Enemy
Note moyenne
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Manu711
Manu711

79 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 septembre 2014
J’ai déjà attendu trop longtemps avant d’écrire mon ressenti sur ce Villeneuve… Tout ce que je sais, c’est que j’ai littéralement adoré la proposition du réalisateur canadien avec ce film. La réalisation est parfaite, l’intrigue de base étonnante, la mise en scène vertigineuse, et Jake Gyllenhaal au top du top. Aucun mot de ce film, aucune scène de ce film, n’ont été écrit et incorporé au scénario par hasard. C’est ce que j’aime avec ce film, géant puzzle qui finit par prendre tout son sens lorsque l’on prend quelques instants de réflexion pour faire les connections. Quoi que « tout son sens », à peine quand même, puisque c’est également le genre de films où certains indices nous laisseront toujours des doutes. On peut cela dit tirer des conclusions finalement assez évidentes, même si certaines zones d’ombres resteront toujours non élucidées. Et là se trouve tout le charme du film. On prendra du plaisir à le voir, le revoir, essayer d'y voir des signes où des métaphores partout... En définitive un très bon film sur le subconscient et la remise en question de soi-même face au regard d’autrui.
Vivien19
Vivien19

69 abonnés 443 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 août 2014
Denis Villeneuve n'est pas un cinéaste comme les autres : lorsqu'il réalise un polar labyrinthique, il privilégie le fond à la forme, et lorsqu'il sort un thriller allégorique, il fait l'inverse. Sur "Enemy", il travaille avec Jake Gyllenhaal pour la deuxième fois d'affilée - et pour la deuxième fois d'affilée, il sait l'utiliser, le castant pour un rôle qui n'est pas sans rappeler celui que l'acteur interprétait déjà dans "Donnie Darko".

Denis Villeneuve n’est pas un cinéaste comme les autres : architecte malin, construisant ses films selon des plans que lui seul semble comprendre complètement. "Enemy" est une œuvre que l’on pourrait pourtant déconstruire en trois films. Une première couche, très fine, celle d’un récit paranoïaque, oppressant et merveilleusement mis en scène, sorte de relecture contemporaine du concept de doppelgänger. Un deuxième niveau, souvent lourd, didactique, celui d’une métaphore casse-gueule sur la vie de couple et le refoulement castrateur des hommes mariés. Et enfin une troisième œuvre, presque fantôme, et paradoxalement similaire à la première, où le réalisateur semble regarder son public avec un rictus moqueur, l’air de dire : « La première fois, c’est une tragédie. La deuxième, c’est une farce. » On sent souvent que Villeneuve n’est pas totalement sérieux dans sa démarche, il y a comme une ironie palpable dans chacune des scènes, des répliques de "Enemy" – la symbolique de l’araignée, l’ouverture, le plan final vont dans ce sens. A démarche amusée, film amusant ? Non, "Enemy" est un drame sans fin, un schéma mental qui semble se répéter, encore et encore. En tout cas la première fois. Car la deuxième, ce n’est plus le même film. Le tragique se teinte de burlesque, les enjeux deviennent ridicules – on l’a déjà vu, non ? – et soudain tout ce qui faisait l’intensité du film de Villeneuve ressemble à une bonne blague.
C’est ce qui en fait sa force, son intelligence, son unicité. Chacun des aspects bien différents de "Enemy" est maîtrisé à la perfection, Villeneuve s’amuse, se réinvente à chaque plan, à chaque point de vue et à chaque visionnage. Ce nouveau film est tout sauf une démarche frontale, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise interprétation – il y a seulement plusieurs manières de le percevoir. C’est un film qui fait parler, qui divise. Est-ce que l’accueil qu’allait subir son film était dans les papiers de Villeneuve ? Probablement pas, mais quoi qu’il en soit, cela appuie fortement sa tenue : oui, "Enemy" est un film sur une dualité intérieure – mais celle-ci existe en double. La dualité du personnage de Gyllenhaal, et la dualité de l’œuvre en elle-même, s’opposant en même temps comme un thriller et comme une histoire drôle, sorte de contradiction improbable mais pourtant bien présente.

