Enemy
Note moyenne
3,0
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688 critiques spectateurs

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45 critiques
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150 critiques
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187 critiques
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154 critiques
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75 critiques
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77 critiques
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Tristan3372
Tristan3372

21 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 septembre 2014
Après l'excellent "Prisoners" de Denis Villeneuve, j'étais vraiment impatient de voir ce film. Pour être honnête, après l'avoir vu , je lui aurais donné 0/5 parce que je n'avais absolument RIEN compris.J'ai dû aller rechercher une explication et des interprétations qui sont assez complexes pour le comprendre. Après mes recherches, je pense que "Enemy" est un assez bon film mais sans plus.Je vais tenter de le regarder encore une fois pour essayer de mieux comprendre l'histoire.Si vous aimez vous creuser les méninges, alors ce film est pour vous!
Theo
Theo

35 abonnés 1 076 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2025
Denis Villeneuve s’aventure dans les profondeurs de l’inconscient avec Enemy, un thriller psychologique qui fascine autant qu’il déroute. Adapté du roman The Double de José Saramago, le film plonge le spectateur dans une toile dense de symboles, d’angoisse et de questionnements existentiels. Malgré des qualités indéniables, l’œuvre vacille sous le poids de son ambition, offrant une expérience intrigante mais imparfaite.

Villeneuve impose une esthétique visuelle singulière, où les teintes jaunâtres et les compositions symétriques reflètent l’atmosphère oppressante du film. Chaque plan semble soigneusement pensé pour renforcer un sentiment de désorientation et de malaise. Cependant, cette recherche constante d’un visuel métaphorique alourdit parfois l’expérience. Si la réalisation capte l’attention par son audace, elle peut aussi fatiguer par son insistance à vouloir tout symboliser, au risque d’étouffer la narration.

Le concept de Enemy, où un homme rencontre son double parfait, ouvre la porte à des réflexions profondes sur l’identité et le subconscient. La structure narrative, mêlant réalité, rêves et hallucinations, maintient une tension constante. Mais cette complexité, bien qu’intentionnelle, prive parfois le spectateur de points d’ancrage émotionnels. Les scènes clés, bien que puissantes visuellement, manquent de clarté pour offrir une progression narrative fluide. Si le mystère est le moteur du film, il devient parfois un frein à l’immersion.

Dans le double rôle d’Adam et Anthony, Jake Gyllenhaal démontre une fois de plus son talent exceptionnel. Il incarne avec brio deux hommes identiques en apparence mais fondamentalement différents. Sa capacité à nuancer leurs traits de caractère – la vulnérabilité d’Adam face à l’assurance arrogante d’Anthony – donne une profondeur psychologique à l’histoire. Sarah Gadon, dans le rôle d’Helen, livre une performance subtile, apportant une humanité essentielle à un récit parfois trop cérébral.

Enemy brille par sa volonté d’explorer des thèmes complexes, comme la lutte intérieure, la peur de l’engagement et les cycles destructeurs de la répétition. La métaphore omniprésente de l’araignée, bien qu’intrigante, risque de perdre ceux qui ne cherchent pas à interpréter chaque détail. Villeneuve semble parfois davantage préoccupé par ses idées symboliques que par leur intégration dans une histoire cohérente. Si le film incite à la réflexion, il peine à équilibrer son intellect avec une charge émotionnelle plus directe.

La force de Enemy réside dans sa capacité à maintenir une tension psychologique constante. Les choix de mise en scène – une musique discordante, des cadrages serrés et des silences lourds – renforcent une atmosphère de paranoïa et de confusion. Pourtant, certaines scènes s’étirent inutilement, dissipant l’intensité qui aurait pu tenir le spectateur en haleine. Cette fluctuation dans le rythme laisse parfois l’impression d’un récit qui se cherche.

spoiler: La fin d’Enemy, marquée par l’apparition soudaine d’une araignée géante, est à la fois terrifiante et énigmatique. Ce choix audacieux symbolise parfaitement le caractère introspectif et surréaliste du film, mais il risque d’aliéner les spectateurs en quête de réponses concrètes. Ce dénouement, tout comme le film dans son ensemble, exige une interprétation personnelle, mais il manque d’un point de convergence émotionnel pour pleinement résonner.


