitraillette.
Dans cette partie du monde, la femme est un objet, "un morceau de viande" maltraité par des hommes qui "font la guerre car ils ne savent pas faire l'amour". Si les hommes sont eux aussi enfermés dans un rôle, ils ne sont pas tous des brutes, à l'image du jeune orphelin embrigadé de force par les talibans. D'ailleurs qui choisit vraiment sa vie dans cette société ?
L'histoire révèle, à travers le personnage de la tante et celui de l'héroïne, que ces femmes qui n'ont pas le statut d' être humain luttent pour leur survie par la rouerie, voire l'extrême violence. C'est le paradoxe de cette société arriérée. Surprenant paradoxe que l'on retrouve dans un vocabulaire assez cru qui exprime la sexualité refoulée ou cachée.
La force du film d'Atiq Rahimi adapté de son roman qui a obtenu le prix Goncourt 2008, repose sur le jeu de l'actrice qui traduit un vécu puisqu'elle a dû fuir le régime iranien, le dos brûlé par un jet d'acide. Presque seule en scène, tour à tour mère, épouse dévouée et prostituée, elle traduit la souffrance, l'inquiétude, la peur, le plaisir... Mais un bémol : l'omniprésence du corps du mari agonisant est obsédante, impudique.
Il était une fois un homme plongé dans un sommeil profond dont il ne pouvait s'extirper. Alors que nombre de ses proches l'avaient abandonné pour fuir la guerre, seule sa femme continua de veiller sur lui. Elle en profita pour lui dire tout ce qu'elle avait sur le coeur, et avouer ses secrets les plus enfouis.
Universel par l'absence de noms donnés aux personnages, Syngué Sabour peut être perçu comme un conte philosophique sur le statut des femmes dans la religion musulmane. Réalisée par le propre auteur du roman éponyme, cette oeuvre possède une véritable structure littéraire. Avec des ellipses et des chapitres bien distincts, le récit démarre réellement quand la femme commence à se livrer vers son mari, inconscient. Cette constante voix (parfois off) qui s'adresse à lui se dirige aussi explicitement vers nous.
Nous sommes les premiers réceptifs à cette critique qui est faite de la religion, et non de la politique (aucun conflit n'est mentionné). Et la magnifique Golshifteh Farahani, au passé douloureux, nous fait très bien passer le message. En parlant sans même ouvrir la bouche, avec des yeux trahissant une cruelle tristesse et un désespoir grandissant, elle hésite à se livrer. À l'image de cette caméra jamais statique qui nous offre de très beaux plans.
On peut se demander quelle est la nécessité d'adapter ce genre d'intrigue au cinéma. Et c'est vrai que cette transposition s'avère lente à certains moments. Mais grâce à ce faux huit-clos à l'ambiance étouffante, et une relation parallèle (le soldat bègue) subtile et bien pensée, Syngué Sabour captive par son propos. L'islam n'est pas la seule visée dans ce film, car le sujet peut être étendu à toutes autres sociétés souffrant d'inégalités. Qu'elles soient humaines ou sociales.