Eyes Wide Shut
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L'ÂME DU CINEMA
L'ÂME DU CINEMA

18 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 janvier 2026
CE QUE Eyes Wide Shut ME FAIT COMPRENDRE DE L’AMOUR, DE L’HISTOIRE ET DE NOTRE PRÉSENT

Plus je réfléchis à Eyes Wide Shut, plus je me dis que ce film n’est pas seulement une œuvre sur le couple, ni même sur le désir. Je le ressens comme un film-charnière historique, posé exactement à la fin d’un siècle et au bord d’un autre, au moment où quelque chose se termine sans que nous ayons encore les mots pour le nommer.

Ce que Kubrick filme ici, ce n’est pas une crise individuelle. C’est la fin d’une croyance collective : celle selon laquelle l’intime pourrait rester intact alors que tout le reste du monde est soumis à la rationalisation, au contrôle, à la performance. Ce film me touche parce qu’il ne parle pas seulement de Bill et Alice. Il parle de nous, de ce que nous sommes devenus sans l’avoir vraiment décidé.

CONTEXTE HISTORIQUE : UN FILM À LA FIN D’UN MONDE

Eyes Wide Shut sort en 1999. Ce détail est essentiel. Nous sommes à la fin des Trente Glorieuses émotionnelles du couple moderne. Le féminisme a déjà profondément transformé la parole des femmes, mais les structures relationnelles n’ont pas encore suivi. Le discours sur l’égalité existe, mais les imaginaires restent anciens. Le désir féminin commence à être nommé, mais il est encore perçu comme une menace.

C’est aussi une époque marquée par :

la montée du néolibéralisme

la valorisation de la réussite individuelle

la médicalisation et la rationalisation de la vie privée

l’illusion d’un monde stable avant les grandes fractures du XXIᵉ siècle


Kubrick filme un couple parfaitement intégré dans ce système : beau, éduqué, riche, fonctionnel. Et il montre que même là, ça ne tient plus.

LE COUPLE COMME STRUCTURE HISTORIQUE, PAS COMME ROMANCE

Je ne vois plus le couple de Bill et Alice comme un couple “raté”. Je le vois comme un couple historiquement cohérent, mais déjà obsolète. Il repose sur un modèle où :

l’homme est le centre symbolique

la femme est la stabilité émotionnelle

le désir doit rester compatible avec l’ordre social


Ce modèle a longtemps fonctionné parce que certaines paroles étaient interdites. Eyes Wide Shut me semble être le film du moment précis où ces interdits cessent de fonctionner.

Ce qui me bouleverse, c’est que le film montre que l’amour peut être sincère tout en étant structurellement insuffisant. Aimer ne protège plus. Être fidèle ne garantit plus l’équilibre. Communiquer ne répare pas forcément. Et ça, historiquement, c’est vertigineux.

LA CONFESSION : UNE FRACTURE INTIME ET HISTORIQUE

La scène de la confession me paraît être bien plus qu’un tournant narratif. Je la ressens comme un événement historique miniature.

La chambre est calme, presque anesthésiée. Alice parle sans colère, sans revendication. Elle ne fait pas un discours idéologique. Elle raconte un fantasme. Mais ce fantasme contient quelque chose de révolutionnaire : il affirme que le désir féminin n’est pas une conséquence du couple, mais une réalité autonome.

Historiquement, c’est explosif. Parce que le couple moderne repose sur une fiction : celle de la transparence émotionnelle et sexuelle. Alice introduit une vérité que ce système ne peut pas absorber : l’opacité intérieure est irréductible.

Ce que je trouve profondément féministe — et profondément dérangeant — c’est que cette rupture passe par une parole douce. Il n’y a pas de scène de colère, pas de rupture spectaculaire. Juste une phrase qui dit : il y a en moi quelque chose que tu ne contrôles pas. Et cette phrase suffit à faire s’effondrer tout l’édifice.

BILL : FIGURE DE L’HOMME MODERNE DÉSAXÉ

Bill n’est pas un tyran. Il est le produit de son époque. Un homme qui a intégré le discours de l’ouverture, de la modernité, de la tolérance, mais qui n’a jamais réellement envisagé la perte de centralité.

Son errance nocturne me semble profondément contemporaine. Il ne cherche pas le plaisir. Il cherche un cadre, une hiérarchie, une structure où le désir pourrait redevenir lisible. L’orgie masquée n’est pas un fantasme érotique, mais un fantasme d’ordre. Tout y est codifié, ritualisé, sécurisé par le masque.