Enemy est une œuvre audacieuse qui séduit par son esthétique soignée, sa profondeur thématique et la performance captivante de Jake Gyllenhaal. Cependant, son obsession pour la symbolique et son refus de fournir des clés narratives claires en font une expérience aussi frustrante que fascinante. Si Villeneuve démontre une maîtrise impressionnante de l’atmosphère et de l’ambiguïté, le film souffre d’un déséquilibre entre complexité intellectuelle et engagement émotionnel. Une œuvre qui marque, mais qui divise.
NewBoorn
NewBoorn

70 abonnés 576 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 septembre 2014
Après les excellents "Incendies" et "Prisoners", le visionnage de "Enemy" s'imposait. On y retrouve Jake Gyllenhal, acteur convaincant, acteur avec "une gueule" comme on dit. Il y a beaucoup à dire de ce film. Tout d'abord, que je suis passé à côté de son véritable sens, enfin, autant avouer que je n'ai presque rien compris au final. Je vais éviter ici le spoil mais c'est un forum qui m'a aidé à voir tout l'intéret de cette production, captivante de bout en bout, mais tellement mystérieuse. En fait, maintenant que le tout est bien plus clair, je me dis que c'était très intelligent, pas commun. Il y a beaucoup à dire mais cela nécessite de tout dévoiler, je ne m'y risquerait pas ici, de peur d'en décevoir certains. Le regarder une seconde fois serait une bonne chose, car je reste sur ma faim de mon incompréhension.
ocelot
ocelot

30 abonnés 927 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 octobre 2014
Je m'attendais à mieux. Le film commence bien, l'histoire est sympa et les acteurs très bons mais je me suis senti arnaqué après avoir vu la fin. Dommage...
Clémentine K.
Clémentine K.

244 abonnés 1 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juin 2014
L'histoire est bien originale et fait beaucoup réfléchir à la connotation symbolique de l'être humain. L'ambiance du film m'a mise mal à l'aise mais j'ai trouvé que ça correspondait à l'intrigue.
dragoyo
dragoyo

140 abonnés 903 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 septembre 2014
Ambiance glauque, univers très spécial. On regarde avec plaisir d'un bout à l'autre cependant et une bonne réflexion peut s'en suivre...
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 septembre 2014
Même pas un an après le mémorable Prisoners, Denis Villeneuve récidive avec un nouveau thriller racé, adaptation du roman The Double écrit par Saramago. Professeur d'histoire à la vie paisible, Adam se rend compte en regardant un film qu'un homme lui ressemble physiquement à tout point de vue. Et l'idée de le rencontrer n'était pas forcément la meilleure qui soit...

En tant qu'être humain, l'unicité fait notre force, notre fierté. Mais quand on s'aperçoit qu'un sosie habite à quelques kilomètres de chez nous, rien ne va plus. Pour continuer de vivre, il faut alors qu'un des deux disparaissent, pour toujours, afin de retrouver notre authenticité qui nous est si chère. Voilà pourquoi ces deux hommes sont aussi perturbés par cette découverte surprenante, que Villeneuve transforme en polar psychologique sombre et déroutant. Il délaisse sa photographie froide et lumineuse de Prisoners pour en retrouver une plus pâle et lugubre, à la limite du fantastique.

C'est particulièrement cette ambiance singulière qui fait la force d'Enemy, permettant au cinéaste de réaliser un exercice de style réussi et parfaitement mis au point. Déjà avec Prisoners, celui-ci nous mettait dans la situation la plus inconfortable qui soit pour nous mettre à la place de ses protagonistes. Aujourd'hui et comparé au médiocre The Double sorti quelques semaines plus tôt, Enemy, par son rythme lancinant, arrive à nous faire trembler en visitant les entrailles de l'homme, transpirant la rage et l'aversion.

