Persuadé d'être un réalisateur de génie incompris, Vinny Durand veut la scream queen Jana Bates dans son prochain film d'horreur. Mais Vinny n'est "qu'un" chauffeur de taxi new-yorkais sans aucune connaissances du ni dans le milieu. Il décide alors de se rendre au Festival de Cannes, là où sera projeter en grandes pompes le dernier film de Jana, "Scream".
Un synopsis qu'il en promet des choses ! Et non, on va tout de suite rentrer dans le vif du sujet, "La Cité de la peur" ne s'est pas inspiré de ce film, du moins pas officiellement. Le seul rapport entre les deux films est le déroulement de meurtres durant le Festival de Cannes. Mais justement, traité ici de manière sérieuse, surtout en pleine slasher mania (puisque le film est sorti en 1982, tourné pendant Cannes 81), on aurait pu avoir quelque-chose de très réussi.
D'autant plus que le film traite également de notre rapport aux films d'horreur, si la fiction influe sur le réel ou si elle le reflète simplement. En d'autres termes, le cinéma d'horreur et/ou violent incite ou est-il responsable du comportements de certaines fanatiques ? C'est une question particulièrement intéressante même si, de mon côté, la réponse est très claire ; le cinéma n'est en aucun cas responsable de l'influence qu'il peut avoir sur certaines maniaques qui seraient de toute manière passé à l'acte à un moment donné.
Mais on a alors un film presque méta : avec Cannes, c'est carrément une mise en abyme de tout de ce que le cinéma peut avoir de plus clinquant, ostentatoire et excessif. Mais derrière les paillettes, le film est presque poisseux, il y a vraiment cette ambiance crasse qui rend l'ensemble malsain. D'ailleurs, le film n'hésite pas à récupérer quelques codes du snuff movie et à parfois singer - ou rendre hommage - au "Voyeur".
En plus de ça, le personnage de Vinny est plutôt bien écrit, ce n'est pas un simple tueur random de slasher - là où le film se démarque grandement du genre d'ailleurs, étant plus proche du giallo - c'est un personnage réellement torturé qui se fait lui-même du mal dans ses fantasmes ; sa version idéalisée le rabaissant en permanence, les deux personnalités ne fusionnant jamais. D'ailleurs, même la fin est très surprenant même si le twist est un peu grossier.
Malheureusement, malgré toutes ses qualités, on a quand même un film qui traine un peu en longueur ! Ce n'est pas tellement le manque de meurtres puisque l'aspect psychologique prend rapidement le dessus, c'est tout simplement un manque de rythme. Avec en plus quelques acteurs en roues libres, mis-à-part Caroline Munro et Joe Spinell, qui ont du mal à rendre l'ensemble crédible.
"Les Frénétiques" est donc un film bien plus complexe qu'il n'y parait, avec quelques loupés, notamment dans le rythme donc, mais loin d'être inintéressant !