À mes yeux, cette scène anticipe notre monde actuel : un monde où tout est visible, sexualisé, exposé, mais où l’intime disparaît derrière des protocoles, des identités, des rôles. Le sexe y est omniprésent, mais la rencontre rare.

UN FILM QUI PRÉFIGURE NOTRE PRÉSENT

Plus j’y pense, plus je vois Eyes Wide Shut comme un film prophétique. Il annonce :

la confusion entre liberté sexuelle et solitude affective

la difficulté croissante à tolérer le mystère de l’autre

la fragilité des couples fondés sur la performance émotionnelle

la peur contemporaine de ne pas être “assez” pour l’autre


Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui valorise la communication permanente, la transparence, l’authenticité affichée. Et pourtant, je ressens que nous supportons de moins en moins l’opacité réelle. Le film montre exactement ce point de rupture : quand dire la vérité ne rapproche plus, mais éloigne définitivement.

LE CINÉMA QUI NE CONSOLE PLUS, COMME NOTRE ÉPOQUE

Je reviens toujours à cette idée qui me hante : Eyes Wide Shut est le film où le cinéma ne peut plus consoler, seulement constater. Et j’ai l’impression que notre époque est exactement à cet endroit-là. Nous savons analyser. Nous savons nommer. Nous savons critiquer. Mais nous ne savons plus réparer.

La fin du film ne propose aucune transcendance. Juste une continuité fragile. Aimer devient un acte pragmatique, presque biologique. Une manière de rester en lien avec le réel quand le symbolique s’est effondré.

POURQUOI KUBRICK S’EST ARRÊTÉ LÀ — HISTORIQUEMENT ET INTIMEMENT

Quand je pense à Stanley Kubrick, je vois un cinéaste qui a passé sa vie à explorer les grands systèmes de son temps : la guerre, la science, la folie, le pouvoir, la sexualité. Avec Eyes Wide Shut, il atteint le dernier territoire : l’intime.

Après ce film, il n’y a plus de mythe à déconstruire sans se répéter. Il a montré un monde où même l’amour ne protège plus, où même la lucidité n’apaise pas, où même la vérité ne libère pas.

Je crois profondément qu’il s’est arrêté là parce qu’il avait atteint un point de vérité trop nu pour être prolongé. Un point où l’art ne peut plus promettre autre chose que la conscience. Et la conscience, quand elle est poussée à ce degré, n’est pas une promesse. C’est un silence.

Et ce silence, aujourd’hui encore, me semble être l’héritage le plus troublant de Eyes Wide Shut.
CloakBack
CloakBack

9 abonnés 395 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 janvier 2026
Eyes Wide Shut se présente comme une errance nocturne étrange et rigoureusement contrôlée, moins préoccupée par le récit que par l’état mental qu’elle installe. Le film observe un couple, un désir et un pouvoir qui se fissurent, dans un monde où rien n’est jamais totalement dit ni totalement compris.

Avant de voir Eyes Wide Shut, il faut accepter une œuvre singulière dans sa forme et son rythme, qui ne cherche ni l’efficacité narrative ni le suspense traditionnel. Stanley Kubrick privilégie une progression flottante, presque hypnotique, fondée sur les déplacements, l’atmosphère et la répétition plutôt que sur une intrigue clairement balisée. La temporalité paraît incertaine, proche du rêve éveillé, et peut désorienter. Cette distance fait pourtant partie intégrante du projet, pensé comme une expérience mentale plus que comme un récit à résoudre.

Ce parti pris s’inscrit dans la dernière période du cinéma de Kubrick, marquée par un contrôle formel extrême et une vision volontairement froide des relations humaines. Les décors largement reconstitués et l’artificialité assumée transforment les lieux en espaces mentaux, détachés du réalisme immédiat. Le film résonne aussi avec la fin des années 1990, une époque d’apparente stabilité sociale derrière laquelle affleurent des angoisses liées au désir, au couple, au statut et au pouvoir. Kubrick observe ces mécanismes sans jugement ni explication, avec une distance presque clinique.

Sur le fond, Eyes Wide Shut explore la fragilité du couple et l’opacité du désir. La relation amoureuse repose sur un équilibre précaire, fondé autant sur la confiance que sur le non-dit. Le désir de l’autre demeure inaccessible, et toute tentative de le maîtriser conduit à l’angoisse et à la perte de repères. La masculinité est ainsi interrogée à travers l’effondrement progressif d’une illusion de contrôle et de supériorité symbolique.