Le canadien a découvert le formidable potentiel de Gyllenhaal, se réinventant à chaque film. Tantôt perdu, tantôt malsain, l'acteur nous fait saisir immédiatement le caractère ambigu de l'être humain, cherchant par essence à prendre le pas sur autrui. Car au cinéma comme dans la vie, il doit y avoir un dominant, et un dominé.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 septembre 2014
Dernier film de Denis Villeneuve, réalisateur du captivant PRISONERS (2013), ENEMY aura été secoué par les critiques. Trop compliqué pour certains, ENEMY est pourtant un véritable labyrinthe psychologique ! Un film qui , sans aucun doute, fera travaillé vos méninges car derrière chaque scène se cache un indice subliminal permettant de découvrir le mystère des deux Jake. ENEMY est un film à suspence saisissant, à ne pas manquer.

Adapté du roman du portugais José Saramago, L’autre comme moi, ENEMY réserve un scénario tortueux mettant en scène un double maléfique. Tout à fait captivant, ENEMY fera tourner en bourrique plusieurs fois le spectateur. En effet, le scénario est un scénario à la fois tiroir et iceberg, on ne peut anticiper ce qu’il va se passer tant le suspence est palpable. Une histoire croustillante donc qui n’est pas toujours compréhensible et qui nécessite une deuxième lecture du film tant les indices y sont cachés.

Et, la parfaite mise en scène de Denis Villeneuve vient donner à ENEMY toute son essence. D’abord, Denis Villeneuve choisit de montrer Toronto sous un angle oppressant avec ces couleurs à la fois chaude et terne. Mais surtout ENEMY est un réel jeu de piste pour découvrir qui est le Jake Acteur ou qui est le Jake professeur d’histoire. Les images sublimales cachées offrent un élement de réponse. ENEMY est , par sa mise en scène, profondément mystérieux. Et, les araignées, fil conducteur du film en est le parfait exemple. Cependant, le mystère tend à occuper vastement le film et finir par perdre le spectateur.

Côté casting, Jake Gyllenhaal retrouve encore une fois Denis Villeneuve dans ce thriller épique et nous confirme encore une fois tout son talent d’acteur. Une interprétation de deux personnages opposés parfaitement juste! Face à Jake Gyllenhaal on retrouve un duo de femme : la fragile Sarah Gadon (aperçue dans COSMOPOLIS de Cronenberg , 2012) et l’incendiaire Mélanie Laurent. Ce duo détonnant offre également une très juste interprétation.

Pour conclure, Denis Villeneuve nous prouve tout son talent pour les thriller mystérieux et imprévisible. La fin si abrupte d’ENEMY se vera qualifié de "fin la plus horrible". ENEMY est un film puissant qui réserve une mise en scène parfaite.
jeff78800
jeff78800

10 abonnés 104 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 novembre 2014
Envoutant, étonnant, déconcertant. Belle mise en scène, intrigue.....intrigante ! Film sur l'infidélité, la culpabilité, très bien mené. Je ne suis pas certaine d'avoir compris la symbolique des araignées, et il me semble qu'il y avait peut être des moyens moins imagés pour montrer l'étouffement du personnage.
Chevtchenko2
Chevtchenko2

49 abonnés 1 374 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 octobre 2024
Un thriller qui me laisse sur ma fin car je n’en ai pas saisi toutes les subtilités. C’est seulement en lisant les critiques d’autres spectateurs et leur interprétation du film que j’arrive à me retrouver dans ce puzzle. N’ayant pas compris tout cela sans clarifications ultérieures, je me vois mal encenser l’œuvre de Villeneuve. Cela dit, je l’ai regardé sans déplaisir et les acteurs, Jake Gyllenhaal en tête, sont excellents. A voir donc et si vous comprenez du premier coup le film, je suis certain que vous allez l’apprécier.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 août 2025
Le réalisateur québécois Denis Villeneuve entraine le spectateur dans un thriller cérébral certes diablement intriguant mais sans s’avérer palpitant pour autant. Dominé par un excellent Jake Gyllenhaal confronté à lui-même où le cinéaste se plait à semer la confusion jusqu’à un final alambiqué au symbolisme abscons.
chrischambers86
chrischambers86

