2022 est une année riche en Pinocchios, après l’affreux de Zemeckis, voici le particulier de Del Toro.
Évidemment il ne peut s’empêcher de parsemer le fantastique d’éléments historiques. Le mélange fonctionne beaucoup mieux que dans le Labyrinthe de Pan. Ainsi, pas de fête foraine ici.
Le conte est tellement remanié qu’il pourrait passer pour un hors sujet. Au moins ça surprend.
La back story sur Gepetto c’était vraiment pas obligé.
Et puis c’est trop long. Tout du long c’est trop long. Ça se répète beaucoup trop, ça se complexifie inutilement. Et Pinocchio est insupportable, en plus d’être nu.
Une énième version de Pinocchio, qui peut sembler prometteuse dans les premiers instants de visionnage mais qui au fond ne vole pas bien haut. Cette version franco-americano-mexicaine de ce conte italien est très belle graphiquement parlant, malgré que la pate de Del Toro ne soit pas forcement du gout de tout le monde. Après le labyrinthe de Pan dans l'Espagne franquiste, Pinocchio, conte de Carlo Collodi écrit en 1830, est transposé un siècle plus tard dans l'Italie fasciste, ce qui n'est pas nécessairement inintéressant comme idée. Un film qui repose ainsi en grande partie sur un propos idéologique, mais à coup de grands arguments digne d'un discours de miss-France tels que "la guerre c'est pas bien" et qui trouve son apogée dans un spectacle devant Mussolini à coup d'humour pipi-caca...
Très loin d'un chef d'œuvre donc, la note de 2 peut paraitre trop basse, mais il s'agit de rééquilibrer un peu ces notes excessivement haute.
Je me suis fait avoir par la note très élevée, alors qu'en fait, c'est ennuyeux au possible. En plus, il y a des chansons. Bref, perso, je n'ai pas aimé et mon gamin de douze ans, s'y est endormi.
techniquement réussis et original, un film peut être un peu long pour de l'animation et il faut dire que le disign des personnage est assez repoussant. une belle étrangeté
A la lecture des critiques dithyrambique, je m'attendais à un chef d'œuvre. Je ne l'ai pas ressenti comme tel, mais ça reste un bon film. Il faut déjà louer l'immense travail d'animation qui en fait un métrage techniquement sans faute. Sinon on trouve de tout dans ce film, Pinocchio est amusant quand il n'en fait qu'à sa tête, il est agaçant quand il est parfois à la limite de la mièvrerie. L'arrière-plan de l'Italie fasciste était-elle une bonne idées ? Sur le papier sans doute, mais qui aujourd'hui va comprendre la métaphore hormis les seniors et bien sûr les Italiens. L'idée était pourtant séduisante, qui était de montrer un personnage refuser l'obéissance aveugle. Je suis rarement sensible aux musiques de film, mais là on ne peut pas faire autrement que l'entendre (41 morceaux !) et je l'ai trouvé très fade.
Quand on lui demande d'où vient cette fascination pour le mythe de Carlo Collodi, Guillermo del Toro compare le pantin de bois à la créature de Frankenstein. D'une pierre deux coups, le réalisateur mexicain fournit une clé de lecture à Pinocchio et à sa filmographie peuplée de freaks en tout genre. La logique voudrait qu'on le rapproche du récent Nightmare Alley. Il y a plusieurs passerelles entre les deux longs-métrages, mais pas autant qu'avec L'Échine du Diable ou Le Labyrinthe de Pan. Del Toro ne se ferme pas au jeune public mais le crédo n'a pas bougé : montrer la collision entre l'enfance et un monde d'adultes.
Le choix de la stop-motion fait directement écho à Pinocchio, pièce d'artisanat dans laquelle s'est infiltrée la vie. Le design s'éloigne donc logiquement du petit garçon pour aller vers une forme plus originale, à mi-chemin entre le pantin articulé et la créature indéterminée (un freak donc). Quelque chose que l'œil perçoit comme fait main, solide, concret jusque dans ses imperfections. Avoir un joli procédé (et il est magnifique) ne suffirait pas, c'est pourquoi la fable a été volontairement située dans une époque spécifique. Le spectre de la guerre hante le cinéma de Guillermo Del Toro,spoiler: il place son Pinocchio dans l'Italie de Mussolini et ce n'est pas anodin.
