Carol
Note moyenne
4,0
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415 critiques spectateurs

5
87 critiques
4
146 critiques
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100 critiques
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52 critiques
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19 critiques
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11 critiques
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lacroix p
lacroix p

33 abonnés 190 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2016
Dans la même veine que "loin du paradis", le réalisateur nous transporte dans l'Amérique des années 50, les couleurs sont moins chatoyantes, l'ambiance plus mélancolique encore. Les actrices sont excellentes
flo con d'avoine
flo con d'avoine

15 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 février 2016
J'ai eu un peu peur au début et été énervé par quelques facilités de mise en scène qui accentuaient les effets dramatiques au lieu de rester sur le fil.
Mais la tension reste palpable jusqu'à la dernière seconde avec un très beau final avec une belle finesse de scenario et une belle scène finale.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 23 janvier 2016
Malgré un scénario très décevant qui propose une deuxième partie assez lente et ennuyeuse, la réalisation de Todd Haynes, habile et intéressante, rend le film honorable. Enfin, les actrices, formidables de justesse, proposent une interprétation prodigieuse. Critique en entier en lien.
Didier A.
Didier A.

20 abonnés 48 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 janvier 2016
Pensez vous être capable de tenir face au regard envoutant de Cate Blanchett? Pas sur du tout... Belles images des années 50 de New York, deux actrices qui vous emmènent dans leur passion amoureuse irrésistible. En résumé : Histoire simple, réalisation magnifique, deux actrices exceptionnelles, images somptueuses, rythme parfait...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 14 janvier 2016
On se retrouve sans surprise face à un film académique : c'est propre, c'est soigné, mais ça ne raconte pas grand chose. Malgré une direction d'acteurs de qualité, misant sur deux actrices de talent jouant des personnages travaillés, l’œuvre passe à côté de l'essentiel. Parce que si cette histoire d'amour entre deux femmes s'appuie sur une simplicité et une beauté certaines, la narration ne décolle jamais. Et bien qu'elle n'ennuie jamais le spectateur, elle a tendance à donner un aspect vide au film. Il est construit selon une structure des plus classiques, malgré une introduction en plan-séquence musical, l'ensemble ne surprend pas et la fin est facile. Il n'y a aucun enjeu et tout repose sur deux personnages fascinants, ce qui n'est donc pas suffisant pour que l'on accroche totalement à l'histoire.
L'ensemble est servi par une photographie plutôt propre et colorée, certains plans sont réellement beaux. La musique, très (trop ?) inspirée de Philip Glass, est logiquement bonne. Carter Burwell arrive tout de même à donner une identité à sa musique et l'ambiance sonore est réussie.
La mise en scène est en revanche trop hétérogène, un coup on se retrouve face à de beaux plans bien composés et colorés, un coup on a l'impression de regarder un téléfilm, l'image est terne et aucune ambition ne s'en dégage. Mais on ne va pas se mentir, comme dit précédemment, l'ensemble est franchement beau à voir.
Carol laisse donc un goût légèrement amer, l'impression d'avoir vu un bon film, beau, mais dont l'objectif semble être l'obtention de récompenses, ce qui se traduit par une retenue et une lisseur évidentes, là où l'on aurait pu avoir, avec cette équipe technique, ce casting, un excellent film, sans concession.
Critik D
Critik D

175 abonnés 1 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2016
Ce film est magnifique ! Après avoir vu quelques critiques, j'étais beaucoup moins sûre mais après l'avoir visionné c'est vraiment un très beau film. La réalisation est superbe, la photographie très belle et les décors somptueux respectent bien l'époque. Le scénario est construit avec finesse et justesse. J'avais pu lire, la déception de certains face à la retenue des personnages et les scènes d'amour furtives. Pour ma part, j'ai trouvé des points justes et respectant parfaitement la dynamique de l'époque, et le regard porté sur l'homosexualité. C'est d'ailleurs bien interprété par Kyle Chandler, jouant très bien les maris jaloux mais surtout blessé dans son orgueil. Cate Blanchett en femme battante, forte, indépendant.... Mais finalement pas tant que ça. Et enfin Rooney Mara en petit faon fragile, découvrant un monde dont elle savait qu'elle y était plus épanoui. Tout est calibré et juste. On est devant un très beau film, que je trouve très représentative de l'époque. Et malheureusement encore inchangé sur certains points aujourd'hui.
Kinshaw.
Kinshaw.