16 173 abonnés 13 133 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 avril 2016
Après les excellentissimes "Incendies" et "Prisoners", Denis Villeneuve nous prouve une fois de plus qu'il sait mettre en scène des thrillers originaux! Confirmation d'un metteur en scène hyper talentueux sur qui Hollywood peut compter aujourd'hui même si "Enemy" est une oeuvre ultra-alambiquèe! Cette fois, Villeneuve nous oblige à chercher le vrai sens du film et à l'analyser pour en donner notre propre interprètation! Au coeur de ce long fascinant, le doute! Côtè distribution, Jake Gyllenhaal est ètonnant d'un bout à l'autre et sa prèsence dans "Enemy" a plus d'importance que son talent! Les araignèes confèrent à chacun une complexitè supplèmentaire : toutes flottent dans une sorte de rèalitè triste et glaciale, que la mise en scène èpouse dans une sorte de gèomètrie mouvante telles les deux tours dans la banlieue de Toronto! Notre conscience en prend un coup, elle est comme prise au piège dans la saisissante rèflexion du double personnage de Gyllenhaal! Sur le papier, ce nouveau long-mètrage de Villeneuve a de quoi sèduire les amateurs de Lynch! Un second visionnage s'avèrant nècessaire pour essayer d'en tirer toute la beautè et la complexitè! Un Villeneuve à revoir...
FaRem
FaRem

10 575 abonnés 11 498 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2014
Apres le bon "Prisoners" on retrouve une fois de plus Jake Gyllenhaal sous la direction de Denis Villeneuve. Le film démarre timidement les 20 premières minutes sont là pour mettre en place certains détails qui peuvent servir (ou pas..) à la compréhension de l'histoire puis petit a petit l'histoire se dévoile et ça devient très intéressant et intriguant.
Le scénario est bien ficelé, l'ambiance est excellente tout au long du film ce qui renforce encore plus le coté intriguant. Jack Gyllenhaal livre un très bonne performance on voit bien la différence entre les 2 personnages on retrouve aussi Mélanie Laurent mais dans un rôle pas très important on admire plus son corps que son talent d'actrice.
Comme pour le reste du film la fin laisse sa part de mystère et nous laisse nous faire notre propre avis sur tout ça. Un film qui mérite une deuxième visionnage pour s’intéresser encore plus aux détails.
selenie
selenie

7 446 abonnés 6 662 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 août 2014
Villeneuve prouve pourtant qu'il est un réalisateur de grand talent, il signe un film envoûtant, d'une certaine lenteur mais jamais ennuyeux et impose toujours ce côté malsain et troublant. Sans ce choix de cette dernière scène ainsi faite la note aurait été bien supérieure.
Sebi Spilbeurg
Sebi Spilbeurg

94 abonnés 1 005 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 août 2014
Bien qu’il ait attiré les regards les plus pointilleux de la critique cinématographique avec Incendies (2010), le réalisateur canadien Denis Villeneuve devra attendre Prisoners (2013) pour connaître la consécration auprès du public international (plus de 113 millions de recettes mondiales pour un budget de 46 millions de dollars). Pour sa nouvelle réalisation, Villeneuve refait appel à Jake Gyllenhaal (déjà en tête d’affiche de Prisoners, avec Hugh Jackman), pour un tournage quasi en parallèle à son précédent succès. Un projet qui s’est donc fait « sur le tas », et qui a fait sa vie dans les salles américaines en janvier (bien qu’il ait déjà été présenté à divers festivals en septembre 2013). Nouveau grand film pour Villeneuve, donc ?