Le film développe également une réflexion sur le pouvoir et la hiérarchie sociale. Les espaces traversés et les rituels suggèrent un monde structuré par une violence feutrée, jamais frontale, où l’autorité s’exerce dans le calme et l’évidence. La sexualité apparaît comme un territoire normé et codifié, révélant moins un espace de liberté qu’un prolongement des rapports de domination.

De mon côté, j’ai plutôt apprécié Eyes Wide Shut. J’ai été sensible à la rigueur de la mise en scène, à l’atmosphère hypnotique et à la cohérence très assumée de son dispositif, qui confèrent au film une identité forte. Malgré cela, je suis resté à distance sur le plan émotionnel et j’en ressors avec une légère frustration, le sentiment d’être peut-être passé à côté de quelque chose.

Les limites du film tiennent précisément à ce dispositif volontairement opaque. La narration elliptique, le rythme lent et la répétition des situations peuvent générer une sensation de stagnation. La mise en scène froide et le jeu très contrôlé des acteurs maintiennent une distance émotionnelle constante, plaçant l’œuvre dans une posture plus conceptuelle qu’affective.

Eyes Wide Shut demeure ainsi un film exigeant et troublant, plus stimulant par ses questionnements que réellement enveloppant, dont la richesse formelle continue d’interroger bien au-delà de son intrigue apparente.
Loris Noury
Loris Noury

4 abonnés 43 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 janvier 2026
Eyes Wide Shut, c'est une claque !
Mais quel film ! Incroyable, il va me rester en tête longtemps.
Il captive dès les premières scènes et l'intrigue est parfaitement menée et tenue tout le long du film.
Tom Cruise et Nicole Kidman sont d'une excellence à l'écran.
Stanley Kubrick parvient parfaitement à travers ce film à exploiter le pouvoir et le statut des puissants sur notamment Bill (Tom Cruise).
C'est un film à voir dans sa vie, il est presque immersif dans le sens où la majorité des événements se déroulent dans une seule et même nuit. Les 2 h 40 ne se sentent absolument pas tellement le film nous accroche jusqu'à la dernière seconde.
Eyes Wide Shut est sorti en 1999, si vous ne l'avez pas encore vu, il vous manque un film à votre liste, foncez le voir !
Sophie
Sophie

1 abonné 23 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 décembre 2025
La musique de ce film est insupportable ! Les scènes sont très - trop - longues… l’histoire est plutôt pas mal pensée et les acteurs sont très bons
Antoine D.
Antoine D.

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 novembre 2025
Excellent film sur la vie d’un couple, qui se trouve confronté au besoin d’aller voir ailleurs. Au fil de l’histoire, ils doivent défier leur propre tentation ; chaque épreuve est un test contre soi-même. L’histoire prend une tournure de plus en plus sombre et bizarre, que la réalisation retranscrit parfaitement, le tout dans une profusion de nudité et de sexualité : de quoi mettre le spectateur mal à l’aise face à toutes ces contradictions. On en ressort soulager d’avoir traversé tout cela.
Melissa Zka
Melissa Zka

51 abonnés 571 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 novembre 2025
C'est à travers le voyeurisme que Kubrick nous entraîne dans son film, à l'exception de l'intimité du couple qui nous est plus suggérée que montrée. Les scènes osées sont plutôt utiles dans ce film, et forcément peuvent paraître offensantes pour les personnes très prudes (fantasme, orgie...) .
Le scénario est assez original, mais reste à voir jusqu'à quel point il est basé sur la nouvelle que je n'ai pas encore lue.
Le casting est génial et le tandem formé par Cruise et Kidman fonctionne à merveille en ce qui me concerne. D'autant que le personnage de Cruise n'est pas détestable. Il est juste trop sûr de lui et de sa femme. Quant au personnage de Kidman, il est aussi intéressant, entre son rôle de maman et celui d' épouse avec des désirs.
Maintenant, le film est vraiment long. 2h40 pour un film sans action... Il faut s'accrocher.
Jolie bande originale  
Rubenbonto 44
Rubenbonto 44

2 abonnés 109 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 novembre 2025
C’est un excellent film ! Bien qu’assez complexe à comprendre, il invite naturellement le spectateur à réfléchir et à « enquêter » sur les événements présentés. Il laisse une large place à l’interprétation. Certaines scènes sont véritablement spectaculaires, et l’on parvient facilement à entrer dans la tête du protagoniste, à ressentir les mêmes émotions que lui.