16 abonnés 187 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2016
Beau film, une histoire captivante, sobre et efficace. De belles actrices et de la sensualité.
Un bémol sur la longueur du film, spécialité des films qui sortent en ce moment, durée minimum 2h, ça deviendrait presqu'une mode, mais quel intérêt ?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 février 2016
Un film d'une beauté et d'une émotion à couper le souffle. Il soigne les yeux et l'esprit de "La vie d'Adèle".
Pierrick Jean D.
Pierrick Jean D.

39 abonnés 38 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 février 2016
Carol, dans les Etats Unis des années 50, deux femmes, l'une employée d'un centre commercial, l'autre issue de la bourgeoisie, malheureuses, se croisent au hasard des fêtes de Noël. Un simple regard suffit à les lier dans une passion naissante, prises au piège des conventions de leur monde, elles vont devoir faire face ensemble. Tout le film est porté par deux points positifs majeurs: son contexte et ses actrices. Premièrement, le contexte nourrit énormément l'histoire, puisque là où le scénario suit au final une romance tout à fait banale, ne cherchant même pas à éviter les habituels clichés, une histoire entre deux femmes au milieu des années 50 (merveilleusement restituées soit dit en passant) renforce l'intrigue en ajoutant une tension permanente qui pèse sur les deux personnages. Le tout apporte une teinte d'actualité au film. Deuxièmement, les deux personnages principaux sont portés à l'écran par deux actrices, qui certes ne doivent plus faire leur preuves depuis longtemps, mais qui pourtant nous livrent une prestation magistrale. Les deux sont envoûtantes et rythment le film à elles seules. Le gros défaut du film sera finalement son scénario "bateau". En effet, au delà de son contexte particulier, le déroulé et les rebondissements sont finalement ceux d'une romance classique comme on en a vu des centaines. Cela transparaît notamment dans la dernière partie, qui était totalement superflue... Bref, pas un film révolutionnaire, mais une très belle histoire malgré tout. Allez dans les salles obscures, et vive le cinéma!!!
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2016
Voici sans doute un plaidoyer imparable, qui montre l'aberration sociétale d'avoir longtemps considéré l'homosexualité comme une maladie mentale. Cette rencontre se fait sous le sceau de l'amour. Qu'il s'agisse de deux femmes ne revêt d'importance qu'en regard de la société et de sa dimension normative. Qu'au nom d'un choix de partenaire amoureux et sexuel non conforme à la norme hétérosexuelle, une femme puisse se voir amputée de sa fille, est pour le moins saugrenu. Ce film dure près de deux heures, de fait une certaine lenteur se fait sentir, l'ennui peut poindre parfois. mais au fond, cela permet de s'apercevoir que le sensationnalisme n'est pas de mise. Certes, il n'est pas anodin d'aimer une femme lorsqu'on est une femme, pas plus que d'aimer un homme lorsqu'on est un homme, mais d'aimer une femme lorsqu'on est un homme ou aimer un homme lorsqu'on est une femme, n'est pas nécessairement plus simple à vivre. La religion craint toujours la perversion, la morale bien pensante condamne également la non conformité attendue. Ce film permet de mesurer qu'il n'est pas juste (au sens de la justesse, mais également de la justice) de réduire un choix d'objet sexuel à une perversion. La différence générationnelle, la différence de classes sociales sont aussi de la partie.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 mars 2016
Magnifique performance du couple Blanchett - Mara. Un film sensible et sensuel, qui parvient à éviter les clichés et les artifices faciles.. Si le scénario n'a rien d'exceptionnel il reste efficace. j'ai également beaucoup apprécié l'esthétique du film.
Abus Dangereux
Abus Dangereux

