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Un visiteur
5,0
Publiée le 14 janvier 2016
Ce film fut pour moi comme une révélation. Bouleversant de beauté et d'émotions. Cate Blanchett y est sublime, totalement envoutante en Carol Aird. Rooney Mara est parfaite dans le rôle de Therese. Le film est d'une grace infinie, visuellement magnifique, et le jeu d'acteur est tout en subtilité. Il m'en fallait deux heures de plus... A consommer sans modération !
Un film d'une grande douceur pour nous présenter cette très belle histoire d'amour, aussi inattendue qu'intense. Les actrices travaillent énormément sur le regard pour s'exprimer, tout est beau, tendre et l'on ressort avec un profond sentiment de bien être et d'apaisement. Ce film ne prend pas le partie de rentrer dans une polémique quelconque, mais raconte tout simplement cette magnifique passion qui unit au fond tout le monde à travers les mêmes sentiments amoureux. A voir.
Film magique et sublime. Le jeu des actrices est tout en finesse et en profondeur, plein de retenue et de passion contenue, une passion flamboyante mais qui court en souterrain. On oublie qu'il s'agit de deux femmes, il n'est question que d'amour et de découverte. Tout est suggéré, à peine dit et dévoilé... Il y a beaucoup de pudeur dans ce film et dans l'érotisme qu'il laisse à peine montrer. Enfin on laisse à voir que les acteurs construisent le film... Il y a longtemps que j'attendais de voir un tel film.
Dans "Carol" Todd Haynes filme Cate Blanchett en femme mariée, éprise d'une jeune photographe (Rooney Mara au "look" Audrey Hepburn) dans l'Amérique pudibonde des années 1950. Une fois encore, la comédienne australienne est exceptionnelle de finesse et de justesse. À voir pour la beauté de l'histoire (un peu sulfureuse) traitée avec la délicatesse d'une épure et la photographie toute inspirée de la peinture d'Edward Hopper et des photographies en couleur de Saul Leiter. Interviewée par l'Express sur ce qui circule à son propos sur Internet, l'actrice a cette réponse impériale: "Les réseaux sociaux sont un outil très pratique, mais c'est comme les toilettes: les graffitis sur les murs ne sont jamais très utiles. C'est parfois drôle, on peut dénicher un brin de poésie, mais cela demande de lire 1001 choses inutiles ou méchantes pour en trouver une notable... Je ne suis inscrite ni sur Twitter ni sur Facebook. Je préfère faire les choses que les commenter." Et PAN! ;-)
Un beau film au sens où toutes les composantes d'un film sont belles: une magnifique reconstitution historique du style de vie des années 50, de belles et talentueuses actrices, une photo soignée, irréprochable; et pourtant il me semble qu'il n'est pas bon de s'ennuyer dans un film; or c'est ce qui m'est arrivé.Peut-être à cause du décalage temporel entre cette époque et la nôtre. Effectivement on comprend bien que l'homosexualité féminine en ces temps est à peine imaginable, encore moins dicible; et la force de témoignage du film tient essentiellement pour moi dans le courageux coming out de Carol dans la séance avec les avocats (de même d'une certaine manière dans la décision finale de Thérèse dans la très belle scène finale: rarement au cinéma silence fut plus éloquent)). Cette homosexualité impensable est alors une maladie que l'on soigne et en tous les cas, quelque chose qui vous condamne sans appel aux yeux de la société; ce film a en quelque sorte le mérite de nous le rappeler. Mais nous sommes désormais acquis (enfin la majorité d'entre nous) à une autre vision des choses. Difficile dès lors de s'émouvoir tout à fait du "drame" qui nous est présenté, d'autant plus qu'il ne parait pas animé d'une puissante passion ou plutôt qu'il nous ramène alors à la trame, un peu banale tout compte fait, d'une histoire d'amour qui brise un couple avec les conséquences que cette rupture peut avoir sur les enfants. Le personnage négligé de ce film est le mari qui aurait pu accentuer la dimension sociale du film ainsi que sa force polémique: son acharnement à récupérer sa femme notamment est-il dicté par l'amour ou par l'orgueil et l'incompréhension pour ainsi idéologique qui marque cette époque?
