J’ai vu Tarzan en salles trois fois à l’époque. Non pas par amour du film, mais certaines circonstances m’y ont amené, et je ne l’ai jamais revu jusqu’à aujourd’hui. Avec mon installation, c’est comme si je l’avais vu une quatrième fois au cinéma, avec seulement quelques jours d’écart, alors qu’il s’est passé plus de vingt-cinq ans. Ça fait bizarre, mais c’est une super expérience.
À part ça, je trouve que c’est quand même un super film Disney, assez intéressant par la place qu’il occupe dans l’histoire du studio aux grandes oreilles.
Tarzan est le dernier film de la firme sorti au XXᵉ siècle et, selon la manière dont on le considère, le dernier de l’âge de la Renaissance ou l’un des premiers de l’ère expérimentale de Disney. Pour ma part, je le trouve à cheval entre les deux.
On retrouve la qualité de réalisation et d’animation de la période Renaissance, ainsi que certains gimmicks :
— la charge des éléphants effrayés manquant d’écraser nos héros,
— l’assaut de toute la jungle lors du final, tel l’attaque du château dans La Belle et la Bête,
— le service à thé aperçu dans le camp,
— et même la dualité entre deux mondes, la trahison puis la résolution.
Ce n’est pas seulement un formatage industriel basé sur une formule qui fonctionne, ni de la paresse scénaristique, mais bien un écho du passé alors que le regard est tourné vers l’avenir. Tarzan est clairement un film charnière.
Du côté de la période expérimentale, Tarzan utilise déjà l’animation 3D de façon bien plus poussée qu’auparavant, pour un résultat spectaculaire. Les effets en 3D offrent une osmose parfaite avec la 2D traditionnelle. Cela rend notamment impressionnantes les scènes de voltige dans la jungle. Le mélange des deux techniques, entre tradition et avenir, marque encore une fois la fin de la Renaissance et le renouveau de l’animation via la 3D.
Le résultat est impressionnant : même 24 ans plus tard, Tarzan reste une merveille d’animation.
Il n’y a plus de chansons interprétées par les personnages. C’est Phil Collins qui chante et rythme le film, et en français s’il vous plaît.
Petite parenthèse : il chante dans un français phonétique absolument horrible. Les chansons auraient dû être laissées en anglais, ou bien interprétées par un artiste francophone, parce que là, en tant que Français, c’est vraiment mauvais. On ne comprend rien.
Fin de la parenthèse, revenons à nos moutons.
Le traitement des personnages est moins fantaisiste qu’avant. Le seigneur de la jungle est abordé de manière plus psychologique, sans jamais renier sa dimension mythologique ni iconique, bien au contraire.
Tarzan n’est peut-être pas le meilleur Disney des années 90, mais il offre un magnifique chant du cygne. La scène d’introduction donne immédiatement le niveau de qualité qui suivra : pure mise en scène, aucun dialogue, seulement des transitions fines, du slapstick et une animation de haute compétition.
C’est un très bon film d’action et d’aventure (animé en partie en France, d’ailleurs), et une belle modernisation du personnage créé par Edgar Rice Burroughs.