C’est cette même contradiction qui parsemait déjà la vision troublée de la justice que proposait "Prisoners", qui ne peut pas être pour autant mis en parallèle avec "Enemy". Film sur la réplique, sur la répétition, sur le cycle infernal bipolaire de chaque événement, chaque personnage, chaque œuvre. Tout semble revenir deux fois, les plans, les répliques, les scènes. En apparence, "Enemy" se vend comme un décryptage pessimiste de l’appétit sexuel de l’homme, il est en réalité un exercice de style brillant sur notre acte de perception, conscient et inconscient. Ou comment ériger l’itération au rang d’Art.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 janvier 2015
Lorsque l'on comprend toutes les subtilités aussi incroyables soient-elles, Enemy se révèle un pur chef d'oeuvre scénaristique où indices et labyrinthes se mêlent dans un univers schizophrène parfaitement mis en scène. Avec une fin très étonnante, on comprend cette histoire farfelue mais intelligente et assumée.
Il n'y a réellement plus de mots pour décrire cette expérience cinématographique hors du commun.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 octobre 2014
Jake Gyllenhall repasse à nouveau devant la caméra de Villeneuve après Prisoners, véritable thriller aussi noir qu'efficace sorti l'année dernière, pour Enemy, une œuvre inattendue et tout aussi fascinante, bien que radicalement différente de la précédente. Dans ce dernier, Villeneuve semble avoir délaissé certains des éléments qui avaient forgé le succès de ses films antérieurs, à savoir une intrigue diaboliquement prenante. Alors que Prisoners était un film mettant à rude épreuve nos nerfs, Enemy s'impose davantage comme une œuvre sensorielle, nous propulsant dans un monde étrange et onirique, qui mêlerait le réel au surnaturel sans les dissocier l'un de l'autre.
En effet, ici les personnages plongés dans une profonde solitude évoluent au sein d'une ville qui prend vite un caractère abstrait et angoissant, un Toronto construit tout en hauteur emprisonnant les personnages par ces immenses tours de béton entre lesquelles rodent d'étranges créatures, des araignées géantes détentrices d'un secret qui ne nous sera jamais dévoilé. Car si l'intrigue peut paraître simple au premier abord et la narration linéaire, le film pose un certain nombre d'interrogations qui laisseront le spectateur dans l'ombre du doute et de l'interprétation.
Formellement, Enemy est en tout point réussi : éclairé à la lumière de Nicolas Bolduc, le film est plongé dans une atmosphère jaunâtre qui confère au climat général un caractère apocalyptique et qui maintient le spectateur en état de profond malaise. La caméra de Villeneuve lente et posée, parvient magistralement à capter l'ambiance de ces lieux (de long couloirs sombres et infinies, des motels miteux, des appartement ultra stylisés avec vue imprenable sur la ville) qui reflètent l'état d'esprit dérangé du personnage principal. Un film Cronenbergien en somme, où dans Crash (1996) l'on retrouvait cette même fascination à filmer un univers urbain, un Toronto de béton et de verre baignant dans une atmosphère mystérieuse et charnelle.
Mais le film de Villeneuve ne s'impose pas comme un simple exercice de style vain et prétentieux, c'est un film qui lorsqu'on en sort, déboussole, interroge et continue de nous hanter encore un certain temps après son visionnage. Une œuvre étrange qui n'est pas là pour complaire au spectateur, à nous de faire l'effort d'accepter et de se laisser embarquer pour le trip qu'est Enemy.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 janvier 2017
Déroutant, troublant, pertubant, un ovni. Pleins de qualificatif pour décrire ce film un peu long malgré ses 1h27 mais bon avec peu de dialogue difficile de penser autre chose.
Je n'avais pas compris le rôle de l'araignée et la toute fin du film m'a laissé pantois.
Film psychologique mais je suis resté jusqu'au bout parce que Denis Villeneuve est un super réal, parce que Jake Gyllenhaal est juste génial et parce que j'ai encore le film en tête donc forcément un bon film.
Jérémie
Jérémie

179 abonnés 847 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2015
Ah que j'aime ce genre de film, laissant place à l'interprétation et à la réflexion personnelle.
Sur le thème de l'infidélité, on est à face à un pur thriller, où un seul type de public est visé, les amateurs de films psychologiques.