Adam Bell (Jake Gyllenhaal) est un professeur d’histoire plutôt discret, qui mène sa vie avec ennui auprès de sa compagne Mary (Mélanie Laurent). Mais tout va basculer pour lui le jour où, en regardant un film, il découvre son sosie parfait, Anthony St. Claire, un acteur fantasque. Pris par un trouble profond, il décide d’en savoir plus sur ce double, au point de vouloir l’observer dans son quotidien et de prendre contact avec lui.

Dès les premières secondes, on sent d’emblée que nous avons affaire à un film signé par Denis Villeneuve. Rappelez-vous Prisoners et son ambiance lourde, pesante et un chouïa dérangeante qui jouait habillement avec les jeux de lumière et la musique. Ici, vous retrouverez le même style de mise en scène, en beaucoup plus abouti. Une fois le film commencé, on se retrouve gêné par l’ambiance : l’image est diablement sombre et arbore une teinte jaunâtre peu rassurante, les thèmes musicaux prennent leur temps à se faire entendre, le montage insiste lourdement sur des plans étranges et non sans charme visuel (femmes floutées, gros plan sur une femme en pleine action sexuelle, une grosse araignée velue, le regard du personnage principal qui semble perdu)… Cela fait à peine 2 minutes que nous sommes face au film et l’envie de sortir de la salle pour se sentir mieux nous titille aussitôt. Sans jamais nous lâcher, le long-métrage gardant son ambiance (l’appartement du héros, ces vues assez brumeuses de la ville…). C’est donc une certitude : Denis Villeneuve a su livrer un travail d’envergure pour rendre l’atmosphère du film aussi prenante et gênante. Une sensation de mal être bienvenue qui convient parfaitement à l’ensemble.

Mais un mal-être qui s’explique également par la frustration qui se présente à nous une fois le générique de fin pointant le bout de son nez. Si Enemy construit son histoire autour du script de base pour le moins classique (un homme faisant face à son sosie), celui-ci se retrouve projeté au second plan, laissant la place à de la psychologie pointue au possible. En filmant son personnage de telle manière et usant d’une atmosphère aussi travaillée, Villeneuve veut nous montrer que la ressemblance entre les deux protagonistes ne va pas s’arrêter au physique, mais bien à l’esprit. Nous nous retrouvons donc avec un thriller tortueux qui demande réflexion et attention à chaque plan qu’il dévoile. Le problème provient du fait que le réalisateur se montre avare en explications et généreux en métaphores (symbolisées par une omniprésence arachnéenne tout le long du film). Cela a beau stimuler notre créativité vis-à-vis de la compréhension de l’histoire et du dénouement, nous ne pouvons que rester perplexes face à autant d’étrangetés (les plans de la ville, le découpage brutal de certaines séquences, la présence d’araignées géantes…). Ainsi, on ressort de la salle gêné de n’avoir rien compris sur le coup et de devoir passer par Internet pour avoir les explications qui nous manquaient. Les différentes interprétations possibles du film qui, si elles avaient été présentes directement dans le film, auraient permis de rendre ce dernier bien plus appréciable à suivre. Comme un certain Inception.

Vraiment dommage de constater une telle chose, tant Enemy s’annonçait prometteur et proposait un casting aux petits oignons. Mettant surtout en avant un Jake Gyllenhaal en très grande forme, qui doit pour le coup jongler entre deux interprétations différentes (le discret professeur et le comédien un peu soupe au lait et égocentrique). Qui surpasse sans mal une Mélanie Laurent pourtant étonnante, une Sarah Gadon naturelle et juste, ainsi qu’une Isabella Rossellini qui se retrouve ici propulsée au rang de figurante. Mais la trop grande complexité d’Enemy (que ce soit du point de vue visuel ou bien scénaristique) nuit grandement au rendu final. Empêchant le nouveau-né de Denis Villeneuve d’atteindre les rangs du thriller psychologique d’exception. Une petite déception donc, de la part d’un cinéaste qui démontre pourtant qu’il a un talent indiscutable en ce qui concerne de mettre en image une histoire aussi tortueuse.
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