Dans un style feutré qui n'est pas sans rappeler "Sur la route de Madison" ou "In the mood for love", un très beau film qui traite de façon extrêmement délicate de l'attirance, de la passion amoureuse entre deux femmes sans voyeurisme ni jugement. Un long-métrage qui dresse aussi une critique sensée des conventions sociales dans le New-York aisé des années 50 découlant directement du puritanisme catholique et bourgeois. Une mise en scène toute en subtilités, une photographie doté d'un grain qui fait penser aux tableaux d'Edawrd Hopper et une bande originale très inspirée de Carter Burwell. Egalement l'un des plus beaux rôles de Cate Blanchett, toujours aussi magnifiquement classe et hautaine, Rooney Mara est superbe de justesse, de candeur sans oublier le charismatique Kyle Chandler. Une très belle sensation, puissante, touchante mais sans verser dans la surenchère émotionnelle. Un chef d'oeuvre.
Magnifique à tous points de vue. Très belle photographie d'un New-York des années 50. Climat social également réaliste. Quelques invraisemblances qui n'empêchent nullement d'entrer dans le film et sans conséquences sur le plaisir qu'on éprouve. Interprétation magistrale des deux comédiennes. On se sent solidaire de ces deux femmes et on leur souhaite tout le bonheur du monde. Beaucoup d'émotions. J'ai redécouvert Cate Blanchett (Carol) et son élégance incroyable. Rooney Mara (Thérèse) à la foi fragile et volontaire est également magnifique. Peut-être pourrait-on reprocher une sorte de happy-end à la fin mais nous aurions été privé de la plus belle scène du film ou l'évolution de l'expression des visages est un enchantement. A voir et à revoir. Je l'ai vu une première fois il y a deux semaines et j'ai déjà envie de le revoir. Un film marquant et touchant comme l'a été "In the Mood for love" en son temps.
Image et lumière superbes, actrices magnifiques, scénario et réalisation mesurés au millimètre, c'est parfait. Histoire d'une passion que la raison ignore, bref un grand moment de cinéma.
Un film délicieusement acidulé , porte par le jeu de deux actrices à voir et entendre en VO . J'ai en plus apprécié la bande son et les décors de manière générale . La bande d'annonce et les polémiques autour d'autres films récents autour du même thème m'avaient fait fuir .. si vous êtes comme moi , vous devriez allez voir ce film .
Sans partager l'emballement presque général envers ce film, je trouve Carol une belle oeuvre sur un amour saphique entravé par les convenances de l'Amérique des années 1950. Le film est servi par deux actrices ultra professionnelles dont le prix à Cannes de Rooney Mara apparaît bien mérité. Elles forment un duo tout en douceur de deux femmes au morphotype, à l'âge et à la condition sociale tout en opposition. La force de Carol tient à l'utilisation des regards entre les deux femmes, qu'elles soient ou non toutes les deux dans le plan. De plus, les scènes téléphoniques sont très réussies. Kyle Chandler, dans le rôle du mari à l'impuissance humaine, est aussi très bien. Ce film, très doux, très élégant et émouvant est réussi grâce la force de son scénario qui évite toute caricature des personnages de l'époque confronté à des amours lesbiens. L'unique scène sexuelle entre les deux femmes, repoussée à dessein par la pudibonderie de l'époque, est tournée avec une grande pudeur ajoutée d'une tendresse non feinte. Quant à la fin, c'est ce qui ce fait de mieux en terme de suspens amoureux haletant. Cependant, je reproche au film son aspect souvent désincarné, froid, surtout durant son premier tiers. La mise en scène est en certainement la cause. Quant à l'image, sans doute pour coller à 1953 et à la grisaille de l'hiver, elle est parfois assez laide. Des réserves qui me font penser que le magnifique Loin du paradis, son grand frère, était bien supérieur. Carol reste un film émouvant et joliment romanesque.
