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Un visiteur
5,0
Publiée le 2 mars 2016
Pour moi un très bon film! J’en ressors extrêmement touché, car, à la beauté de cette histoire d’amour, s’ajoute celle des images, des lumières, des costumes et des décors, mais surtout celle des visages et des regards qui se révèlent... Plus qu'un film sur l'homosexualité, j'ai plus ressenti, personnellement, le fait de suivre deux vies de femmes qui se croisent, si différentes, et pourtant, chacune sur son chemin, si proches dans leur volonté de suivre leurs désirs, de se construire, de s’émanciper, de ne pas se laisser broyer par le poids des conventions et de la norme... Cette histoire d'amour n'est pour elles que le déclencheur de leur construction personnelle respective... Etre fidèle à soi-même avant d'être fidèle aux autres... Dédicace à Estelle....
On n'a pas besoin d'étudier de fond en comble le cinéma de Todd Haynes pour saisir que les deux choses qu'il apprécie le plus, ce sont les années 50, ce qui ne veut pas dire, très loin de là, qu'il les idéalise, et les beaux portraits féminins. Ça tombe bien, j'adore les années 50 et j'adore surtout les beaux portraits féminins. Tout cela conjugué au fait que j'admire beaucoup Cate Blanchett et Rooney Mara, pour moi sans conteste une des plus grandes révélations de ces vingt-cinq dernières années. Tout cela conjugué au fait qu'il s'agit d'une adaptation du beau roman de Patricia Highsmith, que j'ai beaucoup aimé aussi, non ça ne pouvait que fonctionner sur moi. Le film s'écarte un peu du livre en ne se focalisant pas uniquement sur le point de vue du personnage de Therese (donc celui incarné par Rooney Mara !!!) mais en traînant de temps en temps sur celui de Carol, ce qui est un choix judicieux car il donne un certain équilibre à l'ensemble permettant aux deux comédiennes d'exprimer à égalité leur talent. Cate Blanchett est excellente, comme toujours j'ai envie de dire, ici mais j'ai carrément trouvé Rooney Mara, en particulier lors des dernières scènes où elle est plus incandescente que jamais, bluffante. J'étais déjà hyper-fan de cette comédienne avant, n'ayant jamais pu résister à son talent et à son charme, et là la situation ne s'est pas arrangée... au contraire. Pour ce qui est de la réalisation, on ne peut que s'incliner une fois de plus sous la subtilité de Todd Haynes quand il s'agit de mettre en évidence les sentiments et de les filmer, de bien décrire l'évolution psychologique de ses personnages. Par exemple, le truc de Therese, qui par l'intermédiaire de la photographie (alors que si mes souvenirs sont bons, dans le roman elle est décoratrice de théâtre !!!) réussit à mieux percevoir les gens, est très bien trouvé. Je signale aussi un début qui m'a rappelé un peu celui du magnifique film de David Lean "Brève rencontre". Et puis, tout simplement et puis surtout l'ensemble est une très belle et émouvante histoire d'amour d'une femme avec une femme.
De jolis costumes, de jolis décors et de jolies couleurs n’arrivent pas à souffler un vent d’air chaud dans la romance glaciale de Therese et Carol. Une déception, donc, de mes espérances pour Todd HAYNES dont la filmographie restera inconnue à mes yeux de par mes sentiments sur ce film (oui, je sais je suis injuste).
Un vrai beau film qui enivre par tant de beauté, de délicatesse, de douceur et de silences qui vous font passer par de nombreuses émotions. Cate Blanchett et Rooney Mara sont d'une élégance déconcertantes. Elles sont sublimes. Chaque geste, chaque regard deviennent alors d'intenses dialogues. C'est à vous couper le souffle d'entendre à travers leurs regards. Elles sont toutes deux renversantes de classe et de sensualité. Todd Haynes soigne son cadre et accorde une importance à l'image, à la lumière, à la bande son. Les plans à travers les fenêtres et les vitres des voitures sont époustouflants. Chaque plan est un dialogue, chaque plan est une merveille. Todd Haynes nous offre là une peinture réaliste des mœurs de l'époque. C'est tout simplement sublime. Pas besoin de scènes de nus pour comprendre la passion entre ces deux femmes. Leurs regards suffisent. C'est une émotion incroyable de voir deux actrices capables de transmettre autant d'émotion par le regard. Filmé et interprété tout en retenue et délicatesse, Carol est une magnifique œuvre d'art qu'il faut voir.
Carol, dans les Etats Unis des années 50, deux femmes, l'une employée d'un centre commercial, l'autre issue de la bourgeoisie, malheureuses, se croisent au hasard des fêtes de Noël. Un simple regard suffit à les lier dans une passion naissante, prises au piège des conventions de leur monde, elles vont devoir faire face ensemble. Tout le film est porté par deux points positifs majeurs: son contexte et ses actrices. Premièrement, le contexte nourrit énormément l'histoire, puisque là où le scénario suit au final une romance tout à fait banale, ne cherchant même pas à éviter les habituels clichés, une histoire entre deux femmes au milieu des années 50 (merveilleusement restituées soit dit en passant) renforce l'intrigue en ajoutant une tension permanente qui pèse sur les deux personnages. Le tout apporte une teinte d'actualité au film. Deuxièmement, les deux personnages principaux sont portés à l'écran par deux actrices, qui certes ne doivent plus faire leur preuves depuis longtemps, mais qui pourtant nous livrent une prestation magistrale. Les deux sont envoûtantes et rythment le film à elles seules. Le gros défaut du film sera finalement son scénario "bateau". En effet, au delà de son contexte particulier, le déroulé et les rebondissements sont finalement ceux d'une romance classique comme on en a vu des centaines. Cela transparaît notamment dans la dernière partie, qui était totalement superflue... Bref, pas un film révolutionnaire, mais une très belle histoire malgré tout. Allez dans les salles obscures, et vive le cinéma!!!