Sur le plan du divertissement, la musique rythme magnifiquement le film et l’on passe un très bon moment en le regardant. Pour vous dire, après avoir vu ce film, j’ai visionné un épisode d’une série télévisée pourtant plutôt correcte, et je me suis surpris à penser : « Mais qu’est-ce que je regarde ? », tant la différence de niveau était phénoménale.
CpasDuCiné
CpasDuCiné

6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 novembre 2025
Eyes Wide Slut. Le premier film de Stanley Lubrick et le dernier de Kubrick. Ca résume assez bien ce film dans lequel il ne faut voir que l'expression des fantasmes du réalisateur . Ce n'est pas parce que c'est Kubrick qu'il faut trouver ça bien. On ne lui en veut pas, même les plus grands peuvent se planter.

Je mets 3 étoiles parce que Kidman, Cruise et Kubrick mais pas sûr que le film les mérite.
StrangeGoat
StrangeGoat

17 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 octobre 2025
un film vraiment incroyable, je comprends pourquoi il est considéré comme classique.
une tension vraiment très lourde s'est senti sur toute la deuxième partie, et pourtant j'ai l'habitude des films étranges/horreur.
il a su me provoquer une très forte angoisse pour des images qui n'avaient en soit aucune violence, c'est bien la première fois que je vois ça.
très bien ficelé
Josgp
Josgp

2 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 octobre 2025
Un film profondément misogyne.
L’histoire est centrée sur Bill (Tom Cruise), un médecin new yorkais riche et séduisant mais aussi parfaitement naïf et dénué de mauvaises intentions.
Tout roule dans sa vie jusqu’au jour ou spoiler: sa femme adorée Alice (Nicole Kidman) lui tape une crise de jalousie parce qu’elle a trop tiré sur un oinj. Voyant que Bill ne rentre pas dans son jeu, elle lui porte le coup de grâce en lui avouant de façon perverse qu’elle a failli tout quitter l’année dernière pour un bel inconnu croisé au détour d’un lobby d’hôtel. Elle lui assure qu’il ne s’est rien passé mais trop tard, le mal est fait. La petite graine est plantée dans l’esprit pur de Bill qui dès lors va entamer une descente aux enfers à la recherche de ses désirs interdits. Cimer Alice. À partir de là, on aurait pu voir un super film, et il y a quelques bons passages, le problème étant que Bill va rencontrer une pléthore de personnages dont le seul but sera de le séduire afin de l’éloigner du droit chemin. Des femmes, des hommes, mono-thématiques, obsédés par l’idée de coucher avec lui. Notre héro en revanche ne tombera jamais dans le panneau. Pourquoi? car il est pur. La seule raison qui l’aura finalement poussé à s’engager dans cette suite d’évènement, c’est la perversité de sa femme. C’est Alice qui envoie son gentil petit mari dans cette voie destructrice. Pourquoi? Car tout le monde sait que les femmes sont jalouses, manipulatrices et perverses… bien vu Kubrick.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 23 octobre 2025
flirtant sur le roman et la pasion à l'eau de rose,il conveint par des échanges soutenus et la filmographie sinon un jeu d'acteur qui donne parfois le sentiment d'avoir été calculer.
Thibaud Il Capitano
Thibaud Il Capitano

11 abonnés 233 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2025
Bill et Alice sont beaux et riches, ils s'aiment, mais leur vie conjugale va basculer lorsque Alice fait une confession à son mari, une confession qui va bouleverser Bill...
Dernier film de Kubrick, réussi bien évidemment, et je ne vais pas répéter ce qui a été dit de maintes fois au sujet du fameux couple Cruise-Kidman et de son influence sur ce projet. Personnellement, je n'ai pas vu les 2h30 passer et n'ai pas décroché de la descente dans les ténèbres de Cruise (d'ailleurs excellent, loin de son image tête à claques de l'époque) avec en point d'orgue, son arrivée au château. J'ai été étonné d'apprendre aussi que la majorité du film a été tourné en Angleterre, sans que cela transparaisse à l'écran.
Bref, beaucoup de choses à dire sur ce film, sur le couple, le mensonge, la réalité, les masques, etc mais surtout au sujet de sa conclusion : spoiler: les évènements de la nuit de Bill étaient ils réels ? peu importe, le plus important la réplique et la conclusion de Kidman : "Baisons !"
Baptiste P
Baptiste P

16 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 octobre 2025
Que c'est long et ennuyeux, on comprend tout, y a pas de problème. Il faut arrêter avec le message caché ect... J'ai parfaitement compris ou voulait en venir le film, mais 2h40 pour ça franchement non. Et le jeu d'acteur est franchement très moyen, en particulier Nicole Kidman avec ses reactions sur jouée. J'ai vraiment perdu 2h40 de ma vie, mais au moins je pourrait dire que je l'ai vu.
RochéDavid57
RochéDavid57

