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Un visiteur
2,5
Publiée le 14 octobre 2012
Qu'attendez-vous d'un film ? Qu'il vous touche, même si c'est pour vous faire du mal ? Alors allez voir celui-ci. Il manque de sens à mon goût, et pour ce qui est de la technique, on dirait souvent du caméscope.
« Después de Lucia » commence par un interminable plan dans lequel le père d'Alejandra abandonne la voiture de sa femme défunte, se débarrasse de l'objet ayant causé la perte de son épouse. Le film finit exactement de la même façon : au cours d'un plan tout aussi interminable, le père va se débarrasser d'un autre « objet », ayant causé la perte, plus métaphorique cette fois, de sa fille. Les deux scènes se répondent volontairement et l'idée n'est pas vilaine. Michel Franco rate cependant son effet avec ses longs plans hanekiens et sa volonté austère de faire « art » : le cut n'arrivant pas, la scène finit par durer trop longtemps sans que du sens supplémentaire vienne s'y ajouter et s'enferme dans un dispositif poseur manquant par ailleurs cruellement de personnalité. C'est le problème principal du film, à côté de l'aspect « liste de courses » de la succession de scènes d'humiliation subies par Alejandra, comme si Franco voulait être sûr d'avoir fait le tour de toutes les tortures psychologiques potentiellement réalisables par un gang d'ados bourgeois. La froideur de ces plans fixes et le manque de réactions d'Alejandra conduisent le film à écrémer les émotions du spectateur qui, un peu mal à l'aise, condamne certes les actes commis par les personnages mais sans jamais s'attacher à Alejandra. Cette dernière est en réalité inexistante, tout comme ses bourreaux, dont le comportement à son égard ne s'explique que par la volonté du réalisateur de faire arriver des évènements dans son film. Pour autant, le film n'est pas totalement nul, Franco sachant mettre sa caméra au bon endroit. Et il y a la scène de la plage, de nuit, prévisible en apparence mais à l'issue inattendue (un autre réalisateur aurait pu achever le film en changeant la fin de la scène telle qu'elle semblait se dessine) : face aux vagues déferlant sur la côte, c'est le seul moment où il semble avoir un véritable regard sur ses personnages qui, eux, semblent être littéralement aveuglés par leur haine ordinaire.
Franco adopte une réalisation minimaliste – avec, tout de même, un excellent usage de la profondeur de champ – pour produire le malaise. Certains plans durent, les cadres fixes renforcent l'impression d'enfermement des personnages. L'usage de lumières falotes appuie le manque d'éclat des protagonistes endeuillés. L'absence de musique nous laisse apprécier le visionnage sans être orientés émotionnellement.
Le milieu scolaire, en particulier le collège, est le théâtre de nombreux harcèlements. En microcosme qu'il est, ses individus – pour certains, encore inconscients et impitoyables – cristallisent leur mal-être sur une personne esseulée, le plus souvent introvertie et inoffensive.
Alejandra incarne la victime idéale aux yeux de ses agresseurs : manque de confiance en elle, moral ébranlé par spoiler: la perte de sa mère , sollicitude envers son père qui la freine à partager ses maux. Ce silence l'isole et la plonge dans une dépression, où même les voyages scolaires virent au cauchemar.
Roberto, lui-même abattu par spoiler: le deuil de sa femme , vivote également. Sa douleur le suit au travail, chez lui, et l'aveugle sur sa fille, percluse par la honte et la peur de l'informer de la situation. Les adultes, Roberto comme l'autorité scolaire, sont parfaitement inefficaces. Leur inaction collective favorise un cadre complaisant aux harceleurs : ni prévention ni solution.
En tant que spectateurs, nous sommes témoins, mais aussi prisonniers, des horreurs que subit Alejandra. Horreurs qui détonent souvent du contexte dans lequel elles s'opèrent : spoiler: en soirée, lors d'un anniversaire, pendant une sortie scolaire, à la plage . Face à cette situation invivable, à laquelle l'école a tourné le dos, quelle échappatoire ?
Alejandra et Roberto en trouvent chacun une : spoiler: la fugue et la vengeance . Aucune ne rend justice à la situation ni ne permet de lutter contre le harcèlement. La douleur leur fait franchir les limites morales ; et nous, spectateurs omniscients, demeurons impuissants. Ne nous reste plus qu'à tirer les leçons qui s'imposent de cette expérience fictive.
Encore un film type Compliance où je ressort de la salle extrêmement déçu ce qui m'oblige à contre cœur à mettre une note sévère à ce Después de Lucia qui méritait sur le papier un bon 4 étoiles. Je suis d'autant plus désolé que la jeune et jolie Tessa Ia qui interprète le rôle principale est vraiment remarquable et offre une prestation très émouvante pour ce qui constitue son vrai tout premier rôle au cinéma. Un rôle que Tessa Ia n'aurait peut être pas eu si le réalisateur Michel Franco n'avait pas eu la bonne idée de la choisir après l'avoir rencontré chez des amis à lui alors que ce dernier voulait un jeune garçon pour joueur l'enfant de Roberto, tel que nous le confiait Premiere dans son édition d'octobre 2012. Au delà des longueurs et du manque cruel de rythme, c'est surtout la répétitivité des scènes qui ont fini par avoir raison de ma patience tant le réalisateur ne change pas de fil directeur et oublie de nous offrir un turning point libérateur histoire de nous soulager un peu. En effet, comme si la jeune Alejandra n'avait pas assez de souci familiale depuis la disparition tragique de sa mère, elle devient plus qu'un simple bouc émissaire auprès de ses nouveaux "camarades" de classe mais plutôt un véritable objet de défoulement quotidien que ça en devient un peu too much. On a d'autant plus de peine que celle qui attise les jalousies semble se laisser faire, sans jamais répliquer, comme si elle vivait un bizutage permanent qu'elle considérerait presque normal. spoiler: Et c’est bien là mon regret car j'ai attendu jusqu'à la fin l'heure de la vengeance à la "I spit on your grave" sans aller aussi loin bien sûr, mais au moins un instant de rébellion pour que justice se fasse, un peu comme dans Christine le film de John Carpenter dans lequel la voiture punie ceux qui ont osé faire subir des brimades à Arnie. On sort de ce film presque énervé finalement en ce disant que c'est le mal qui a gagné . Dommage parce que l'ambiance et les bonnes intentions de Franco était là mais je n'ai pas eu la dernière partie de film que j'attendais mais plutôt l'obstination dramatique du réalisateur qui a viré selon moi un peu trop à l'acharnement envers son héroïne...