Une pure splendeur. Les actrices sublimes, la photo magnifique... Un torrent d'émotion et de finesse. Quel film vraiment... Universel et puissant! Beau à pleurer.
Film délicat est réaliste, Carol raconte la rencontre et l'histoire d'amour de Carol femme mariée en instance de divorce et Thérèse jeune vendeuse de grand magasin. Todd Haynes filme cette histoire avec sensibilité, intelligence et beaucoup de pudeur. Un film juste et un superbe dernier plan. Mention spéciale aux 2 actrices Cate Blanchett et Roney Mara.
Que de finesses et de tendresses. Oui le film parle d'un tabou qui est un amour fort et sincère entre 2 femmes dans les années 50, mais cela aurait très bien pu se passer aujourd'hui. C'est excellemment joué et très bien tourné. Il y a beaucoup de scènes où tout le dialogue est dans le regard entre les deux actrices et c'est splendide. J'ai été bluffé par tout les décors aussi bien en intérieur qu'en extérieur qui nous font réellement plongé dans les années 50. Magnifique film d'amour avec un grand A.
Film survendu (à mon avis). Un film longuet, sans surprise, des actrices énormément dans la retenue, sans oublier les inévitables scènes saphiques, sensées être sensuelles et qui n'apportent rien à l'histoire. Quelques regards de Cate Blanchet, mais peut-on apprécier un film sur ces quelques secondes ? Je me suis ennuyée, mais ennuyée...
C'était un mardi pluvieux, venté, hivernal quoi ! Rien de mieux qu'une séance de ciné pour faire le plein de soleil. De soleil, il n'y en eu point. Un film sombre tant par son esthétique (seul le rouge à lèvre de Cate vient illuminer les plans) que par son histoire (la difficulté d'affirmer son homosexualité dans un monde encore prisonnier des conventions). A noter : - Une esthétique très soignée, fine, sobre. - Des actrices au sommet de leur art (mention spéciale à Rooney Mara). D'ailleurs, ici, pas besoin de scènes de nus pour que la passion entre ces deux femmes nous sautent au visage, leur regard parle pour elles. - Une musique qui nous porte tout au long du film (comme celle THE HOURS, il y a quelques années) Malgré les quelques longueurs au début du film (qui m'ont un "tantinet" inquiétée), le film prend son envol progressivement pour nous "embarquer" entièrement et nous laisser, légère, requinquée, prête à affronter la noirceur du monde ! N'ayons pas peur des mots " un chef d'œuvre"
"Carol" mise surtout sur l'élégance de sa réalisation et de son interprétation, au risque de rester un peu lisse quant à son scénario et de réprimer l'émotion.
Carol et Thérèse vivent une passion amoureuse au cœur de l’Amérique puritaine des 50’s. Ces deux femmes que tout opposent (brune / blonde ; bourgeoise / ouvrière ; initiée / ingénue ;…) n’étaient pas faite pour se rencontrer et s’aimer. Et c’est autour de ce miroir inversé que Todd Haynes bâti un mélodrame très inspiré par Douglas Sirk ; la référence du genre des 40’s et 50’s. Mais un mélodrame feutré ; pas une larme de versée ; pas de renforts de violons, la phrase « je t’aime », de mémoire ; n’est même pas prononcée. En empruntant des traces maintes fois empruntées par d’autres par le passé, Todd Haynes n’apporte rien de neuf aujourd’hui ; même si son film est de bonne tenue. La réalisation est impeccable, mais reprend les codes de l’époque : des protagonistes serrées dans le cadre par une porte, une fenêtre, des persiennes,…reflet de la prison sociale qui les enferme et du moralisme qui attend son heure pour frapper. Son film est donc chic, mais tellement corseté que la passion peine à faire jour et les émotions à naître chez le spectateur. C’est bien dommage que Haynes reste dans ses petits souliers. Les deux fois où il prend des chemins de traverse, le film prend du coffre : la dispute sur la garde de la fille au cabinet d’avocats et la scène de sexe. Heureusement le duettiste de comédienne est formidable. Mais là aussi les actrices sont très inspirées du passé ; et elles font référence à des grosses pointures : Blanchett en Garbo ; et surtout Rooney Mara ressemblant comme deux gouttes d’eau à Audrey Hepburn dans « Sabrina » ; même air androgyne, fragilité et désir de s’élever dans l’échelle sociale. Elle obtint le prix d’interprétation au dernier festival de Cannes. Bon film mais restant trop sur les rails du mélo classique.