Le film est filmé d'une manière étonnante, le scénario est inédite lui aussi. Jake est tout simplement magique (il enchaine les excellents films pour le plaisir de nos yeux).

C'est du grand thriller, avec tout de même quelques incohérences, mais la plupart des choses sont maitrisées spoiler: (les scènes où plusieurs personnalités du schizophrène s'emmêlent et celle où sa femme est confronté à l'autre lui (Anthony))


Très bien interprété, mis en scène et joué, j'ai adoré du début jusqu'à la fin. Les dialogues, la véracité, et la profondeur de ceux-ci sont restés gravés dans ma mémoire (le fameux "C'est un schéma, qui se répète, etc."

Les seuls bémols, qui lui font perdre son étoile, sont le thème de fond, qui reste une simple histoire d'infidélité et spoiler: ces histoires et vues des araignées, qui même si elles rappellent, selon moi, tous ses tracas et ses infidélités, comme s'il s'agissait de sa hantise ne sont pas assez exploités.


spoiler: Ce que j'ai aimé par contre, c'est tout ce déroulement, où Adam, par sa peur de sa vie de famille, s'enferme sur lui même et créé un personnage fictif, sans attache, où ces deux personnages se complètent totalement. Tout le film suit ce fil conducteur jusqu'à ce que s'affronte les deux parties de lui même, jusqu'à ce qu'Adam se rende compte qu'ils ne forment qu'un.
Cricriiiiiiii
Cricriiiiiiii

92 abonnés 899 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2014
Denis Villeneuve fait de nouveau équipe avec Jake Gyllenhaal pour ce thriller sur fond de maladie psychiatrique, thème qui a donné lieu à quelques uns des plus grands films qui soit (One Flew Over the Cuckoo's Nest, The Machinist, Shutter Island). Et celui-ci pourrait bien en faire partie car on se retrouve scotché du début à la fin devant ce scénario millimétré où le déroulement de l'intrigue est implacable. Le film est terriblement tendu, crispant, le tout est excellemment bien filmé et mis en scène, les plans soulignant parfaitement le propos et l'ambiance pesante de ce thriller. De plus, et c'est une grande force d'Enemy, l'originalité (relative certes) du montage donne immédiatement l'envie de le revoir encore et encore pour démêler le puzzle et analyser plus en détail tout le background de cette histoire et du personnage très riche et ambiguë d'Adam (Anthony) interprété par le toujours excellent Gyllenhaal. Une très belle réussite donc que ce film d'un Denis Villeneuve en constante amélioration depuis le médiocre Incendies.
WalterDiBobyLapointe
WalterDiBobyLapointe

35 abonnés 346 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2015
Oui, hypnotique est l'adjectif qui convient et qui revient le plus souvent. Mais, au-delà de l'ambiance tout à fait particulière, du scénario alambiqué et de la grande grande symbolique accordée au propos, il y a un film très intéressant à essayer de déceler et peut-être un peu décevant quand on commence à comprendre certains enjeux. Au terme du cheminement, on comprend que spoiler: c'est simplement un homme qui trompe sa femme, qui s'en veut, essaye de réagir mais n'y arrive pas.
Alors, pour dire ça, seulement ça, je trouve Denis Villeneuve assez culotté et gonflé. Cela prouve que le cinéma est un foyer aux innombrables ressources scénaristiques et symboliques, il nous le prouve avec brio. J'avoue avoir lutter face à la lenteur du rythme et le teint jaunâtre de la pellicule. J'avoue avoir été bluffé une nouvelle fois par la proposition de Jake Gyllenhall qui, s'il a un nom imprononçable et impossible à écrire sans faire trois fautes d’orthographe, est ébouriffant de justesse. J'avoue avoir sursauté comme un gamin à la scène finale et rester un peu dubitatif quand le générique de fin nous saute à la figure sans prévenir. Du premier visionnage, il en résulte un lot indénombrables de questions. Mais bon Dieu, qu'a t-il voulu nous dire ?? N'hésitons pas à regarder encore et encore le film, à se pencher sur les analyses, les propositions et se faire son propre avis... Film donc très étrange, un peu angoissant (rien que la première scène) mais diablement bien ficelé. Le symbolisme de l'araignée est très présent et explique en effet bien des choses (arachnophobes éloignez-vous !) et la tournure des évènements est palpitante. Un film d'auteur comme on en voit peu ces derniers temps, et un réalisateur gonflé qui, après son "Prisoners" bien plus conventionnel (et pourtant tourné après "Enemy") confirme qu'il a bel et bien du talent à revendre. A voir pour ceux qui aiment se torturer un peu les méninges.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 31 août 2014
Avant tout, pour (tous) ceux qui ont vu le film et qui se posent des questions sur son sens, je vous conseille une excellente analyse, claire et pertinente, que vous trouverez en tapant dans un moteur de recherches "[Interprétation] Enemy – Explication et décryptage".