70 abonnés 116 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 février 2016
Todd HAYNES réalise avec « Carol » un film somptueux. D’une grande sensibilité, sa mise en scène où se mêlent gros plans, jeux de miroir, intérieur d’automobile qui peut devenir une sorte de prison ou de cocon selon les événements et mouvements de caméra amples et lents qui sont à l’unisson avec la façon qu’à Cate Blanchett de se déplacer dans ce film est remarquable. Ajoutée à la très belle photographie, on baigne dans une ambiance feutrée, d’une grande sensualité. Rien n’est laissé au hasard, les plus petits gestes sont millimétrés et toujours empreints d’une grande douceur. Oui, il s’agit là d’une formidable histoire d’amour mais sans aucun pathos quelconque. Oui, Carol et Thérèse iront au-delà des conventions mais sans provocation car ces deux femmes sont aimantées l’une à l’autre. Rien ne pourra les séparer et encore une fois la construction du film et sa réalisation nous le font bien sentir. La reconstitution fifties est comme le reste super soignée. Pas de doute, nous avons affaire là à un film « Classieux ! ».
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 3 février 2016
Synopsis : Todd Haynes nous propose sa version de l’ouvrage de Patricia Highsmith plus connu sous le nom de « The Price of Salt » avec à la plume ni plus ni moins que Phyllis Nagy, amie proche de l’auteure.
En quelques mots : étincelle – doute – voyage initiatique – confiance

Mise en scène :
-Les années 1950 : véritable coup de cœur pour cette décennie, je ne sais toujours pas si c’est grâce à l’œil aiguisé du réalisateur ou tout simplement l’essence même de l’époque. Visuellement on ne se lasse pas de cette ambiance vaporeuse, teintée de quelques éclats de couleurs qui souligne toute la finesse de l’image.

-La confrontation de 2 classes sociales : 2 femmes, 2 vies – la confrontation de 2 univers évoluant dans une sphère temporelle pourtant identique. La classe bourgeoise, aisée, je ne sais quel adjectif lui attribué. Face à une classe plus ancrée dans les réalités qu’impose la jungle urbaine.

-2 personnages au tournant de leur vie : une femme, la quarantaine, mariée trop tôt à un homme trop intéressé par sa position sociale pour se soucier de son épanouissement émotionnel, un enfant qui lie le couple pense-t-on à jamais, à cette époque ou le divorce sonnait le glas d’une vie heureuse et l’émergence de regards inquisiteurs. Partagée entre une vie confortable mais ennuyeuse, et la joie de gouter à nouveau au fruit défendu, la raison n’a plus sa place jusqu’au moment où la réalité la rattrape.
En face, une jeune femme, la vingtaine, en quête d’un métier qui reflète enfin sa passion, et non plus un « job » alimentaire qui lui permet de payer son indépendance et d’avoir une place au sein d’une société qui commence tout juste à entrevoir le pouvoir réel de la femme dans le monde des affaires. Les hommes semblent s’intéressées à elle, mais elle, ne sais pas réellement ce qui les intéresse en eux. Mais c’est alors que l’étincelle jaillit dans sa vie. Tout d’abord intrigué par cette femme, la fougue du jeune âge la fait plongé à corps perdu dans une relation dont elle n’entrevoit que le voyage et pas la destination. C’est dans ce détail que réside la subtilité du personnage.

-La musique telle le cocon qui éclos, laisse entrevoir les méandres dans lesquels l’humain est prêt à se plonger pour gouter à ses propres désirs quitte à se perdre en chemin. Ponctuée d’artistes de l’époque, cette BO se déguste, se découvre au fil de la passion entre ces 2 femmes.

-Les costumes : je ne suis pas spécialiste en la matière, alors je me contenterai de dire qu’ils collent non seulement à l’époque bien sûr mais aussi au personnage. On peut constater vers la fin du film, l’évolution vestimentaire de Thérèse qui s’affirme et révèle sa personnalité forte et délicate. Au contraire, du personnage de Carol qui montre toujours une armure dont elle a du mal à se défaire.

