"Coco" est un nouveau petit bijou pour Pixar. Je saluerais en premier lieu le choix dépaysant d'aller au Mexique et de construire une intrigue respectant les traditions (la fête des morts) et les caractéristiques de ce pays (la musique, la religion, la papaye qui en est originaire), puis le scénario brillant, habile mélange d'émotions
(le trio Coco, Hector et Miguel)
, de famille
(l'amour avec Imelda et Hector; la parenté entre Coco et Hector; la filiation entre Miguel et Hector)
, d'humour réussi
(les squelettes qui se battent, le maquillage façon panda, le chien Dante, le chorizo, la cloche comme double mort ironique pour Ernesto)
, de références
(Game of Thrones, le Seigneur des Anneaux et Harry Potter ont inspiré quelques créatures)
, de twists efficaces
(sur le passé d'Ernesto et Hector)
et de séquences somptueuses
(le concours Poco Loco, la fin entre Ernesto et Hector, le spectacle papaye)
. L'ensemble est magnifié par une réalisation très fluide et dynamique, des musiques parfaitement dans le ton (Michael Giacchino est un compositeur génial, sa contribution à l'excellente Fringe m'avait déjà séduit), et une animation magistrale, soignée sur les détails (le visage de Coco traduit un nombre incroyable de sentiments), créative (le monde des morts est de toute beauté) et extrêmement colorée (la luminosité du Mexique, l’hippogriffe bariolé, les costumes, les décorations, etc...). Enfin, "Coco" ne serait pas un vrai Pixar sans la double lecture derrière cette aventure, délivrant des messages forts sur l'immigration
(Miguel est seul, différent et pas aidé au royaume des morts; Hector veut passer un pont pour rejoindre sa famille mais un flic l'en empêche)
, les bons et mauvais côtés de la famille
(elle impose parfois ses choix aux enfants (pas de musiques pour Miguel) mais elle demeure le plus important (les photos, le mausolée, les bougies et les fleurs pour se souvenir))
, l'essence de la vie
(on existe à travers les souvenirs que les autres ont de nous, message également passé dans la saison 2 de Westworld)
et la cruauté du monde musical
(les idoles de jeunesse qui déçoivent (Ernesto est un voyou); les chansons volées et l'empoisonnement du concurrent)
. Propos intelligent et moderne, multiples grilles d'interprétation, ouverture sur le monde et animation bluffante, "Coco", au même titre que Inside Out mais dans un tout autre registre, est un véritable chef-d’œuvre.