Outre ce retour au bercail (le conte fut signé par Carlo Collodi), le long-métrage d'animations prend appui sur ce contexte pour renverser le point de vue. Ainsi, le regard s'attarde beaucoup sur de grandes personnes coupées de leur innocence d'antan. On y croisespoiler: un maire fasciste prêt à envoyer son jeune fils à la guerre, un Monsieur Loyal faux-jeton et cupide, un prêtre mielleusement intolérant . Dans une moindre mesure, le film met également Geppetto face à ses responsabilités parentales. Signe supplémentaire de cette réinvention, Sebastian J. Cricket qui adopte une ligne plus philosophique que professorale. Concernant Pinocchio, l'idée de génie est de revenir aux sources tout en faisant un pied-de-nez au conte moraliste de Collodi.
On imaginait difficilement Guillermo del Toro se vautrer dans le conformisme, et on a bien fait. Lui et Mark Gustafson jouent des ambiances, opèrent quelques percées musicales ou oniriques et de pures bouffées d'émotions. Cependant, le coup de force repose une nouvelle fois sur la réinterprétation du mythe, vantant l'esprit de fronde du petit être face à un moule dans lequel on aimerait le coincer. Dans un savoureux retournement de table, la désobéissance et les bêtises deviennent l'essence même d'un bien à chérir face à des règles dogmatiques tout juste bonnes à cloisonner les esprits. L'expression d'une enfance dont il faut conserver une part afin d'embellir son monde.
Oubliez le dernier remake en plastoc servi par Disney, la paire Del Toro/Gustafson vous montre de quel bois elle se chauffe. Il ne s'agit pas tant d'une relecture mais d'une réappropriation. Les quatorze années de développement en valaient la peine. Guillermo del Toro a accouché d'un film à son image : parfois sombre, parfois drôle, toujours poétique. Et terriblement tendre. Il parait que cette année, on a vu débarquer deux Pinocchio. Pour le bien de tous et par respect pour Robert Zemeckis, on va gentiment l'oublier et se dire que le seul et vrai film est arrivé juste à temps pour boucler l'année 2022.
Ce Pinocchio de Guillermo Del Toro est, pour moi, la meilleure adaptation de ce conte pour enfants. Sombre, poétique, émouvant mais aussi drôle, rien ne nous sera épargné dans cette variation du réalisateur mexicain qui, une fois encore, notamment après son génial « Nightmare alley », prouve qu’il est un conteur de talent. Il nous embarque encore une fois dans son univers avec ce récit initiatique en faisant traverser à ses protagonistes de terribles épreuves (le deuil, la guerre, l’exploitation…) pour mieux les endurcir et les faire grandir. Captivant et touchant, ce Pinocchio-là est une belle leçon de vie à cent mille lieues de celui de Roberto Benigni !
Plus sombre, plus fidèle (je pense), plus éloigné de la version Disney ou Zemeckis, le film est plus agréable à découvrir. On ressent l'univers de Del Toro (coté forme de l'eau). Cela reste très touchant, malgré que Pinocchio soit plus agacant par moment. A privilégier à la version de Zemeckis
Si j'admire la prouesse technique d'animation, je ne peux pas dire que cette version m'a séduite. Je préfère le film de Disney. Là, c'est très sombre avec le fascisme italien en arrière plan. Sans compter que la marionnette est exaspérante.