Actrices :
-Cate Blanchett : Carol aura le mérite de m’avoir plongé dans la filmographie de l’actrice que je ne connaissais que très peu. Rien à dire sur le jeu, elle laisse transpirer le côté certes un peu guindé et froid de la femme bourgeoise des années 1950, mais c’est ce que le personnage reflète en grande partie. Je regrette toutefois que le personnage ne s’expose pas plus tôt dans le film, car dans l’ouvrage on a plus conscience de cette fragilité à travers l’armure.
-Rooney Mara : actrice en devenir, le rôle lui colle à la peau, la jeune femme qui se cherche, qui apprend à mieux se connaitre et à exprimer ses sentiments, sa colère, le jeu passe beaucoup par les regards, les gestes plus que par les mots. L’alchimie passe parfaitement à l’écran.
-Sarah Paulson : actrice que j’ai découverte grâce à American Horror Story, tient malheureusement dans le film un rôle de moins grande envergure que dans le livre. On ne découvre son importance qu’à l’occasion d’une seule scène où elle se retrouve seule avec Thérèse. Alors que dans le livre, sa présence est plus soulignée.

Réalisateur : Todd Haynes
C’est la première fois que je regarde un film de ce réalisateur, une chose est sûre, cela m’incite à en regarder d’autres. Il retranscrit avec tellement de facilité l’univers temporel et l’essence du livre que l’on se délecte de son art.

Rapport au livre / The Price of Salt
J’ai entendu parler du film pour la première fois lors du Festival de Cannes, mais je n’y ai pas prêté plus d’attention. Puis en voyant la bande annonce (qui ceux veulent toujours vendeuses), je me suis dit pourquoi pas, pour une fois que l’on peut voir une histoire d’amour entre 2 femmes au cinéma, avec des actrices connues pour porter l’histoire, c’était l’occasion ou jamais de se plonger dans l’ouvrage. Il est écrit avec tellement de délicatesse que je me demande encore pourquoi ils n’en ont pas voulu à l’époque, les scènes sont décrites de manière à laisser l’imagination du lecteur vagabondé. C’est peut-être cela qui dérange d’ailleurs, imaginer une histoire d’amour entre 2 femmes, cela relève de l’indécence bien entendu !
Cinemaniakmontreal
Cinemaniakmontreal

22 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2015
Récompensée à Cannes pour sa prestation remarquable dans le film Carol, l’interprète féminine Rooney Mara est une candidate idéale pour la course aux Oscars, tout comme le réalisateur américain, Todd Haynes, et l’actrice australienne, Cate Blanchett, qui pourront triompher avec ce long métrage magnifique et sans tabou, parmi les plus touchants cette année. ♥♥♥♥½

New York, les années 1950. En instance de divorce, Carol Aird se rend au grand magasin Frankenberg pour trouver un cadeau de Noël à sa fillette, Rindy. Au rayon jouet, elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse, Therese Belivet, sur le comptoir de laquelle elle oublie sa paire de gants en cuir. Charmée par l’élégante mère bourgeoise, Therese lui fait renvoyer ses gants par la poste. L’incident inaugure entre les deux femmes une série de rencontres au cours desquelles se développe une attirance mutuelle. S’en apercevant, Harge, le mari de Carol, demande aussitôt une injonction au juge pour qu’elle ne puisse plus voir Rindy, en vertu d’une clause de moralité. Dévastée, Carol invite tout de même Therese à fêter Noël avec elle lors d’un voyage en voiture jusqu’à Chicago. Mais Harge fait suivre les deux femmes par un détective privé, afin d’obtenir des preuves de leur liaison.