"Enemy" nous fait vivre une sensation que l'on a rarement l'occasion d'expérimenter.
Si vous n'aimez pas qu'un film vous échappe, n'allez pas le voir. Idem si vous n'êtes pas sûr d'avoir compris la fin d'Inception...
Mais si vous souhaitez sortir des sentiers battus et vivre une expérience originale, n'hésitez pas. Personnellement, je suis sorti de la salle en souriant, amusé de m'être fait avoir.
Et vous, vous laisserez-vous prendre au piège ?

Pour lire la critique détaillée (sans spoilers) :
Flōrens PAB
Flōrens PAB

93 abonnés 614 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2020
Un gros mindfuck comme je n'en n'avais pas vu depuis longtemps, au point d'aller voir sur internet les différentes interprétations sur ce scénario alambiqué, pour voir si mes différentes théories étaient justes. Une fois l'histoire comprise et digérée, je pense qu'un second visionnage est réellement nécessaire pour y voir les différentes subtilités, que ce soit dans les dialogues ou même dans les images. D'habitude je n'apprécie pas le style Denis Villeneuve, un style que je trouve prétentieux (pire que Christopher Nolan), mais cette fois-ci il m'a totalement embarquer au point de, peut-être, revoir ses précédents films que je n'avais pas aimé (compris ?) à l'époque.
Pauline G.
Pauline G.

45 abonnés 561 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 octobre 2014
Envoûtant, cet Enemy ne se laisse pas regarder passivement pour autant. Au contraire, vaut mieux rester attentif pour bien articuler les pièces du puzzle entre elles à la fin. Car c'est bien une fois le film terminé qu'on le comprend - du moins qu'on essaie - et les interprétations sont multiples (après, je n'ai pas lu Le Double, roman dont il est tiré alors j'ai peut être manqué de certains atouts... ). On est loin, très loin, du scénario classique et de la mise en scène potache qui prémâchent tout le travail d'interprétation de nombre de ces films qui se veulent "psychologisants" à partir de trois bouts de ficelle ; non, ce que nous propose ici Denis Villeneuve n'a rien à voir : à sujet complexe, traitement complexe et oeuvre complexe. Car il s'agit bien là d'une oeuvre, pas d'un simple film qui se noierait dans la masse, et rien que pour ça il vaut le coup d'oeil, en tous cas pour qui s'intéresse au cinéma au-delà du seul plaisir divertissant. Avec Enemy on se laisse agréablement porter pendant 1h30 par une photographie, de la musique et une atmosphère impécables (compte tenu bien sûr du parti pris du réalisateur), le tout ponctué de références culturelles bien senties et des interrogations auxquelles elles renvoient et qui, des heures après continuent de nous triturer les méninges. Et c'est justement dans l'écho qu'il a que ce film se fait apprécier et en cela, je n'ai qu'une chose à dire : châpeau bas ! Mais ce qui en fait sa qualité peut aussi être entendu comme un tort. En effet, la complexité dont il rend compte en fait un film difficile d'accès au premier abord, un film qui s'adresse à un public averti seulement en laissant tous les autres sur le bas-côté. Il aurait fallu pour éviter cet écueil que les indices de compréhension soient un peu plus clairs au fur et à mesure du déroulement de l'histoire parce qu'on aussi avoir l'impression d'avoir été berné par une espèce d'intello bizarroïde et prétentieux à la fin. Enemy est donc incontestablement un film à voir (et revoir pour être sûr de n'avoir rien manqué), ne serait-ce parce qu'il soulève la question de l'articulation des arts et des sciences humaines avec brio.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 septembre 2014
Quelle fin! on s'attend à une mise en place des éléments et la révélation de ce qu'il se passe, et boum! Un dernier plan surprenant (ou peut-être pas quand on y repense) et le générique de fin qui apparaît. Le film est très intrigant et captivant, à la curiosité du début de film vient s'ajouter le mystère qui ne fait que grandir jusqu'au bout. J'aime beaucoup Jake Gyllenhaal et il est encore une fois très bon. Heureusement car on ne voit que lui. Techniquement c'est vraiment du haut niveau, il y a vraiment des scènes et plans assez jouissifs. La photo est très travaillée et ajoute à l'atmosphère mystérieuse et un peu glauque du film (même si on a l'impression que le film a été tourné dans la Chine sur-polluée actuelle), tout comme la bande son. Par contre le rythme est assez lent, il faut rester 'concentré' sous peine de décrocher... en tout cas on sort de la salle en se grattant la tête. Je pense qu'un deuxième visionnage permettrait d'affirmer ou infirmer les multiples théories que l'on peut former sur le sens du film, mais je préfère rester sur cet effet de mystère et prolonger le souvenir (qui restera longtemps dans ma mémoire, c'est certain)
S M.
S M.