Avec Pinocchio, Guillermo Del Toro s'essaye à l'animation et nous propose sa version du conte de Carlo Collodi, pour un résultat plaisant. L'histoire se situe en 1916 et nous fait suivre Geppetto, un menuisier italien qui va perdre son fils âgé de dix ans. Afin de lui rendre hommage, il va planter la pomme de pain que l'enfant portait au moment du drame. Quelques années plus tard, celle-ci va pousser et devenir un arbre que l'artisan va couper pour en faire une marionnette en bois qui va prendre vie. Ce scénario reprend donc les grandes lignes de l’œuvre originale, tout en apportant quelques modifications, dont son introduction franchement réussie. Le récit est plaisant à vivre, même si ses près de deux heures de durée se font ressentir à la longue. Car malheureusement, on connait déjà l'intrigue et malgré les nouveautés bienvenues, le fond est le même qu'autrefois et ne révolutionne donc rien. Cependant, les thèmes abordés, comme la paternité, l'éducation et la mort, sont traités avec justesse et le contexte historique dans lequel se déroule l'aventure est intéressant puisqu'il nous amènes dans l'Italie fasciste des années trente. Au niveau des personnages, on retrouve les visages connus mais modifiés de Pinocchio, Geppetto et du Cricket, dont il est appréciable de voir l'évolution de leurs personnalités, notamment celle du pantin de bois qui va s'instruire lors de son apprentissage. Les autres protagonistes sont eux moins marquants. Mais les trois principaux parviennent à procurer beaucoup d'émotions via leurs relations et les mots qu'ils s'échangent. Le ton est très bien équilibré entre amusement et tristesse à travers ces rapports. Là ou le long-métrage se démarque réellement, c'est sur son aspect visuel. En effet, le film utilise la technique du stop-motion ce qui lui confère une esthétique singulière, bien que la plus-value soit contestable au vu du travail dantesque que cela représente, alors que le rendu final se rapproche de l'animation classique moins chronophage. Par dessus vient se greffer une direction artistique réussie, aussi bien au niveau de l'aspect des personnages que des environnements. De plus, les couleurs sont belles et viennent parfaitement peindre ce beau tableau. Des images accompagnées par une bonne b.o. signée Alexandre Desplat. Ses compositions collent bien à l'univers et quelques chansons chantées se font entendre à des moments toujours opportuns. Mais malgré ses qualités, on ne retiendra pas ses notes au-delà du générique de fin. Un dénouement sans réelle surprise mais tout de même touchant. En conclusion, cette proposition de Pinocchio donne lieu à une œuvre plaisante mais qui ne surprend pas, ce qui en fait un film à l’intérêt limité malgré ses qualités.
Le célèbre conte de Pinocchio réinventé par Guillermo Del Torro, en prenant le soin de réorganiser la trame narrative, pour obtenir une œuvre plus mystique et troublante. L’animation en stop-motion est un pari risqué : le design est très réussi et l’atmosphère poétique et touchante, mais l’animation n’est peut-être pas des plus évidente pour les scènes d'actions, difficile parfois de mouvoir les personnages dans l’espace. Parmi les créatures qui méritent une distinction, il y a la Fée Bleue spoiler: (divisée en deux entités distinctes) symbole de la vie, personnage mystique, troublant d’une voix assurée et profonde, aussi bien dans VO que dans la VF. Mais aussi Jiminy, qui prend la forme d’un criquet étrange ressemblant dans les traits à sa consoeur la Fée Bleue. L’introduction du fascisme de Mussolini dans l'œuvre de Pinocchio est sûrement la plus grosse nouveauté de l’adaptation avec ce thème plus adulte autour de la guerre, bien que perçu par Pinocchio et ses compagnons n’étant encore que des enfants. Le cancre Lumignon qui pousse Pinocchio dans ses vices est absent, il est troqué ici par le jeune fasciste “La Mèche (en VF)” beaucoup plus prude. Cette partie sur la guerre m’a moins touché que l’œuvre originale avec L'Île Enchantée/Pays du Jouet/Transformation en âne, qui m’a marqué dans ma jeunesse et que je trouve terrible. Mais cela est audacieux de la part de Guillermo d’avoir essayé, d’autant plus que la confrontation à la mort fait partie des arc narratifs principaux. Le jeune Carlo, mort par les bombardements encore une fois à cause de la guerre, est aussi une nouveauté, il donne plus de crédibilité au choix de Geppetto et plus d’humanité à la marionnette. Les sujets traités sont universels, ainsi montrés avec délicatesse et soin : questionnement sur la vie, sur son importance, sur la mort, sur l’éternité. Tout ça en fait une œuvre indépendante qu’il est plaisante de voir en 2022, loin des formes et animations numériques dont nous nous habituons et nous nous conformons si vite.
