Tout d'abord la chasse qu'est ce que c'est ? Un film réalisé par Thomas Winterberg (Réalisateur inconnu pour moi) tournant autour de Lucas (interprété par le talentueux Mad Mikkelsen) , homme plutôt banal et timide, faussement accusé d'attouchement sur un enfant, qui va se retrouver haie par tout son village. Pour moi, plusieurs choses sont montrés dans ce film : la cruauté humaine, qui juge sans réfléchir, capable de torturer un homme respectable à cause d'une rumeur, d'une phrase... De plus le réalisateur ne nous laisse aucun doute sur la culpabilité de Lucas, ce qui rend encore plus dur à nos yeux les horreurs qu'il va subir. L'évolution du personnage est aussi très importante, d'homme timide et qui ne s'assume pas totalement, Lucas va devoir devenir un guerrier, capable de riposter et de survivre aux épreuves qu'il endure. Mad Mikkelsen joue vraiment bien et mérite son prix d’interprétation, avec une économie de jeu remarquable; en en faisant le moins, il nous en fait comprendre le plus. La mise en scène et le montage sont aussi très bon, les scènes s'enchaines toutes plus forte en émotions les une que les autres et surtout, toutes importantes sans exception spoiler: jusqu’à la scène dans l'église ou là c'est l'explosion, Lucas devient aussi violent que ses compatriotes et laisse le démon qui sommeillait en lui sortir.
Mads Mikkelsen est immense dans ce film, mais ce dernier a bien d'autres qualités. Le scénario est juste et émouvant, et il est difficile de ne pas ressentir une pleine empathie pour son personnage principal, bouleversé par la rumeur dont il fait l'objet. On sent les doutes de chacun, les incertitudes mais aussi la révolte et l'impuissance que ressent l'accusé. Ce sont tous ces sentiments qui font la mécanique de la vengeance et de la répudiation dans les cas pareils, où le cœur l'emporte sur la raison. Le film n'en fait jamais trop et se dote même d'un fin bien subtile, après quelques moments d'anthologie. Un long-métrage grave et puissant, dans la lignée de "Dancer in the Dark".
Chef d oeuvre ! Vinterberg démonte le processus de l'accusation d'un innocent par petites touches et chaque spectateur ressent par le jeu formidable de Mikkelsen que le mal ne sera jamais réparé. Une peinture cruelle d'une société refermée sur elle-même où l'amitié tourne autour de la chasse et des beuveries. L''intérêt ne retombe qu'avec le générique
Film très fort ou tout est exprimé avec beaucoup de sobriété .Déjà excellent dans Royal affair , le comédien principal dégage une immense dignité face aux événements qui l'accablent .Prix d'interprétation très mérité.
"Festen" de Thomas Vinterberg figure au panthéon de mes films préférés. "Submarino" sorti en 2010 est un chef d'oeuvre méconnu "La chasse" a déchiré la critique à Cannes. Le film a valu le prix - mérité - d'interprétation masculine - à Mads Mikkelsen (le méchant de "Casino royale"). Mais on lui a reproché son manichéisme.
C'est que Vinterberg filme à la truelle. Plus c'est gros, plus ça passe. Dans "Festen", le méchant était un pédophile. Dans "La chasse", le méchant est ... un pédophile. De là à croire que Thomas V se serait fait tripoter par son institutrice en Mat' Sup', il n'y a qu'un pas ... Sauf que dans "la chasse" le pédophile n'en est pas un Bon, je suis pas très clair.
Reprenons Dans un petit village, Mads Mikkelsen est accusé à tort d'attouchement sur mineur. Partant du principe qu'un enfant ne ment pas, personne n'écoute ses dénégations. La communauté qui lui était un doux cocon se révèle une machine à exclure. Le film aurait peut-être été intéressant si la culpabilité du héros avait été envisageable. Or, Vinterberg refuse cette facilité. On sait depuis le départ que Mikkelsen est innocent et que l'enfant a menti. Du coup, "La chasse" se réduit à la description manichéenne de la méchanceté d'une communauté aveuglée par son auto-défense face au courage christique du Juste accusé à tort.
Thomas Vintererg nous prouve encore une fois qu'il est un cinéaste qui aime déranger. En effet, cette fois ci, il s'attaque à l'incompréhension que peuvent engendrer certains rapports entre un adulte et un enfant à l'imagination débordante. Une triste réalité, montrée avec brio, grâce à un Mads Mikkelsen tonitruant et une écriture de très bonne qualité ...
La Chasse, dernier film du réalisateur Thomas Vinterberg connus pour son film Festen qui plus de 20 ans après offre un bon film traitant du même sujet de manière différente et différemment réussis avec un Mads Mikkelsen impressionnant.
Qu'il est bon des fois de ne pas se fier aux critiques presses... Constamment en stress durant tout le film, c'est un véritable choc. Le prix attribué à Mads Mikkelsen (impérial) est amplement mérité. Un film révoltant à voir et revoir.
Thomas Vinterberg aime les sujets à controverse, comme en atteste sa filmographie où il récidive plus de 14 ans après l’impressionnant Festen (1998), déjà récompensé à Cannes et qui traitait à l’époque de l’inceste. Cette fois-ci, avec La Chasse (2012), il est question d’un mensonge, pas le genre de mensonge auquel on peut pardonner car là, il est question d’attouchements sur mineur. Le film nous montre comment un homme, bien sous tous rapports devient du jour au lendemain, la bête immonde qu’il faut fuir et chasser par-dessus tout. Accusé à tort par une enfant dont il s’occupe dans une garderie, ce dernier se retrouve alors pris au piège car c’est bien connu « la vérité sort de la bouche des enfants ». Comment faire face à de telles d’accusations, surtout lorsque tous les enfants de la garderie se mettent à adopter le même raisonnement lorsqu’ils sont interrogés les uns après autres. Thomas Vinterberg nous livre ici une véritable plongée dans l’horreur psychologique sous la forme d’un thriller implacable et brillamment interprété par Mads Mikkelsen (qui a amplement mérité son prix à Cannes). D’une rare justesse, tant au niveau de la mise en scène que de l’interprétation (notamment la jeune Annika Wedderkopp, bluffante !), il nous est impossible dans pareilles circonstances, de ne pas repenser à l’affaire du procès d’Outreau. Comment arriver à croire sans le moindre doute nos chères têtes blondes après avoir découvert un tel drame où la cruauté humaine dans toute sa laideur vous est dévoilée sans aucune retenue. Avec 9 nominations au 65ème Festival de Cannes (dont la Palme d'Or), on ne peut que se réjouir de voir ce film avoir été récompensé à juste titre par deux trophées, à savoir le Prix d'interprétation masculine (pour Mads Mikkelsen) & le Prix du Jury Œcuménique. Dans le même registre, il est fortement recommandé de voir (ou revoir) le remarquable drame de William Wyler (La Rumeur -1961) avec Audrey Hepburn.
Une véritable dénonciation de l'attitude de tout et chacun face à une rumeur, qui va détruire un homme. Et quelle interprétation de Mikkelsen impérial... Une vraie claque!!!
Un film dur, nous laissant pantois à la fin. Mads Mikkelsen parfait dans son rôle de bouc émissaire. Très représentatif du grégarisme de la société et de l'effet boule de neige. A voir et conseillé.