Dur, premier mot qui vient... une ado et son père en plein deuil arrivent dans une nouvelle ville pour tout changer et se reconstruire... c'est l'inverse qu'il va se passer et à l’extrême. Alexandra va trouver rapidement une petite bande sympa et avec eux elle fera la fête à la suite dune chaude soirée ce sera le tourbillon de l'enfer... elle va devenir le souffre douleur de sa bande et ils vont lui faire subir humiliations et violences extrêmes... c'est dérangeant, bouleversant on se trouve en situation de voyeurs et on a envie de crier pour elle car elle, ne dira rien pour "protéger" son père ? elle vient de perdre sa mère et elle se sent coupable ? peut être rien n'est dit. Elle choisira l'isolement, le père va répondre à cette douleur par la violence, la fin est tragique et nous laisse traumatisé ... pourtant j'aime les films dramatiques, mais celui-là est à la limite psychique pour moi... la question de la jeunesse d'aujourd'hui est posée aussi : portable, alcool, drogue... si vous êtes bien accroché allez y ! c'est un très bon film...
Un film énigmatique sur la violence, celle de l’adolescence, celle du deuil, celle du monde extérieur et celle de nos propres pulsions. Le film est porté par la justesse et la finesse d’interprétation de la jeune actrice Tessa Ia, formidable. Ma critique : http://tedsifflera3fois.com/2012/10/16/despues-de-lucia-critique/
Ce film est un pur chef d'oeuvre qui nous montre enfin la réalité en face, dur à regarder et on n'en sort pas indèmmes. Un vrai message. Une actrice epoustouflante...
Grande maîtrise dans la réalisation de ce film, le sujet est traité avec une grande justesse, il est parfois difficile, voire inconfortable de rester devant l'écran sans pouvoir aider cette pauvre Alejandra... On voit aussi un Mexique des beaux quartiers, qui existe aussi, et cela montre que ces problèmes d'ados qui se mènent la vie dure arrivent aussi dans les lycées dorés.
Le premier mérite de ce film, c'est de ne pas laisser indifférent ; le grand écart entre les critiques le souligne. On cite souvent Larry Clark et Michael Hanneke et à juste titre. Ici, l'enfer d'une adolescente et de son père sont filmés de manière clinique et parfois à la limite du supportable. On souffre avec cette jeune fille, on aimerait qu'elle trouve de la compassion autour d'elle. Après un drame, nos 2 personnages recherchaient un nouvel environnement pour se reconstruire : ils vont toucher le fond, chacun à leur manière et avec des trajectoires différentes. Au final, on ressort éprouvé de la projection, autant marqué par la sauvagerie de ces lycéens de bonne famille que par les longs plans séquences sur le père, notamment le dernier. Ce que j'apprécie aussi, c'est l'absence de jugement, de morale ; les rares apparitions de l'autorité (le proviseur, la police) sont vaines. Le réalisateur livre au spectateur les faits bruts (voire brutaux). A lui de se faire une opinion.
Film sur la maltraitance physique et psychologique à l'école. Tellement bien réalisé et interprété, que le film m'a mis dans une situation d'angoisse profonde mêlé d'énervement et d'empathie pour la victime.
Nul ne peut rester insensible devant pareil spectacle : le harcèlement et la maltraitance subis par Alejandra de la part de ses « camarades » de classe Voir comment le harcèlement peut « vider » un individu dans le sens littéral du terme c’est-à-dire lui ôter sa conscience de lui-même, son amour propre et sa dignité Des scènes à la limite du supportable comme celle du gavage de « gâteau d’anniversaire » S’interroger sur la réaction du père, porté par son désir de vengeance
Ce film nous raconte l'histoire d'une famille à la dérive, suite à la mort de la mère. Le père et la fille partent à Mexico City, dans l'espoir de tout reconstruire. Évidemment, rien ne va se passer comme prévu, spoiler: et la fille va vite devenir le souffre-douleur de ses camarades d'école. Tout cela nous donne un long-métrage froid et dur, mais bien interprété et réalisé. A voir, mais pas un soir de déprime.
J'ai une réelle faiblesse pour le cinéma sud américain qui ne cherche pas à copier hollywood ou le cinema européen. Le cinéma sud américain nous montre réellement sa société et a des dénouements propres à la mentalité de sa société. C'est le cas de ce petit ( cet ovni ) bijoux qui ne trahit pas cette vision.