40 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2014
"Enemy" est un thriller complexe, intelligent et brillamment réalisé par le québécois Denis Villeneuve (Incendies, Prisoners). La mise en scène est parfaite, le rythme est lent, les images fortes de sens. On pense au cinéma de David Lynch ce qui n'est pas pour me déplaire. L'ensemble est très sombre (Le choix des couleurs, la bande-son, certaines images). Jake Gyllenhaal est comme à son habitude excellent. Au générique de fin, on se pose des questions, beaucoup de questions. Mais, je crois avoir trouvé les réponses. Un très bon film.
Raphaël P.
Raphaël P.

31 abonnés 126 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 décembre 2014
A l'instar de David Lynch et de son phénomal Mulholland Drive, Denis Villeneuve réalise Enemy, un thriller psychologique et malsain qui frise la beauté de son maître. Une ambiance glaçante, des couleurs iréelles mais tellement réelles, un Jake Gyllenhaal toujours aussi talentueux qui prouve qu'il est le meilleur acteur de sa génération. Tenant avec maîtrise son intrigue de bout en bout, Enemy en repoussera plus d'un, mais en ravira bien d'autres. Bravo Denis Villeneuve.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 septembre 2014
Autant j'avais apprécié Prisoners durant le visionnage, autant je l'avais aussitôt oublié. Ici, l'ambiançage, si je puis dire, est très réussi et j'ai ressenti une angoisse constante, qui ne m'a pas quittée sur mon chemin du retour... L'image salie jaunâsse convient parfaitement à cette ambiance cauchemardesque, où tout comme les personnages, on se demande sans arrêt : mais comment c'est possible ? Bon, ça tire un brun sur le fil pour faire durer le tout 1h30 - et on sent le resucé d'Hitchkock ou Lynch par moment (notamment les scènes de bordel de luxe ?, si je puis dire, à la Eyes wide shut) mais on se lasse heureusement pas d'admirer Jake les yeux et le corps balafré, tout aussi convaincant en looser qu'en mec assuré. Les rôles féminins sont tous intéressants et subtils car on se demande toujours ce qu'on peut ressentir pour ces femmes : sont-elles invasives, fragiles, inquiétantes ? la copine de l'un est-elle jalouse à tort, la mère bienveillante n'est-elle pas manipulatrice ? et l'araignée ?
Beaucoup de questions et on nous épargne une sorte de fausse résolution forcément décevante en nous laissant face aux questionnements et angoisses que cela a remué chez nous.
Une ambiance fantastique (au sens français du terme : on ne sait jamais si c'est réel ou pas et l'hésitation perdurera) bien angoissante et qui remue des inquiétudes primitives, à la fois psychologiques et philosophiques.
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