Carol :Hommage élégant au film noir classique
Todd Haynes est devenu le conduit psychique du cinéma américain contemporain, en puisant dans le passé afin de clarifier la façon dont nous vivons aujourd’hui. Avec Far From Heaven , sa montée commerciale de 2002, il a pris les images de couleur bonbon de femmes des années 50 de Douglas Sirk, les a dépouillés de leur camp mélodrame daté, et a donné au spectateur une histoire intemporelle sur l’amour interdit avec une puissance contemporaine. Dans la mini-série, produit par HBO, Mildred Pierce (2011), il a élargi le féminisme tragique de Joan Crawford (1945) et a fait sentir sa mise à jour urgente et novatrice. Maintenant, dans le film exquis, Carol, il a adapté le roman de Patricia Highsmith, The Price of Salt (1952), un récit romantique sur une liaison homosexuelle. Le cinéaste américain a saisi ce qui était autrefois une histoire d’amour tabou et a permis de nous parler avec une franchise et une clarté qui aurait été difficile d’imaginer il y a plus de six décennies.
Situé à New York au début des années 50, le film est une magnifique capsule de temps qui capture les mœurs et les coutumes d’une Amérique conservatrice au début de l’ère Eisenhower, hérissée par une paire de performance, au sommet de son art, qui se dresse parmi les meilleurs cette année. Rooney Mara (The girl with the dragon tatoo), incarne Thérèse, une vendeuse timide dans un grand magasin qui tente de se tailler une place dans une époque menée par des hommes. Pendant l’achalandage de la folie de Noël, elle rencontre Carol (Blue Jasmine), une bourgeoise du New Jersey festonné en fourrure qui peine à trouver le cadeau idéal pour sa fille. Au début, leur rencontre n’engendre rien d’exceptionnel. Mais peu à peu, un air tacite de curiosité se développe. Thérèse semble frappée par la confiance de Carol et sa hauteur glaciale. Carol, quant à elle, voit quelque chose de curieusement innocent chez Thérèse. Sans lourdeur, Haynes et le scénariste, Phyllis Nagy (Mrs. Harris), se chargent de leur brève rencontre avec calme, mais indéniablement électrique. Lorsque Carol laisse ses gants sur le comptoir de la caisse, impossible de savoir si c’était intentionnel ou non, Thérèse les lui retourne, et c’est alors qu’une amitié se forge, aucune des deux femmes ne savent jusqu’où ce geste les mèneront. Le public est une longueur d’avance sur eux.

1952 ou 2015, c’est du pareil au même

Carol, au milieu d’un divorce amer et d’une lutte pour la garde de son enfant contre son mari ( Kyle Chandler ), est perdue et solitaire. Thérèse, une photographe amatrice, est frottée à la pression d’épouser son petit ami et de préhension pour l’indépendance. Elles sont tous deux à la recherche de liberté, qui semble se retrouver dans le regard mutuel de chacun. Le cinéaste nous plonge sans crainte dans le double sens du désir ardent des deux femmes – leur sentiment d’être compris et aimé – pendant qu’elles partagent des moments intimes et de joies lors d’un road-trip à l’extérieur de New York qui rappelle Thelma and Louise (1991), jusqu’à ce que leur connexion ne peut plus être nié. D’une grande finesse, la partition musicale de Carter Burwell a presque un effet hypnotique sur le spectateur. Comme dans Far From Heaven, Carol mine l’esprit étroite de la société et les dangers de vivre une double vie. Mais ce qui était vrai il y a plus d’ un demi-siècle reste encore vrai aujourd’hui : le cœur veut ce qu’il veut, société et bienséance soyez damnés.
traversay1

4 502 abonnés 5 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2016
Heureux finalement sont ceux qui n'ont pas vu Loin du paradis, l'avant-dernier film de Todd Haynes, dont Carol reprend en grande partie les thèmes, le rythme et la tonalité. Ils auront un regard neuf et, espérons-le, admiratif, devant la quasi perfection de ce mélodrame des années 50 sur fond d'amours interdites. Décrire les sentiments intimes, tout en évoquant avec justesse et précision les caractéristiques morales d'une époque, n'est pas donné à tous les cinéastes. Surtout avec cette délicatesse, cette façon que certains jugeront peut-être trop lisse d'exprimer les emballements du coeur par le seul jeu des regards, des gestes et de gros plans filmés à travers les vitres, des voitures ou des appartements, parfois mouillés de pluie. Digne héritier de Sirk, on l'a dit et écrit souvent, Todd Haynes ne profite pas des possibilités d'aujourd'hui dans ce qui est "montrable", pour céder à l'impudeur. Ce n'est pas son genre. Lui, il laisse au spectateur la liberté de combler les manques, de remplir les cases vierges de la passion avec ses propres critères et souvenirs, y compris très personnels. Cate Blanchett y est égale à elle-même, royale, peut-être un peu froide mais c'est le rôle qui le veut. La vraie révélation est Rooney Mara, avec un visage changeant dans lequel perdurent les expressions de l'enfance et de l'innocence, quelques scènes rappelant de façon frappante l'angélisme d'Audrey Hepburn. Quelle actrice ! Carol, simple histoire d'amour, pourrait-on résumer. Mais les termes ont tout de l'oxymore et le film tire sa quintessence gracieuse des obstacles qui surgissent sur sa route.
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