Inspiré par une véritable histoire d'amour lesbien que la romancière Patricia Highsmith a elle-même vécu. Il n'est pas étonnant que cette histoire ait intéressé le réalisateur Tood Haynes dont on se rappelle le magnifique "Loin du Paradis" (2003) qui décrivait une relation tout aussi tabou dans l'Amérique des années 50. Le choix des actrices a une importance particulière ici car l'incarnation des personnages doit beaucoup au physique et à ce qu'il représente. Carol la bourgeoise est coquette, se vêt à la mode, est charismatique. Malheureusement il manque un peu plus d'émotion passionnelle, plus de chair et de souffle. Néanmoins le film reste d'une élégance rare, la sincérité du fond fait le reste.
Todd Haynes vient certainement de réussir son plus beau film à ce jour. Tout ce qui a fait le succès de sa filmographie semble être ici au rendez-vous et installe « Carol » comme l’un des films les plus majestueux vus sur nos écrans récemment. Beauté des images, beauté des actrices et de leur jeu, beauté des sentiments exprimés et enfin beauté d’une romance que l’époque ne permettait pas. Dès les premières notes de musique (qui font terriblement penser à celles, toutes aussi belles, de Philip Glass pour « The Hours »), on est happés par cette histoire d’amour qui ne dit pas vraiment son nom. La magie des années cinquante minutieusement et magnifiquement reconstituées rajoutent à cette immersion vers cette romance. Il y a plus de dix ans, le même réalisateur nous offrait le déjà sublime « Loin du paradis ». Même époque, mais c’était l’attirance pour les hommes de son mari qu’une femme parfaitement interprétée par Julianne Moore devait affronter en silence. Les quolibets de l’époque sont les mêmes pour les histoires d’amour entre femmes mais Haynes ne radote pas et préfère s’attacher aux seuls sentiments entre ces deux femmes dans « Carol », laissant la morale davantage en arrière-plan. Et c’est tout le jeu de ses actrices qui prend une tournure encore plus renversante. Quand l’une, guindée et sûre d’elle mais rongée par son divorce, charme l’autre, petit oiseau fragile, c’est à l’une des plus belles approches à l’ancienne vue sur grand écran depuis longtemps que nous assistons. Quand enfin elles s’étreignent, tout en pudeur et loin des excès de « La vie d’Adèle », ou se blessent, on jubile ou on souffre avec elles. Et il fallait deux actrices courageuses et d’une certaine trempe pour s’approprier de ses rôles délicats. Cate Blanchett est impériale comme toujours dans un rôle qu’on dirait fait pour elle quand Rooney Mara épate par son jeu minimaliste et touchant. L’une explose dans une scène de désespoir dans un cabinet d’avocats quand l’autre nous attendrit de ses pleurs, seule, assise dans un train. Elles resplendissent toutes deux lors d’une scène finale magistrale où chaque mouvement de caméra et chaque plan sur le visage des actrices touche au somptueux et à la perfection. C’est toute la force de la réalisation de Todd Haynes. Ses images sont sublimes et dotées d’une photographie de papier glacé qui sied parfaitement au film. Ses scènes sont découpées juste comme il le faut et ses actrices n’ont plus qu’à se laisser couler dans cet écrin d’or. Un mélodrame à l’ancienne puissant et le genre de film somptueux que l’on voit rarement passer sur les écrans. Le dernier en date de cette trempe se nommait « A single Man » de Tom Ford. Et ces deux films rassemblés constituent un monument de cinéma, aussi beaux sur la forme qu’accomplis sur le fond.
Cate Blanchet est une de celles qui peut légitimement se revendiquer être une noble héritière de ces sublimes actrices hollywoodiennes des années 50 ... Todd Haynes réalise, à coup sûr, un film proche de la perfection, son plus beau ... ****
Tiré d'un roman de Patricia Highsmith, ce magnifique portrait de deux femmes dans les puritaines années 50 aux Etats-Unis est avant tout une histoire d'amour. Cate Blanchett, d'une classe et d'une élégance folle (à l'instar de son personnage dans Blue Jasmine) campe avec brio une femme blessée qui va tomber sous le charme d'une jeune vendeuse (personnage interprété par Rooney Mara, qui n'a pas usurpé son titre de meilleure interprète féminine du dernier Festival de Cannes). La rencontre à l'écran de ces deux femmes est magique et leur jeu d'une extrême finesse, tout en nuances, est remarquable. Il en résulte un mélodrame poignant où l'amour, la passion, le manque sont majestueusement dépeints. Sublime film de début d'année !