Le graphisme soigné, ciselé de cette nouvelle adaptation de Collodi semble un hommage à l'aspect artisanal du cinéma d'animation, une ode à l'authenticité mécanique et au travail de la matière dont est né Pinocchio. Au-delà de cette esthétique remarquable, ce long-métrage déplace légèrement le cadre originel et ancre l'histoire dans l'Italie fasciste du siècle passé, quitte à ce que le contexte ne serve que de porte-voix aux messages du dessin-animé sans entrer en résonance directe avec le scénario (plus de détails : https://pamolico.wordpress.com/2022/12/29/pinocchio-guillermo-del-toro/)
Quand on compare ce film à l'adaptation live de Robert Zemeckis, on peut forcément se dire qu'il n'y a aucun débat à avoir. "Pinocchio par Guillermo del Toro" se serait simplement appelé "Pinocchio" s'il avait été la seule version de cette histoire sortie cette année. Le film est clairement une petite pépite qui redéfinit parfaitement l'œuvre originale et qui doit pouvoir très bien marcher sur une jeune génération. Réalisé en stop-motion, sa principale qualité étant forcément son aspect visuel. Le travail sur les décors ou les personnages est très réussi. J'aime beaucoup le design de Pinocchio notamment, loin de celui faisant très "petit garçon" de Disney. Ici, on sent clairement son aspect de marionnette et de pantin de bois. Le tout est donc très bien géré, très bien éclairé également, et ce sera toujours un plaisir de parcourir l'ensemble de cet univers. Guillermo del Toro se l'est parfaitement approprié pour y insuffler son style et ses thématiques. On pouvait forcément se dire que cette histoire était faite pour lui. Pinocchio est le personnage parfait pour traiter ses thématiques habituelles autour des monstres, des créatures, de l'étrangeté, etc... Sur le papier, on retrouve donc une grande partie de l'histoire d'origine. On revoit la création de Pinocchio, son passage dans une troupe de cirque, le final dans l'océan, etc... Pourtant, le réalisateur a modifié pas mal d'éléments, allant même jusqu'à retirer des parties entières de l'histoire de base. Une idée un peu surprenant certes, mais qui montre son envie de s'approprier totalement l'œuvre. Et ce qu'il en fait va s'avérer finalement assez intéressant. Plaçant son histoire au sein d'une Italie rongée par la guerre, le film aura donc un sous-texte très particulier. Cela aura donc un peu surpris les gens, mais tout ça n'est qu'un sous-texte. J'ai plutôt bien accepté l'idée, sachant qu'elle n'est pas l'élément principal de l'histoire. Le scénario va bien plus tourner autour de la valeur de la vie, en rapport avec la quête d'apprentissage très connu de Pinocchio. Mais aussi, de manière assez surprenante, le long-métrage va beaucoup traiter de la mort et de son importance. Si Pinocchio semble immortel de par ce qu'il est, tout le film sera donc là pour lui apprendre que nos proches ne sont pas éternels et qu'il vaut mieux en profiter avant de les voir s'en aller. Une approche particulière, mais très intéressante, car elle s'accorde assez bien avec ce qu'est Pinocchio. Si l'adaptation de Disney en a fait une histoire assez classique de leur firme, à base de leçons classiques pour un enfant, cette version se veut donc plus profonde et va traiter tout cela de manière moins basique. J'ai donc beaucoup apprécié cette approche, on ne s'ennuie absolument jamais face aux différentes propositions du film. C'est donc une petite réussite, très agréable et vraiment sympathique. Hormis une séquence un peu rapide dans ce camp d'entraînement pour enfants, je n'ai rien à redire sur ce projet. C'est un ensemble vraiment excellent, et plus qu'appréciable ! Pour conclure, une superbe réinterprétation.