11 abonnés 229 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 octobre 2025
"Bill Harford (Tom Cruise) est un brillant médecin new-yorkais. Un soir, il se rend avec son épouse Alice (Nicole Kidman) à une réception donnée par le richissime Victor Ziegler (Sydney Pollack), par ailleurs patient de Bill. Après s' être faits tous les deux dragués au cours de la soirée fort alcoolisée, le couple rentre chez lui. Plus tard, alors qu' Alice est sous l' emprise de marijuana, elle avoue à Bill qu' elle a un jour fantasmé sur un officier de marine, et que si ce dernier l' avait approché, elle aurait cédé à ses avances. Cette révélation déstabilise le jeune médecin qui quitte le domicile pour errer dans un New-York nocturne. Il va faire de multiples rencontres qui vont l' ébranler...
Je ne suis pas un grand fan de l' oeuvre de Stanley Kubrick; c' est ainsi. Si je trouve que tous ses films possèdent un réel intérêt narratif, et sans aucun doute technique, je considère le cinéma du réalisateur américain, souvent glacial, et encore plus fréquemment sans âme. Kubrick est un formidable conteur, mais qui ne m' émeut guère. Il ne m' arrache jamais aucun sentiment. Désolé si j' en fais sursauter beaucoup.
Certaines de ses oeuvres m' interpellent également par une certaine forme d' amateurisme. Ainsi, personne n' a pu manquer l' ombre de l' hélicoptère qui transporte la caméra de Kubrick, lors de la scène d' ouverture, dans son "SHINING" (1980). Il est également bien difficile de croire que la seconde partie de "FULL METAL JACKET" (1987) se déroule au Viêt-Nam, tant les décors sont minimalistes. Quant à "2001, L'ODYSSEE DE L'ESPACE" (1968), il demeure un formidable ballet visuel, mais dont on attend indéfiniment la fameuse étincelle. Bref, c' est toujours intéressant mais jamais magique. J' ai beaucoup plus apprécié Kubrick à ses débuts, notamment avec "FEAR AND DESIRE" (1953), "LE BAISER DU TUEUR" (1955), "L' ULTIME RAZZIA" (1956), "LES SENTIERS DE LA GLOIRE" (1957), et évidemment l' époustouflant "SPARTACUS"(1960).
Ainsi me suis-je lancé dans le visionnage d' "EYES WIDE SHUT" sans illusions, et ce dès sa sortie sur nos écrans en 1999. Et là, je prends (enfin!) une énorme claque dans la tronche. Pour l' avoir depuis, revu à plusieurs reprises, je le considère comme le chef d' oeuvre de Stanley Kubrick. On assiste à 159 minutes de cinéma total, de maîtrise absolue à tous les étages. Le duo Cruise/Kidman (à l' époque marié à la ville) est juste parfait; la comédienne australo-américaine prouve ici qu' elle est une vraie formidable actrice, et pas seulement l' épouse de son illustre mari. Le scenario est un monument en matière de rigueur et de raffinement. L' esthétisme de l' oeuvre est à couper le souffle, avec une qualité de photographie rarement égalée, sinon par le maître russe Andreï Tarkovski. Quant à la partition musicale, obsédante, elle constitue à elle seule un vrai personnage du film; notamment avec l' envoûtant "Masked Ball" de Jocelyn Pook. On ajoutera qu' adapter "La Nouvelle Rêvée" d' Arthur Schnitzler, un roman de 1926 qui se déroule à Vienne, dans le New-York des années 2000, aurait sans doute fait fuir bons nombres de réalisateurs. Kubrick s' est emparé du projet, et en a fait un bijou qui trône en bonne place dans le meilleur des films du nouveau millénaire. "EYES WIDE SHUT" est également son oeuvre testamentaire.
A voir absolument!"
Kouto
Kouto

31 abonnés 4 782 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 septembre 2025
Ultime long-métrage de Stanley Kubrick signant malheureusement son œuvre la plus décevante et ennuyeuse. Avec en tête d’affiche le couple Nicole Kidman / Tom Cruise, le film se fait faussement sulfureux et provocateur alors qu’en réalité il s’enlise dans un propos fumeux sur la sexualisation au sein du couple. Les deux stars manquent de précision dans leur jeu tandis que la mise en scène du cinéaste bien que précise étire inutilement un récit et se montre peu ingénieuse y-compris lors de la fameuse scène de l’orgie. Les obsessions sempiternelles du cinéaste apparaissent bien lointaines et diluée dans une œuvre confuse et insipide.
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